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    December 21

    Le FC Istres en bref

     

    Pour son dernier match avant la trêve, le FC Metz se déplace ce week-end à Istres. Un club qui vient de changer d’entraîneur et pointe à la 17ème place du Championnat de France de Ligue 2 Orange.

    Le club
    La Section Sportive Istrienne a vu le jour en 1920. Pendant longtemps, il resta dans l’anonymat du football amateur, son seul fait d’armes étant une Coupe de Provence remportée en 1966. C’est à partir de 1977 que sa courbe jusque là linéaire commence à évoluer, quand Michel Aviet, un entrepreneur de travaux, prend en main la destinée du club. En huit saisons, le tandem qu’il forme avec son entraîneur Georges Korac, ex-gardien de but yougoslave, porte l’équipe jusqu’en deuxième division. Depuis, le FC Istres cherche à se stabiliser à ce niveau. La plupart de ses saisons sont placées sous le signe du maintien. Sauf en 2003-2004, où il parvient à se hisser en première division. L’expérience est malheureusement de courte durée, Istres étant relégué dès l’année suivante.

    La ville
    Istres se situe dans les Bouches du Rhône. La commune regroupe près de 40 000 habitants.

    Le stade
    Stade Parsemain
    Route Nationale
    13 270 Fos-sur-Mer
    Capacité : 17 363 spectateurs

    Le site
    http://www.fcistres.com

    Effectif
    Gardiens : Riou, Weber
    Défenseurs : Suriano, Dumolin, Coulibaly, Bilica, Aboub, Zambernardi, Canet, Monteiro, Daineche, Doumbia, Adjamossi, Bengelloun, Sainati
    Milieux : Bru, El Brazi, Maurel, Cavalli, Ourahou, Sichi, Kharbouch, Charlot, Kehiha, Sofikitis
    Attaquants : M’Futi, Souari, Becas, Viale, Goussé, Aubanel

    Derniers résultats
    J19 : Caen 4-0 Istres
    J18 : Istres 2-2 Libourne
    J17 : Reims 1-2 Istres
    J16 : Istres 1-1 Brest
    J15 : Istres 0-1 Gueugnon
    Forme du moment : DNVND

    Meilleurs buteurs
    Viale, 4 buts
    Souari, 3 buts
    Goussé et Aubanel, 2 buts

    Classements
    Domicile : 14ème avec 13 points ; 3 victoires, 4 nuls et 3 défaites ; 13 buts marqués, 12 encaissés.
    Extérieur : 18ème avec 4 points ; 1 victoire, 1 nul et 7 défaites ; 2 buts marqués, 19 encaissés.
    Général : 17ème avec 17 points ; 4 victoires, 5 nuls et 10 défaites ; 15 buts marqués, 31 encaissés. Soit la 18ème attaque et 20ème défense de Ligue 2.

    Le match aller
    Metz 3-0 Istres
    Buts de Gueye et Cissé (*2)

    Le dernier Istres – Metz
    21 novembre 2004, Istres 0-0 Metz

    François forfait vendredi

    Julien François, victime d'une contracture à la cuisse, ne pourra pas être aligné vendredi à Istres. Heureusement, Francis De Taddeo récupère Pascal Delhommeau, qui a joué en CFA ce week-end sans problème.

    Metz ira à Istres sans Julien François. Comme pour le dernier déplacement des Grenats à Grenoble, le milieu de terrain défensif doit déclarer forfait. Au cours du match de Coupe face à Villemomble, il avait ressenti une douleur à la cuisse. Les examens se sont révélés rassurants mais cette contracture nécessite d’être soignée avec prudence. D’autant que les échéances qui attendent le FC Metz après la courte trêve hivernales sont importantes. François s’est donc contenté de faire du vélo ce matin et débutera la semaine prochaine une programme de soins et de remise en forme individuel voué à la ramener à 100% début janvier.
    Egalement exempté d’entraînement, Franck Béria (dos), Roy Contout (adducteurs) et Dino Djiba (pubis). Ceux-ci devraient pouvoir reprendre dès demain. Landry Bonnefoi, Julien Cardy et Laurent Agouazi, tous trois victimes de petits problèmes en début de semaine, sont rétablis.

     

    Goussé: "Une année noire"

    Il a vaincu une pubalgie, enfin marqué avec Istres et s'apprête à retrouver Metz. Où en est Nicolas Goussé?

    Blessure et absences. 2006: "une année noire>, retient Nicolas Goussé, perturbé pendant près de dix mois par les conséquences d'une pubalgie apparue en novembre 2005. Les chiffres sont là: seulement huit apparitions depuis l'ouverture du championnat pour un total de deux buts. "A chaque fois que je rejouais, j'ai rechuté, rappelle-t-il. Pas facile à accepter. Vu mon âge (il fêtera ses 31 ans le 2 janvier), je me suis demandé si mon corps n'était pas en train de dire stop. Pourtant la question d'arrêter ne m'a jamais effleuré. Au contraire: grâce à cette longue période de repos forcé, j'espère continuer jusqu'à 34 ans!> Parce qu'il a renoué avec l'efficacité dès son retour aux affaires, lors de la 13e journée (victoire 3-0 contre Grenoble), Nicolas Goussé est heureux de tourner la page: "Vivement que l'année se termine..."

    Istres, tout recommence. Pensionnaire surprise et météorique de l'élite il y a deux ans, Istres est maintenant rentré dans le rang. A preuve, cette dix-septième place en Ligue 2, avec un point de mieux que le premier relégable. "Notre position est fragile, convient Nicolas Goussé, et malheureusement ce n'est pas une nouveauté pour le club. Comme tous les ans, l'effectif a été bouleversé. Une politique à laquelle j'adhère peu car elle oblige en permanence à reconstruire. C'est d'autant plus frustrant que la saison passée, on restait sur une seconde partie de championnat encourageante.> En mal de stabilité, Istres souffre aussi de l'indifférence polie qui escorte ce modeste voisin de l'OM, seul géant provençal. "Que ce soit à Rennes, Guingamp, Metz ou Troyes, énumère Nicolas Goussé, j'ai toujours fréquenté des clubs où la présence des supporters ne passait pas inaperçue. Ici, personne pour nous mettre la pression ou inciter à la révolte... C'est à nous, les joueurs, de redoubler d'efforts, de professionnalisme. Un terrain sur lequel, je crois, on n'a jamais pu me prendre en défaut."

    Retrouvailles messines. Révélé à Rennes, Nicolas Goussé vient de boucler sa première décennie chez les pros. "D'un côté, je me dis que c'est un miracle d'en être là alors qu'à dix-sept ans j'évoluais encore en première division de District. De l'autre, j'ai quelques regrets liés à mes choix de carrière. Surtout l'année où j'ai terminé troisième meilleur buteur du championnat avec Troyes, en ayant marqué à quinze reprises.> Entre Rennes et Troyes, Nicolas Goussé s'est donc familiarisé avec le maillot du FC Metz, au cours de la saison 1999-2000. "Mon premier transfert, jamais un club n'avait déboursé de l'argent (1,5 MEur) pour m'avoir... En retour on espérait de moi que je marque, mais j'ai dû attendre la 10e journée pour ça. Mon unique but messin d'ailleurs. Après, je n'ai quasiment plus joué. Ça ne m'empêche pas de garder de bons souvenirs." Demain soir, c'est à un leader inaccessible qu'il fera face. "En toute honnêteté, je n'attendais pas les Messins en aussi bonne position. Dans un championnat réputé pour être rugueux, ils réussissent à accorder le place au jeu. Sur le plan physique, cette équipe est supérieure à tout le monde, remarque Nicolas Goussé. Je ne vois pas ce qui l'empêchera de monter."

     Francis De Taddeo a communiqué le groupe de seize joueurs qui se rendra à Istres vendredi. Wilmer Aguirre et Daniel Gomez, tous deux gênés aux adducteurs, sont forfaits. De même que Julien François. Malick Diop est quant à lui suspendu.

    Le groupe : Bonnefoi, Marichez – Béria, Bong, Bassong, Delhommeau, C. Gueye – Agouazi, Obraniak, Cardy, Diakité – N’Diaye, Cissé, B. Gueye, Lanteri, Farina

    Suspendu : Diop
    Blessés : Aguirre, Gomez, François, Delgado, Leoni

     

    December 20

    Carlo, ou les tentations de l’ombre…

     

    Je sentais ça venir depuis un moment : le fait que Carlo Molinari ait signifié aus médias qu’il allait négocier en avance la prolongation du contrat de « certains qui donnaient grandement satisfaction », qu’il espérait « garder tout le monde », « à moins d’un tremblement de terre ! », ...

    il fallait un tremblement de terre pour faire évoluer des négociations que je présume bien engagées avec lesdits joueurs pour, comme on dit, « faire monter la mayonnaise », donc les salaires et autres primes ;

    quoi de plus normal ? Je vois bien, de chez moi, en Champagne –Ardennes, le sieur Molinari déclarer aux jeunes du groupe des relégués en L2 : « Messieurs, vous savez ce que la descente signifie ? Moins vingt pour cent sur tous les salaires contractuels, pour vous remercier de cette saison-historique et magnifique-que vous avez bien voulu nous faire vivre ! Et si certains ne sont pas contents, ils peuvent partir : tous, je ne retiens personne ! »…

    Logiquement, Carlo a appliqué le barème, ne faisant signer que des contrats à court terme,

    « Puisqu’un contrat de longue durée engageait trop le club et que, de toute façon, un joueur qui veut partir, personne ne peut le retenir ! (sic !)

    Certains sont donc partis,

    -ceux qui tenaient avant tout à leurs émoluments (Youla),

    -ceux qui considéraient qu’ils étaient arrivés à un bout du chemin avec le club(Proment),

    -ceux qui avaient une incompatibilité chronique avec les dirigeants et les supporters (  Ouadah) ...

    d’autres ont essayé de s’accrocher, parce qu’ils étaient dans l’incertitude sur leurs capacités personnelles  à évoluer au plus haut niveau, alors qu’ils avaient tout donné, mais qu’ils avaient été traumatisés par ceux qui étaient censés leur donner l’exemple :

    -c’est le cas d’ « Obraniak, le Messin d’origine »….Tout un symbole, ce jeune ! Un capitaine avant l’heure !

    « Un Graoully qui crache le feu », revanchard sur une saison à oublier, avec un seul objectif : « faire remonter le club de son cœur ! »

    Alors, Ludo, moi je ne le vois pas partir au mercato d’hiver, « à moins d’un tremblement de terre ! »;

    D’autant plus que Carlo doit le poursuivre dans les couloirs des vestiaires avec un contrat de cinq années qu’il doit vouloir à tout prix lui faire signer !

    Ludo-qui n’est pas né de la dernière pluie-fait monter les enchères : quoi de plus naturel chez ce jeune qui a eu son salaire plutôt "allégé", vu les évènements de l’année dernière ?

    Alors, il fait, par journaliste interposé, cas des candidatures de clubs qui s’intéressent à lui, à commencer par le très européens club du Nord : Lille ! Mais il doit y en avoir d’autres, comme Auxerre, Paris, bien moins attirants à cette heure !

    La tentation de déstabilisation du club grena est grande pour un Puel qui présente ses œufs sur le plat, juste un mois avant "la" confrontation qui devrait nous situer sur l’échiquier de la valeur réelle du groupe grenat :

    -que vaut réellement le FC Metz au niveau de la L1 ? le gars Puel ne doit pas se "poiler" et considérer l’entité de la confrontation : le risque d’élimination de son club est réel et si on pouvait affaiblir le club grenat en soustrayant un de ses joueurs le plus dangereux, ou au moins en le déstabilisant avec une bonne et grosse proposition, ce serait tout bénéfice pour les dogues Lillois !

    Ludo n’est pas dupe, mais il joue avec ça, il surfe même, parce qu’il est en position de force : Carlo doit démontrer son pouvoir de séduction, afin de continuer "à prendre du plaisir", comme il dit !

    « Prendre du plaisir ! », vaste programme, lui qui est obligé, à cette heure de faire face à la concurrence extérieure et aux conséquences de ses propres déclarations vis-à-vis des joueurs ; rappelez-vous :

    "les compétitions européennes, ça ne le fait pas plus bander que ça, le père Carlo !"

    Aujourd’hui, moi, si j’étais joueur, je lui demanderais des explications sur le projet sportif qu’il a pour son club de toujours :

    -"on va en L1, pour quoi faire ? Se maintenir ou essayer de gagner quelque chose ? Parce que si monter à l’étage supérieur ne signifie que toucher une plus value sur les joueurs, moi je pars tout de suite, parce que j’ai envie de finir à une bonne place, de titres, de disputer la compétition des meilleurs : la coupe d’Europe ! Moi, j’ai envie ! Et toi, Carlo ? Vas-tu, sans réagir te laisser entrainer par la grande faucheuse dans le grand trou sans fond ? "

    -Vas-tu, alors que ton âge te fait te détacher des vraies valeurs que tu défendais jusqu’ici :

    - « Se battre, gagner ! Faire honneur à ton maillot, aller jusqu’à la perfection de toi-même »

    « Vas-tu, Carlo, céder à la tentation de l’ombre ? »

    L’œil est dans la tombe, et t’observe, ne joue pas les « Caïn » !

    -N’entraines pas vers le Styx de la vallée des ombres, le joyau du club de la Moselle : une obole pour le passage de ce fleuve de mort ne vaut pas tous les trésors de cette vie ; surtout pour le donner en pâture aux cerbères de la porte de l'enfer du Nord !

    -"Imagine, Carlo : imagine cette équipe renforcée par ceux que tu as déjà vendus par le passé …Comme tu serais riche, adoré et adulé,comblé! Si tu ne t’étais pas laissé tenter ! Quelles satisfactions tu aurais aujourd’hui, de pouvoir rencontrer Arsenal, Le Bayern ou Chelsea, avec les "p'tit Louis","Ribéry", "Adebayor" et quelques autres, dans un stade –enfin terminé- de cinquante mille places réservées à l’année par les abonnés !

    Imagine ton équipe du futur, fais fi de tes tentations de commerçant : veux tu finir avec, comme seul titre  celui d' Herlory dit " le viandard ?"

    -Vas-tu vendre ton âme au diable, Carlo, passer à côté de la reconnaissance éternelle du peuple grenat ?

    N’écoutes pas les marchands, construis "ta cathédrale", comme tu l’as commencée, année après année,pierre après pierre – et Obraniak en est une, de ces pierres- pour passer à la postérité !

    Si après tout cela tu doutes encore, viens me voir : je te ferai un bon café en te racontant l’histoire qui est née de la  légende : comment Carlo prouva qu’il était bien plus qu’un marchand : un grand président!...

    -« Il était une fois, Carlo, un ancien champion de moto-cross qui ne pensait qu'à gagner…. » (À suivre)

     

    Rencontre avec... Laurent Agouazi

    Lundi soir a eu lieu le traditionnel « forum des lecteurs » du Feu Sacré. L’invité du mois était le milieu de terrain Laurent Agouazi. Ce dernier est revenu sur l’esprit qui anime le groupe messin, la Coupe de France, Villemomble. Morceaux choisis.

    Laurent, l’équipe a fait une première partie de saison exceptionnelle. Peut-elle continuer sur ce rythme ?

    Laurent Agouazi : « Nous sommes partis sur des bases très élevées, garder cette allure sur toute la phase retour sera difficile. Au départ, on tablait plus sur une montée en deux saisons, une si c’était possible. Le club a fourni un gros effort à l’intersaison. Je pense notamment à Francis De Taddeo, Joël Muller et Patrick Razurel, qui n’ont pas pris de vacances de manière à pouvoir construire l’effectif que nous avons aujourd’hui. Avant de débuter la saison, je pensais qu’une remontée directe allait être difficile car il n’y avait pas de noms parmi les joueurs qui nous rejoignaient. Mais dès le stage, on a senti un bon état d’esprit, une envie de réussir quelque chose. J’étais blessé mais j’y suis allé quand même à la demande de Francis De Taddeo. J’ai pu encore mieux me rendre compte de cet aspect. »

    Revenons sur le match de Villemomble, ce penalty manqué vous reste en travers de la gorge ?

    L.A. : « Quand j’ai pris le ballon, je me suis mis en tête qu’il fallait absolument que je qualifie l’équipe, car j’avais offert le but de l’égalisation auparavant. Je me suis mis une trop grande pression, j’aurais dû faire le vide comme je le fais d’habitude. Là, j’avais l’impression que le but était tout petit ! Du coup, j’ai raté ma frappe. J’étais persuadé qu’on allait sortir et tout aurait été de ma faute. Je n’ai pas regardé le tir de Villemomble. Puis j’ai croisé Momar qui m’a glissé ‘je vais la mettre pour toi’. »

    Vous souvenez-vous de votre premier but en pro ?

    L.A. : « C’était à Nice la saison dernière. Un très grand moment ! Je l’ai attendu avec beaucoup d’impatience. Il fallait que je me dépêche, car il ne restait plus que deux matches en L1. Même si nous n’avions plus rien à jouer, cela m’a procuré un énorme plaisir. J’étais ailleurs, sur une autre planète. J’ai repensé à mes années passées au centre de formation, à ma famille. Marquer en Ligue 1 est quelque chose de fort. Je le souhaite à tout le monde. »

    Le public est de nouveau derrière vous après une saison décevante…

    L.A. : « Reconquérir notre public était un des objectifs de cette saison. Nous savions que nous pouvions y parvenir en affichant à nouveau des principes essentiels. Dans le jeu, nous ne sommes peut-être pas l’équipe la plus spectaculaire mais nous sommes revenus à des valeurs qui avaient été quelque peu bafouées l’an passé. Quoiqu’il arrive, nous mouillons ce maillot et nous le respectons. Je pense qu’au delà des résultats, même si bien sur cela joue également, le public sent ce nouvel esprit et qu’il y est sensible. »

    La Coupe de France fait-elle également partie de vos objectifs ?

    L.A. : « Dernièrement, on se remémorait avec Ludo Obraniak les débuts de notre Coupe Gambardella. Nous étions passés in extremis contre des équipes de niveau inférieur, deux fois de suite aux tirs aux buts ! C’est peut-être un bon présage… Je signe tout de suite pour qu’on se qualifie à nouveau de cette façon contre Lille. A côté de cela, remporter le titre de champion de Ligue 2 représenterait aussi quelque chose. Être champion, c’est très symbolique, cela récompense le travail de toute une saison. Même s’il s’agit de L2, pouvoir se dire qu’on a été la meilleure équipe de l’année est tout de même fort. Cela lie les joueurs entre eux à jamais. C’est comme le doublé Coupe - Championnat en 18 ans, personne ne peut nous l’enlever ! »

     

    December 19

    Obraniak, la tentation de Lille

     

    Courtisé par Lille, Ludovic Obraniak s'apprête à passer directement de la Ligue 2 à la Ligue des Champions. Il disputerait alors son dernier match avec Metz, vendredi, à Istres.

    Ludovic Obraniak a quitté Saint-Symphorien, samedi soir, sur un tir au but transformé dans l'anonymat d'un interminable match de Coupe de France remporté aux dépens de Villemomble, CFA. Il y reviendra, peut-être même début janvier, dans la même épreuve mais sous d'autres couleurs: révélé au grand jour par le cavalier seul de son équipe en tête de la Ligue 2 et par le rôle prépondérant qu'il y joue, le milieu de terrain messin s'apprête à rejoindre Lille, accessoirement le prochain adversaire de Metz en Coupe de France.

    Officiellement, rien n'est fait. Le FC Metz serait dans l'attente d'une proposition concrète des dirigeants lillois. En attendant, l'aréopage lorrain essaie toujours de convaincre son joueur-vedette, en fin de contrat, de prolonger. Une proposition de trois ans lui a d'ailleurs été formulée. "Ce que Metz me propose est intéressant et s'étudie", affirme d'ailleurs Ludovic Obraniak, joint hier.

    Il est probable, surtout, que ce que lui propose Lille ne se refuse pas. Le meilleur club français derrière Lyon, même loin derrière Lyon, ne manque pas d'arguments pour attirer à lui un joueur présentant le profil de Ludovic Obraniak. Le LOSC vient d'accéder aux huitièmes de finale de la Ligue des Champions, où il affrontera Manchester United. Depuis le départ de Philippe Brunel, en 2005, Claude Puel a testé de nombreuses solutions au poste de milieu gauche, la dernière en date avec le Brésilien Bastos ne lui ayant, semble-t-il, pas donné satisfaction. L'entraîneur lillois a jeté son dévolu sur le joueur messin, et l'appellerait quasi-quotidiennement. "Il y a des contacts, concède seulement Obraniak, mais ils sont loin d'avoir abouti. C'est tout frais, je suis flatté d'un tel intérêt, mais j'ai un match à jouer vendredi à Istres. Ce n'est pas le moment d'en parler, je regarderai tout ça après Noël."

    Preuve de l'intérêt accru du LOSC pour le gaucher messin: la présence de Patrick Collot, l'adjoint de Claude Puel, le 8 décembre, à Saint-Symphorien, pour Metz - Strasbourg (4-1), un match rendu plus facile par les accélérations, les dribbles et le coup de patte de Ludovic Obraniak. Les recruteurs lillois le suivent de très près depuis l'été. "Je suis conscient de réussir une bonne saison, admet encore Obraniak, mais je n'ai encore rien prouvé au plus haut niveau, et surtout pas dans un club aussi huppé."

    Dans cette affaire, la position messine est forcément délicate: Ludovic Obraniak arrivant en fin de contrat en juin prochain, seul un transfert au cours du prochain marché d'hiver permettrait au FC Metz d'en tirer quelque bénéfice. Francis De Taddeo découvrirait, alors, une nouvelle facette de son nouveau métier, celui d'entraîneur d'une équipe professionnelle, à Metz qui plus est: la difficulté de conserver ses meilleurs joueurs, même ceux qu'il connaît depuis leur prime jeunesse. Jean Fernandez, avant lui, est passé par là: Niang, Maoulida, Adebayor, Ribéry, tous ont fini par quitter prématurément les bords de la Moselle, contre leur gré même pour les deux premiers! Par bonheur, Metz a viré très largement en tête de la Ligue 2 à mi-parcours, au point de pouvoir envisager la remontée en Ligue 1 sans son plus sûr atout.

    La Ligue 1 à dix-neuf ans

     

    Messin pur sucre, Ludovic Obraniak a vu le jour à Longeville-lès-Metz, donc à deux pas du stade Saint-Symphorien, le 10 novembre 1984. Le FC Metz l'a découvert à l'UL Plantières, un quartier messin, en poussins. Dès lors, ce gaucher habile techniquement et rapide balle au pied y a franchi tous les échelons, jusqu'au doublé Coupe Gambardella - championnat de France, avec les 18 ans alors entraînés par Pascal Janin, en 2001. Passé professionnel, il a disputé neuf matches au cours de la saison de Ligue 2, en 2002-2003, avant d'effectuer sa première apparition en Ligue 1 le 19 décembre 2003 en remplaçant Grégory Leca à 83e minute de Bordeaux - Metz (2-0). Au printemps 2004, Jean Fernandez décide d'injecter du sang neuf à une équipe messine toujours en quête de maintien. Obraniak est titularisé pour la première fois le 24 avril contre Nice (1-0). Dès lors, il devient l'une des pièces maîtresses du FC Metz, avec lequel il dispute trente matches en 2004-2005 et trente-et-un en 2005-2006. Cette saison, en Ligue 2, Ludovic Obraniak n'a manqué qu'une rencontre, au Havre, pour cause de suspension. Titulaire à dix-neuf reprises, il a inscrit deux buts et réussi six passes décisives.

     

    Traces de Coupe

     

    Au repos dimanche, les Messins ont repris l'entraînement hier matin. Sans Julien François : le milieu passera aujourd'hui une échographie pour préciser l'étendue de sa blessure à la cuisse. La venue de Villemomble a laissé d'autres traces : Julien Cardy, Laurent Agouazi et Momar N'Diaye étaient eux aussi absents. Leur participation au déplacement à Istres n'est toutefois pas remise en cause. Seule certitude : Francis De Taddeo devra se passer de Malick Diop, suspendu, pour cet ultime rendez-vous de 2006.

     

     

    December 18

    Momar N'Diaye, un but en mémoire

     

     

     Momar N'Diaye a profité de sa troisième titularisation pour qualifier les siens pour les 32es de finale de la Coupe de France. Un soir que l'attaquant sénégalais n'oubliera pas...

     

    Il y a plein de moments dont je ne me souviens plus. Il faudrait que je revoie le match à la télé..." Dans le lot des souvenirs enfuis de la qualification messine, la quarante-troisième minute. Momar N'Diaye s'envole au second poteau, aussi haut qu'un défenseur de Villemomble. Aussi fort. Le tête à tête est violent. Il s'achève à terre pour l'attaquant messin. Sonné. La partie mettra trois bonnes minutes avant de reprendre. Le Sénégalais, lui, en mettra plus encore pour retrouver ses esprits avant de finalement reprendre sa place sur le champ labouré de Saint-Symphorien. Persévérance bienvenue: jalonnée par les ratés, la prestation de N'Diaye a trouvé une conclusion heureuse. Le sixième tireur du camp grenat a en effet mis un point final au parcours des Franciliens.

    Cette séance de tirs au but, c'est certain, il ne l'oubliera pas. Relégué à un rôle de remplaçant depuis le coup d'envoi du championnat, Momar N'Diaye a saisi l'occasion de sa première titularisation à domicile pour apporter sa pierre à l'édifice. Fin novembre, déjà, la Coupe de France lui avait sourit: à Torcy, servi en amuse-bouche à l'appétit messin, l'attaquant avait inscrit deux des sept buts de la soirée. "Cette compétition me plaît. On a tous envie d'aller le plus loin possible, d'autant plus que nous avons déjà quitté la Coupe de la Ligue.> Avant-hier, pourtant, l'aventure aurait très bien pu s'arrêter là. "C'est vrai, nous avons manqué de réalisme." Assez pour être contraints de jouer une place en 32es de finale à la loterie des tirs au but, face à une équipe évoluant en CFA de surcroît.

    "C'est normal"

    "Mais c'est la Coupe, souligne Momar N'Diaye. Le contexte est différent. Notre adversaire était bien en place. Quoi qu'il en soit, nous avons eu le mérite de ne rien lâcher. Maintenant, il n'y a plus que la qualification à retenir."

    Héros d'un soir, Momar N'Diaye sait que ce but ne suffira pas pour faire de lui un titulaire à part entière. La concurrence est forte aux avant-postes et le compatriote des deux meilleurs buteurs messins semble s'en être accommodé: "Ce n'est pas toujours évident de ne pas jouer, mais c'est normal. Babacar et Papiss marquent, l'équipe tourne bien... Et pourvu que ça dure." Blessé à l'intersaison, titularisé une première fois à Caen, Momar N'Diaye continue d'attendre son heure. La patience, elle, ne l'oublie pas.

     

     

     

    FC METZ - SEDAN : 2-0

     

    Arbitre : M. Mulin. Buts Bourgeois (6e, 74e).

    Les jeunes joueurs messins cueillaient leurs adversaires à froid et parvenaient à inscrire leur premier but dès la sixième minute. Après plusieurs tentatives signées Pjanic et Bourgeois, repoussées par le gardien sedanais, Bourgeois avait finalement le dernier mot et ouvrait la marque (6e). Le même Bourgeois, côté droit, passait intelligemment à Calton qui partait vers le but mais son tir rasait le poteau de Barrilliot (11e). Gestede, après avoir bénéficié d'une passe de Pjanic, voyait son essai passer juste à côté après une déviation sedanaise (28e).

    Durant les trente premières minutes, la domination était messine. Les Ardennais ne parvenaient pas à s'approcher des buts de Degré qui n'avait pas grand-chose à faire. Par la suite, il devait tout de même se coucher pour capter la frappe de Degretre (38e) puis mettre en corner le ballon de Lavir (40e).

    La seconde période était plus équilibrée. Les Messins baissaient le pied et Sedan en profitait. Degretre reprenait de loin et en force un corner que Degré boxait (55e), Oliveira plaçait une tête (65e) et Degretre un coup franc au dessus (66e). Malgré tout, ce sont les joueurs d'Olivier Perrin qui trouvaient le chemin des filets. Les deux compères, Pjanic et Bourgeois, étaient une nouvelle fois à l'œuvre. Pjanic, côté droit, servait Bourgeois qui, d'une superbe frappe, trompait le gardien ardennais (74e). Les Mosellans continuaient à attaquer par Calton (87e), Bourgeois (89e) et Pjanic (90e+1) mais ne trouvaient plus le cadre.

    December 17

    Metz s'est fait peur



    Dominateurs tout au long de la rencontre, les Messins n'ont arraché leur qualification qu'aux tirs au but.

    Particulièrement gâté ces derniers mois, le public messin ne s'était pas déplacé en grand nombre pour assister à ce 8e tour de Coupe de France. Ils étaient ainsi à peine 3.000 à « garnir » un stade Saint-Symphorien bien trop grand pour l'occasion. Il faut dire que cette affiche devait faire face à une redoutable concurrence entre la rencontre de ligue 1 Nancy-Marseille et la demi-finale de championnat d'Europe de handball féminin France-Norvège. Ceci explique peut-être cela. Et puis Villemomble, bien que leader de son groupe de CFA, n'a pas l'aura de Strasbourg, dernière victime du FC Metz dans son antre. Malgré tout, les Messins avaient un match à jouer et à gagner. Conformément aux voeux de leur entraîneur, Francis De Taddeo, ils prenaient ce match par le bon bout. Confisquant le ballon, ils imposaient d'entrée leur rythme à des Franciliens quelque peu dépassés. Obraniak, après un centre de Bong, héritait de la première occasion mais sa frappe du gauche ne pouvait accrocher le cadre d'Eboué (2'). Metz maintenait la pression sans toutefois se montrer irrésistible. Son jeu penchait nettement à droite, le duo Cardy-Beria causant bien des misères à ses adversaires directs. La sortie sur blessure de François, touché à une cuisse, contraignait Francis De Taddeo à un réajustement tactique. N'Diaye rentrait côté droit, Cardy se positionnant quant à lui, dans l'axe.

    Malgré quelques maladresses dans le dernier geste, les Messins continuaient de se montrer dangereux à l'image de Diop ou Gueye qui inquiétaient tour à tour le portier francilien. Recroquevillés sur leur but, les banlieusards parisiens pensaient bien regagner les vestiaires sur ce score de parité. Mais comme souvent depuis le début de la saison, l'éclair côté mosellan, était signé Babacar Gueye. Dans les dernières secondes de cette première période, le Sénégalais trouvait enfin la faille sur une frappe légèrement contrée (1-0, 45' + 2).

    N'Diaye délivre les siens

    Amplement méritée, cette ouverture du score laissait une deuxième période encore plus tranquille pour le FC Metz. Les premières minutes confirmaient cette hypothèse. Toujours aussi dominateurs dans le jeu, les Lorrains multipliaient les situations chaudes devant le but d'Eboué. Lanteri, après un service parfait de N'Diaye, manquait l'immanquable (57'). Gueye, encore lui, semait la pagaille dans la défense adverse avant d'être déséquilibré dans la surface. Le penalty, pourtant évident, n'était pas accordé par l'arbitre de la rencontre, M. Julien. Pire, sur le contre, Villemomble se montrait pour la première fois dangereux par l'intermédiaire de Beauvue (70'). Ce même Beauvue, on le retrouvait deux minutes plus tard. Après avoir chipé le ballon dans les pieds d'Agouazi, il enveloppait sa frappe, laquelle, avec l'aide du poteau, terminait sa course au fond des filets (1-1, 72'). Stupeur dans le stade...

    Vexés, les Messins repartaient de plus belle. Les occasions pleuvaient mais le manque de réalisme des Grenats était flagrant comme sur cette tentative de N'Diaye qui, après une sortie complètement manquée d'Eboué, ne trouvait que le poteau (80'). Même issue pour Cardy, en tout début de prolongations, après une magnifique frappe enroulée qui assurément aurait méritée un meilleur sort. Et chose incroyable vu la physionomie de la rencontre, les tirs au but étaient nécessaires pour départager les deux équipes. Finalement, N'Diaye transformait le penalty décisif, offrant du même coup au FC Metz une qualification on ne peut plus logique.

    FC METZ - VILLEMOMBLE : 1-1 (4-3 TAB)

    Stade Saint-Symphorien. Mi-temps : 1-0. Arbitre: M. Dominique. 2908 spectateurs. But pour Metz: B. Gueye (45e+2); pour Villemomble: Beauvue (73e). Avertissements à Metz: Agouazi (53e), B. Gueye (70e), Diakité (104e); à Villemomble: Do Novo (48e), Tagba (49e et 86e), Beauvue (88e). Expulsion à Villemomble: Tagba (86e). Penalty marqués à Metz : Obraniak, Diakité, Cissé, N'Diaye ; à Villemomble: Akabla, Yatabaré, Bezème.

    * FC METZ : Marichez (cap.) - Béria, Diop, Bassong, Bong - Cardy, François (N'Diaye, 23e), Agouazi, Obraniak - Lanteri (puis Cissé, 99e), B. Gueye (Diakité, 81e).

    * VILLEMOMBLE : Eboué - Bamba, Bennaï, Thétier (Yatabaré, 64e), Akabla, Tagba - Moreira, Bezème, Do Novo (cap.) - Beauvue (puis Penel, 88e), Durand (puis Noël, 90e).

     

    Metz, le salaire du labeur

     

     Il a fallu attendre la séance des tirs au but pour voir les Messins décrocher leur billet pour les 32es de finale. Hier, face à Villemomble, équipe de CFA, le leader a souffert.

     

    Il s'en est fallu de peu pour que les banlieusards parisiens ne défrayent la chronique. A défaut, ils devront se contenter de la gloire éphémère et désuète du perdant héroïque. Héroïques, les joueurs de Villemomble l'ont été, hier, sur le semblant de pelouse du stade Saint-Symphorien. Sans y mettre la manière, mais avec le culot d'une équipe de CFA bien décidée à mettre la hiérarchie sans dessus-dessous, la formation dirigée par Alain Mboma a mis un soin tout particulier à contester l'autorité affichée en d'autres lieux par le leader messin. Jusqu'au bout. Jusqu'à ce que Momar N'Diaye ne rétablisse l'ordre en transformant le sixième tir au but d'une séance aussi incertaine que l'avaient été les cent vingt minutes de jeu réglementaires.

    Entré sans forcer sur les sentiers de la Coupe de France, le 25 novembre dernier à Torcy (0-7), les Messins ont décroché leur billet pour les 32es de finale dans la souffrance. Le sort, bien aiguillé par une frappe Babacar Gueye déviée dans le but parisien (1-0, 45+1), les avaient pourtant placés sur l'autoroute du succès. Mais celui-là avait décidé de jouer avec les nerfs des 2900 spectateurs éparpillés dans les tribunes. Déficient à la finition, Metz ne parvenait pas à prendre le large. Et son avance, minimale, fut carrément réduite à néant lorsque Beauvue, profitant d'un ballon perdu par Laurent Agouazi, remettait Villemomble en selle d'une frappe bien enroulée, hors de portée de Marichez (1-1, 73e). Le doute entrait en jeu. Et la malchance pointait le bout de son nez : comme Laurent Agouazi en tout début de partie (18e), Momar N'Diaye voyait sa frappe renvoyée par le poteau (84e)...Idem pour Julien Cardy, alors que les acteurs venaient d'entamer la première manche de la prolongation (92e). Réduit à dix après l'expulsion de Tagba (86e), Villemomble résistait avec le cœur. Recette suffisante pour contraindre les Messins à l'épreuve des tirs aux buts. La suite est connue : malheureux tout au long de l'après-midi, Momar N'Diaye délivrait les siens en même temps qu'il mettait un terme au suspense.

    "Nous n'avons pas lâché"

    A six jours de leur dernier rendez-vous de l'année, à Istres, les Messins n'ont pas réussi à épargner leur organisme. Mais la qualification est là. Acquise dans la douleur, mais logique aux yeux de Francis De Taddeo : "On leur donne le but, nous frappons plusieurs fois sur le poteau..." Soulagé, oui : "Ce n'était pas évident face à une équipe bien en place et solide défensivement. Nous avons raté beaucoup d'occasions et appauvri notre stock de convictions. Mais, retient l'entraîneur, nous n'avons pas lâché." Un mérite payant qui permet accessoirement aux Grenats de conforter leurs statistiques à domicile. Créteil, au premier soir de la Coupe de la Ligue, reste la seule équipe à s'être imposée à Saint-Symphorien depuis le début de la saison.

     

    Au bout de la souffrance Les Grenats sont parvenus à se qualifier face à Villemomble. Mais au prix de quels sacrifices ? Flanqués d'une inefficacité peu banale, ils ont longtemps dû se croire maudits alors que leurs hôtes, héroïques, ont manqué de peu l'exploit qui se dessinait.

    L'histoire de la Coupe de France est jalonnée de retournements de situation et de victoires surprenantes. Villemomble a failli inscrire son nom à une liste déjà bien garnie. Celle des petits qui croquent les plus gros qu'eux. Pour le plus grand soulagement des Messins, pas fiers pour autant, l'issue de la partie ne leur a pas été favorable. La séance de tirs-aux-buts a désigné Metz comme vainqueur. Un résultat dont on pouvait douter à la vue des 120 minutes qui précédèrent le verdict final. Les hommes de Francis De Taddeo ont en effet cumulé tous les ingrédients nécessaires à une bonne déconvenue, grand classique de la 'Vieille Dame'. D'abord timorés, puis inefficaces, ils ont vu s'ajouter à la recette un soupçon d'injustice et une bonne dose de malchance.
    Pourtant, la première mi-temps se terminait sur une note d'optimisme avec l'ouverture du score, chanceuse cette fois, de Babacar Gueye. Profitant de la pugnacité de Lanteri, le Sénégalais voyait sa frappe détournée. Eboué Eboué était pris à contrepied (1-0, 45°+3). On a d'abord cru que ce but suffirait à anéantir l'équipe de Villemomble, de son côté totalement improductive sur le plan offensif. Erreur...
    La formation de Seine-Saint-Denis avait adopté une façon de jouer en laquelle elle croyait dur comme fer. Voir les assauts adverses se terminer en queue de poisson ne pouvait que la conforter dans cette attitude. Comme lorsque, l'heure de jeu passée, Momar N'Diaye déborda avant d'adresser un ballon idéal à Laurent Lanteri, et que ce dernier manqua un cadre pourtant grand ouvert (63°). Ou encore, quand Babacar Gueye réclama, semble-t-il assez justement, un penalty et qu'il récolta en retour un avertissement (70°). Non, vraiment, rien ne venait dissuader les hommes d'Alain M'Boma. C'est ainsi que le rusé Beauvue chaparda un ballon au nez et à la barbe d'Agouazi avant de loger une superbe frappe enroulée dans la cage de Marichez (1-1, 72°). Vexés, les Mosellans partaient en campagne immédiatement. Mais c'est à ce moment que la scoumoune choisit de s'abattre sur eux. Poteau pour Momar N'Diaye juste avant la fin du temps réglementaire. Poteau pour Cardy dans la première période la prolongation qui suivit. Puis, foultitude d'occasions manquées d'un rien ou de beaucoup au cours de ce qui tint lieu de dernier quart d'heure. Une véritable attaque-défense (à onze contre dix, le défenseur Tagba ayant vu rouge à la 86°) pratiquée sous le déluge et sur une pelouse souffreteuse.
    Vint donc la terrible séance des tirs-aux-buts. Dans la continuité de ce qui avait précédé, Cardy manqua le premier sa tentative. Mais Penel l'imita dans la foulée, puis De Novo trouva Marichez sur sa route. Agouazi, dernier tireur, avait donc l'occasion de donner la victoire à Metz. Sa frappe fut repoussée par le gardien. Le sixième volontaire adverse n'étant pas plus heureux que lui, la charge de clôturer les débats revînt à Momar N'Diaye. Peu en veine, lui aussi, tout au long de la partie, il ne laissa pas passer cette chance qui a longtemps fuit les Lorrains avant de se refuser à Villemomble...

    La feuille de match
    8ème tour de la Coupe de France, Metz 1-1 Villemomble (1-0) / 4-3 aux tirs-aux-buts.
    Stade Saint-Symphorien, samedi 16 décembre
    2 908 spectateurs
    Arbitre : Monsieur Julien

    Buts :
    Metz : B. Gueye (45°+3)
    Villemomble : Beauvue (72°)

    Exclusion :
    Villemomble : Tagba (86°)

    Avertissements :
    Metz : Agouazi (53°), Diakité (104°)
    Villemomble : Do Novo (48°), Tagba (49°, 86°), Beauvue (87°)

    Les équipes :
    Metz : Marichez – Béria, Diop, Bassong, Bong – François (N'Diaye 23°) – Cardy, Agouazi, Obraniak, Gueye (Diakité 82°) – Lanteri (Cissé 100°)
    Villemomble : Eboué Eboué – Bamba, Bennai, Akabla, Tagba – Bezeme, Thetier (Yatabaré 63°), De Novo, Moreira Lopes – Durand (Noël 91°), Beauvue (Penel 88°)

     

    Metz - Villemomble : les réactions

     Soulagement pour Francis De Taddeo et ses joueurs à l'issue de la rencontre. Le coach messin estime qu'une élimination aurait été imméritée au vue de la domination de son équipe.

    Francis De Taddeo : « L'élimination aurait été imméritée. Nous avons eu le ballon 98% du temps et leur avons offert le but égalisateur. De plus, nous nous sommes procuré une multitude d'occasions. Ce n'était vraiment pas évident car Villemomble était très bien en jambes. Il ne faut pas oublier que cette équipe prend très de buts. Les intervalles étaient difficiles à trouver. Nous leur avons donné de la confiance en leur permettant de revenir. Après, il fallait chercher au delà de nos limites. Nous avons le mérite de ne pas avoir lâché jusqu'au bout sur un terrain difficile. »

    Laurent Lanteri : « L'essentiel est la victoire. On oubliera la façon dont celle-ci a été acquise d'ici quelques tours. C'était ma première titularisation à Saint-Symphorien. Je me sens bien dans ce groupe qui a su me mettre en confiance. »

    Christophe Marichez : « Nous pensions avoir fait le plus dur en ouvrant le score. Et par la même occasion, leur avoir mis un coup derrière la tête car le but venait juste avant la mi-temps. Mais nous n'avons pas su nous mettre à l’abri et nous concédé l'égalisation sur une erreur. Nous manquions de réalisme offensif mais j'avais confiance jusqu'au bout. Nous avions à cœur de passer ces deux premiers tours car nous espérons faire un beau parcours dans cette compétition. »

     

    Carlo Molinari à l'Assemblée Nationale

    Dans le cadre de la mission d’information parlementaire qui planche actuellement sur les conditions de transfert des joueurs professionnels de football et sur le rôle des agents sportifs, Carlo Molinari sera entendu en tant qu’expert par l’Assemblée Nationale mercredi 20 décembre prochain.

    Cette mission d’information est présidée par Dominique Juillot, député du Grand Chalon, vice-président du groupe parlementaire d’études sur le sport et l’éducation sportive et également président du club de l’Elan Sportif Chalonnais, évoluant dans le championnat de Pro A de basket.

    Après les experts indépendants du Centre de Droit et d’Economie du Sport entendus en novembre dernier et avant Michel Platini et Pape Diouf invités le même jour que lui, le Président du FC Metz a été choisi pour sa connaissance du milieu du football. Il pourra ainsi partager avec les députés sa longue expérience du métier, afin d’éclairer au mieux leurs positions sur les transferts des joueurs et le rôle des agents.

     

     

    CFA : Manque de réalisme

    Après cinq succès d'affilée, le FC Metz a été contraint, hier, de partager les points avec Lesquin.

    C'est l'éternelle question du verre à moitié vide. A moitié plein. Certes, les Messins terminent l'année 2006 invaincus à domicile. " Mais la mission n'est qu'à moitié remplie. > Dixit José Pinot. Le réalisme qui était, jusqu'ici, l'une des marques de fabrique de la maison grenat, a fait défaut, hier, face à Lesquin. " Nous avons quatre-cinq belles occasions en seconde période, encore faut-il les mettre au fond, C'est rageant", regrette l'entraîneur lorrain.

    Mais avant d'approcher des buts de Bourgois, les Messins se sont longtemps pris les pieds dans la toile défensive tissée par Lesquin. Et ce, malgré une réelle volonté d'aller de l'avant et de faire vivre le ballon. " Après le match de Vesoul, j'ai recadré tout le monde, explique Pinot. Du coup, au niveau de l'état d'esprit, c'était bien mieux. " C'est vrai. Renouard et Contout, notamment, ont fait preuve d'audace. Mais dans l'ensemble les mouvements manquaient encore de fluidité. A l'image de la seule occasion messine de cette première mi-temps : parfaitement lancé par Thomas, Gomez, peu inspiré, manquait totalement son lob (24e).

    Après la pause, Lesquin lâchait un peu du lest. " Physiquement, ils étaient moins bien. Nous en avons profité. " Contout, d'une tête déviée, inquiétait ainsi Bourgois (48e). Quelques minutes plus tard, Farina trouvait le poteau au terme d'un beau travail signé Schmisser (68e), alors que la frappe limpide de Bocandé flirtait avec la barre (70e). Même Delhommeau, auteur d'une excellente prestation défensive, a apporté sa contribution, de la tête. Mais Bourgois a sorti le grand jeu (72e), tout comme la superbe frappe de Farina (82e).

    FC METZ - LESQUIN: 0-0.

    Stade Delaitre. Une centaine de spectateurs. Arbitre: M. Rebaud (Ligue Rhône-Alpes). Avertissements à Metz: Djiba (40e), Thomas (90e+1).

    FC METZ: Mayebi - Kavdanski (Betsch, 61e), Delhommeau, Schmisser (cap), Corrales - Bocandé, Djiba (Françoise, 82e), Thomas - Contout, Renouard, Gomez (Farina, 55e).

    LESQUIN: Bourgois - Demarque, Savigny (cap.), Lassalle, Pindi - El Barkaoui, Etombe Ebelle, Dufour, Debisschop, Gourouli (Taimmont, 62e) - Guiblesi.

     

     

     

     

    December 16

    Un rendez-vous entre leaders

     

     Dégagé de toute pression en championnat, les Messins rouvrent la parenthèse de la Coupe de France. Invité du leader à Saint-Symphorien: Villemomble, en tête de son groupe en CFA.

    Le FC Metz devra composer avec. Ou sans pour être tout à fait exact. Sans cet habit de leader qu'il trimballe avec aplomb, depuis la mi-septembre, sur les terrains de Ligue 2. Aujourd'hui, rien de tout ça : Metz ne sera qu'un favori parmi tant d'autres sur le tableau de ce 8e tour de Coupe de France. Leader-favori ? La nuance existe et son contenu n'a pas échappé à la sempiternelle prudence dégagée par le discours de Francis De Taddeo. Hier encore : " Nous ne passerons qu'à condition de le mériter. " Piqûre de rappel à ceux qui avaient pu l'oublier. Le 22 août dernier, Créteil, souffreteux en championnat, était venu voler la vedette aux Messins (défaite 0-1) au premier soir de la Coupe de la Ligue.

    Près de quatre mois plus tard, Saint-Symphorien renoue avec une autre coupe. A l'ordre du jour : Villemomble. Pensionnaires émérites de CFA - où ils font course en tête, devant les réserves de Rennes et d'Auxerre - les banlieusards parisiens fouleront une pelouse sur laquelle les Strasbourgeois eux-même n'ont pas pesé bien lourd (4-1). C'était il y a une semaine. Déjà trop loin, aux yeux de l'entraîneur messin : " La fête est finie. Il faut que les joueurs reviennent sur terre. Et qu'ils se remobilisent. Ce match sera peut-être moins excitant, mais il peut nous permettre de décrocher les clés pour rencontrer une plus grosse équipe au tour suivant. " L'enjeu est tout trouvé. Et le leader messin devra s'en contenter pour confirmer la thèse de l'accident cristollien et poursuivre sa route.

    " Retombées médiatiques "

    "L'ambiance, poursuit Francis De Taddeo, sera un des paramètres importants de la rencontre. Elle sera forcément plus "feutrée" que face à Strasbourg et cela peut constituer un avantage pour notre adversaire. Mais nous connaissons le terrain... > Méfiant, le coach messin est allé jusqu'à Rennes pour superviser Villemomble, défait 4-0 ce jour-là. Son rapport ? " C'est une formation où tout le monde se montre, qui défend très bien collectivement. > Mais qui marque peu en ce moment : pas la moindre réalisation lors de ses quatre dernières apparitions... Il n'empêche : " C'est un ensemble rationnel, qui possède quelques individualités. "

    Voilà les Messins prévenus. La première marche franchie sans encombre face aux modestes amateurs de Torcy (DHR), le 25 novembre (0-7), Christophe Marichez et ses coéquipiers trouveront aujourd'hui un adversaire d'une autre dimension. Un leader, en l'occurrence, qui aura à coeur d'en faire tomber un autre.

     

    Bong à la rescousse

    Pas de surprise dans la liste des joueurs messins retenus pour ce 8e tour de Coupe de France. Mais beaucoup d'absences à déplorer, notamment en défense, où Francis De Taddeo déplore pas moins de trois forfaits : à ceux, déjà entérinés, de Stéphane Léoni (contracture) et Luis Delgado (déchirure), s'est ajouté hier celui de Cheikh Gueye. Le Sénégalais ne s'est pas remis d'un mauvais coup reçu sur le pied, jeudi, à l'entraînement. Le contexte profite à Gaëtan Bong, lequel devrait honorer sa première titularisation de la saison, cet après-midi sur la pelouse de Saint-Symphorien. Aux avant-postes, Wilmer Aguirre et Laurent Lanteri sont susceptibles d'en faire de même. Alignés d'entrée à Torcy, au tour précédent, les deux attaquants avaient inscrit quatre des sept buts messins à eux deux...

    Le groupe messin . Gardiens : Marichez, Bonnefoi. Défenseurs : Bassong, Béria, Bong, Diop. Milieux : Agouazi, Cardy, Diakité, François, Obraniak. Attaquants : Aguirre, Cissé, B. Gueye, Lanteri, N'Diaye ou Ou.

     

     

    Les forces en présence

    On reprendrait bien une Coupe

     Plus habitué à débuter la compétition au tour suivant, le FC Metz reçoit Villemomble samedi avec l’obligation de ne pas se manquer qui lui revient eu égard au rang qu’il occupe. Plus que l’affiche, c’est la perspective qui est alléchante.

    Pour affirmer que la première moitié de saison des Grenats constitue un sans faute, il reste à la troupe de Francis De Taddeo un rendez-vous à négocier : la réception de Villemomble, ce samedi, à l’occasion du 8ème tour de la Coupe de France. Inutile de le préciser, une défaite ferait tache sur le tableau jusque-là magnifique du parcours lorrain. L’œuvre serait ainsi injustement dépréciée. Tandis qu’un succès ouvrirait aux Lorrains les portes d’une aventure forcément inédite.

    « Nous ne passerons que si nous le méritons »
    Une semaine après avoir fêté comme il se doit le large succès des siens sur Strasbourg, Saint-Symphorien va retrouver une atmosphère beaucoup plus confidentielle. La venue de Villemomble, samedi, ne suscite évidemment pas l’enthousiasme du derby. Les tribunes Ouest Haute, Ouest Médiane et Est Haute seront d’ailleurs fermées à l’occasion de cette rencontre. Il est permis de douter que les autres secteurs afficheront un taux de remplissage élevé. « Il faudra faire avec cette ambiance feutrée, commente De Taddeo. Mais d’un autre côté, évoluer à domicile est un sérieux avantage. Nous connaissons le terrain et n’aurons donc pas de problème d’adaptation. » Qu’à cela ne tienne, les joueurs messins iront chercher ailleurs leur motivation.
    Car si le climat inhabituel de cette confrontation peut la rendre moins captivante aux yeux des observateurs, l’enjeu est limpide pour les différents acteurs de la partie. Les joueurs de Seine-Saint-Denis voudront s’offrir une place au soleil, ceux de Moselle l’éventualité d’affronter une équipe de L1. A domicile, si possible, histoire de remplir le stade cette fois. Mais avant tout pour s’étalonner en vue de la saison prochaine qu’ils espèrent passer à l’étage du dessus. Pour cela, il ne suffit pas de jouer ces 90 minutes. Il faut battre Villemomble, modeste pensionnaire de CFA mais néanmoins adversaire respectable et respecté. Par Francis De Taddeo tout au moins : « C’est un ensemble très rationnel. Certes, il y a deux divisions d’écart entre les deux formations. Mais Calais était au même niveau lorsqu’il est parvenu en finale. Nous ne pouvons pas nous permettre de jouer en deçà de notre meilleur niveau. »
    Le coach messin, qui devait déjà se passer des services de Leoni et Delgado, fera également sans Cheikh Gueye. Le Sénégalais s’est blessé au gros orteil à l’entraînement et ne pourra tenir sa place. Le jeune Gaétan Bong tient donc la corde pour occuper le flanc gauche d’une défense qui devrait repasser à quatre. A moins que François ne redescende d’un cran comme à Torcy, au tour précédent. « Nous ne passerons que si nous le méritons », conclut Francis De Taddeo. Une vérité qu’il est trop tard de rappeler une fois la déconvenue enregistrée.

    8ème tour de la Coupe de France, Metz – Villemomble
    Stade Saint-Symphorien, samedi 16 décembre à 17h
    Arbitre : Monsieur Julien

    Le groupe : Bonnefoi, Marichez – Béria, Bong, Diop, Bassong – Obraniak, Cardy, Agouazi, François, Diakité – Ou, N’Diaye, B. Gueye, Aguirre, Cissé, Lanteri
    Sont convoqués pour jouer en équipe B : Betsch, Bocandé, Contout, Corrales, Delhommeau, Djiba, Farina, Françoise, Gomez, Kavdanski, Mayebi, Renouard, Schmisser, Sissoko, Thomas, Walasiak
    Metz affronte Lesquin, samedi à 14h30 au Stade Delaitre.

     

    CFA : Garder la main

    FC Metz : 4e avec 38 points (7V, 4N, 3D). Les trois dernières rencontres: victoire contre Saint-Quentin (2-0), victoire à Lille (0-2), victoire face à Vesoul (1-0).

    Lesquin : 10e avec 33 points (4V, 6N, 5D). Les trois dernières rencontres: nul contre Compiègne (1-1), nul face à Saint-Quentin (0-0), défaite à Vesoul (3-1).

    L'enjeu : en grande difficulté face à Vesoul, les Messins sont toutefois parvenus à engranger leur cinquième succès d'affilée, prouvant au passage que le stade Delaitre est une forteresse imprenable. Pour les coéquipiers de Schmisser, l'équation est donc simple: poursuivre cette belle série et rester maîtres des lieux.

    L'effectif : exception faite de Julien Turnau, suspendu, tout le monde est sur le pont. José Pinot devrait toutefois effectuer quelques changements par rapport à l'équipe ayant péniblement battu Vesoul.

    L'avis de José Pinot : "L'objectif de cette rencontre est double: finir l'année invaincus à domicile et ainsi rester bien calés dans le haut du tableau. Pour parvenir à nos fins, nous devrons nous livrer davantage que face à Vesoul. Ceci dit, l'équipe changeant de visage à chaque sortie, il est plus délicat de rectifier les erreurs entrevues ça et là. Mais rester invaincus à domicile est un challenge suffisamment excitant pour que tous le monde soit concerné."

     

    METZ (L2) - VILLEMOMBLE (CFA), aujourd'hui (17 h) au stade Saint-Symphorien.


    NANCY. Leader incontesté de Ligue 2, le FC Metz endossera, une nouvelle fois, le costume de favori cet après-midi contre Villemomble. Après leur démonstration de force contre Strasbourg (4-1), les protégés de Francis De Taddéo, plus que jamais en course pour la montée en Ligue 1, s'offrent un petit ''extra'' avec ce 7e tour de Coupe de France. « Ça ne sera pas facile. J'ai vu jouer Villemomble la semaine dernière à Rennes. C'est une belle machine, une équipe qui joue bien au ballon », souligne le technicien mosellan. « C'est un match à prendre très au sérieux. »

    Et pour cause. En tête de leur groupe de CFA, les banlieusards parisiens s'appuient notamment sur une très bonne défense, la plus hermétique du championnat. Une défense qui risque d'être mise à contribution dans l'antre des « Grenats ». « Metz est une équipe qui défend très bien et qui se projette vite vers l'avant », remarque Alain M'Boma, l'entraîneur francilien.

    Privés de Léoni et Cheikh Gueye en défense, les Lorrains veulent néanmoins poursuivre leur très bonne série à domicile. « Nous sommes effectivement sur une bonne dynamique. Mais elle ne nous autorise aucun excès de confiance », renchérit Francis De Taddéo. Lequel aimerait que ses joueurs affichent la même réussite que face à Torcy au tour précédent. Où après 20 minutes, ils menaient déjà 2-0...

    December 15

    ASGF, fournisseur officiel de talents

     

    Heureux papa de « Génération Foot », Mady Touré a séjourné quelques jours en Lorraine. L’occasion d’y déposer l’un de ses protégés et de présenter les perspectives de développement de son Centre de Formation.

    Ses ouailles ont beau briller en L2 et ailleurs, Mady Touré continue de s’activer. Plus que jamais, même. Le ‘tuteur’ de la joyeuse bande de Sénégalais du FC Metz est dynamique à souhait. Hier, il présentait aux dirigeants messins son projet de construction d’infrastructures propres à Génération Foot. Aujourd’hui, il faisait découvrir au dernier venu, Oumar Pouye, milieu de terrain offensif qui évoluera avec les 18 ans, son nouveau club. Car Mady ne vient jamais sans une pépite en poche.

    Mascotte du ‘Jaaraf’, brancardier à Monaco


    Lorsqu’on évoque la filière dont sont issus les Gueye, N’Diaye ou autres Djiba, il est difficile de passer à côté de leur ‘grand frère’. Son histoire, si singulière, reflète sa passion pour le ballon rond autant que son amour pour le Sénégal et l’Afrique. Tout commence à Dakar. Au Jaaraf, plus précisément, club dont il est le benjamin et de facto la mascotte. « A 7, 8 ans, je rencontrais tous les plus grands joueurs du pays, se rappelle-t-il. Mon idole, hors foot, était Youss N’Dour. Il est mon tuteur, c’est lui qui m’a permis de venir en France. » A Thonon-les-Bains, plus précisément, où son oncle évolue en équipe première. Mady a 14 ans lorsqu’il intègre la section ‘sport études’. Il passe ensuite par Bourges, puis retour à Thonon, puis départ à Châteauroux, puis la Côte d’Azur. Bref, sa carrière de joueur ne décolle pas : « J’étais trop souvent blessé et j’ai vite compris que je n’étais pas destiné au football de haut niveau. J’ai alors passé un BEP de comptabilité. » Pour les études, ce sera tout.
    Mady a besoin d’argent pour faire vivre sa famille. Son premier job l’attend à l’hôpital Princesse Grâce de Monaco. « J’étais brancardier, coursier... » Aux urgences. « C’est un boulot qui m’a énormément plu. Cela m’a permis de connaître beaucoup de monde, de me créer des contacts. » De là, il rejoint « Sprint Communication et Management », une société essentiellement tournée vers la F1 qui souhaite développer une branche football. Mady commence alors à prospecter en Afrique pour des clubs français. A Metz, Joël Muller est son premier interlocuteur, il le renvoie vers Francis De Taddeo. Qui s’en souvient comme si c’était hier : « J’ai vu un jeune homme avec des petites lunettes débarquer dans mon bureau. Des sollicitations comme celles-ci, un club professionnel en a très régulièrement, j’avais alors deux solutions. Soit l’écouter gentiment et l’éconduire, soit me dire que cet homme pouvait tout à fait réussir dans son entreprise. J’ai choisi la seconde et pour débuter, je lui ai dit de me ramener un joueur. Si celui-ci était bon, on pourrait envisager un partenariat. »

    « Disputer la Ligue des Champions africaine »


    C’est ainsi que Sega N’Diaye atterrit en Moselle. Et effectivement, il est plutôt bon. Celui qui, aux côtés d’Emmanuel Adebayor, fera un carton avec les 18 ans sous la direction de Pascal Janin, est le premier maillon de la chaîne. L’essai concluant, « il avait l’autorisation de continuer », sourit De Taddeo. De fil en aiguille, le partenariat avec le club messin prend donc de l’ampleur. Le carnet d’adresses de Mady aussi. A Dakar, il tente de regrouper des jeunes pousses prometteuses, fort des passerelles qu’il possède avec la Ligue 1. Deux anciens joueurs répondant aux noms de N’Diaye et Gueye lui confient leurs rejetons. Le fils du second, meilleur buteur des Grenats aujourd’hui, se souvient : « J’avais arrêté l’école pour m’investir à fond dans le foot. Je faisais partie des tout premiers à intégrer le centre. Aujourd’hui, la moitié des joueurs que j’ai côtoyés sont dans des clubs français. A l’époque, il n’y avait que deux équipes, -15 et -16 ans. On ne jouait que des matches amicaux contre des formations de première division et on les gagnait. » « On a galéré quatre ans pour être affilié, confirme Touré. Aujourd’hui, notre équipe évolue en troisième division. Mon objectif est d’accéder au plus haut niveau du football sénégalais. Et, à terme, de rivaliser avec les plus grandes équipes du continent, participer à la Ligue des Champions africaine. » Il y a, pour cela, encore un sacré bout de chemin à parcourir. Dans l’immédiat, la volonté du Sénégalais est de bâtir une véritable académie du ballon rond à Dakar. Près du lac rose et à 800 mètres de la mer, il dispose d’un terrain sur lequel il rêve de voir pousser l’établissement. Une délégation messine doit se rendre sur place au mois de Mars pour visiter le site. « Ainsi, tous les joueurs sénégalais pourraient avoir une chance de faire une carrière. Ce serait bien pour le Sénégal et pour le FC Metz. Pour moi, ce n’est plus un partenariat mais une histoire de famille. Nos aînés sont passés par ici. Quand je viens, je suis pris au sérieux et écouté par tout le monde. » Au cours de son passage sur le sol lorrain, Mady a appris la naissance de son troisième enfant, une fille. La famille s’est donc agrandie. Un heureux papa, on vous dit…

     

    Les échos du jeudi

    Tout va bien pour les Messins après leur belle victoire dans le derby. Peu de blessés, un moral au beau fixe. Quelques échos sont tout de même à signaler

     

    Fausse alerte pour Agouazi
    Le milieu de terrain Laurent Agouazi a ressenti une douleur en haut de la cuisse ce matin. Il s’est contenté de courir avec Jeremy Moureaux, par précaution. Et n’a pas été gêné outre mesure. Une fausse alerte, donc, sans doute.

    De Taddeo a vu Villemomble
    L’entraîneur des Grenats s’est déplacé jusqu’à Rennes ce week-end pour voir évoluer son prochain adversaire. La séduisante réserve du club breton a infligé un sévère 4-0 aux hommes d’Alain M’Boma. Pourtant, le coach messin a retenu de nombreux éléments au crédit des visiteurs. « Rennes a marqué d’entrée, commente-t-il. Puis, pendant une heure, Villemomble a eu le contrôle du match. Ils étaient les patrons sur le terrain, pourtant il y avait du beau monde en face. Après le deuxième but, ce n’était plus pareil. Et les Bretons ont pu en ajouter deux en fin de match. Mais Villemomble est une formation qui joue bien au foot, met le ballon au sol et pratique un jeu intelligent. »

    Interview générale
    Le bungalow presse, habituellement fréquenté par des journalistes, était copieusement garni à l’issue de la séance d’entraînement de ce matin. Une classe du lycée « Charles Jully » de Saint-Avold s’est en effet adonné à l’exercice de l’interview. Pour leur répondre, Ludovic Obraniak, Christophe Marichez, Julien François et Julien Cardy. Une belle brochette !

    Les maillots taille adulte sont arrivés
    On les attendait, ils sont là. La boutique a été réapprovisionnée en maillots. Toutes les tailles sont désormais disponibles : M, XL, XXL et même XXXL. Ceci ne concerne toutefois que les tuniques du FC Metz à domicile, les plus demandées bien sûr, de couleur Grenat. Pour les tenues extérieures bleues et blanches, le club attend toujours d’être livré.

    Près de 300 ‘Grenats’ au « Bowl Factory »
    Les supporters messins qui avaient décidé d’aller faire une petite partie de bowling au « Bowl factory » à Saint-Julien hier soir ont peut-être croisé plusieurs visages connus. L'ensemble des composantes du FC Metz y était en effet réuni le temps d’une soirée conviviale. Entre administratifs, joueurs, entraîneurs et intervenants extérieurs, ce sont presque 300 personnes qui y ont participé !

     

    Attention à Villemomble ?

     Les Messins seront confrontés, demain après-midi, à une équipe de CFA qui occupe la tête de son classement et qui est réputée pour bien défendre.

    Metz-Villemomble, voilà qui n'est pas, à proprement parler, une affiche du 8e tour. Metz, leader incontesté et incontestable de la Ligue 2, face à une équipe de CFA, rien de très excitant... Fusse-t-elle, elle aussi, en tête de son championnat ! Mais pour autant, les Messins ne s'attendent pas à une partie de plaisir. La Coupe de France génère parfois des scenarii que la raison ignore...

    Les risques, d'ailleurs, de se prendre les pieds dans le tapis existent bel et bien. "Villemomble avait la meilleure défense en honneur, l'a eue encore en CFA2, voilà deux ans, et l'a encore cette saison », explique Alain M'Boma, son entraîneur. Pas peu fier de cette espèce de marque de fabrique que le 4-0 concédé la semaine dernière à Rennes ne saurait entacher. Et pour cause... "C'est la cinquième saison que j'entraîne cette équipe, je n'avais jamais concédé une telle défaite. », souligne-t-il. Comme pour mieux défendre la thèse de l'accident soutenue par son président, Gérard Vivargent, plus de trente années de présence au club. "Ils ont eu quatre occasions et ont marqué quatre fois", argue ce dernier. En exagérant à peine. Le tout sous les yeux d'un Francis De Taddeo qui avait tenu à décortiquer le jeu de ses futurs adversaires... Un aller-retour Metz-Rennes tout exprès, ça vous classe la prudence du bonhomme !

    Beaucoup d'inconnues

    Villemomble, qui n'a pas vraiment de passé glorieux, qui est resté vingt ans en honneur, avant de grimper à l'échelon supérieur, est peut-être en passe de rejoindre le "National". Tout en ayant perdu à l'intersaison son meilleur buteur, Victor Mendy, parti faire les beaux jours du Paris FC, dans ce même National. Pas de passé donc, mais peut-être un avenir... Qui n'occultera pas, quoi qu'il arrive demain après-midi, à Saint-Symphorien, la saison en cours. " Nous sommes allés nous qualifier au 7e tour en Guyane où nous avons été reçus comme des Princes. Ça restera un excellent souvenir>, se réjouit le président. Qui préfère prendre les matches un par un, sans se projeter outre mesure. Ses souvenirs de Villemomble en Coupe de France ? "Voilà une trentaine d'année, nous avions disputé les 16es de finale en matches aller et retour face au grand Nice de l'époque.", se rappelle-t-il. Depuis ? Rien, ou presque.

    Alain M'Boma, dont le patronyme évoque forcément une courte période de l'histoire du FC Metz, puisqu'il est le frère aîné de l'ancien attaquant des "Grenats> sait ce qu'il lui reste à faire. Mais il va se rendre en Moselle avec beaucoup d'inconnues en tête. "Mon frère a assisté au derby la semaine dernière. Il m'a appelé pour me dire que ce n'était pas la peine d'y aller... (Rires)". Plus sérieusement, Alain M'Boma, qui a vu trois ou quatre fois les Messins à la télé, dit n'être pas très rassuré. "C'est une équipe qui défend très bien, et qui joue très vite vers l'avant. Mais je ne suis pas le seul à l'avoir vu, je pense..." En effet. Mais l'histoire n'a pas encore dit s'il cache bien son jeu.

    Après 15 matches de championnat, dans le groupe D de CFA, Villemomble occupe la première place avec 44 points (2 de plus que la réserve d'Auxerre), 8 victoires, 5 nuls et 2 défaites. 17 buts pour, 10 buts contre.

     

    December 14

    Comment les amateurs ont réduit le fossé

    Comment les amateurs ont réduit le fossé

    Entraîneur de l'équipe réserve du FC Metz jusqu'au printemps dernier, opposé samedi à Villemomble (CFA), Francis De Taddeo apporte son éclairage sur les performances de plus en plus régulières des clubs amateurs en Coupe de France.

    Francis De Taddeo, vous sortez de presque dix saisons de banc de touche en CFA. Comment analysez-vous la présence de plus en plus massive de clubs amateurs au-delà des 32es de finale de la Coupe de France? "D'un point de vue statistique, elle n'est pas illogique en 32es de finale, à condition de passer entre les gouttes après l'entrée en lice des clubs de National (au 5e tour) et de Ligue 2 (au 7e tour). Pour expliquer comment un club de CFA passe alors plusieurs tours, il y a désormais l'exemple de Calais: un groupe semi-professionnel; des joueurs passés pour la plupart par des centres de formation qui, en plus se transcendent; un entraîneur expérimenté..."

    * Mais les exemples se multiplient: témoignent-ils d'une progression du niveau en CFA? "Il s'agit incontestablement d'un championnat de plus en plus relevé. La raison est mécanique: de plus en plus de joueurs ne trouvent pas preneur en Ligue 1 ou Ligue 2 et finissent par renforcer ces clubs. Surtout que ces clubs-là se dotent de moyens de plus en plus importants, surtout dans les grandes villes qui offrent des possibilités d'emploi."

    * Tous les héros des dernières éditions de la Coupe de France, comme Calais, Schiltigheim, Libourne, Bourg-Péronas possédaient de nombreux joueurs passés par des centres de formation. La relation de cause à effet vous semble évidente? "Elle l'est. En France, la formation se veut généraliste et s'adresse donc à un nombre important de joueurs, dont un pourcentage restreint parvient à rejoindre l'élite, ici ou à l'étranger. Les autres n'ont pas envie d'arrêter, trouvent un job en rejoignant un club de CFA et, lorsqu'elle se présente, la Coupe de France leur permet de se rappeler au souvenir du milieu professionnel. Parfois même, certains y reviennent comme Chalmé qui s'était fait remarquer avec Libourne en 2002 (notamment en éliminant Metz) avant de signer à Lille."

    * Ces exemples ne sont-ils pas aussi la preuve que la différence n'est pas bien grande entre les joueurs qui passent le cap et ceux qui échouent en bout de formation? "Sur une même promotion de joueurs, tout le monde s'accorde sur les trois meilleurs, et sur les trois qui n'ont aucune chance. Entre les deux, les choix dépendent de tas de paramètres, comme les besoins de l'équipe professionnelle, et sont plus ou moins subjectifs."

    * Prenons, en Lorraine, le cas d'Amnéville, qui compte le plus de joueurs issus d'un centre de formation, généralement le vôtre. Peut-on l'imaginer durer en Coupe de France? "Aux Amnévillois de le prouver! Mais ce que je sais de ce club, c'est que Laurent Fanzel l'a doté de structures dépassant le cadre sportif: économiquement, socialement, il existe à Amnéville un vrai projet, un modèle pas forcément évident à reproduire ailleurs, mais exemplaire de cohérence. Si des joueurs viennent dans un club comme celui-là, c'est bien sûr pour des raisons économiques, mais aussi parce qu'il y existe une identité forte à laquelle ils sont sensibles. C'est également vrai de Villemomble."

    * Merci pour la transition: faut-il vraiment considérer votre adversaire, samedi, au 8e tour, comme un club de CFA? "Ses résultats (Villemomble est en tête de son groupe devant la réserve d'Auxerre) et son jeu sont la preuve d'un travail en profondeur. On peut donc en effet parler d'un club de National."

    * D'ailleurs, dans championnat de France amateur, il y a amateur. Mais cette notion existe-t-elle encore en CFA? "Les Anglais ont réglé l'ambiguïté en créant le professionnalisme sur quatre divisions. En France, à partir du National, les clubs fonctionnent dans des conditions quasi professionnelles avec des statuts amateurs. Et sans bénéficier des retombées des droits télé, par exemple. Alors, quand arrive la Coupe de France, ils se paient sur le dos de la bête!"

     

    Villemomble en bref

    Le FC Metz reçoit ce week-end « Villemomble Sports », pensionnaire de CFA, à l’occasion du 8ème tour de la Coupe de France. Voici une brève présentation de ce club.

    Le club
    L’association « Villemomble Sport, Société municipale d’Education Physique et de Préparation Militaire » a été fondée le 20 octobre 1921. Ses statuts ont depuis été modifiés à plusieurs reprises. C’est en 1986 que ce club omnisport prend la dénomination de « Villemomble Sports » actuelle. La section foot a vu le jour dès 1933. Ces dernières saisons furent celles d’une fulgurante ascension. 1er en division d’honneur à l’issue de l’exercice 2003/2004, premier de CFA2 la saison suivante et 6ème de CFA l’an dernier. Actuellement, Villemomble est leader de son groupe devant les équipes réserves d’Auxerre et Rennes, excusez du peu. L’entraîneur de l’équipe première n’est autre qu’Alain M’Boma, frère de Patrick, attaquant camerounais passé par le FCMetz.

    La ville
    Villemomble se situe en Seine Saint-Denis. La commune regroupe plus de 27 000 habitants.

    Le stade
    Parc municipal Georges Pompidou
    108-126 rue de Neuilly
    93 250 Villemomble

    Site internet
    Le site : http://www.vsfoot.com
    Un blog sur le club : http://villemomblesport.blog.mongenie.com/

    Effectif
    Gardiens : Eboué, N’Digi
    Défenseurs : Akabla, Attoumani, Bamba, Bennai, Depri, Khodabuccus, Penel, Reyal, Tagba, Thetier, Yamou
    Milieux : Ben Najah, Bezeme, Campion, Diakité, Do Novo, Medjebeur, Moreira, N’Kake
    Attaquants : Beauvue, Durand, Noel, Yatabaré

    Derniers résultats
    Rennes B 4-0 Villemomble
    Villemomble 0-0 Bois Guillaume
    Auxerre B 0-0 Villemomble
    Villemomble 0-0 Red Star
    Vitré 0-2 Villemomble
    Forme du moment : VNNND

    Parcours en Coupe
    Au tour précédent, Villemomble a éliminé l’équipe de Cayenne en Guyane sur le score de 4-1.

    Classement
    1er avec 44 points : 8 victoires, 5 nuls et 2 défaites ; 17 buts pour, 10 contre.

    Meilleurs buteurs
    Yatabaré, 4 buts
    Beauvue et Do Novo, 3 buts

     

    « Pas d’excès d'optimisme »

    Largement en tête, Metz est en route pour la L1. Si Carlo Molinari ne veut pas « tomber dans l'optimisme » il pense néanmoins que « ce serait presque une faute professionnelle » de pas monter. 

    Carlo Molinari, l'accession peut-elle échapper au FC Metz ?
    Il ne faut pas tomber dans l'excès d'optimisme. Tout peut arriver très vite dans le football. On a déjà vu une situation de ce type la saison dernière avec Bastia qui était encore sur le podium à six matchs de la fin du championnat. Mais ce qui me rassure, c'est que ce groupe a une mentalité exceptionnelle. Quelque chose que je n'avais plus vu depuis très, très longtemps. Il a aussi une qualité sportive. Cela me rassure un peu sur le plan de la continuité et la volonté de ne rien lâcher.

    Vous attendiez-vous à une telle victoire sur Strasbourg ?
    Il faut rester logique et objectif en disant que, souvent, un match tourne en faveur de l'une ou l'autre équipe et bascule sur un détail. Même si notre formation était plus forte que le Racing, il y a eu des moments dans le match qui ont fait que le sort nous a souri, comme l'exclusion de Deroff. Strasbourg ne nous a quasiment pas mis en danger. Néanmoins, je ne pense pas que le score reflète la différence entre les deux équipes. Le score est plutôt flatteur. Même si ceux qui ont vu les images à la télé me parlent de l'impression de force qu'ils ont ressentie.

    Comment envisagez-vous la seconde moitié de la saison ?
    Pour le Mercato, il n'y aura ni départ, ni arrivée. Le Mercato, pour nous, a eu lieu l'été dernier. Notre effectif est pléthorique, avec de nombreux joueurs candidats à une place, et nous ne pouvons pas tous les faire jouer. Il n'y aura pas de départ à moins d'un tremblement de terre ou ce sera celui d'un joueur qui a disputé peu de matchs. Nous ne toucherons pas aux joueurs présents et qui sont importants. L'objectif poursuivi a toujours été la remontée, nous l'avons toujours eu en tête même si nous partions dans l'inconnu et avec le traumatisme de la relégation. Même s'il faut rester prudents et que rien n'est jamais acquis, ce serait presque une faute professionnelle si nous n'arrivions pas au but recherché. Nous ne pensons pas encore à la saison prochaine. Pour l'instant, nous pensons surtout à monter en L1.

     

    Droit de réponse de Frédéric Thiriez

    Suite à l'article intitulé « Thiriez de connivence avec Pettinato », paru dans notre édition de mardi, le président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez, a tenu à apporter le droit de réponse suivant :

    « Le journal L'Est Républicain du 12 décembre 2006 présente un ''témoignage'' d'un nommé Antoine Savelli. Cet homme se plaint d'avoir été escroqué par M. Pettinato qui lui aurait promis une embauche à la Ligue de football. Selon ses propos, j'aurais même été ''de connivence'' avec M. Pettinato.

    C'est une imposture.

    1. J'ai moi-même saisi le procureur de la République de Nice le 25 juillet 2006, dès que j'ai eu connaissance, par une lettre de M. Savelli, des agissements de M. Pettinato. A la suite de cette saisine du procureur, le directeur général de la Ligue, ès qualité, a confirmé cette ''plainte contre X pouvant être M. Pettinato'' le 21 septembre 2006. En revanche, il est intéressant de noter que M. Savelli, qui est supposé être la victime de M. Pettinato, n'aurait pas, à ce jour, déposé plainte contre lui.

    2. M. Savelli lui-même est un personnage pour le moins douteux, déjà connu de la justice pour escroquerie et abus de confiance. Il s'est présenté à mon cabinet d'avocats avec son ''ami'' Pettinato. Celui-ci l'a introduit en le présentant comme collaborateur ministériel, ce qui s'est révélé mensonger. Il n'a jamais été question, ni avec moi-même ni avec aucun collaborateur de la LFP, d'un quelconque recrutement dudit Savelli. Le contrat de travail qu'il a présenté à la Ligue en juillet 2006 est un faux grossier.

    En conséquence, la LFP, en complément de la plainte déposée le 25 juillet 2006, dépose immédiatement plainte contre M. Savelli pour diffamation et tentative d'escroquerie ».

     Les 14 ans à Saint-Avold

    NANCY. Un stage régional, réservé aux 14 ans, se tiendra prochainemment au stade de Huchet à Saint-Avold les 6 et 7 janvier prochains. Ci-dessous la liste des footballeurs sélectionnés :

    Gardien : Zibette (FC Metz) ; Mathis (CS Orne Amnéville) ; Barrel (ASNL) ; Weinachter (ASNL).

    Défenseur : Bernadelli (FC Metz) ; Cesal (FC Metz) ; Croizet (FC Metz) ; Farssane (FC Metz) ; Lando (FC Metz) ; Lauratet (CS Orne Amnéville) ; Mielczarek (FC Metz) ; Lebigre (ASNL) ; Rolland (ASNL) ; Sanzey (ASNL).

    Milieu : Giuliano (FC Metz) ; Ngbakoto (FC Metz) ; Sannier (FC Metz) ; Braga (CS Orne Amnéville) ; Baal (ASNL) ; Bellanger (ASNL) ; Leveque (ASNL) ; Mudongo (ASNL) ; Thiébaut (ASNL) ; Mellouk (AMS Haut-du-Lièvre) ; Amadei (FC Thionville) ; Hamdi (FC Thionville) ; Merdjett (FC Thionville).

    Attaquant : Baada (FC Metz) ; Moscato (FC Metz) ; Jeannot (ASNL) ; Mathieu (ASNL) ; Tribout (ASNL) ; Gossia (STA Epinal) ; Belameiri (AS Florange Ebange).

     

     Metz tient son rang

  • TOURNOI DE L'ESLS (moins de 13 ans).

    LUNEVILLE. Le FC Metz s'est adjugé le titre au terme d'un tournoi relevé, hier au complexe sportif Charles Berte de Lunéville. Figurant parmi les prétendants logiques, les Mosellans ont été les seuls à faire respecter la hiérarchie. Les autres cadors nationaux, comme l'AS Nancy Lorraine ou Strasbourg, ont déçu en ne parvenant pas, à la surprise générale, à se hisser dans le trio de tête. Véritable révélation du tournoi, l'équipe de Thionville a accompli l'exploit de s'emparer du troisième strapontin, juste derrière une courageuse formation de Jarville. Brillante deuxième, cette dernière a tenu tête aux Messins durant la première mi-temps de la finale et s'est même payé le luxe de mener au score (0-1) avant de s'effondrer physiquement dans le second acte (6-1 à l'issue des festivités). Organisatrice de l'événement l'Entente Sportive Lunéville Sixte s'était associée pour l'occasion à l'autre club de football local : l'UST Lunéville, avec qui elle entretient une petite rivalité le reste de l'année. « Ce tournoi de futsal est certainement le plus relevé de tout l'Est de la France », déclarait le président Michel Augustin au cours de la compétition. Au regard du niveau de jeu et de l'engouement affichés par les différents protagonistes, on n'est pas loin de le croire...

    Le classement final : 1. FC Metz ; 2. Jarville ; 3. Thionville ; 4. Strasbourg ; 5. ASNL ; 6. Mulhouse ; 7. Sélection 54 ; 8. Saint-Dié ; 9. Vandoeuvre ; 10. ESLS ; 11. Raon ; 12. Epinal.

  • December 13

    Léoni et Delgado: retour en janvier

     

    Villemomble et Istres, ce sera sans Stéphane Léoni et Luis Delgado. Blessés tous les deux depuis la semaine dernière, les défenseurs seront indisponibles jusqu'au mois de janvier. Léoni, remplacé à l'heure de jeu contre Strasbourg, souffre d'une élongation à la cuisse. Quant à son coéquipier angolais, l'examen pratiqué hier a révélé une déchirure (cuisse).

    Delhommeau et Contout opérationnels. Pour les deux derniers matches de l'année, Francis De Taddeo pourra en revanche compter sur Pascal Delhommeau. La dernière apparition de l'ancien nantais remonte au 13 octobre (Créteil, 11e journée). Victime d'une déchirure, le défenseur avait ce soir-là cédé sa place à Sébastien Bassong.

    Autre retour envisageable, celui de Roy Contout. Opéré d'une fracture du cinquième métatarse du pied droit, fin septembre, l'attaquant avait été retenu avec l'équipe réserve, le week-end dernier, comme Delhommeau. Mais la rencontre avait été remise en raison des intempéries.

     

    UNFP, couleur grenat

    Lionel Letizi vice-président, David Terrier secrétaire général, Didier Neumann et Alexandre Clément membres du bureau directeur: les élections internes à l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) ont fait la part belle aux anciens joueurs messins. Aux anciens partenaires de Sylvain Kastendeuch par conséquent. "C'est peut-être que j'ai bien œuvré dans le vestiaire", s'amuse celui qui fut en son temps délégué de l'UNFP (il en existe un par club). "Cette coïncidence ne me surprend pas, reprend Kastendeuch. J'ai beaucoup sensibilisé, mobilisé. Si bien qu'à Metz on en était arrivé à cent pour cent d'adhésions. Et puis je n'oublie pas qu'il y avait une tradition militante: Michel Ettorre et Philippe Hinschberger s'étaient eux aussi engagés dans des responsabilités à l'UNFP."

    Dans le cas de Sylvain Kastendeuch, l'engagement va au-delà de la représentation syndicale. A la faveur du désistement de Jean-Jacques Amorfini, il va prochainement prendre possession d'un des deux sièges mis à la disposition de l'UNFP au sein du Conseil d'Administration de la Ligue. Au côté de Philippe Piat. Ce dernier s'est illustré récemment en signant un accord avec la FIFA qui met l'accent sur le rôle primordial des joueurs dans le monde professionnel.

     

    Kastendeuch: "Evoluer sur les deux tableaux"

     

     L'ancien capitaine du FC Metz vient d'être porté à la coprésidence de l'UNFP, le syndicat des joueurs professionnels. Sans renoncer à ses ouvertures politiques.

     

    Sylvain Kastendeuch, homme de pouvoirs. Plus que jamais une réalité. Depuis qu'il a pris congé de l'élite, en mai 2001, l'ancien libero emblématique du FC Metz ne quitte plus les avant-postes. Membre de l'équipe municipale en charge des sports à la mairie de Metz, le voici désormais coprésident de l'UNFP, le syndicat national des joueurs professionnels. Une structure qu'il a rejointe en 1999. Au cours des deux prochaines années, Sylvain Kastendeuch partagera la direction de l'UNFP avec Philippe Piat, président depuis 1969 et porté l'an dernier à la tête de la FIFPro, le syndicat international des joueurs pros.

    Autant dire que cette élection s'apparente à une transmission de témoin. "Le retrait de Philippe n'a été envisagé à aucun moment, explique l'ex-capitaine grenat, 43 ans. Dans la mesure où je me considère toujours en apprentissage, je suis heureux de pouvoir profiter de son expérience. Pour la suite, je ne me pose pas de questions. Il n'y a pas de stratégie, pas de volonté d'écarter untel ou untel. Ce que je souhaite, c'est que l'équipe en place continue à bien fonctionner comme elle le fait actuellement."

    Mystère en mairie

    Sylvain Kastendeuch n'a jamais camouflé ses attaches syndicales. Joueur, il occupait les fonctions de délégué au sein du FC Metz. Plus tard, il a intégré le bureau directeur de l'UNFP dont il était l'un des trois vice-présidents. "Un nombre important d'étapes a été franchi grâce à l'initiative ou à l'accompagnement de l'UNFP, rappelle-t-il. La mission principale, c'est de veiller au respect de la charte, d'intervenir dans les négociations entre employeur et employé, de faire entendre la voix des joueurs professionnels. » Le licenciement de Vikash Dhorasoo aurait constitué un cas d'école si l'ancien international parisien avait rallié les rangs de l'UNFP. Mais au contraire de 80 % de ses confrères, Dhorasso n'a jamais sollicité de cotisation. "On intervient pourtant sur d'autres aspects: assurances, management, reconversion... Ce sont actuellement 400 joueurs qui suivent des formations."

    Et lui, quelle voie compte-t-il emprunter? On sait Sylvain Kastendeuch très engagé sur le terrain politique messin, où lui sont prêtées des ambitions supérieures. Il évoque des mandats "complémentaires>, se dit ravi de pouvoir "évoluer sur les deux tableaux>. L'un à Metz, l'autre à Paris à raison de deux jours par semaine - "par conséquent, je serai l'un des grands bénéficiaires de l'arrivée du TGV". Metz, donc: "En politique, les choses sont fragiles. Mais sans spéculer, j'ai bon espoir de continuer à y tenir un rôle. Plus important si possible. On verra ce que Jean-Marie Rausch décidera. Une position sera prise dans les prochaines semaines, les prochains mois. J'attends sereinement." Jusqu'ici, les événements lui ont plutôt souri.

     

     

     

    Le chat noir….

    (Psst!....Essaie de suivre la musique en lisant le texte!Tu verras, c'est beaucoup plus intéressant! Si tu es intéressé par une vidéo de meilleure qualité, tu cliques sur ce lien, mais c'est assez long à télécharger...Bonne journée:

    http://dl-3.free.fr/52616e646f6d4956f6f1151006ddcbd5edd2c5dfc58b4174dfde7e53dc3c201d/Lechatnoirpixellisé2.wmv

     

    Nous étions en hiver, au plus froid du mois de décembre.

    C'était jour de marché à Boulange, le gros bourg au bord de la vallée de la Fensch. Le froid piquait cruellement.

    Après avoir fait rapidement quelques emplettes, les commères des environs, venues se raconter les dernières nouvelles des villages voisins, s'étaient réfugiées à l'auberge " le chat noir ", autour d'une boisson revigorante.

    Leurs maris et les enfants les avaient précédées.
    Le café était bondé ;

    Le cafetier était si occupé qu'il ne s'était pas aperçu que son chat, un gros matou noir, se frottait contre des jambes des clients en ronronnant, quêtant effrontément une caresse ou une gourmandise. Il glissait de table en table, vers un endroit où la conversation était particulièrement animée. L'un des clients appela le tenancier qui s'approcha, trébucha sur son chat, vacilla, retrouva miraculeusement l'équilibre et lui marcha malencontreusement sur la patte...., furieux,  il houspilla le malheureux animal qui partit comme une flèche!

    Assis à une table voisine,… un étranger avait observé toute la scène.

    Il était attablé avec deux Bassompierrois qui semblaient bien le connaître.

    Il s'adressa au cafetier :
    -« Pourquoi ne te débarrasses-tu pas de ce maudit matou ? Les chats noirs portent malheur, tu ne le sais pas ? »
    Avant que le cafetier, surpris, ne puisse répondre, l'un des deux hommes chuchota :
    -« Tais-toi, malheureux ! On voit bien que tu n'es pas d'ici ! Tu ne sais pas ce qu'on raconte dans le pays ? »
    Devant l'air intéressé de son ami, et surtout parce qu’un silence avait soudain envahi le café,… il reprit, en élevant la voix, (car il était tout fier d'être devenu le centre d'attraction des consommateurs) :
    -« Quand j'étais petit, ma grand-mère me racontait beaucoup d'histoires…. Il y en a une qui m'a particulièrement marqué et dont j’ai souvenance encore aujourd'hui » :
    Cela se passait à Algrange, son village natal.

    A l'écart de cette bourgade s'élevait une grande masure dont la grange avait brûlé quelques années plus tôt. Les herbes folles avaient envahi les ruines…. Personne n'osait s'en approcher, à part « l’Ambroisie », sa propriétaire : une vieille femme étrange, très étrange, qui y vivait seule.

    Elle s'habillait pour le moins bizarrement : elle aimait porter une très longue jupe ample qui balayait le sol, un étroit corsage aux manches usées par les années, des vêtements aux couleurs voyantes, je dirais même…flamboyantes.

    Il se disait qu’auparavant, elle avait été très belle !
    Elle jetait sur ses épaules un vieux châle gris rapiécé de toutes parts. Ses cheveux flottaient sur ses épaules, longs, crépus, d'un noir d'ébène. Sous son front haut, parcheminé de fines rides, s'ouvraient deux grands yeux verts bordés de longs cils noirs épais et recourbés. Son long nez étroit, cassé, séparait deux pommettes haut placées. Ses lèvres, étroites et sèches, surmontaient un menton pointu….

    Etrange « Ambroisie », les amis !

    Etranges aussi ses faits et gestes !...

    Ecoutez donc un peu :
    -On la voyait sortir, les soirs de pleine lune, à la tombée de la nuit….

    Elle traversait le village en catimini et prenait la direction de la forêt….sans jamais dire à quiconque où elle allait et ce qu’elle allait faire !

    A plusieurs reprises, des jeunes gens, curieux et courageux, avaient tenté de la suivre,… mais sans aucun succès. Elle réussissait toujours à égarer la plupart des curieux  au détour de quelque sentier! Même le plus malins n’y arrivaient pas :

    Chaque fois, en arrivant à une clairière, elle leur avait faussé compagnie, et avait disparu sans laisser de trace. Alors, plutôt que de la suivre, ils l’avaient précédé et la guettaient, mais…

    Malgré leur attente tenace, aucun des guetteurs ne l'avait jamais vu rentrer de ses escapades nocturnes.

    Et pourtant, au petit matin, elle était rentrée chez elle, et on la voyait qui déposait devant sa porte une écuelle de lait en appelant tous les chats errants des environs.
    Quand ils avaient fini de laper leur lait, ils s'asseyaient en rond, en se pourléchant les babines et Ambroisie s'installait au milieu d'eux….

    Alors s'élevait un concert de ronronnements, de miaulements, de cris inhabituels.

    -Ils se parlaient pour sûr ! »

    L'étranger l'interrompit :
    -« De toute façon, je n'y crois pas à tes sornettes. Toutes les vieilles bonnes femmes s'occupent de chats qui leur tiennent compagnie. Et elles leur parlent, sinon elles deviennent folles de ne jamais parler à personne.

    …Des contes à dormir debout, que tu nous dis là ! »
    L'autre, contrarié, reprit :
    -« Tu ne me crois pas ? Eh bien écoute celle-là ! Elle est aussi sur l’Ambroisie !...et il vida son verre cul-sec !
    Tandis qu'il se désaltérait, le brouhaha avait repris dans la salle :

    On commentant cette histoire « incroyable ! »,… chacun y allait de son anecdote « inouïe ! »….

    …Mais tous se turent quand la voix du conteur s'éleva de nouveau :

     « J'adorais ma grand-mère, c'était une cuisinière hors pair ! D’ailleurs, rien qu’en y pensant, j'ai encore sur la langue… le goût de ses pâtisseries ! »
    -« un jour que j'étais chez elle, « le Jean », un grand paysan baraqué, -une vraie armoire à glace ! - est arrivé en compagnie de mon grand-père. Il était rude, un peu bourru, mais il savait bien raconter les histoires.
    Les deux hommes revenaient des champs, et comme « le Jean » l'avait aidé à couper son foin, mon grand-père l'avait invité à boire un verre…. Je finissais mon gâteau quand j'ai entendu dans leur conversation le nom « d'Ambroisie » :
    -« Grand-père, c'est qui, « l'Ambroisie » dont vous parlez ? »
    Mon aïeul a fait celui qui n'avait pas entendu, et il a continué à discuter avec son ami…. Mais « le Jean » fit un clin d’œil à mon grand-père et me pris sur ses genoux :
    -« Ecoute, petit ! « L'Ambroisie », c'est une femme étrange, …très étrange… On raconte de « drôles de choses » sur son compte.
    …Il y a quelques années, on voyait souvent, à la tombée de la nuit, un gros chat noir qui se promenait dans les rues du village.

    C'était une grosse boule de poils noirs avec des yeux vert éclatant.

    Si on essayait de l'attraper, il se sauvait rapidement et disparaissait avec agilité.

    …Pendant la journée, on ne l'apercevait jamais.

    Il avançait sans bruit et, parfois, entrait dans une étable….

    Les paysans entendaient alors leurs vaches meugler, mais ils n'arrivaient pas à entrer voir ce qu’y s’y passait, car toutes les portes étaient comme bloquées de l’intérieur ...

    Au bout d'un moment, le calme revenait et les portes se débloquaient et restaient grandes ouvertes ;

    les vaches ruminaient tranquillement comme si rien ne s'était passé.

    Le lendemain, cependant, elles ne donnaient pas de lait. Et les paysans se lamentaient :
    -« Ce maudit chat noir a encore fait des siennes ! Comment allons-nous pouvoir manger, maintenant ? Plus de lait, plus d'argent ! Plus d'argent, plus de pain ! Si seulement nous arrivions à l'attraper ! Mais il est malin, cet animal ! Il nous glisse entre les doigts avec autant d'agilité qu'une vipère. »

    « Sans me vanter », a continué le Jean en regardant mes grands parents,

     « Je suis un excellent tireur : j'ai remporté plusieurs concours régionaux de tirs en tout genre. Et pourtant cette sale bestiolee avait souvent tété toutes mes bêtes, laissant mes meilleures laitières sèches comme des taureaux !
    -J'ai donc ramassé un gros caillou et je me suis mis à l'affût près de l'étable….

    Quand le chat est sorti, j'ai lancé ma caillasse…, et, au milieu des ovations de mes camarades,… j'ai atteint ma cible !...

    Le chat a miaulé horriblement, et il est parti d'un pas incertain, en boitant, mais cependant assez vite : je l'avais atteint à la patte de derrière, la patte droite, je m'en souviens bien ! C'est comme si cela c'était passé hier !

    Il s'était éloigné vers la forêt…

    Quelques heures plus tard, à la nuit tombée, je discutais de tout et de rien avec l'épicier qui rentrait chez lui après avoir réglé quelques affaires à son magasin.

    La lune brillait tellement fort qu'on aurait pu lire le journal, alors qu’il était déjà près de neuf heure du soir.

    …Et qui vois-je sortir de la forêt, toute boitante et cahotante ?
    -« l'Ambroisie, ai-je demandé ? »
    -« oui « l’Ambroisie » elle-même, mon garçon !

    -Voilà un petit gars qui a l’air vif et malin, n'est-ce pas, Vincent ? » Dit « le Jean » en s'adressant à mon grand-père.

    « Elle avait de la peine à marcher cette vieille sorcière ! Sa jambe droite semblait toute raide, et elle s'appuyait sur un bâton.
    Le lendemain matin, alors que « le Maintz » revenait de sa promenade matinale, il a vu l'Ambroisie qui déménageait « à la cloche de bois », entassant tous ses vieux meubles sur une vieille charrette qu’elle avait empruntée à un voisin….
    Etrange coïncidence : à partir de ce jour, quand l’Ambroisie fut partie, nul ne revit plus jamais le gros chat noir !... »
    J'ai fini, songeur, le gâteau qui était resté dans ma main, sans que je sois tenté à un seul moment de le finir  pendant toute la durée de l'histoire du Jean.

    « Tu vois que je ne te raconte pas de blagues », s'exclama en riant le conteur tapant sur l'épaule de « l'étranger ». D'ailleurs, si tu viens un jour à Algrange, on te racontera encore bien des histoires au sujet d'Ambroisie, et on te soutiendra « mordicus » qu'elle vit encore !
    -« Jeune homme, il ne faut jamais critiquer les chats parce qu’ils sont noirs ! A l’intérieur de leur carapace, peut-être se cache-il une âme, comme celle des êtres humains, sait-on jamais ?....semblable à celle qui habite les gens qui souffrent de l’indifférence ou de la méchanceté des autres, des « à priori » ou des idées toutes faites que l’on peur avoir soi-même sur le sens de la vie ?…. Aubergiste, j'ai soif ! Sers nous donc encore une dernière tournée ! »

    Les commentaires avaient repris de plus belle dans le café.

    C'est qu'on en connaît des histoires de sorcières dans la région !... Et chacun voulait apporter son témoignage !
    Tout le monde se tu à nouveau quand l'étranger se leva, sans plus mot dire… paya son écot en jetant quelques pièces sur la table… et s'éloigna avec une grâce…toute… féline !

    …Il leur sembla soudain étrange,… très étrange, …, cet étranger,… avec ses yeux verts…étincelants !
    …Le chat du cafetier,

    Ronronnant sur le seuil,

    L’a suivi… longuement,… de son regard énigmatique,…

    Jusqu’à ce qu'il ait disparu à jamais…

    Absorbé par la foule….

     

     

     

     

     

    December 12

    Cardy, l'exil heureux

     

    L'ancien toulousain, originaire de Pau, a trouvé à Metz un terrain propice à un nouveau départ. Six mois après son arrivée à Saint-Symphorien, parole à Julien Cardy.

     

    Son premier derby de l'Est. "Dans les jours qui ont précédé, j'ai surtout ressenti une grosse attente du côté des supporters. Nous en avons rencontré quelques-uns avant le match et nous avons compris que ce rendez-vous comptait beaucoup pour eux... Nous concernant, l'impatience était là aussi, mais elle tenait plus à la perspective de se mesurer à un autre candidat à l'accession qu'à la rivalité entre les deux clubs. Je comparerai ce derby avec ceux que j'ai connu sous le maillot toulousain, contre Bordeaux. En fait, ce sont surtout les médias qui mettent l'accent sur cette notion de derby. Pour les joueurs, ce n'est pas aussi marqué. En tout cas ici, durant la semaine, je n'ai pas remarqué de changement dans le comportement des uns et des autres."

    * Un doublé, une première. "Ça ne m'était jamais arrivé de marquer à deux reprises au cours d'un même match. Je suis super content de ce premier doublé, d'autant plus que c'était face à Strasbourg, devant notre public et pour notre dernier match de championnat à domicile de l'année. Mais à côté de cette satisfaction personnelle, il faut surtout s'attarder sur la prestation d'ensemble. Je crois que c'est le match le plus abouti que nous ayons fourni depuis celui de Bastia. C'est vrai, l'expulsion de Deroff nous a peut-être facilité la tache... Quoi que ce n'est pas toujours un avantage de jouer à onze contre dix: nous avions pu le constater quelques jours avant à Grenoble."

    * Son bilan semestriel. "J'étais très heureux d'arriver dans un nouvel environnement, de découvrir de nouveaux visages. C'était vraiment ce dont j'avais besoin pour tirer un trait définitif sur la situation que j'avais pu connaître à Toulouse et pour prendre un nouveau départ. Je suis arrivé à Metz avec une grande envie de jouer. Et les choses se sont tout de suite bien passées. Notre bon départ m'a aidé à m'adapter et il a servi la cause de l'équipe. Aujourd'hui, si on doit dresser un premier bilan, il ne peut être que positif: nous avons quatorze victoires en dix-neuf matches, nous avons remporté tous nos matches à domicile... En début de saison, personne n'imaginait qu'on allait réaliser un tel parcours."

    * La Coupe, l'autre challenge. "Cette Coupe de France, c'est une autre occasion de se montrer. Et nous n'allons pas la négliger. Le coach l'a bien fait comprendre à Torcy, où il avait aligné une équipe comprenant une majorité de titulaires habituels. Je pense que ce sera à peu près pareil contre Villemomble. Ce tirage nous est assez favorable, surtout parce que nous jouerons à la maison. Une chose est sûre, nous ne devrons pas prendre notre adversaire à la légère. Il ne faut pas perdre de vue ce qui se cache derrière ce 8e tour, à savoir l'entrée en lice des clubs de Ligue 1. Ce serait bien d'en rencontrer un."

     

    Villemomble en ligne de mire

    Au repos dimanche, les Messins ont repris le chemin de l'entraînement hier après-midi. Deux absences à signaler à quelques jours du match de Coupe de France face à Villemomble: celle de Stéphane Léoni pour commencer. Le défenseur, sorti sur blessure contre Strasbourg, souffre d'une élongation. Tout comme Luis Delgado. Les deux joueurs sont restés aux soins. Pour les autres, deux séances de travail figurent au programme de cette journée de mardi.

    A la recherche de la Nouvelle star

    Fabrice DO MARCOLINO (Angers)
    Si Do Marcolino a été évincé du circuit professionnel, c’est sans doute par erreur. Mais c’est aussi parce que cet attaquant né au Gabon il y a 23 ans n’a pas su confirmer, après sa formation rennaise. Prêté à Angoulême puis à Amiens, il s’est retrouvé au bord du chemin en 2005, obligé de rejoindre les amateurs de Vannes. Une saison plus tard, le voilà qui signe à Angers, où Garcia, l’entraîneur, « mise beaucoup sur lui ». Puissant et présent dans les airs, il marque but sur but (déjà 14). Plusieurs clubs de L2 se sont renseignés.

    Foued KADIR (Cannes)
    Sur la Côte d’Azur depuis maintenant deux ans et demi après un échec à Troyes, Foued Kadir est devenu l’une des valeurs sûres du National. Décrit par son entraîneur de la saison dernière, Michel Troin, comme « un milieu moderne au volume de jeu énorme », cet habile dribbleur de 23 ans peut aussi bien jouer devant la défense que derrière les attaquants. Troyes et Metz le suivent depuis l’exercice écoulé. Selon Troin, « même s’il reste très frêle physiquement, il a le niveau pour jouer au-dessus ».

    Alayxis ROMAO (Louhans-Cuiseaux)
    Il y a six mois, il foulait avec le Togo les pelouses du Mondial allemand. L’exposition médiatique de cet été aurait pu lui permettre d’atteindre son objectif : signer son premier contrat pro. Lorient et Reims, en L2, ou Hearts, en L1 écossaise, s’intéressaient à lui. Mais rien n’est venu et ce milieu récupérateur de 22 ans formé à Toulouse a repris ses courses incessantes à Louhans-Cuiseaux. Doté d’un « physique hors norme, puissant et endurant », selon Stéphane Crucet, Romao a tout pour plaire, « à la L2 et même au-dessus ».

     

    « Encore beaucoup à apprendre »

     

    Formé au FC Metz après un passage à l’INF Clairefontaine, Sébastien Bassong a découvert le haut niveau l’an dernier. Entre Malick Diop et Stéphane Leoni, il continue d’accumuler du temps de jeu à l’étage inférieur sans griller les étapes.

    Sébastien, quel sentiment gardez-vous de la victoire sur Strasbourg, vendredi dernier ?

    Sébastien Bassong : « Nous avons fait ce qu’il fallait, je pense que le résultat suffit à le démontrer. Un derby se joue souvent sur l’envie. L’expulsion nous a facilité les choses. C’était la même situation que face à Grenoble. Ce match nous a servi de leçon. Cette fois, nous avons pris nos précautions pour ne pas renouveler les mêmes erreurs. Nos supporters ont répondu présents. Je les remercie pour cette belle soirée. On aimerait que ce soit comme ça tout au long de l’année, ce serait l’idéal ! »

    Pensez-vous avoir progressé depuis le début de la saison ?

    S.B. : « Lorsqu’on joue, on progresse obligatoirement. J’apprends tous les jours aux côtés de Malick Diop. On défend en zone mais il a tendance à plus prendre la couverture. Par exemple, sur les duels aériens, c’est moi qui y vais et lui se met derrière. Cette association me plaît. De toute façon, moi, tout me va du moment que je suis sur la pelouse, il n’y a pas de problème. Maintenant, il me reste encore beaucoup à apprendre. Je dois parvenir à apporter davantage dans le jeu, soigner ma relance, être encore plus concentré. »

    Le fait que Francis De Taddeo, qui vous connaît bien, soit nommé à la tête de l’équipe première, vous a-t-il facilité les choses ?

    S.B. : « Il connaissait la maison et une grande partie de l’effectif dès les premières séances d’entraînement. Il n’y a donc pas eu ce temps d’adaptation dont aurait eu besoin un coach venant de l’extérieur. Nous qui sommes formés au centre, il nous connaît déjà et l’inverse est aussi vrai. On sait ce qui lui fait plaisir et aussi ce qu’il n’aime pas (rires). »

    Vous êtes-vous fixé des objectifs personnels à court ou long terme ?

    S.B. : « Nous sommes dans une bonne phase en ce moment. Alors, je vis un peu au jour le jour. A court terme, je cherche surtout à m’améliorer. La progression constante est déjà un sérieux objectif. A plus long terme, évidemment, c’est de rejouer en Ligue 1. »

    Samedi, vous recevez Villemomble, un club de CFA. Comment allez-vous aborder cette rencontre ?

    S.B. : « Comme toutes les autres. Nous allons la préparer sérieusement tout au long de la semaine. Nous avons envie d’aller loin dans cette Coupe de France afin de pouvoir nous frotter à une équipe de Ligue 1. Notre avance en championnat peut nous permettre de nous investir encore plus dans cette compétition. De plus, nous gardons en mémoire l’échec de la Coupe de la Ligue. »

    Si Metz passe samedi, quelle équipe aimeriez-vous affronter ?

    S.B. : « Pourquoi pas Marseille à Saint-Symphorien ? Mais n’importe quelle équipe de Ligue 1 serait bonne à prendre ! »

     

    Leoni et Delgado sur le flanc

    L’année 2006 se termine mal pour les deux défenseurs du FC Metz. Stéphane Leoni et Luis Delgado ont passé des examens récemment. Le premier souffre d’une élongation, son retour est prévu début janvier. Le second devra patienter quelques semaines de plus, il a été victime d’une déchirure à la cuisse. Ce sont heureusement les deux seules blessures à déplorer dans l’effectif messin. Au rayon des retours, Pascal Delhommeau et Roy Contout sont d’ailleurs de nouveau opérationnels de même que Sébastien Renouard.

     

    December 11

    Gueugnon, où tout a commencé...

     

    C'est en Bourgogne, à la fin du mois de juillet, que les Messins ont entamé leur parcours de folie. A l'époque, l'état d'esprit était déjà là. Il ne les a jamais quittés...

    Souvenez-vous. C'était le samedi 29 juillet. Ce jour-là, Francis De Taddeo et ses ouailles n'en menaient pas forcément large en se rendant à Gueugnon. Chez les Forgerons. L'équipe était en pleine reconstruction, les matches amicaux n'avaient pas forcément donné des tonnes d'indications, le doute n'était pas installé, mais aucune certitude ne pouvait habiter les Messins. Tout était à construire. Dans cette Ligue 2 au parfum si particulier.

    Michel Docquiert, le directeur général du club, effectivement, se souvient. Et fort bien. " On a tout de suite vu que c'était solide. Ils ont joué à cinq derrière. Ne se sont pas trop livrés. C'était impossible, à l'époque, de prévoir le parcours qu'ils allaient faire, mais mes premières impressions étaient qu'ils n'allaient pas perdre beaucoup de matches, à défaut d'en gagner énormément. "

    Le Gueugnonnais se rappelle également des circonstances dans lesquelles le seul but de la rencontre avait été marqué en fin de rencontre. Qui en disaient long sur l'état d'esprit. Et qui allaient préfigurer toute cette première partie de saison. " C'était à un moment où ils n'étaient pas très bien. Ça s'est joué sur un contre... "

    "Des morts de faim"

    Michel Docquiert, qui a longtemps mené la barque Wasquehaliene en Ligue 2, connaît le sujet. Pour lui, c'est de toute façon et avant tout l'esprit qui importe. " Ils ne sont pas arrivés chez nous avec de la suffisance. En se disant qu'en venant de Ligue 1, il suffisait de jouer! Ils se sont même plutôt comportés comme des morts de faim. Comme une équipe qui jouait le maintien ", souligne-t-il. Presque admiratif.

    S'il connaît, apprécie et respecte Carlo Molinari, « qui peut dormir tranquille », en revanche, il ne connaît pas Francis De Taddeo. Mais les impressions sont bonnes. " Visiblement, cette équipe a été préparée comme il faut sur le plan psychologique. En s'appuyant sur de bonnes valeurs. Et je ne vois pas comment ils pourraient perdre toutes ces valeurs durant la deuxième partie du championnat. Francis De Taddeo respecte ses adversaires. Et ses joueurs sont à son image. "

    Vous l'avez compris, à Gueugnon comme ailleurs, la présence de Metz en Ligue 1, la saison prochaine, ne fait guère de doutes. " Si je devais y parier mon salaire, je n'hésiterais pas... " Lâche-t-il, amusé. En revanche, derrière Metz, il voit Caen, Le Havre, Strasbourg et Châteauroux. Mais sans certitude aucune. Toute la différence.

     

     

    Béria, le présent et rien d'autre

    A vingt-trois ans, Franck Béria a trouvé sa place sur l'échiquier de la réussite messine. Un bonheur qui suffit au défenseur - dans sa dernière année de contrat - pour avancer sans se poser de question.

    En fin de compte, Grenoble nous a peut-être fait du bien. Cette victoire que nous avons laissé échapper, là-bas, nous a obligés à nous remettre en cause. Et quelque part, affronter Strasbourg, c'était aussi nous affronter nous-mêmes.> Dans le premier combat, les Alsaciens de Jean-Pierre Papin n'ont pas existé. Aussi peu que cette lutte mosello-mosellane suggérée par Franck Béria. Quatre buts, trois unités supplémentaires dans le panier des champions d'automne... S'ils cherchaient matière à se rassurer, Christophe Marichez et ses partenaires doivent s'estimer comblés. Le derby? "Psychologiquement, poursuit Franck Béria, il nous a fait beaucoup de bien>. Succès savoureux, analyse personnelle savourée: "Je crois que c'est le match où je me suis senti le plus serein."

    La phase aller du championnat conclue vendredi soir sur un quatorzième succès probant, le défenseur s'autorise une pause. Et se prête à l'exercice du bilan, le premier, en attendant l'heure du verdict final attendu le 25 mai prochain: "Aujourd'hui, nous récoltons les fruits du travail commencé depuis le début de saison.> De son propre parcours ressort la régularité: seize apparitions pour autant de titularisations au tableau de Franck Béria. "Je me sens bien, très bien, je me retrouve.> L'essentiel est là, et nulle part ailleurs, aux yeux de ce rescapé du naufrage 2005-2006. Les défaites, l'agonie d'une équipe en perdition, il n'a pas oublié. Et se nourrit même de ces souvenirs ensevelis par la relégation pour avancer: "Lorsque tout est facile, tu ne progresses pas. Il faut prendre des claques de temps en temps pour mûrir."

    Franck Béria, lui, profite du nouvel élan messin pour prendre une nouvelle dimension. A vingt-trois ans, le natif d'Argenteuil s'est en effet imposé parmi les chevilles ouvrières de la renaissance. Un peu à l'image de son pote, Ludovic Obraniak. Les deux s'étaient connus minots sur les terrains de la Plaine de Jeux. Ils se retrouvent aujourd'hui avec le destin grenat en mains. Pour six mois au moins encore. La suite? Comme Obraniak, Béria sera en fin de contrat à l'issue de l'exercice... La perspective peut sembler imminente. Elle demeure encore trop lointaine aux yeux du défenseur, rivés sur le présent: "Je n'ai pas envie de me disperser avec ce genre de questions. Je ne tiens pas à ce que cela se ressente sur le terrain. J'en ai parlé avec Joël Muller, il a compris ma position. Je n'ai pas l'esprit calculateur. Je veux rester concentré sur le championnat. Tout le reste, pour l'instant, est vraiment secondaire."

    Le mercato aussi, par conséquent. Son ouverture annoncée peut inquiéter les supporters de la cause grenat. Dans les discours, au moins, l'équipage messin reste de marbre: "Bien sûr, l'idéal serait qu'on aille au bout tous ensemble, mais chacun sait que notre réussite ne repose pas sur un joueur ou un autre. Nous sommes avant tout un groupe. Tout ce que l'on peut entendre ne nous atteint pas. Ce que nous vivons en ce moment, ce n'est que du bonus. Non, aujourd'hui, il n'y a vraiment pas de raison de se poser de question."

     

    * Classement des buteurs

    1. Lesage (Le Havre) 12 buts; 2. Gueye (Metz) 11 buts; 3. Deranja (Libourne), Fauré (Reims) 9 buts; 5. Traoré (Le Havre), Cissé (Metz) 8 buts; 7. Gouffran (Caen) 7 buts; 8. Khiter (AC Ajaccio), Heitzmann (Amiens), Meslin (Bastia), Samson (Caen), El Jadeyaoui (Châteauroux), Akrour (Grenoble), Leroy (Niort), Féret (Reims), Cohade (Strasbourg) 6 buts; 17. Mandrichi (AC Ajaccio), Scarpelli Mathieu (AC Ajaccio), Compan (Caen), Cardy (Metz), Mouloungui (Strasbourg) 5 buts.

     

    Les jeunes Grenats se maintiennent  

     

    Ce match, qui opposait les deux dernières équipes invaincues de ce championnat, démarrait sur un rythme élevé. Sur un terrain difficile, les deux équipes tentaient de s'imposer pour la conquête du ballon. Les Messins parvenaient à prendre l'ascendant et s'offraient les plus belles occasions de la première période. Suite à un centre de N'Gbakoto, Baada était à deux doigts d'ouvrir le score mais le portier alsacien parvenait à sauver son but grâce à un superbe réflexe. Malgré les tentatives de Giuliano et N'Gbakoto, le score restait vierge jusqu'à la pause.

    En deuxième période, les Messins, mieux organisés, contenaient les attaques strasbourgeoises et s'offraient de nouvelles occasions sur des attaques rapides. Il fallut cependant attendre la soixantième minute pour que les Messins exploitent un coup franc de Giuliano pour ouvrir le score par Baada. Quelques minutes plus tard, Farsanne récupérait un ballon dans son propre camp avant de trouver une excellente passe vers Baada, qui doublait le score d'un joli tir croisé. Les Grenats géraient ensuite la fin de la partie et obtenaient un résultat qui conforte leur place en tête du groupe.

     

     

     

    December 10

    « Un parcours extraordinaire »


    « Un parcours extraordinaire »

    Le grand coach messin, Francis De Taddeo (1m93), n'a pas eu de mal à prendre un peu de hauteur pour analyser la première partie de championnat hallucinante de son équipe.

    Le premier métier de Francis De Taddeo ? Serveur dans un café de Clouange avec sa mère à la fin des années 1970. Et ses réflexes de barman sont justement revenus dans la salle de presse du stade Saint-Symphorien vendredi soir une quarantaine de minutes après le coup de sifflet final de Metz-Strasbourg (4-1). Forcément ravi de la victoire qui venait de permettre à son équipe de confirmer sa réputation de ''Lyon de la L2'', le coach des Grenats s'est amusé à lancer aux journalistes encore présents : « Tournée générale ! Il ne reste plus qu'à trouver les bouteilles ! ». Et puis, en voyant le frigo à ses côtés finalement vide, De Taddeo a repoussé son pot à plus tard : « J'espère pouvoir vous offrir un verre à la fin du championnat pour fêter la montée ».

    Qu'il mette immédiatement le champagne au frais, alors ! Car voilà le bilan record des leaders mosellans à l'issue de la phase aller la L2 : 46 points sur 57 possibles, 9 succès sur 9 matches à domicile, 14 longueurs d'avance sur le quatrième Dijon qui mettra son calendrier à jour demain en accueillant Grenoble...

    - Francis, que pouvez-vous répondre à tous ceux vous imaginant déjà en L1 la saison prochaine après votre nouvelle démonstration réussie devant les Strasbourgeois ?

    - Je comprends que les gens pensent cela en regardant le classement. Pour l'instant, on réalise un parcours extraordinaire. Mais moi, à la sortie de ce beau succès 4-1, je n'oublie pas que les circonstances du match nous ont été favorables avec un premier but inscrit contre son camp par le défenseur alsacien Deroff qui a, ensuite, reçu un carton rouge dès l'entame de la seconde mi-temps.

    - D'accord. Mais votre équipe dégage une sacrée impression de force...

    - Disons que, maintenant, nous sommes nos propres adversaires. Il faudra bien négocier la trêve pour que cette coupure ne brise pas notre élan.

    « Seize recrues ! »

    - Combien de nouveaux joueurs sont-ils arrivés chez vous à l'intersaison ?

    - Il y a eu seize recrues !

    - Sans compter que, l'été dernier, vous avez été aussi nommé coach d'un effectif pro pour la première fois de votre carrière...

    - Je suis quand même parti avec l'avantage de connaître la maison par coeur. Je me suis occupé des jeunes du FC Metz pendant vingt ans avant d'avoir la responsabilité de l'équipe première.

    - Quelle a été votre recette pour que la mayonnaise prenne ?

    - On a beaucoup travaillé en commençant par une petite cure de Vichy (amusé) ! Sans rire, c'est là que nous avons suivi un stage de dix jours avant le début du championnat.

    - Durant les matches, on vous voit avec des chaussures de footballeur. Y a-t-il une explication ?

    - J'en profite parce que je n'ai pas pu le faire en tant que joueur. Poser les crampons sur la pelouse de Saint-Symphorien à l'occasion de rencontres professionnelles, c'était mon rêve de jeunesse. Mais je n'étais qu'un modeste footballeur de niveau amateur... Et puis, pour tout vous dire, je mets aussi ces chaussures à crampons parce qu'elles sont imperméables. Grâce à elles, je n'ai pas les pieds mouillés !

    - Le week-end prochain, vous recevrez Villemomble, une CFA 2, à l'occasion du 8e tour de la Coupe de France. Cette épreuve prend-elle de l'importance vue votre avance en L2 ?

    - Oui. Les clubs en difficultés en championnat ont tendance à mettre les coupes de côté. Ce n'est pas notre cas. Nous allons jouer la Coupe de France à fond. D'autant que nous avons été vite éliminés de la Coupe de la Ligue. Contre Villemomble, à Saint-Symphorien, je ne ferai pas de turnover. J'alignerai la meilleure équipe possible.

    - Aimeriez-vous un derby lorrain contre Nancy en 32es de la Coupe de France ?

    - Non. Je préférerais rencontrer l'ASNL plus loin dans la compétition !

     

    Metz sur un boulevard

     

     Leader incontestable et jusqu'ici peu contesté, le FC Metz peut déjà préparer ses valises, destination Ligue 1. Proprement impensable, six mois plus tôt.

     

    Impossible n'est rien. En juin, devant l'immensité du chantier et l'ampleur des incertitudes, aucun observateur sensé n'imaginait le FC Metz champion d'automne, six mois plus tard, avec six points d'avance sur son poursuivant, le double sur le quatrième, et une seule défaite au compteur. En plus d'asseoir confortablement les Messins sur leur fauteuil de leader, la première moitié de championnat leur a donc servi à apporter un démenti cinglant aux prévisions les plus objectives. Personne n'avait évidemment prédit un tel scénario à Francis De Taddeo, pas même ses plus sûrs zélateurs. Metz en tête avec quarante-six points? "Je ne l'avais évidemment pas imaginé", concède l'entraîneur messin, novice à ce niveau de compétition.

    A l'image de Francis De Taddeo, le FC Metz semblait plutôt partir dans l'inconnu au moment de se lancer dans l'aventure de la Ligue 2 avec un effectif totalement chamboulé (une quinzaine de départs, autant d'arrivées), le douloureux fardeau d'une relégation peu glorieuse et la menace d'une concurrence réputée nombreuse. En moins de cinq mois de compétition, tout a volé en éclats. Une équipe est née, les fantômes ont disparu et l'adversité, certainement surestimée sur la ligne de départ, a été étouffée. Même Strasbourg n'échappe plus à ce constat, depuis vendredi soir et son passage lacrymal par Saint-Symphorien: il ne reste que deux places dans l'ascenseur pour la Ligue 1.

    Aujourd'hui, un boulevard s'ouvre donc devant les Messins, au point que le président Molinari parle "presque d'une faute professionnelle> si, en fin de compte, son équipe vient à échouer dans son projet de remontée. Metz vient d'améliorer le record jusqu'ici détenu par Lille, qui comptait quarante-quatre points à mi-parcours, l'année de son survol (1999-2000), depuis que la deuxième division se joue à vingt et dans un seul groupe. Convié à évoquer les ressorts de l'aventure messine, d'expliquer l'inattendu en somme, Francis De Taddeo peine à masquer son embarras. "Que voulez-vous que je vous dise? Que nous avons travaillé dur, assurément..."

    Mais le travail, valeur refuge, n'est rien sans le talent et le talent ne s'exprime jamais mieux qu'avec la réussite: pour réussir à annexer la première place de la Ligue 2, qu'ils occupent sans discontinuer depuis la huitième journée, les Messins ont rassemblé tous les ingrédients nécessaires. Ils encaissent peu de buts, en marquent suffisamment pour compter quarante-six points sur cinquante-sept possibles. Leur très net penchant défensif a longtemps empêché leur escorte de s'enthousiasmer vraiment mais, maintenant que la solidité des fondations est avérée, ce jeu-là va évoluer. La première mi-temps de Grenoble - Metz et la quasi-intégralité du derby de l'Est, avant-hier soir, ont en tout cas renvoyé l'image d'une équipe libérée, joueuse et ambitieuse. Des soucis? Il n'est même sûr que convaincre les Messins les plus convoités de poursuivre l'aventure au-delà de l'hiver constitue une épreuve, tant tous insistent sur la portée "humaine et collective" de leur aventure. A l'occasion, Francis De Taddeo doit juste expliquer à deux membres de son vestiaire pourquoi ils sont venus du Pérou pour ne jamais jouer. Des problèmes de riche.

     

    LES CHIFFRES DU FC METZ

    2. Deux fois buteur contre Strasbourg, Julien Cardy est le deuxième joueur messin a réussir un doublé: avant lui, seul Papiss Cissé avait marqué deux buts dans le même match. C'était contre Istres (3-0), le 4 août, lors de la deuxième journée.

    30. Le carton réalisé vendredi dans le derby de l'Est porte à trente le nombre de buts inscrits par les Messins au cours de la phase aller, soit une moyenne de 1,57 but par match. Leur répartition est parfaitement équitable: Metz a marqué quinze buts en première mi-temps et quinze en deuxième.

    6. Six joueurs se partagent les vingt-neuf des trente buts marqués par Metz: Babacar Gueye (11, dont deux sur penalty), Papiss Cissé (10), Julien Cardy (5), Laurent Agouazi (2), Ludovic Obraniak (2) et Malick Diop (1). Le trentième est l'oeuvre du Strasbourgeois Deroff, buteur contre son camp vendredi.

    44. Jusqu'ici, Lille détenait le record du nombre de points obtenus à l'issue des matches aller, dans une Ligue 2 à groupe unique et à vingt clubs. Metz en compte aujourd'hui deux de plus. En 1999-2000, les Lillois avaient à peine ralenti l'allure lors des matches retour, terminant la saison avec l'impressionnant total de 83 points (25 victoires, 8 nuls, 5 défaites).

     

     

    D'un match à l'autre. Hier: repos pour les titulaires de Metz - Strasbourg; soins pour Béria et Léoni. Aujourd'hui: repos. Lundi: reprise de l'entraînement à 15 h 30.

    Les trois prochains matches. Samedi 16 décembre (17 h): Metz - Villemomble (CFA, 8e tour de la Coupe de France); vendredi 22 décembre (20 h): Istres - Metz (20e journée de Ligue 2); vendredi 12 janvier (à confirmer): Metz - Reims (21e journée).

    Suspendu. Malick Diop (3e avertissement contre Strasbourg) suspendu à Istres.

    A l'infirmerie. Delgado, Léoni, Walaziak, Walter.

     

     

    Elongation pour Léoni

     

    Sorti en deuxième mi-temps face à Strasbourg, Stéphane Léoni souffre d'une élongation à la cuisse. Il s'était peu entraîné, dans la semaine précédant la rencontre, en raison d'une douleur à la cheville. Des examens, lundi, détermineront plus précisément l'ampleur de la blessure mais il est fort probable que le défenseur messin, d'ores et déjà forfait pour le match de Coupe de France face à Villemomble, manque aussi le dernier match de l'année, à Istres, le 22 décembre. En revanche, la rentrée de Pascal Delhommeau est imminente.

     

    En-dedans, clairement

    Balayé vendredi soir sur la pelouse de Metz (4-1), le Racing a affiché ses limites. Inconsistants, à court de « jus », en manque d'inspiration, les Strasbourgeois dilapident leur crédit chèrement acquis au début de l'automne. Il faut réagir, et vite...

    Aux quatre coins de Saint-Symphorien, qu'on les a retrouvés, les Bleus. Éparpillés par petits bouts, façon puzzle. Vendredi soir, le Racing en a pris une bonne, de correction. Ça aurait pu être pire, tant les Messins s'en sont donnés à cœur joie dans les dernières minutes d'une partie qui prenait des allures de terrible calvaire.
     En vingt-trois ans d'insuccès en terre lorraine, jamais encore les Alsaciens n'avaient encaissé quatre buts en une soirée. Même à l'époque des « pépés flingueurs », Pires - Pouget, le dynamitage avait causé moins de dégâts. Le constat a de quoi refroidir les ardeurs des âmes habitées d'un optimisme béat.
     L'an dernier, Valenciennes en avait bien pris trois au Havre (3-0). Quant à Sedan, il s'était fait chahuter du côté de Brest (4-1). Des incidents de parcours qui n'ont pas empêché les deux clubs de valider leur ticket pour la Ligue 1.
     Sûr que pareille dérouillée fait tache dans le paysage d'un candidat autoproclamé à la montée. Histoire d'adoucir la pilule au moment de l'avaler, il est toujours tentant de se chercher quelques excuses.

    Les mouvements offensifs sont d'une pauvreté confondante

     Hier matin, au sortir du décrassage, comme la veille dans les travées de Saint-Symphorien, la principale échappatoire concernait l'expulsion d'Yves Deroff. Il est vrai que le deuxième avertissement est consécutif à une faute imaginaire. Réduit à dix à l'entame de la seconde période, le Racing se voyait infliger un handicap supplémentaire alors que Metz avait déjà ouvert le score.
     Jusqu'à cette sentence injustifiée, le Racing n'avait pourtant pas montré grand-chose d'emballant. Dans la continuité de leurs dernières prestations, toutes poussives, les hommes de Papin ont fait preuve d'une passivité assez alarmante.
     En fait, dans le jeu, les Bleus n'y sont plus. Hormis quelques accélérations de Mouloungui, que la défense a fini par canaliser, les mouvements offensifs sont d'une pauvreté confondante. Aucune action construite, à proprement parler, n'est venue perturber l'équilibre lorrain.
     Un mal endémique qui ne date pas d'hier. La belle série du mois d'octobre, où Grenoble, Caen, Gueugnon et Istres avaient tour à tour subi la loi alsacienne, semble bien loin. Depuis cinq matches maintenant, le Racing file un mauvais coton.

    Quatre penaltys sur les cinq derniers buts

     Outre le bilan comptable - cinq points pris sur 15 possibles -, indigne d'un cador du championnat, c'est donc la manière qui inquiète. On notera ainsi que sur les cinq derniers buts inscrits, quatre sont l'œuvre de Cohade, à chaque fois sur penalty.
     Le milieu de terrain, actuellement nettement en-dedans quant à son implication - rayonnante jusque-là -, est même devenu le meilleur buteur du club, avec ses six réalisations dans cet exercice périlleux. A titre de comparaison, Papiss Cissé et Babacar Gueye, les deux artificiers messins, ont eux compilé dix-neuf buts, dont seulement deux penaltys...
     S'il faudra assurément casser la tirelire au mercato hivernal histoire de débaucher un vrai buteur, celui que JPP appelle de tous ses vœux, le manque de réalisme offensif n'explique pas tout. Car pour trouver le chemin des filets, encore faut-il que les attaquants aient des ballons exploitables entre les pieds.

    « Pas le droit de se louper contre Amiens »

     « On n'arrive plus à poser le jeu, reconnaît Jean-Christophe Devaux. Notre force réside dans le groupe, dans un excellent mental. » L'ambiance, voilà donc la panacée à tous les maux. Entretenue par Jean-Pierre Papin, celle-ci n'a jamais décliné. On doute toutefois qu'elle résiste, à terme, à une accumulation de mauvais résultats. Déjà, l'épisode Johansen (lire notre édition d'hier) est venu lézarder l'entente cordiale.
     D'ici à la trêve, que les organismes semblent désormais réclamer, il s'agira pourtant de faire front dans l'adversité. Après la sympathique parenthèse en Coupe de France, samedi prochain contre Ostwald, le Racing devra impérativement renouer avec le succès en L 2. « On n'a pas le droit de se louper contre Amiens », clame en chœur les Bleus. Après avoir été ventilé dans la tempête lorraine, il va falloir recoller les morceaux.

    « Il ne faut pas dramatiser »

    Malgré la lourde défaite face à Metz, Stéphane Cassard pense que son équipe a les ressources mentales nécessaires pour se relancer dans la course à la montée.

    « Il faut se servir de cette défaite pour rebondir ». Stéphane Cassard n'en démord pas. Quelques minutes seulement après la fin du match face à Metz, le gardien du RCS a effacé sa déception et veut déjà voir au-delà de la lourde défaite encaissée par son équipe dans ce derby de l'Est.
     Pourtant, le portier strasbourgeois a passé une sale soirée. La première banderille, une tête d'Obraniak qui se dirige droit vers la lucarne du gardien du RCS, avait annoncé la couleur. Face aux assauts conjugués de Cardy, Cissé et Gueye, Cassard a finalement dû ramasser à quatre reprises la balle au fond des filets. Et l'addition aurait même pu être beaucoup plus lourde sans quelques parades improbables du dernier rempart du RCS.

    « A 11 contre 11 ça allait »

     « Prendre quatre buts pour un gardien, ça fait mal, souligne-t-il, mais si on regarde le match, à 11 contre 11, ça allait. Ensuite, réduits à 10, on ne pouvait plus contrôler. Avec des joueurs très rapides en face, ça partait de tous les côtés ».
     Plus qu'une déroute collective, Stéphane Cassard voit plutôt dans cette défaite un « manque de réussite ». « Ça fait quelques matchs que des petites choses tournent contre nous », explique-t-il. Sûr que l'expulsion de Bellaïd, face à Bastia, était sévère. Surtout quand on sait que le jeune défenseur prend son premier carton jaune pour une faute anodine en milieu de terrain.

    Pas trente-six solutions

     Idem sur le deuxième carton jaune de Deroff à Metz. Car si le latéral mérite largement son premier avertissement sur son tacle à retardement face à Gueye (19e), il n'en est rien sur son deuxième carton jaune, où il ne touche même pas le joueur messin.
     A cette relative malchance s'ajoute, selon Stéphane Cassard, la fatigue psychologique. « Lors des trois derniers matchs (NDLR : Bastia, Brest, Libourne), on est à chaque fois revenus au score après avoir été menés. C'est difficile de revenir comme ça et je pense que ces rencontres ont laissé des traces psychologiques », poursuit le gardien. Et le portier de rappeler les « efforts » fournis par toute l'équipe durant l'automne pour raccrocher le wagon de tête.
     Philosophe, Stéphane Cassard trouve même dans la déroute du Racing des raisons d'espérer. « On a déjà démontré qu'on avait des ressources morales, qu'on sait réagir face à des situations difficiles », poursuit-il. Avant d'ajouter : « et puis il ne faut pas dramatiser. Il vaut mieux avoir ce coup de moins bien maintenant, qu'à cinq matchs de la fin du championnat. Regarde Bastia l'an dernier. Ils font la course en tête toute l'année et craquent dans la dernière ligne droite ».
     Reste que si le Racing veut passer Noël au chaud, il n'y a pas trente six solutions. « Faut se remettre dedans lors du match de Coupe de France, et ensuite gagner face à Amiens quoi qu'il arrive. Pour rester sur une bonne note ». Avec deux points pris en trois matchs - et 12 points d'avance pour Metz - le Racing ne peut plus lambiner en chemin.

     

     

     

     

     

     

     

    December 09

    Metz: plus belle la vie !

     

    Football Racing : en trépassant par la Lorraine

    Privé de Johansen, écarté du groupe la veille, puis de Deroff, expulsé à la 50e minute, un Racing réduit à dix a rompu hier soir à Metz sous les coups de boutoir d’un leader lorrain décidément irrésistible à Saint-Symphorien (4-1).

    Une sale soirée : comment résumer autrement ce dernier opus du cycle aller pour le Racing hier soir à Metz ? Entre l’affaire Johansen, dont il est bien difficile de mesurer l’impact dans un vestiaire où certains joueurs grinçaient déjà des dents, le but contre son camp d’Yves Deroff dès la 20e et son expulsion dès le début de la seconde période (50e), le RCS est reparti de Saint-Symphorien comme trop souvent depuis 23 ans, date de sa dernière victoire en championnat en Lorraine : bredouille.
    À mi-parcours de la saison, le voilà relégué à 12 longueurs de son rival (accessoirement à 6 de Caen), à attendre avec un brin d’angoisse le résultat du 4e, Dijon, lundi à domicile contre Grenoble. Et à redouter d’être éjecté, au moins provisoirement en cas de succès dijonnais, d’un podium qu’il fréquente depuis bientôt deux mois.
    De sa 3e défaite de la saison, le RCS ne retiendra sans doute pas grand-chose. Yves Deroff non plus qui a cumulé en une demi-heure toutes les tuiles possibles et imaginables. A la 19e, il commet une faute sur Babacar Gueye et écope d’un premier avertissement. Sur le coup franc de Cardy qu’Agouazi laisse passer entre ses jambes, le latéral droit strasbourgeois propulse le ballon au fond de ses propres filets (20e).
    Après une première mi-temps guère enlevée, M. Coué va alors débuter son show. Il expulse d’abord Deroff pour une nouvelle faute sur Gueye, totalement inexistante cette fois. Le Racing va donc jouer à 10 pendant 40 minutes. Ce qui ne l’empêche pas de se créer deux énormes occases. La première est intervenue juste avant l’exclusion de Deroff. Mais Mouloungui, idéalement servi par Mathlouthi, a trop croisé sa frappe (49e). Sur la seconde, Cohade bénéficie d’un contre favorable pour aller au bout de son action, mais bute sur Marichez (54e).
    Cassard ne chôme pas non plus. Déjà décisif à deux reprises à la 5e sur un tir puissant d’Obraniak, puis une tête d’Agouazi, le portier bas-rhinois repousse deux missiles de Cardy (65e) et Obraniak (66e). En supériorité numérique, la pression messine monte soudain d’un cran. Sur une chevauchée de Béria, Mathlouthi, pris de vitesse, se rend coupable d’une poussette sur le défenseur messin. P. Cissé transforme le penalty – son 9e but en L 2 cette saison – et double la mise (69e).

    Un espoir de courte durée

    Une minute plus tard, le RCS va pourtant reprendre espoir sur un coup de pouce de l’arbitre, qui sanctionne un tacle très propre de l’ex-Strasbourgeois Malick Diop sur Mouloungui. Le penalty est aussi imaginaire que la faute de Deroff un peu plus tôt. Cohade, parfait dans l’exercice depuis le début de saison, inscrit son 6e penalty sur 6 tentatives et remet son équipe dans le sens de la marche (70e). Mais l’embellie sera de courte durée. Les vagues messines submergent de plus belle une défense aux abois. En deux coups de cuiller à pot, Cardy va sonner le glas des dernières illusions alsaciennes. À l’affût sur une frappe de mule d’Obraniak encore repoussée par Cassard, il redonne d’abord de l’air aux Messins (75e), avant d’en remettre une couche à la 84e. Son doublé signe la 9e et plus large victoire lorraine à domicile (sur 9 réceptions) en même temps qu’il scelle la plus sévère défaite strasbourgeoise de la saison. La conclusion presque logique d’un dernier mois à l’énergie.

    A mi-parcours, Metz galope vers la Ligue 1. Carlo Molinari, le président messin, en profite pour faire le point. Dans son esprit, pas de doute, le FCM n'a pas le droit de se rater, surtout avec 14 points d'avance sur le quatrième du classement.

    CARLO MOLINARI, l'accession en Ligue 1 peut-elle encore échapper au FC Metz?

    C. M. : Il ne faut pas tomber dans l'excès d'optimisme. Tout peut arriver très vite dans le football. On a déjà vu une situation de ce type la saison dernière avec Bastia qui était encore sur le podium à six matches de la fin du championnat. Mais ce qui me rassure, c'est que ce groupe a une mentalité exceptionnelle.

    On sent au sein de votre club un état d'esprit et une solidarité de tous les instants...

    C.M : C'est quelque chose que je n'avais plus vu depuis très, très longtemps. Il y a aussi une qualité sportive. Cela me rassure un peu sur le plan de la continuité et la volonté de ne rien lâcher.

    Le succès étincelant contre Strasbourg a dû vous ravir?

    C.M : Il faut rester logique et objectif en disant que, souvent, un match tourne en faveur de l'une ou l'autre équipe et bascule sur un détail. Même si notre formation était plus forte que le Racing, il y a eu des moments dans le match qui ont fait que le sort nous a souri, comme l'exclusion de Deroff. Strasbourg ne nous a quasiment pas mis en danger. Néanmoins, je ne pense pas que le score reflète la différence entre les deux équipes. Le score est pluôt flatteur. Même si ceux qui ont vu les images à la télé me parlent de l'impression de force qu'ils ont ressentie.

    Avec une telle avance, on vous imagine totalement confiant pour la deuxième partie de saison?

    C.M : Nous avons l'équipe qu'il faut pour parvenir à notre but initial.L'objectif poursuivi a toujours été la remontée, nous l'avons toujours eu en tête même si nous partions dans l'inconnu et avecle traumatisme de la relégation. Même s'il faut rester prudents et que rien n'est jamais acquis, ce serait presque une faute professionnelle si nous n'arrivions pas au but recherché. Nous ne pensons pas encore à la saison prochaine. Pour l'instant, nous pensons surtout à monter en L1.

    Le groupe ne risque pas d'évoluer beaucoup lors du mercato d'hiver en fin de mois?

    C.M : Pour le mercato, il n'y aura ni départ, ni arrivée. Le mercato, pour nous, a eu lieu l'été dernier. Notre effectif est pléthorique, avec de nombreux joueurs candidats à une place, et nous ne pouvons pas tous les faire jouer.Il n'y aura pas de départ à moins d'un tremblement de terre ou ce sera celui d'un joueur qui a disputé peu de matches. Nous ne toucherons pas aux joueurs présents et qui sont importants.

    DNA : Oh ! la grosse claque !

    Douze points. Voilà, ce matin, l'écart qui sépare Metz du Racing. Les Alsaciens ont logiquement subi l'implacable loi du leader lorrain, hier soir à Saint-Symphorien. Après cette dérouillée, leur place sur le podium est menacée. Dites, c'est encore loin, la Ligue 1 ? Plus que jamais, messieurs dames...

    Les impressions sont parfois trompeuses. Ainsi, les premiers instants de ce derby laissent penser que le Racing est en mesure de relever le défi messin. Jusque-là, personne n'était parvenu à soutenir la comparaison en terre lorraine. Huit matches et autant de victoires pour les hommes de Francis de Taddeo, le tableau de marche est impressionnant.

    Le pauvre Tum
    s'ébroue en vain

     Dans les premiers contacts, Abdessadki et les siens répondent donc présent. Les escarmouches initiales sont même strasbourgeoises. Le troisième de la Ligue 2, qui était venu à Metz pour « réaliser un coup », entre dans le match par le bon bout. Mais les bonnes impressions ne durent qu'un temps. Deux-trois minutes, tout au plus, histoire que Metz se mette en ordre de bataille.
     Déjà, Cassard a extirpé à deux reprises la balle de sa lucarne. Obraniak et Agouazi ont rectifié le tir. En milieu de terrain, les Strasbourgeois perdent pied. Lacour et Cohade, le duo d'habitude si efficace, est complètement mis hors d'état de nuire. Les Bleus subissent jusqu'à la limite de la rupture.
     Après vingt minutes de jeu, Cassard est battu. La faute à Yves Deroff, auteur d'un accrochage inutile sur Babacar Gueye, qui lui vaut un avertissement. Pour ne rien arranger, le défenseur accompagne la balle de Cardy, sur coup franc, au fond des filets... Un « but-casquette » qui n'augure rien de bon.

    « Un nouveau championnat commence.
    Il faudra être meilleur »

     Partie comme ça, on se dit que la soirée risque vite de devenir très délicate. D'autant que le pauvre Tum s'ébroue en vain sur le front de l'attaque, sans que ses compagnons, Mouloungui ou Mathlouthi, ne puissent lui être d'aucun secours.
     Réduit à dix, juste après la reprise, à la suite de l'expulsion sévère de Deroff, le Racing se fiche dans de sales draps. « A onze, c'était déjà difficile, analyse Jean-Pierre Papin. A dix, c'était devenu mission impossible. C'est le gros regret de la soirée. »
     Pourtant, c'est à ce moment que la troupe de Papin affiche son visage le plus séduisant. Mouloungui et Cohade se créent les deux occasions strasbourgeoises les plus nettes.
     Même lorsque Babacar Gueye, sur penalty, double la mise, les Bleus essayent de rester debout. Dans la foulée, la réduction du score, oeuvre de Cohade - son sixième penalty de la saison -, redonne même une once d'espoir.
     Mais les Alsaciens vont finir par craquer. La pression messine est trop forte. Derrière, Devaux et Strasser, pourtant auteurs d'un travail de titans, plient sous les coups de boutoirs. Le doublé de Cardy, en fin de rencontre, plombe définitivement leur soirée.
     « Cette défaite est lourde, déplore Papin, pas trop affecté par la tournure des événements. On ne peut pas réaliser des exploits tous les vendredis. Désormais, un nouveau championnat commence. Il faudra être meilleur. »

    La Ligue 1 n'a jamais
    paru aussi loin

     Des tribunes de Saint-Symphorien montent des chants taquins. « Mais ils sont où, les Strasbourgeois ? » A douze points de Metz, ça c'est certain. Et avec seulement deux longueurs d'avance sur Dijon, en mesure de les déloger du podium en cas de victoire contre Grenoble, lundi soir.
     Aujourd'hui, le Racing est engoncé dans ses doutes. Depuis la défaite à Reims, le mois dernier, l'équipe a perdu sa sérénité. « La physionomie du match ne nous a pas souri, dit le président Ginestet. Il faut accepter la défaite et repartir de l'avant. » La Ligue 1 n'a jamais paru aussi loin.

     

    Jeff est de retour

    L'international luxembourgeois Jeff Strasser, soutenu par des supporters du Grand-Duché, a retrouvé St-Symphorien, Mais le Racing est reparti bredouille.

     On n'oublie pas dix ans de sa vie. Pendant une décennie, le grenat a collé à la peau de Jeff Strasser. Hier soir, l'international luxembourgeois s'est à nouveau voué à Saint-Symphorien. Comme au bon vieux temps. Mais cette fois dans le vestiaire d'en face.
     Mais avant le coup d'envoi, pas de petit tour sur la pelouse où les souvenirs remontent à la surface, où les poignées de main vous emballent le coeur. Concentration oblige, les Strasbourgeois ont quitté leur hôtel (où ils étaient au vert depuis jeudi soir) au tout dernier moment, restant cloîtrés dans le vestiaire jusqu'à l'échauffement.
     Sous le tunnel, il aura quelques sourires complices et l'accolade à Francis de Taddeo, le coach messin. « C'est lui qui m'a fait venir ici quand j'avais 12 ans », explique Strasser.
     « On s'était fixé un minimum de 8 points pour les quatre derniers matches avant la trêve. C'est encore jouable, mais cela passe par une victoire à St-Symphorien », rappelait l'international luxembourgeois avant le coup d'envoi, alors que quelque 70 supporters de l'US Monfort, club du Grand-Duché où il a débuté, l'accompagnaient de la voix.

    « Parler, c'est
    aussi organiser »

     Une tête plongeante durant la folle entame messine, où Cassard sauva la mise à deux reprises, quelques petites frictions dans la surface avec Papiss Cissé, un joli geste technique en position de dernier défenseur, du Strasser cousu main. Avec quelques mots d'encouragement pour Quentin Othon et un dialogue très gestuel avec Renaud Cohade lorsque l'arbitre siffla la mi-temps. « Parler, c'est aussi organiser », lâche le grand Jeff.
     Mais aussi se réorganiser, tant le Racing a joué avec le frein à main en première période. « En L2, tous les matches sont engagés. Face à Metz, il faudra faire preuve d'agressivité. D'une saine agressivité », disait encore Strasser avant le match.
     Mais hier soir, Strasbourg a perdu trop de duels pour inquiéter le leader messin. Et il a aussi brûlé trop de forces pour espérer recoller au score, surtout après l'expulsion, très sévère, de Deroff à la 50e. Et paradoxalement, c'est en jouant à 10, comme vendredi dernier face à Bastia, que le Racing est enfin sorti de sa coquille.
     Strasser a eu beau donner de la tête, de la voix et du bout du pied, comme ce joli tacle glissé sur une percée plein champ d'Obraniak (67e). Et après les penalties-stories, le grand escogriffe de la défense alsacienne mit un genou à terre sur la frappe victorieuse de Cardy. Metz tenait ses trois points reléguant le Racing à 12 longueurs. Un gouffre.
     Non, Jeff, tu n'es pas seul. Mais dans l'ombre des intouchables messins et dans le sillage des Caennais qui s'envolent, Strasbourg ne l'est plus non plus.

     

    Un milieu dépassé

    Malgré une bonne entame, les Strasbourgeois n'ont jamais vraiment réussi à inquiéter des Messins qui ont pris le dessus au milieu du terrain.

    CASSARD (). - Alerté dès la 6e (tête d'Obraniak), le portier a rapidement dû se mettre en jambes, réalisant quelques sorties rassurantes. Ne peut pas grand-chose sur le premier but messin, où il est trompé par Deroff. A retardé comme il a pu l'échéance en deuxième mi-temps.
    DEROFF (). - A tenté de participer au jeu offensif en apportant le surnombre dès la début de rencontre. Commet ensuite une faute entraînant un coup franc dangereux... où il marque un but contre son camp. Se fait ensuite expulser sur une faute imaginaire où il prend un deuxième carton jaune. Sévère.
    DEVAUX (). - Pour sa première titularisation en championnat, le défenseur central a bien tenu la route, préférant sagement dégager en touche lors des moments chauds et réalisant quelques tacles propres dans la surface. Précieux.
    STRASSER (). - Rassurant devant Cassard, la tour de contrôle strasbourgeoise a tant bien que mal essayé de remettre ses coéquipiers sur de bons rails. Sans succès.
    OTHON (). - S'est battu comme un diable face à Gueye, et a fait proprement son boulot défensif, n'hésitant pas à dégager de la tête face aux grands gabarits messins. Encourageant.
    LACOUR (). - Présent au pressing, il a considérablement gêné la construction du jeu lorrain au début de la rencontre. A ensuite, comme l'ensemble des ses coéquipiers, perdu la bataille du milieu. Est descendu d'un cran après l'expulsion de Deroff.
    COHADE (). - Beaucoup moins tranchant dans ses interceptions, le milieu récupérateur a été quasi fantomatique durant la première période, où ses ouvertures ont rarement trouvé preneur. Sa percée rageuse (54e) aurait néanmoins mérité meilleur sort. Remplacé par EKOBO (89e).
    ABDESSADKI (). - Peu en vue en première mi-temps, le capitaine des bleus n'a pas beaucoup pesé sur la construction du jeu. S'est mollement repris en deuxième période.
    MOULOUNGUI (). - Le meilleur buteur du Racing a parfois fait la différence face à Cheikh Gueye, tout en apportant son écot en défense aux côté d'Othon. Mais lui aussi a été loin de sa - grande - forme automnale, même s'il obtient un penalty sur une échappée dont il a le secret.
    MATHLOUTHI (). - Le plus souvent esseulé au milieu de trois défenseurs messins, le jeune attaquant a essayé de faire parler sa vitesse. A ensuite beaucoup couru, sans réellement peser sur la défense et commet une faute sur Beria entraînant le penalty messin. Remplacé par GAMEIRO (69e).
    TUM (). - A joué en 9 et demi, laissant Mathlouthi seul en pointe. A tenté quelques déviations de la tête, qui n'ont pas trouvé de coéquipier au bout. Remplacé par SCHNEIDERLIN (52e), qui n'a pas pu faire grand-chose au sein d'un milieu de terrain dépassé.

     

    Paroles

    JEAN-CHRISTOPHE DEVAUX : « On est bien rentrés dans le match. Mais ensuite on prend un but un peu bête et il y a cette expulsion. C'est le deuxième match qu'on joue à 10 contre 11. A 11 contre 11, ça aurait été un autre match. On a su revenir face à Bastia, mais là, face à Metz, c'est dur. En ce moment, on n'arrive pas à poser notre jeu, mais on a un bon groupe, avec un bon mental et il faudra absolument prendre trois points face à Amiens ».
    MORGAN SCHNEIDERLIN : « C'est très difficile, on perd 4-1. Ça fait mal au moral, mais il faut se reprendre. Pour moi, c'était dur de rentrer dans ce match, on était menés et réduits à 10. Dans ces conditions, c'est sûr que je n'ai pas fait la meilleure entrée possible. Metz était plus fort, mais au vu du début du match, on aurait aussi bien pu repartir avec trois points ».

    Strasbourg, comme tous les autres, subit la loi du FC Metz, décidément intraitable à Saint-Symphorien. Impitoyable, le leader écrase le derby (4-1) et se rapproche un peu plus de la Ligue 1.

     

    Cette fois, le cavalier seul du FC Metz en tête de la Ligue 2 prend des allures de marche triomphale. Jamais le leader lorrain n'avait marqué quatre buts dans le même match: il a bien choisi son jour et son adversaire pour accomplir cette performance (4-1) qui ajoute à sa gloire et éloigne encore un peu plus le suspense qui entoure son destin. Le derby de l'Est a tourné à la démonstration de la part d'une équipe messine plus inspirée, plus convaincante et nettement plus efficace. 4-1, voici le Strasbourg de Jean-Pierre Papin renvoyé dans les cordes, avec ce qu'il lui faut d'incertitudes sur le long terme et d'angoisse pour les jours à venir: une victoire de Dijon, lundi, face à Grenoble, bouterait le Racing hors du trio de tête. D'ici là, les Messins pourront savourer leur effet, à l'image de Julien Cardy, qui a donné à la victoire de son équipe le parfum du grand soir, via le premier doublé de sa carrière.

    Puisque la fin des matches aller annonce l'heure des premiers bilans, celui du FC Metz a quelque chose de vertigineux, une impression renforcée par la quasi perfection de son derby. Neuf matches à Saint-Symphorien, neuf victoires. Quarante-six points, sur cinquante-sept possibles. Une avance de douze points sur sa victime du jour. Et une bonne étoile qui ne le quitte plus, même si son quatorzième succès de la saison, le plus large depuis Metz - Istres et Dijon - Metz, 3-0 à chaque fois, ne doit rien à la chance. Pour concrétiser leur domination effective d'emblée, les Lorrains ont juste bénéficié du généreux concours d'Yves Deroff: au coeur d'une première mi-temps à sens unique, un coup franc obtenu par Ludovic Obraniak, exécuté par Julien Cardy et prolongé par Laurent Agouazi, a finalement atterri dans les cannes du défenseur strasbourgeois, décidément pas inspiré sur ce coup-là puisqu'il avait déjà causé la faute provoquant le coup franc (20e).

    Au grand concours des pannes d'inspiration, Bruno Coué a choisi de rivaliser avec les Strasbourgeois en excluant Deroff pour un deuxième avertissement injustifié, après avoir participé à un mouvement syndical des arbitres en repoussant de dix minutes le coup d'envoi du derby de l'Est. Un soir de revendication salariale, monsieur Coué a également marqué contre son camp en accordant un penalty aux Strasbourgeois pour une faute inexistante de Malick Diop sur Eric Mouloungi. Saisie par Renaud Cohade, spécialiste du genre puisqu'il a inscrit son sixième penalty, l'aubaine a simplement permis à Strasbourg de faire illusion, alors qu'un autre penalty, totalement valable celui-là, venait de permettre à Metz de prendre deux longueurs d'avance. En gros, c'était reculer pour mieux sauter puisque Julien Cardy a endossé les habits du justicier et du buteur décisif. En huit minutes, le milieu de terrain messin a permis à Metz de plier l'affaire. Pour sûr, l'année se termine mieux qu'elle n'avait commencé. Plus belle la vie.

     

     

     

    Cardy enfonce le clou

     

    Quatre buts messins pour une folle soirée, hier à Saint-Symphorien. Les Strasbourgeois n'ont jamais été en mesure de contester la suprématie de l'équipe de Francis De Taddeo.

     

    Quand le sort s'en mêle, il a cette saison le bon gôut de le faire au profit des joueurs messins. Hier soir, c'est un défenseur strasbourgeois qui s'est ainsi chargé de mettre les Grenats sur la voie de leur quatorzième succès en déviant dans son but un coup franc de Julien Cardy. Les malheurs de Cassard, le gardien alsacien, ne faisait alors que commencer. Passé cette vingtième minute, le leader a en effet enclenché la vitesse supérieure pour se mettre à la hauteur de l'événement représenté par ce derby de l'Est. La supériorité messine a même pris des allures de démonstration en seconde période, où la formation de Jean-Pierre Papin a laissé transparaître des signes de fébrilité déjà soulignés lors des quatre dernières journées de championnat. Babacar Gueye, sur penalty, puis Cardy, à deux reprises, ont consolidé le confort avec lequel le groupe de Francis De Taddeo avance vers le mois de mai.

    LA DÉFENSE

    Marichez. Les Strasbourgeois ont attendu la seconde période pour le solliciter. Aidé par le manque de précision de Mouloungui (49e), le gardien messin s'est ensuite couché au bon moment pour stopper la frappe de Cochade (54e). Le milieu alsacien a en revanche pris le meilleur sur penalty (70e).

    C. Gueye. Hésitant dans les premiers instants de la partie, le défenseur a rapidement repris le dessus.

    Béria. Un bon jaillissement devant Tum, une passe bien inspirée pour Cissé (33e)... et une folle chevauchée stoppée irrégulièrement dans la surface adverse: Babacar Gueye lui a rendu justice (69e). Un grand Béria, hier soir.

    Diop. Son autorité n'a jamais été remise en cause. Sauf par l'arbitre, qui a sanctionné son tacle sur Mouloungui d'un penalty (71e). Averti à la 59e.

    Bassong. Une soirée sans encombre. Son placement lui a souvent permis de s'imposer.

    Léoni. Une partie chaotique. Titularisé malgré une blessure qui l'avait empêché de s'entraîner en début de semaine, Stéphane Léoni a cédé sa place avant l'heure de jeu à Julien François (56e). Le milieu de terrain a adressé une passe décisive à Julien Cardy sur le quatrième but (84e).

    LE MILIEU

    Cardy. Il n'a pas eu le temps d'être déstabilisé par son avertissement (14e, tacle dangereux)... Six minutes plus tard, le sort l'a remis en selle: son coup franc a été dévié dans le but strasbourgeois par Deroff (20e). La suite? Deux buts supplémentaires au compteur du milieu de terrain (75e, 84e).

    Agouazi. A l'aise dans le jeu long et habile techniquement, il a toujours eu le souci de porter le jeu messin vers l'avant. Tout en apportant sa contribution au devoir défensif. Précieux dans les airs, Laurent Agouazi a su profiter de sa septième titularisation pour s'exprimer pleinement.

    Obraniak. Son pouvoir d'accélération a fait des dégâts. Il s'est appliqué sur sa première frappe, détournée in extremis par Cassard (5e). Le milieu messin n'a pas été plus heureux à la 75e, mais Cardy était cette fois dans les parages pour reprendre le ballon repoussé par le gardien alsacien (75e).

    L'ATTAQUE

    Cissé. Une remise en retrait astucieuse pour Ludovic Obraniak (5e). Au service du collectif, il n'a jamais relâché ses efforts. Remplacé par Momar N'Diaye (86e): un beau numéro technique dans les derniers instants gâché par une frappe trop enlevée.

    B. Gueye. Une grande débauche d'énergie pour le meilleur buteur messin. Il s'est rarement retrouvé en position idéale mas a fait preuve du sang froid nécessaire pour transformer le penalty obtenu par Franck Béria (69e). Et de onze pour Babacar Gueye. Remplacé par Laurent Lanteri (78e).

     

    L'homme à tout faire... Chez le leader messin, un joueur compte sans doute un peu plus que les autres, c'est Ludovic Obraniak. Et dire qu'il est en fin de contrat!

    NOM : Obraniak. Prénom : Ludovic. Signe particulier : né à Longeville. La pelouse de Saint-Symphorien, en guise de jardin. Ou presque. Le gaucher du FC Metz est depuis toujours Grenat dans l'âme. Il joue FC Metz, pense FC Metz, gagne FC Metz. Et si son seul vrai titre de gloire, jusqu'ici, c'est la Coupe Gambardella, il ne le restera pas longtemps, à ce train-là, sur sa carte de visite...

    Francis De Taddeo, qui l'a couvé pendant des années au centre de formation, le connaît sans doute mieux que quiconque. Pas étonnant qu'il en ait fait l'un de ses hommes de base. Dix-neuf matches, dix-huit titularisations, une seule rencontre manquée pour cause de suspension, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Pas davantage surprenant, finalement, que les Messins aient été ballottés au Havre à la mi-novembre. Ludovic Obraniak n'était pas là ! Raccourci un peu facile ? Pas tant que ça... Le milieu gauche des leaders de la Ligue 2 joue un rôle essentiel dans le dispositif lorrain. Son omniprésence sur le flanc gauche est souvent à la base des meilleurs mouvements offensifs de son équipe. Et on le voit régulièrement côté droit; au pressing, devant; à la récupération, devant sa défense. Omniprésent, on vous dit. Sans oublier que c'est lui qui tire les corners et qu'il se partage les coup francs avec Julien Cardy. Difficile de faire mieux.

    Les deux premières occasions de la rencontre ? Obraniak. Frappe déviée du bout des doigts par Cassard (5e), des dix-huit mètres, puis offrande, d'un long centre à la précision chirurgicale, sur la tête de son pote, Laurent Agouazi. Cassard sauva in extrémis.

    Jeu à deux, jeu à trois, accélérations foudroyantes, dribbles pivotants, petits ballons dans le dos de la défense, son registre est complet. Incontestablement. Ses ballons perdus? Rares. Très rares. On vous passera le détail de ses coups d'éclat. Comme cette frappe appuyée, que Cassard repoussa tant bien que mal et qui aboutit au troisième but de Cardy (75e).

    Et dire qu'en juin prochain, son contrat viendra à expiration. Et qu'il n'a toujours pas été prolongé... Metz en Ligue 1 sans Obraniak, le risque est grand, désormais. Difficile d'imaginer les clubs de Ligue 1 insensibles à un tel talent. Difficile également, d'imaginer qu'il puisse partir sans que son club forma Partira, partira pas ? Au mercato ou plus tard ? Non, on ne l'imagine pas...

     

    "Un parfum de Ligue 1"

     

     La Croix de Lorraine s'est dressée pour ce match au sommet. Nostalgiques de l'élite, les Messins restent fair-play: "Que Strasbourg accompagne les Grenats en Ligue 1."

     

    Metz-Strasbourg, une affiche au sommet de la Ligue 2 mais également du grand Est. Les tribunes de supporters messins grouillent: "Le grand Est est grenat et il le restera>. Deux vieilles connaissances s'affrontent, le public apprécie: "C'est notre première apparition au stade depuis la Ligue 2. Ce match, c'était l'occasion de voir un grand spectacle", explique un fin tacticien.

    C'est le baptême footbalistique pour d'autres. Odette a suivi Jérôme et Gilbert qui, eux, ne ratent pas une occasion de venir à Saint-Symphorien. "J'espère ne pas leur porter malheur>, ironise la supportrice. Les pronostics vont bon train: "2-0, 2-1, mais toujours pour Metz, bien sûr!" Jérôme, 21 ans, est gourmand: il parie sur un 4-2, bien mérité.

    Côté joueurs, Jeff Strasser et Hervé Tum, anciens messins, sont très attendus. "On les connaît bien. On va les maîtriser>, s'exclame un sélectionneur des tribunes parmi tant d'autres. A la mi-temps, le froid gagne, un vin chaud s'impose. Chocolat pour les petits, venus en nombre avec papa. "C'est la mode d'emmener les enfants au match, c'est mieux que d'aller au cinéma", s'exclame Jean-Baptiste, en bon père sportif. Les bouts de chou s'égosillent à chaque percée des attaquants messins. Des graines de champion? Même les demoiselles prennent goût à cette équipe grenat. L'effet résultat? Marion a 17 ans, elle ne se sent pas seule au milieu de trois figures masculines. Papa est là pour lui apprendre les règles. Les bambins ont leur mot à dire: "Metz et Strasbourg s'affronteront l'année prochaine en Ligue 1". La vérité sort de la bouche des enfants...

     

    Cardy, le coup de grâce

    20e. Faute de Deroff sur Babacar Gueye, côté gauche. Cardy exécute le coup franc, dont Agouazi dévie légèrement la trajectoire. Le ballon atterrit devant Deroff, qui le pousse dans ses propres buts. METZ 1 - STRASBOURG 0.

    49e.
    Mathlouthi lance Mouloungi, dont la frappe trop croisée file à côté.

    54e. Cohade bénéficie d'une succession de contres favorables pour se présenter face à Marichez. Le gardien messin stoppe la frappe du milieu strasbourgeois.

    66e. Cassard détourne des poings une reprise puissante, du gauche, de Cardy, servi par Obraniak.

    68e. Béria récupère le ballon dans son camp, et file jusque dans la surface où Mathlouthi le pousse dans le dos. Babacar Gueye transforme le penalty logiquement accordé par l'arbitre en prenant Cassard à contre-pied. METZ 2 - STRASBOURG 0.

    71e. Diop intervient proprement devant Mouloungi, dans la surface, mais M. Coué accorde aux Strasbourgeois un penalty totalement injustifié. Marichez part du bon côté mais Cohade marque. METZ 2 - STRASBOURG 1.

    76e. Cassard repousse une frappe d'Obraniak sur Cardy dont la reprise, du gauche, ne laisse aucune chance au gardien strasbourgeois.
    METZ 3 - STRASBOURG 1.

    84e.
    De la gauche, François adresse un centre devant le but. Cissé ne parvient pas à contrôler le ballon qui file jusqu'à Cardy, qui du droit cette fois signe son doublé. METZ 4 - STRASBOURG 1.

    Coup d'envoi retardé

     

    Le Syndicat des arbitres du football d'élite (SAFE) a prévu de retarder de dix minutes le coup d'envoi des rencontres de la 17e journée de L1 ce soir pour réclamer "un vrai contrat> et protester contre la "précarité" , a-t-on appris hier auprès de son président, Tony Chapron. Ce mouvement a débuté dès hier lors de la 19e journée de Ligue 2.

    "On réclame un vrai contrat de service de trois ans , a indiqué Tony Chapron. Tout le monde dans le football a un contrat sauf les arbitres. Cela permettrait à un arbitre par exemple de travailler à mi-temps pour son employeur pendant trois ans. On demande par exemple aux arbitres de L2 d'être disponibles dès le vendredi et de faire des sacrifices. Aujourd'hui la seule garantie d'un arbitre de L2, c'est de toucher 246 euros par mois.> Le président du SAFE a déclaré "prendre acte> de la loi votée le 10 octobre et qui fait des arbitres des "travailleurs indépendants" mais rattachés au régime général de la sécurité sociale, leurs revenus entrant dans la catégorie des bénéfices non commerciaux.

    Le Conseil fédéral, réuni hier à Paris, a fait part de son "étonnement> devant ce mouvement de protestation et précisé que "la LFP doublera le budget annuel de l'arbitrage en L1 et L2 sur deux saisons.> Tony Chapron a précisé que "la porte restait ouverte pour de vraies négociations" malgré "les pressions du Conseil fédéral".

     

    "Ne pas faire les malins"

     

    Francis De Taddeo (entraîneur de Metz): "La première mi-temps a été assez équilibrée. En deuxième, c'est après l'expulsion de Deroff et le but strasbourgeois qu'on s'est davantage bougés. On a joué plus haut, été plus percutants. Cela dit, il n'y a pas tant d'écart entre les deux équipes. Ce qu'il faut, maintenant, c'est rester concentrés. Les gens peuvent penser que nous sommes en L1, mais ce n'est pas si simple. Il nous reste deux matches avant la trêve. Et ce ne seront pas des parties de plaisir. A commencer par Villemomble en Coupe de France. Il ne faut pas qu'on fasse les malins. Ce sera difficile, même en s'appliquant..."

    Jean-Pierre Papin (entraîneur de Strasbourg): "On a tout essayé, il n'y avait rien à faire. Cette équipe de Metz ne doute de rien. Elle affole les compteurs, elle ne s'est pas gênée pour nous enterrer quand elle l'a pu... Metz était tout simplement plus fort que nous sur ce match."

    Julien Cardy: "Les supporters attendaient un gros match de notre part, ils n'ont pas été déçus, je crois. On leur a fait un beau cadeau. Et pour moi, la soirée a été vraiment belle puisque j'ai réussi le premier doublé de ma carrière."

     

    Metz, c'est champion !

    Le leader messin a confirmé son impressionnante suprématie dans le championnat de L2 en surclassant un adversaire direct du haut de tableau, Strasbourg, sur le score de 4-1.

    Le président de Strasbourg, Philippe Ginestet, avait eu l'étonnante idée de faire le voyage jusqu'à Metz avec son épouse dans l'un des bus ayant conduit une bonne partie des 500 fans du Racing présents à Saint-Symphorien. Eh bien, même s'il n'y a qu'environ 150 kilomètres de distance entre la préfecture de Moselle et la capitale de l'Alsace, le trajet du retour a dû sembler très long au boss strasbourgeois. Car son club est reparti bredouille.

    Les Strasbourgeois ont même pris une sacrée fessée 4-1 devant un FC Metz qui a confirmé son statut de leader record de la Ligue 2 avec 46 points empochés sur 57. Dont 27 unités grâce à un extraordinaire sans-faute à domicile (neuf victoires en neuf matches).

    Comme quasiment tous ses collègues de la soirée de L2, hier à Saint-Symphorien, Bruno Coué a répondu à l'appel du syndicat des arbitres de football d'élite (SAFE) qui a demandé à tous les hommes au sifflet du week-end de retarder le coup d'envoi du match de dix minutes. Cela n'a pas empêché les Grenats d'être ponctuels au rendez-vous de l'efficacité.

    Après une tentative d'Obraniak au-dessus (4') puis une tête d'Agouazi joliment sortie par Cassard, les hommes de Francis De Taddeo ouvrirent le score dès la 19' sur un coup franc de Cardy dévié par le défenseur alsacien Yves Deroff dans ses propres filets. De quoi rappeler la maladresse de ce joueur en Lorraine puisque, la saison dernière à la même époque, c'est lui qui avait gravement blessé le latéral droit brésilien de Nancy Adailton à Marcel-Picot. La suite, d'ailleurs, le confirma avec une expulsion de Deroff pour un second avertissement assez sévère (49').

    Entre le but lorrain et ce carton rouge, le coach strasbourgeois Jean-Pierre Papin avait attendu une réaction de ses joueurs. Mais celle-ci ne vint pas. Le tir de Mathlouthi stoppé sans problème par le goal mosellan Marichez (12') n'avait pas inquiété le président Carlo Molinari. Quant à la frappe lointaine tentée par l'attaquant camerounais Tum, un ex-Messin, elle termina une quinzaine de mètres à côté de la cage !

    Le doublé de Cardy

    C'était un symbole des problèmes de l'équipe à « JPP », des difficultés évidemment accentuées à dix contre onze, suite à l'exclusion de Deroff au début de la deuxième mi-temps. Malgré tout, grâce à sa vitesse, Mouloungui réussit à se procurer une belle occasion (tir trop croisé, 48') et Cohade, aussi, avec un duel finalement gagné par Marichez (54').

    Sous les yeux des 20.000 spectateurs de Saint-Symphorien, la bande à De Taddeo chercha alors à profiter de sa supériorité numérique pour creuser l'écart. Cardy, d'un missile déclenché à l'entrée de la surface de réparation, fut proche d'y parvenir. Babacar Gueye, lui, y arriva plus aisément sur un penalty provoqué par Bassong (69'). Ce onzième but de la saison de l'international sénégalais ne mit les Grenats à l'abri qu'une poignée de secondes. Car, dans la foulée ou presque, le Racing réduisit la marque également sur un penalty transformé par Cohade (70').

    A 2-1, Strasbourg croyait encore en ses chances. Mais après le 3-1 signé Julien Cardy à l'affût d'une frappe d'Obraniak repoussée par Cassard (76'), le match était plié. Et le score prit carrément de déroute strasbourgeoise quand le même homme s'offrit un doublé d'un nouveau tir superbe (84'). Jean-Pierre Papin, lui l'ancien joueur vedette de l'OM sacré Ballon d'Or 1991, n'avait plus qu'à pester contre l'accueil des fans grenats qui avaient envoyé une canette sur le bus de sa formation à l'arrivée au stade.

    De son côté, le public messin se lança dans une « Ola » pour fêter la victoire lors ce derby de l'Est de la France. La saison prochaine, les supporters du FC Metz auront très probablement le droit à un autre genre de derby, celui de la Lorraine contre Nancy. En L1.

     

    METZ LÉGENDE D'AUTOMNE

    A l'issue des matches aller, Metz a conforté sa place de leader après une victoire large et logique sur Strasbourg (4-1). Toujours aussi offensif, Caen prend ses aises sur le podium en battant Istres (4-0). En embuscade, Dijon peut grappiller la troisième place lundi face à Grenoble.

    Caen conforte sa deuxième place

    Le titre honorifique de champion d'automne était déjà acquis mais Metz a bien su profiter du prestigieux choc contre Strasbourg vendredi pour faire son marché de Noël (4-1) : cette victoire logique face à un autre prétendant à la montée leur offre à la fois le carton plein à domicile (9 victoires en 9 matches), le meilleur temps de passage à mi-parcours (46 pts) depuis l'instauration de la poule unique en 1993 et une avance confortable sur le quatrième (14 pts). Deuxième meilleure défense du Championnat avant le derby de l'Est, l'arrière-garde strasbourgeoise a perdu le nord face aux offensives parfaitement orchestrées par le milieu de terrain Jérémy Cardy (2 buts). Symbole de la déroute : le latéral droit Yves Deroff marquait contre son camp sur un coup franc sifflé contre lui (20e) avant de se faire exclure après la pause (50e). Ce carton rouge libérait les Lorrains, plus habitués à cadenasser les matches : B. Gueye marquait sur penalty son 11e but de la saison avant un doublé de Cardy. Toujours défaillant en attaque, Strasbourg n'a pu réagir, comme trop souvent, que par son milieu de terrain Cohade, qui réussissait son 6e penalty de la saison.

     

     

     

    December 08

    Metz a fini de porter sa croix !

    Si le temps n'était pas franchement beau,"La messe était belle", avec de beaux tifos et Strasbourg a du porter sa croix, ce soir à Saint-Symphorien !

    Pourtant, les ciel et blancs avaient démarré sur les chapeaux de roue avec une action énorme de Mouloungui qui montrait là qu’il en avait sous le pied avec un double démarrage digne d’un vrai sprinter !

    Nullement démontés, les Messins montaient qu’ils n’étaient pas en reste, en inquiétant  Cassard deux minutes plus tard avec une bonne frappe d’Agouazzi détournée en corner, suivi d’une bonne tête de B. Gueye que le gardien strasbourgeois devait sortir des deux points !

    Le match était donc parti sur un bon rythme, et la suite n’allait pas me démentir ; une grosse faute donnait l’occasion à Obraniak de régler sa hausse, mais sans succès !

    Les occasions se succèdent de part et d’autre, et le jeu a tendance un peu à se durcir, le temps pour Cardy de prendre un carton jaune mérité !

    Après un nouveau coup franc tiré sans plus de succès par Cardy, côté gauche, sur l’action qui suivait, un nouveau coup franc est détourné par Abdessadki sur Deroff, qui, marqué de près par Béria, trompe son propre gardien Metz mène donc, et c’est mérité sur le vu de la partie, car Cissé, à la 25ème,  centre sur Agouazzi qui manque son contrôle ! Metz cherche à breacker par Cissé qui tente un tir de loin, mais Cassard est sur la trajectoire !

    On note une tentative de Strasbourg qui essaie de revenir au score avec des actions comme celles de Mathlouthi, puis Tum par deux fois : tentatives trop brouillonnes pour aboutir à ce que cherchent les Strasbourgeois en cette fin de première mi-temps : revenir au score !La première mi-temps se termine donc avec ce seul but au crédit des grenat qui doivent se souvenir de ce qui est arrivé la semaine dernière à Grenoble, faute d’avoir pu enfoncer le clou !

    Le match reste agréable, les contres succèdent aux tentatives et Mouloungui commence bien cette seconde mi-temps, en concluant malheureusement mal son action-dangereuse-pour le gardien messin (un tir croisé sur lequel Marichez est trop « court ») avant qu’une grosse faute de Deroff sur Béria n'envoie, pour un deuxième carton jaune, ledit joueur au chaud dans les vestiaires !

    Le match, à partir de là,  bascule, et le reste montre bien que la messe était dite, avec des Messins de plus en plus dominateurs de leur sujet, enfoncent le clou et respectent leurs adversaires. B.Gueye, Cardy, Obraniak se succèdent face aux poteaux strasbourgeois en essayant d’alourdir le score, mais buttent sur un très bon Cassard, qui se révèle le meilleur joueur de son équipe !

    Enfin, on pensait que l’heure de la délivrance était arrivée, lorsque Béria, poussé dans le dos s’écroule et obtient un pénalty un tantinet sévère ! Le coup de pied est transformé, mais l’arbitre, conscient d’avoir sifflé un peu trop vite, essaie de corriger son erreur en donnant un pénalty de compensation, sa sanction intempestive ! Cohade transforme !

    Mais il était dit que les leçons passées serviraient de leçon aux jeunes Messins, qui appuient alors sur l’accélérateur, usent leurs adversaires, créent des brèches et ce qui devait arriver arrive : Cissé, après un bijou d'amorti de l'intérieur du pied à montrer dans les écoles de foot, sert impeccablement Obraniak qui frappe en force. Cassard détourne des deux poings sur Cardy, qui "pousse" la balle au fond des filets ! Babacar Gueye est alors sorti, travail accompli, sous les "viva" de la foule, par son entraineur et est remplacé par Lantéri; juste le temps de la gloire pour Cardy-bien placé au second poteau sur un centre de Mouloungui- qui signe un doublé en l'espace de 10 minutes ! Pour Strasbourg, la messe est décidément dite ! N’Diaye rentre alors et affole la défense adverse,par son jeu en contre-pied, mais gâche une, puis pluseurs occasions sur des actions un peu trop personnelles, se faisant même rappeler à la raison par ses petits camarades ; JPP souffle un grand coup en voyant encore une fois passer le ballon très près de la cage de son gardien, sur un tir dudit N’Diaye !

    Après trois minutes de supplice en plus du temps réglementaire, pour celui-ci, le jeu prend fin sur une victoire « énorme » des grenat qui ont montré ce soir qu’ils étaient –vraiment- un rouleau compresseur digne de celui du Lyon de l’étage d'au dessus !

    Après, place à la fête pour le public de Saint Symphorien, qui chambre gentillement "les cigognes", qui aura eu l’occasion d’effacer ce soir, toute la saison gâchée l’an passé : quatre buts, cela faisait longtemps !Pour ma part, je n'avais pas vu cea depuis le match euphorique de la montée contre Gueugnon, il y a quelque temps, années... Merci à eux, les joueurs, merci pour eux, les supporters !

     

    Metz plus que jamais leader

     

    Metz n'a pas fait de détail (4-1) dans le match au sommet face à son proche voisin strasbourgeois. Dans le même temps, Caen a balayé Istres (4-0). Lundi, Dijon reçoit Grenoble. 

    Caen déroule
    On donnait peu de chance à Istres de s’en sortir sur la pelouse de Caen. Les Caennais n'ont pas fait de cadeau et gardent facilement leur seconde place au classement en atomisant les Istréens (4-0) qui restent 17emes. Tours, la lanterne rouge, et Brest (16eme) se sont neutralisés (1-1). Amiens (6eme) profite de sa victoire sur Créteil (15eme) sur le score de 1 à 0 pour ne pas se laisser distancer par le peloton de tête, notamment par Le Havre (5eme) qui se rendait à Niort (19eme) et qui n'a pas réussi à trouver la faille. En milieu de tableau, Gueugnon (12eme) est allé battre Bastia (11eme) en Corse (1-0). Voilà désormais les deux clubs à égalité avec 24 points. Soit quatre de plus que Libourne Saint-Seurin (13eme), incapable de battre Reims (7eme) à domicile (2-3). Derrière Libourne, on retrouve Montpellier (14eme) qui a perdu à la Mosson face à l’AC Ajaccio (1-2). Les Montpelliérains pensaient avoir le match en main puisqu’ils avaient ouvert le score. Les Corses sont 10emes. Enfin, Guingamp (18eme) et Châteauroux (8eme) n’ont pas réussi à se départager (1-1).

    Metz sans partage
    Douze points séparent désormais le leader Metz de Strasbourg (3eme). Les Alsaciens ont manqué leur pari de se rapprocher au classement. Les Messins eux n'ont pas fait de détails (4-1) avec notamment un doublé de Cardy. C'est un seizième match sans défaite pour l'équipe de De Taddeo.

    Duel d’outsiders
    Quatre points séparent Dijon (4eme) de Grenoble (6eme), deux clubs en embuscade du podium. Les Bourguignons n’accusent que deux unités de retard sur Strasbourg (3eme). Sèchement battus à Ajaccio (3-0), les Dijonnais chercheront à se ressaisir face à des Grenoblois accrocheurs.

     

    Quel feu d'artifice !

    Dans un stade Saint-Symphorien de nouveau garni, Metz a remporté le derby de l'Est en triomphant d'une équipe strasbourgeoise qui a semblé ne pas comprendre ce qui lui arrivait. Un sentiment symbolisé par la déveine d'Yves Deroff, grand malheureux de la soirée.

    Etrange match que ce Metz-Strasbourg. L'affiche promettait, elle a mis du temps à accoucher du spectacle tant attendu. A dire vrai, la partie s'est d'abord laissé balloter au gré des sanctions administrées par Monsieur Coué sans qu'aucune des deux équipes ne la prenne clairement à son compte. L'ouverture du score est la conséquence d'un coup franc; l'expulsion d'Yves Deroff, pour un second avertissement, a été le tournant du match; et on eut également droit à un curieux échange de penalties, avant que Metz ne laisse éclater sa soif de victoire et de buts...

    Cardy, maître artificier
    La lumière est donc venue d'un coup de pied arrêté. Comme d'habitude, a-t-on envie de dire. Les premières minutes avaient vu les Messins entrer de plain-pied dans la partie en sollicitant Cassard par Obraniak (4°) et Agouazi (5°). Puis, malgré cette double occasion, elle s'était enlisée dans un faux rythme inattendu, les deux équipes hésitant à se livrer sans réserve. A la 20ème minute, donc, Yves Deroff fut averti pour une faute sur Babacar Gueye. Le coup-franc, tiré par Julien Cardy, surprit le défenseur alsacien qui trompa son propre gardien dans la confusion (1-0, 20°). Dépité, l'ancien Nantais allait l'être encore plus au retour des vestiaires. Quand, après une fin de premier acte sans événement majeur, il écopait d'un second carton jaune...
    Metz, du coup, se retrouvait dans la même situation que la semaine passée sans avoir franchement eu à forcer son talent. Un but à zéro et un joueur de plus. Il faut croire que les hommes de Francis De Taddeo ont retenu la leçon car la suite fut nettement plus réjouissante que l'épilogue du déplacement isérois. Cela commença d'abord par une histoire de penalties peu banale. Le premier, sifflé à l'issue d'une belle percée de Franck Béria, permettait à Babacar Gueye de donner un avantage plus conséquent à Metz (2-0, 68°) et de se racheter d'une occasion manquée peu de temps auparavant. Le second, transformé par l'expert alsacien Renaud Cohade, relançait Strasbourg dans la partie (2-1, 70°). De flottements, il n'y en eut heureusement plus dans les 20 dernières minutes produites par le FC Metz. Le but rageur de Julien Cardy, qui fusilla Cassard, coupable d'avoir relâché un missile d'Obraniak, fut le détonateur d'une fin de soirée folle (3-1, 76°). Un feu d'artifice dont le bouquet final fut également tiré par le transfuge de Toulouse 'himself'. D'un centre venu de la gauche que Cissé avait laissé filer, il fit un nouveau but (4-1, 83°). Lui qui jusqu'à maintenant, ne s'était guère préoccupé du derby de l'Est, a inscrit une page de son histoire. Et les Strasbourgeois, hagards, de terminer péniblement le match sous la Ola du public mosellan. Sans comprendre vraiment ce qui leur arrivait, donc...

    19ème journée de Ligue 2, Metz 4-1 Strasbourg (1-0)
    Stade Saint-Symphorien, vendredi 8 décembre
    20 014 spectateurs
    Arbitre : Monsieur Coué

    Buts :
    Metz : Deroff (csc 20°), B. Gueye (68° sp), Cardy (76°, 83°)
    Strasbourg : Cohade (70° sp)

    Exclusion :
    Strasbourg : Deroff (50°)

    Avertissements :
    Metz : Cardy (14°), Leoni (47°), Diop (60°)
    Strasbourg : Deroff (19°, 50°)

    Les équipes :
    Metz : Marichez – C. Gueye, Béria, Diop, Bassong, Leoni (François 56°) – Cardy, Agouazi, Obraniak – Gueye B. (Lanteri 77°), Cissé (N'Diaye 85°)
    Strasbourg : Cassard – Deroff, Devaux, Strasser, Othon – Adbessaki, Cohade (Ekobo 88°), Lacour, Mouloungi – Mathlouthi (Gameiro 69°), Tum (Schneiderlin 51°)

    Metz - Strasbourg : les réactions

    Jean-Pierre Papin n'a pas caché son dépit à l'issue de la rencontre. L'entraîneur alsacien estime que Metz a été meilleur et ne se cache pas derrière le scénario du match, qui lui fut pourtant défavorable.

    Jean-Pierre Papin : « C'était déjà difficile à onze. Nous avons tout essayé mais il n'y avait rien à faire, Metz était plus fort que nous ce soir ! On peut regretter l'expulsion mais je ne sais pas si cela aurait changé grand chose. Cette équipe de Metz ne doute de rien, elle affole les compteurs. Ils nous ont mis minables. Bravo à eux. Le troisième but nous a fait beaucoup de mal. Après ça, revenir au score aurait représenté un exploit. Et on ne peut pas en faire tous les jours. »

    Francis De Taddeo : « Ce soir, nous prenons trois points supplémentaires. Nous n'étions pas sûrs de nous avant ce match mais nous réalisons finalement une belle opération. Strasbourg est une belle équipe mais les événements nous ont été favorables. J'ai été supporter moi aussi, revoir Saint-Symphorien vibrer de nouveau de la sorte, c'est quelque chose de formidable. Et cela nous donne envie d'aller voir encore plus haut. »

    Ludovic Obraniak : « C'est une très belle victoire ce soir. Nous avions à cœur de redresser la barre après le match de Grenoble. Nous avons su nous rendre les choses faciles, nous avons mis de l'agressivité dans tous les domaines. Ce fut vraiment un scénario idéal. »

    Julien Cardy : « C'est le premier doublé de ma carrière, mais le collectif passe avant ma performance individuelle. Strasbourg nous a facilité la tâche avec cette expulsion. Nous avons su rester sérieux du début à la fin au contraire de notre match face à Grenoble. Ce n'est qu'une journée de championnat, il faut continuer ainsi. »

     

     

     

    Live

    93e   C'EST TERMINE à Metz! Superbe victoire du leader de L2 qui enchaîne son 9e succès à domicile, son 14e cette saison. Pour Strasbourg, c'est le 3e revers de la saison qui les scotche à la 3e place du championnat.

     90e   N'Diaye affole la défense strasbourgeoise sur son côté gauche, mais son tir puissant n'attrape pas le cadre de Cassard. Le tout sous les yeux sérieux de Papin qui espère vite la fin de ce match.

  • 89e   Il y aura 3 minutes d'arrêt de jeu.
  • 85e   C'est la plus grosse défaite des hommes de Jean-Pierre Papin cette saison en trois revers en 2006-2007, après celui à Amiens (1-0) et à Reims (2-0).
  • 82e   BUUT de Cardy, bien placé au second poteau sur un centre de Mouloungui, qui signe un doublé en l'espace de 10 minutes ! Pour Strasbourg, la messe est dite !
  • 78e   Sortie du buteur sur penalty Babacar Gueye en lieu et place de Laurent Lantéri.
  •  74e   BUUT de Cardy! Après un moment de flottement dans la camp strasbourgeois, Cissé sert impeccablement Obraniak qui frappe en force. Cassard détourne des deux poings sur Cardy, qui pousse la balle au fond des filets !

     70e   BUUT de Cohade qui prend, lui aussi, le gardien à contre-pied !

    69e   PENALTY ! Pour Strasbourg cette fois-ci pour une faute sur Mouloungui qui tentait de prendre la défense messine de court !

     68e   BUUT de Babacar Gueye ! qui prend Cassard à contre-pied !

    67e   PENALTY pour Metz! Beria s'enfonce dans la défense strasbourgeois et est poussé dans le dos ! La faute est indiscutable.

     66e   Metz pousse encore : Obrianiak décoche une superbe tir croisé, sur lequel Cassard se couche bien !

     64e   Nouvelle frappe de Cardy à 20 mètres du but de Cassard ! Le portier strasbourgeois dégage des deux poings.

     58e   Le jeu se calme un peu de chaque côté : la balle est en milieu de terrain mais est tenue par Metz qui gère son avance.

     54e   ENCORE UNE BELLE ACTION MESSINE : Gueye est à la finition d'une incursion d'Agouazzi, mais son tir est repoussé par Cassard !

     51e   BELLE OCCASION de Cohade! Le Strasbourgeois s'arrache aux abords de la surface messine, crochète et parvient à frapper mais Marichez s'interpose bien !

  • 49e   EXLUSION de Deroff ! Sale soirée pour le Strasbourgeois qui fait une faute très limite sur Cissé et écope de son 2e carton jaune!
  • 48e   ENORME OCCASION de Mouloungui ! Sur un contre alsacien, l'attaquant strasbourgeois décoche une belle frappe croisée sur laquelle Marichez est trop court... mais son tir passe à côté.
  • 21:39   ET C'EST REPARTI à Metz ! Strasbourg donne le coup d'envoi.

  • 45e   C'est sur cette dernière occasion qu'est sifflée la MI-TEMPS !
  • 44e   Nouveau coup franc pour Metz : Cardy s'en charge de nouveau, comme sur le but marqué, mais le ballon fuse au dessus de la cage strasbourgeoise...
  • 40e   Strasbourg tente sa chance sur coup franc après une faute sur Tum... Ce même Tum est à la retombée du ballon mais la défense messine se dégage dans la foulée !
  • 38e   Grosse frappe de Tum aux abords de la surface de réparation messine... mais le cadre se dérobe.
  • 34e   Strasbourg met enfin le pied sur le ballon et se crée une occasion dangereuse avec Mouloungui... mais qui ne trouve pas Mathlouthi au premier poteau.
  • 30e   Belle frappe encore de Mathlouthi! Marichez capte.
  • 25e   ENCORE CISSE sur le côté droit! Il centre vers Agouazzi qui ne parvient pas à maîtriser la balle. Strasbourg peut dégager tranquillement.
  • 23e   Metz continue à pousser pour faire le break : Cissé tente sa chance de loin... Cassard est bien sur la trajectoire.
  • 20e   Le but sera bien attribué au pauvre Deroff.
  • 19e   BUUT de Metz ! Le coup franc de Cardy est déviée par Abdessadki surprend Deroff, sous pression avec Beria. Le défenseur strasbourgeois trompe son propre gardien et marque contre-son-camp !
  • 17e   Nouveau coup franc côté gauche pour Metz, tiré par Cardy...
  • 14e   Grosse faute de Cardy qui lui vaut le premier avertissement de la partie.
  • 13e   Belle occasion de Mathlouthi, qui tente sa chance en dehors de la surface qui vise la lucarne, mais qui est bien arrêté par Marichez.
  • 11e   Coup franc pour Strasbourg cette fois-ci, frappé par Abdessadki... mais la défense messine relance en profondeur, tellement bien qu'un hors-jeu est sifflé de Cissé, trop en pointe.
  • 9e   Grosse faute strasbourgeoise qui offre un bon coup franc à Metz à 30 mètres du but de Cassard... mais la frappe d'Obraniak est captée par Cassard, sous couvert de Tum.
  • 5e   DOUBEL ACTION CHAUDE pour Metz! Une frappe d'Agouazzi, détournée en corner, a précédé une belle tête de Gueye que Cassard sort des deux poings !
  • 3e   ENORME ACTION de Mouloungui pour Strasbourg d'entrée de jeu, qui tire sur Marichez! mais une faute a été sifflée au début de l'action.
  • 20:38   C'EST PARTI ! Les Messins engagent la partie.
  • FF : Obraniak-Abdessadki, salut les copains.

     

    Sommet. Capitaines sur le terrain, amis en dehors les deux hommes aux multiples points communs se retrouveront face à face ce vendredi pour le choc au sommet entre Metz et Strasbourg. Un rendez-vous qu’ils attendent avec impatience.

    Entre eux, " ça a collé tout de suite ", confessent-ils spontanément, sans concertation. Yassine Abdessadki et Ludovic Obraniak "se sont trouvés", comme on le dit de deux comparses, deux complices, deux compères. C'était après une rencontre a la Meinau a laquelle était venu assister incidemment Obraniak. Après le match, le Messin descend saluer les Strasbourgeois, parle avec Abdessadki, et propose un échange de numéros de portable qui, depuis, les relient par le fil d'une réelle amitié. "On a fait connaissance il y a quelques mois et on a accroché tout de suite ", confesse Abdessadki. " On se connait depuis peu, mais c'est devenu un ami," confirme Obraniak. "Je l'admire beaucoup. " Leurs débuts de saison respectifs forcent ce même constat, tant les deux camarades capitaines semblent transcendés par le morceau de tissu qu'ils arborent à leur bras depuis peu. C'est la première de leurs - nombreuses - similitudes, ces « points communs" qui les ont réunis. Et c'est ce qui les mettra de front au bord du terrain ce vendredi soir, lorsqu'il faudra choisir une face de la pièce lancée en l'air par M. Khendek, arbitre de ce "match au sommet, qui est aussi un derby", à entendre Yacine Abdessadki. Malgré leur jeune âge, Obraniak (22 ans) et Abdessadki (25 ans) sont aujourd'hui les guides de deux des meilleures équipes de Ligue 2, destituées l’été dernier après le chaos de la relégation. Tenaillés par un "sentiment coupable " et désireux de ne pas abandonner leur « club de cœur ", selon Obraniak, ils sont tous deux restés malgré les sollicitations, incarnant la relève, la vigie. L'espoir. Alors, comme un symbole, ils ont été nommés capitaines et occupent de larges responsabilités, sur, et en dehors du terrain. De nouvelles attributions qu'ils assument pleinement. « C'est une question de caractère, avance le Strasbourgeois. J'ai toujours été impulsif, perfectionniste. Un peu trop gueulard, parfois. J'ai toujours été un leader. Alors, franchement, être capitaine, ça ne change pas grand-chose pour moi. C'est la continuité de ce que je suis. J'essaie de montrer l'exemple. " Obraniak, lui, pense que ce nouveau rôle l'a décoincé. Qu'il avait besoin d'être responsabilisé, ce que la relégation a induit après la purge qui s'est ensuivie. «A l'intersaison, j'ai pensé partir, avoue le Messin. Et puis, j'ai rencontre Francis De Taddéo, que j'avais eu comme éducateur. II m'a fait comprendre qu'il comptait sur moi.Il me fait entièrement confiance et me laisse prendre le jeu a mon compte, avec une réelle liberté. Grace à cela, je pense avoir franchi un cap dans le jeu et dans la mentalité. Avant, il me manquait quelque chose pour faire la différence. C'est cette confiance en moi que je trouve cette saison. Avant, je ne prenais pas assez de risques. Aujourd'hui, je tente des choses. "

    ENDURCIS PAR LA DESCENTE

    C'est la toute la différence entre l'Obraniak intermittent des saisons précédentes et le capitaine qui règne sur ses troupes et la L2. Idem pour Abdessadki, transfigure depuis l'été. (Redescendre en Ligue 2 m'a endurci. C'est difficile de faire l'ascenseur. Alors, j'essaie de ne plus douter et de muscler mon jeu. Je progresse. " Ses états de service en attestent. Avec sept passes décisives (mais un seul but inscrit), le polyvalent Abdessadki, capable d'occuper plusieurs postes du milieu de terrain (encore un point commun avec Obraniak), marque de son seing le début de saison alsacien. Enfin ( J'ai de bonnes stats, même si j'aspire à marquer plus ", sourit-il. Obraniak est lui aussi peu disert devant le but (une seule réalisation également), ce qu'explique vraisemblablement sa position plus reculée, - puisqu'il se place généralement devant la défense, en binôme avec Julien Cardy, quand Abdessadki est charge le plus souvent de lacérer les flancs de la défense adverse. Ainsi installé, Obraniak contrôle le tempo et le jeu d'un Metz flamboyant depuis le début de saison, au moins sur le plan comptable. Sur le plan de la qualité du football qu'il propose, le leader impressionne moins, ce que le capitaine lorrain justifie par le flou total qui régnait avant le début de saison". Comme on partait dans l'inconnu et qu'il y avait des nouveaux, on a pris le système le plus pratique pour nous rassurer, avec cinq défenseurs. Depuis quelques semaines, on balance moins, on joue au sol, on essaie de construire. Pour moi, qui assure le transit entre la défense et l'attaque, c'est l'idéal. " Chacun se sent donc a l'aise dans son rôle, dans son équipe et sur le podium. Nul n'a envie que cela change, évidemment. Ils ont chacun trop souffert par le passé pour ne pas goûter ces moments de plénitude et de quiétude. (Malgré notre jeune âge, on a tous les deux vécu des choses compliquées, avance Obraniak. J'ai fait une montée, une descente, deux maintiens à la dernière journée. En quatre ans, je suis passe par tous les extrêmes. Ça marque. " Une vie de footballeur en accéléré, en quelque sorte. Ce vendredi, au stade Saint-Symphorien, Obraniak goutera It une expérience nouvelle : affronter un ami, qui aura comme lui la charge d'emmener sa troupe a la victoire. (On fera abstraction de notre amitié le temps du match, promet Abdessadki. ça ne sera pas difficile : on a tous les deux la niaque et on déteste la défaite. " Mais ce point commun-ci, ils seront nombreux à le partager sur le terrain ...

     

    Stat.34.C'est le nombre total de matches de Ligue 2 disputes par Yassine - Abdessadki (25 avec Strasbourg et Grenoble) et Ludovic Obraniak (9 avec Metz) avant d'etre désignés capitaine en début de saison. Leur Jeune âge (respectivement 25 et 22 ans) explique en partie cette relative inexpérience.

     

     

     

     

    Le combat des pénitents

    Metz – Strasbourg, 19ème journée de Ligue 2
    Stade Saint-Symphorien, vendredi 8 décembre à 20h30
    Arbitre : Monsieur Coué
    A suivre en direct sur D!rect FM (92,8 FM) et sur le FCMetz.com à partir de 20h

    Le groupe messin : Marichez, Bonnefoi – Béria, Bong, Bassong, Diop, Gueye C., Leoni – François, Cardy, Diakité, Obraniak, Agouazi – Gueye B., N’Diaye, Lanteri, Cissé

     

    Le combat des pénitents

    Après avoir tous deux réalisé une saison désastreuse, Metz et Strasbourg se retrouvent ce vendredi. A la croisée de leurs chemins respectifs vers l’absolution, les caméras et spectateurs qui se sont postés s’attendent à ce que le spectacle soit à la hauteur.

    Il avait disparu, le revoilà. A l’heure où l’hiver semble se décider à jeter ses premières fraîcheurs sur la région, le doux fumet accompagnant les affiches est parvenu aux narines des Messins et de leurs supporters. Un soupçon d’électricité, d’instabilité mêlée de ferveur flottera dans l’air de Saint-Symphorien, vendredi soir. « Il y a une part d’irrationnel dans ce genre de match », commente Francis De Taddeo, qui ne se risque à rien de ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un pronostic. Le technicien messin a beau être leader, il s’inquiète de la façon dont ses joueurs vont réagir à ce contexte. « C’est une découverte pour nous, ajoute-t-il. Ce sera la première fois que nous jouons devant une affluence si conséquente. Il y a une attente particulière autour de cette rencontre. Si les gens viennent et voient une équipe en bonne santé, ce sera déjà positif. Il y a eu tellement de déceptions accumulées ces derniers temps. » Jeudi en début d’après-midi, c’est la barre des 16 000 spectateurs qui a été franchie. « C’est le signe que nous avons fait une partie du chemin, l’équipe est à nouveau considérée. Il reste maintenant à ce que les spectateurs s’identifient aux joueurs. » Là aussi, une partie du chemin a été faite. Une victoire sur Strasbourg, concurrent direct et rival de part sa proximité, serait du plus bel effet pour la popularité du onze messin.

    Leoni et François incertains, Delgado forfait
    Le coach mosellan va tout de même devoir jouer serré. Son effectif risque d’être sérieusement amoindri par les absences. Stéphane Leoni et Julien François se sont entraînés sur le bout des pieds tout au long de la semaine. L’incertitude continue de planer à leur sujet. Pour suppléer le premier, De Taddeo ne pourra pas non plus compter sur Luis Delgado, qui s’est occasionné une élongation lors de l’ultime séance d’entraînement, jeudi après-midi. La tuile pour l’Angolais. Afin de faire face à toutes les éventualités, le staff messin a donc sélectionné un groupe de 17 joueurs. Gaétan Bong et Mamadou Diakité ont de bonnes chances d’être appelés à la rescousse.
    Jean-Pierre Papin, quant à lui, a un groupe quasiment complet à sa disposition. Les Alsaciens, 3èmes de Ligue 2, accusent une relative baisse de régime qui ne leur a toutefois coûté aucune place au classement. Avec seulement deux défaites, le Racing se place comme prévu parmi les prétendants les plus sérieux à la montée. Une victoire à Saint-Symphorien le ramènerait à six points du leader tandis qu’une défaite porterait l’écart à douze unités. Un gouffre. Mais, à la faveur de sa très belle carrière de joueur, Papin en a vu d’autres. « Ce sera un match d'hommes, dit-il sur le site internet du RCS. Un match qu'il faudra savoir gagner ou ne pas perdre. Les derbies, en général, ça se gagne sur l'envie. Ce ne sont pas forcément les plus forts qui l'emportent. Nous n'irons pas là-bas en victimes. » Comme Metz, Strasbourg est de toute façon déjà victime, dans un sens, de son passé récent. Un passé que les deux clubs doivent faire oublier afin de préparer l’avenir.

    Metz – Strasbourg, 19ème journée de Ligue 2
    Stade Saint-Symphorien, vendredi 8 décembre à 20h30
    Arbitre : Monsieur Coué
    A suivre en direct sur D!rect FM (92,8 FM) et sur le FCMetz.com à partir de 20h

    Le groupe messin : Marichez, Bonnefoi – Béria, Bong, Bassong, Diop, Gueye C., Leoni – François, Cardy, Diakité, Obraniak, Agouazi – Gueye B., N’Diaye, Lanteri, Cissé

    L’équipe B affrontera la réserve du RC Lens dimanche à 15h à Avion. José Pinot dispose d’un réservoir de joueurs conséquent pour composer son groupe. Renouard, Delhommeau ou encore Contout sont en effet de retour.

     

    Le retour du Lion Le ‘derby du Grand Est’ entre Metz et Strasbourg sera l’occasion de quelques retrouvailles. Notamment avec le Camerounais Hervé Tum, qui défendait encore la saison passée les couleurs du FC Metz. L’attaquant alsacien nous a livré ses impressions.

    Hervé, êtes-vous heureux de retrouver vos anciens coéquipiers demain soir ?

    Hervé Tum : « Bien sûr que ça me fait plaisir. Mais ce sera un peu étrange. Je n’ai toujours pas digéré la saison dernière. C’est un très mauvais souvenir. Du début à la fin, nous sommes restés en position de relégable. Ce n’est jamais bon pour un joueur de vivre une telle année.»

    Vous gardez malgré tout de bons souvenirs de Metz ?

    H.T. : « Quand le temps passe, ce sont toujours les meilleurs qui restent. De Metz, je me rappellerai ma première saison. C’est l’un des plus beaux souvenirs de ma carrière. Nous avions fait un très bon départ. Ce n’est pas seulement cela que je garderai en mémoire mais tout le déroulement de la saison. Nous nous étions battus jusqu’au bout pour nous maintenir bien que cela n’était pas facile du tout. »

    Comment s’est passée votre intégration à Strasbourg ?

    H.T. : « Cela s’est bien déroulé. J’ai retrouvé une dynamique nouvelle. Nous avons envie d’effacer la saison dernière, qui est semblable à celle du FC Metz. On a gardé la descente en travers de la gorge mais il y a l’envie de retrouver la Ligue 1 qui nous pousse. Personnellement, je me suis posé beaucoup de questions. Je me demandais comment nous en étions arrivés là alors que nous avions tous les atouts pour nous maintenir. Désormais, je me tourne vers l’objectif du Racing tout en me raisonnant. Il est encore possible pour moi de vivre de bons moments. »

    Que pensez-vous de votre début de saison ?

    H.T. : « Je ne suis pas du tout satisfait. Quand je suis venu ici, c’était pour apporter ma contribution à l’accession en L1. »

    Vous avez tout de même inscrit quatre buts…

    H.T. : « Quatre buts… Pour moi, c’est minable (sic) ! J’ai joué 18 matches. Alors je trouve que quatre, ce n’est pas assez. »

    Que vous inspire le parcours du FC Metz ?

    H.T. : « C’est un parcours formidable. L’équipe est dans une bonne dynamique, c’est sans doute ce qui nous a manqué l’année dernière. Les joueurs ont envie d’effacer les erreurs commises et de redonner à cette ville le niveau qu’elle mérite. Je trouve que c’est magnifique et je leur souhaite d’aller au bout. J’ai beaucoup joué avec Babacar, il lui manquait juste un déclic pour exprimer ses qualités. La L2 le lui permet en ce moment et c’est bénéfique à tout le monde. Cela ne m’étonne pas. »

    Comment allez-vous aborder ce déplacement à Metz du côté de Strasbourg ?

    H.T. : « C’est un derby mais je ne le prends pas comme tel. Nous allons y jouer notre troisième place, car c’est bien cela dont il est question. Il faut tout donner pour que cela se passe bien et puis c’est tout. Si nous nous mettons dans la tête que c’est un match différent, on se plantera. Il faut se préparer comme chaque week-end. Il reste plein d’autres rencontres après celle-ci. »

    Pour finir sur une touche plus décalée, vous pouvez peut-être nous dévoiler pourquoi certains de vos coéquipiers vous surnommaient « Tonton » ?

    H.T. : « (Il rigole) Eh bien, j’ai un petit neveu qui m’appelle toujours ‘tonton’. Les joueurs autour de moi ont repris ce surnom. Cela avait un côté sympa mais aussi respectueux de la part des jeunes qui me considéraient un peu comme un grand frère. Ce respect allait dans les deux sens, d’ailleurs… »

    Ces mêmes personnes s’enorgueillissent aujourd’hui de vous avoir jeté dans le jacuzzi…

    H.T. : « Ah oui, c’est vrai… mais il a fallu qu’ils s’y mettent à plusieurs ! En fait, ils me chambraient en disant que j’étais un colosse, que je ne pouvais pas rentrer dans le jacuzzi car j’étais plus baraqué qu’eux. Ils s’étaient donc mis en tête de m’y jeter. Je dois avouer, ils ont réussi. On a eu de bons moments, tout de même… »

     

    Un derby d'ascenseur

     

    Le premier derby de l'Est abrité par la Ligue 2 peut permettre à Metz de poursuivre son carton plein à Saint-Symphorien, tandis que Strasbourg compte maintenir sa place dans le trio de tête.

     

    En bas, il y a la Ligue 2. Et, sur la carte, en haut à droite, il y a Metz et Strasbourg. L'ascenseur se trouve quelque part par là, les Messins y possèdent déjà un pied plus quatre orteils, les Strasbourgeois espèrent les accompagner, avec de réelles chances d'y parvenir. En attendant, ils se retrouvent sur le palier de Saint-Symphorien, ce soir, sous une pluie de saison, et en deuxième division pour la première fois de leur très longue histoire.

    S'il n'était question d'une vague affaire de suprématie entre les deux plus grandes villes du quart nord-est du pays, l'enjeu de ce derby d'en bas concernerait essentiellement le visiteur alsacien, qui ne compte rien de trop, ce matin, dans sa course vers la Ligue 1. Metz, quant à lui, peut voir venir. Il peut voir venir ce voisin qu'il a même le droit de ne pas considérer comme un concurrent, puisqu'il occupe l'une des deux autres places synonymes d'accession. Il peut voir venir la trêve, d'ores et déjà nanti du titre - symbolique - de champion d'automne avant même de virer à mi-parcours. Ne pas se méprendre, en effet, sur la façon de lire les données de cette rencontre, sous le calque du classement de Ligue 2, nettement plus significatif aujourd'hui que demain puisqu'il faudra attendre soixante-douze heures pour en finir avec les matches aller: Metz, onze points d'avance sur Dijon, l'aborde avec un confort nettement supérieur à celui de Strasbourg, qui passera le week-end sous la menace de Dijon en cas d'insuccès, ce soir, en Lorraine.

    Au coeur d'une saison qui voit défiler Libourne, Créteil, Gueugnon et, parfois, quelques caméras de télévision à Saint-Symphorien, même un vrai faux derby exerce un pouvoir d'attraction évoquant le vent d'antan. Un match différent? "Nous avons fait en sorte qu'il ne le soit pas dans sa préparation, affirme Francis De Taddeo, pour ne pas ajouter de pression inutile à un match aussi compliqué que les précédents. Evidemment, il s'agit de notre premier gros match à domicile, avec une grosse affluence, mais nous ne le négocierons bien qu'à la condition de ne pas évoluer contre-nature.> L'entraîneur messin a donc dû se servir des images de la deuxième mi-temps de Grenoble - Metz, dimanche (1-1), lorsque son équipe pourtant en supériorité numérique a perdu le bénéfice de son avance au tableau d'affichage et de sa domination sur le terrain: "Les joueurs avaient la haine d'avoir laissé échapper deux points, ce sont les deux points les plus bêtement perdus de l'année." Metz - Strasbourg leur offre un excellent support pour se rattraper, en plus d'une possibilité d'accomplir une gageure dont un joueur, même un joueur de Ligue 2, se souvient en principe jusqu'à ses plus vieux jours: une victoire ce soir serait la neuvième en neuf sorties à Saint-Symphorien, une façon inédite et frappante d'en finir avec la première partie de championnat. "Elle nous rapprocherait surtout du nombre de victoires nécessaires pour monter", préfère Francis De Taddeo. Tout droit vers l'ascenseur.

     

    Babacar Gueye: "Un moment particulier"

     

    Babacar Gueye, meilleur buteur messin avec dix buts, mesure l'importance du derby. Et affiche sa détermination: "Nous savons ce que nous avons à faire".

    Un but supplémentaire vous concernant mais une victoire qui échappe au FC Metz... Dans quel état d'esprit êtes-vous revenu de Grenoble? "Un peu frustré, je ne le cache pas. Ils ont joué à dix pendant longtemps, nous avons mené au score. Et nous avons manqué plusieurs occasions de tuer le match, moi le premier. J'ai mal ajusté plusieurs de mes passes... Mais bon, avec le recul, la déception s'est atténuée. Il faut insister sur le côté positif: nous avons réussi à prendre un point à l'extérieur et nous avons toujours une certaine avance sur Caen et Strasbourg."

    * Papiss Cissé a lui aussi manqué une occasion d'aggraver le score, juste avant l'égalisation. Vous lui en avez parlé à la fin du match? "Oui. Je lui ai dit qu'il ne fallait pas qu'il s'en veuille. Nous lui avons tous dit. Personne n'a oublié qu'il nous a fait gagner des matches et qu'il bosse toujours pour l'équipe. Rater une occasion, ça lui arrivera encore, à moi aussi. Il faut quand même relativiser, ce n'est pas la fin du monde: nous n'avons pas perdu tout le bénéfice de la rencontre."

    * Votre compteur affiche dix buts, deux de moins que le Havrais Lesage. Le titre de meilleur buteur, vous y pensez? "Forcément, un peu. Je regarde toujours si Lesage a marqué. Et c'est bien souvent le cas! Ça va être difficile de le rattraper, mais on fera tout pour. Lesage, c'est un joueur complet, à l'aise sur les coups de pieds arrêtés. Il avait fini meilleur buteur la saison passée avec seize buts. Là, au bout de dix-sept journées, il en est déjà à douze. S'il continue à ce rythme..."

    * L'heure est au derby. La venue des Alsaciens constitue-t-elle un rendez-vous plus important que les autres? "Non, pas plus important, je ne pense pas qu'on puisse dire ça. Jouer contre le quinzième ou le troisième, c'est la même chose. Il faut garder la même motivation. Maintenant, on ne peut pas nier que la venue de Strasbourg reste un moment particulier. La pression sera différente. Le stade sera plus rempli qu'à l'accoutumée. Mais nous savons ce que nous avons à faire. Ce match, il faudra le gagner. Pour nos dirigeants, pour nos supporters et pour réaliser un pas de plus vers notre objectif."

    * La réussite messine retient l'attention. La vôtre aussi. L'ouverture annoncée du mercato vous y rend-elle plus sensible? "Non, je n'y pense vraiment pas. Je suis sous contrat jusqu'en juin 2008. La question de savoir si je vais partir ou rester ne se pose même pas. Je suis là, point. L'important, c'est de retrouver la Ligue 1."

     

    Mieux vaut prévenir...

     

    Le derby a été classé en "première catégorie à risque avéré" par la préfecture. Les deux clubs, eux, se sont mobilisés pour "dépassionner" le climat.

     

    Il tempère. Atténue. Mais ne va pas jusqu'à nier. Comment le pourrait-il? Une récente actualité est venue le rappeler à ceux qui avaient pu l'oublier: le risque zéro n'existe pas. "Il y aura toujours quelques imbéciles pour essayer de semer le trouble>, concède Jacky Ancel. Le directeur de la sécurité messine n'a pas besoin qu'on lui remette sous le nez les événements survenus ces dernières semaines pour admettre qu'un "climat passionnel> accompagnera ce Metz - Strasbourg. Et pour préciser que "la vigilance> sera évidemment le maître mot pour les quelque 180 agents de sécurité qui se déploieront dans les travées du stade Saint-Symphorien. "Mais ce chiffre n'est pas lié à ce qui a pu se passer à Paris ou encore à Nancy, insiste Jacky Ancel. Cela répond simplement au nombre de spectateurs attendus." Près de 20000 en l'occurrence, lesquels assisteront à un derby classé en "première catégorie à risque avéré" par la préfecture de Moselle...

    Les événements survenus il y a deux ans, lors de ce même derby, n'ont pas échappé à la mémoire des autorités. Bagarres avec les forces de l'ordre, jets de fumigènes, etc. : quelques individus n'avaient pas manqué l'occasion qui leur était offerte de jeter le discrédit sur le contingent alsacien. Pour éviter que l'histoire se répète, responsables messins et strasbourgeois se sont rencontrés, en milieu de semaine, dans les bureaux de la préfecture. "Comme toujours pour les matches sensibles."

    Aujourd'hui, onze bus du Racing rejoindront Saint-Symphorien. Soit un peu plus de 600 personnes, membres d'associations de supporters officielles, qui seront escortées jusqu'aux portes de l'espace réservé aux visiteurs. "Après, on ne peut pas empêcher certains indésirables d'aller acheter leur billet et de venir assister au match." Le risque est là, de voir certains fauteurs de trouble s'immiscer au milieu de la foule. "Je n'aime pas le terme de risque, note Jacky Ancel. Dépassionnons le débat." La grande majorité des publics travaillent dans ce sens. Près de 150 agents des forces de l'ordre seront là pour l'y aider. Au cas où.

     

    L'adversaire. Racing Club de Strasbourg. Club fondé en 1906. Président (depuis 2005): Philippe Ginestet (39 ans, entrepreneur immobilier). Entraîneur (depuis 2006): Jean-Pierre Papin (43 ans). Budget: 16 MEur. La saison dernière: 19e de Ligue 1.

    L'arbitre. Bruno Coué (40 ans, Ligue de Méditerranée).

    Les trois dernières journées. Metz: nul à Grenoble (1-1), victoire contre Ajaccio (2-0), nul au Havre (1-1); Strasbourg: nul contre Bastia (1-1), nul à Brest (1-1), victoire contre Libourne (2-1).

    Les trois prochaines journées. Metz: va à Istres, reçoit Reims, va à Libourne; Strasbourg: reçoit Amiens, va à Montpellier, reçoit Niort.

    En Coupe de France. Metz (contre Villemomble, CFA) et Strasbourg (contre Ostwald, District) qualifiés pour le 8e tour.

    Attaques. Metz: 26 buts marqués, dont 15 à domicile; Strasbourg: 24 buts marqués, dont 8 à l'extérieur.

    Défenses. Metz: 8 buts encaissés, dont 3 à domicile; Strasbourg: 13 buts encaissés, dont 8 l'extérieur.

    Buteurs. A Metz: Babacar Gueye (10 buts); à Strasbourg: Mouloungi et Cohade (5 buts).

    Les absents. A Metz: Aguirre, Contout, Corrales, Djiba, Gomez, Renouard (choix de l'entraîneur), Delgado, Mangane, Walasiak (blessés), Delhommeau, Walter (convalescent). A Strasbourg: Bellaïd (suspendu), Gargorov, Rangelov, Vergerolle (blessés), Abou (choix de l'entraîneur).

    Bons pour le service

     

    François et Léoni dans le groupe. Incertains en raison d'une blessure au mollet pour l'un et à la cheville pour l'autre, Julien François et Stéphane Léoni figurent dans le groupe retenu par Francis De Taddeo hier après-midi à l'issue de l'entraînement. Ils sont donc aptes pour le service même si, par précaution, l'entraîneur messin a convoqué dix-sept joueurs. Défenseur, Gaëtan Bong effectue son retour dans le groupe alors que l'Angolais Luis Delgado, victime d'une élongation hier en toute fin d'entraînement, a dû renoncer. Deux possibilités côté messin: le maintien d'un 5-3-2 devenu très classique, dont Laurent Agouazi ferait les frais par rapport à l'équipe alignée à Grenoble, ou un passage en 4-4-2.

    Devaux avec Strasser. Habib Bellaïd suspendu, Jean-Christophe Devaux intègre l'axe de la défense strasbourgeoise, auprès de Jeff Strasser. A droite, Jean-Pierre Papin hésite entre Ahmed Kantari et le jeune Quentin Othon. L'entraîneur strasbourgeois pourrait abandonner son habituel 4-4-2 pour un système à une pointe, Hervé Tum en l'occurrence. Guillaume Lacour et Renaud Cohade évolueraient alors devant la défense, Yacine Abdessadki, Pascal Johansen et Eric Mouloungi se situent en soutien de Tum.

     

    Francis De Taddeo observe Villemomble

     

    A moins d'une semaine du 8e tour de la Coupe de France, Francis De Taddeo s'apprête à observer l'adversaire du FC Metz. Du coup, l'entraîneur lorrain s'apprête à passer un long dimanche sur la route: leader de son groupe de CFA devant la réserve d'Auxerre, ce qui constitue une référence sérieuse, Villemomble se déplace en effet à Rennes, afin d'y affronter la réserve du Stade Rennais. Le club de Seine-Saint-Denis jouera samedi prochain (17 h) à Saint-Symphorien.

     

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    Habitués à la Ligue 1, le FC Metz et le RC Strasbourg n'avaient jusqu'ici jamais évolué en même temps à l'étage inférieur. Ce derby de l'Est sera donc le premier en version Ligue 2. En Ligue 1, il a eu lieu à quarante-cinq reprises à Saint-Symphorien et Metz domine nettement son voisin alsacien avec 28 victoires, pour treize nuls et seulement quatre défaites.

    Réduire la fracture

    Le Racing est en quête d'exploit. Sur le terrain de l'indomptable leader messin, invaincu à Saint-Symphorien, des Bleus actuellement à la peine rêvent de réaliser un « coup ». De ceux qui marquent les esprits. Ne dit-on pas qu'un derby n'est jamais un match comme les autres ?

    Fin juillet, le Racing et Metz ont entamé un long voyage. Celui-ci, c'était écrit, ne serait pas de tout repos. La Ligue 2 use son homme. Elle le ballote de ville en ville, de port en port, l'entraîne dans des traquenards improbables, joue avec ses nerfs, lime sa patience, taquine sa susceptibilité, ne souffre aucune faiblesse.
     Habitués de l'élite, les deux clubs de l'Est ont découvert, main dans la main, ce contexte si particulier après une saison désastreuse à l'étage supérieur. Sans trop savoir où ils posaient les pieds, Alsaciens et Lorrains sont repartis de zéro, nouveaux hommes à la barre et coeurs emplis d'espoir.

    « Leur parcours est
    impressionnant, surtout
    en termes de points »

     Au coeur de l'été, alors que les Bleus rament comme des galériens contre Dijon (0-0), dans une Meinau avachie par la chaleur, les Grenats, eux, réalisent un premier petit exploit du côté de Gueugnon (0-1). Un acte fondateur, en quelque sorte, qui écourte d'autant leur période d'adaptation.
     La machine messine est lancée. Elle broiera tout sur son passage. Certes, son jeu n'enthousiasme pas les foules. Souvent, l'adversaire croit même y déceler une faille. Hormis Reims, personne n'est parvenu à l'exploiter.
     « Leur parcours est impressionnant, convient Jean-Pierre Papin. Surtout en termes de points. Ils sont largement au-dessus et peuvent presque déjà commencer à préparer la prochaine saison en Ligue 1. »
     Le Racing, lui, est encore loin du compte. A la peine ces dernières semaines, les Strasbourgeois sont, imperceptiblement, sortis du rythme. L'enthousiasme et l'état d'esprit ont certes permis de limiter les dégâts, mais l'ensemble est devenu terriblement poussif.

    « Je n'envisageais
    même pas d'en être là »

     « Je ne sais pas s'il s'agit d'un passage à vide pour nous ou d'un sursaut d'orgueil chez les autres, s'interroge JPP. C'est vrai, on avance moins vite. Mais ce serait quasi illogique qu'il en soit autrement. L'équipe a mûri très rapidement. Elle pèche un peu par suffisance ces derniers temps. Quoi qu'il en soit, le bilan est positif. Je n'envisageais même pas d'en être là. »
     Une manière comme une autre de ne pas charger inutilement son équipe d'un lourd fardeau, au moment de franchir le col de Saverne. Pourtant, en cas de mésaventure à Saint-Symphorien, le Racing serait relégué à douze points des Lorrains.
     Autant dire qu'on ne les reverrait plus. Pis, Dijon serait même en mesure de le déloger du podium, alors que d'autres, comme Le Havre, reviendraient dangereusement dans le rétro. Un scénario peu emballant pour ce qui constitue le point d'orgue du cycle aller.

    « Pas toujours le meilleur
    qui gagne, mais celui
    qui en a le plus envie »

     « Gagner là-bas marquerait les esprits, perdre serait logique, enchaîne l'entraîneur alsacien, conscient des forces et des faiblesses de son équipe. Dans un derby, ce n'est pas toujours le plus fort qui gagne, mais celui qui en a le plus envie. Il faudra que Metz en ait très envie, parce qu'on ne va pas se présenter en victimes. »
     Auteur d'un impressionnant « huit sur huit » en ses murs, on doute que le leader relâche son emprise alors que le stade devrait pour la première fois de la saison afficher complet. Face au premier « gros » client qui se présentera à Saint-Symphorien, les Mosellans auront aussi à coeur de frapper un grand coup. Indubitablement, la confiance est à son apogée, le doute n'a aucune prise sur la jeune troupe de Francis De Taddeo.

    Pourvu que le fossé ne
    soit pas infranchissable

     Ce soir, le Racing peut donc s'attendre à souffrir. Peut-être comme jamais. Face aux deux échalas du front offensif, Gueye et Cissé, la défense alsacienne passera une sale soirée. De sa capacité à ne pas rompre d'entrée, comme elle en a pris la mauvaise habitude ces derniers temps, dépendra en grande partie l'issue de ce derby.
     Après, il sera toujours temps de penser à trouver le chemin du but lorrain. On ne demande pas aux Strasbourgeois d'être subitement touchés par la grâce, eux qui ronronnent toujours autant dans la finition.
     Tout juste devront-ils ne pas céder au découragement, faire le dos rond et, pourquoi pas, utiliser à bon escient l'un ou l'autre ballon brûlant. En dépit du manque de réalisme patent. « On a de bons attaquants, mais pas un vrai buteur », répétait encore hier Papin.
     Demain soir, le Racing et Metz arriveront à mi-chemin de leur long voyage. Pourvu que le fossé qui les sépare ne soit pas infranchissable.

    Condamnés à l'exploit

    Il faudra un RCS irréprochable pour ramener ne serait ce qu'un point de St-Symphorien. Car Metz a toujours pris trois points à domicile depuis le début de championnat. Et peut compter sur un percutant duo d'attaquants Cissé/Gueye déjà auteurs de 18 buts en L 2.

    FORCE 18. - La paire Papiss Cissé/Babacar Gueye affole les compteurs de la L 2. A l'image du tandem Lesage/Traoré au Havre, le FC Metz peut compter sur son duo d'attaquants pour faire parler la poudre. Depuis le début de saison, les deux flèches noires de 20 et 21 ans totalisent 18 buts : 10 pour Gueye et 8 pour Cissé.
    UNE SEULE DÉFAITE. - Les statistiques ne parlent pas en faveur des Strasbourgeois. A domicile, le FC Metz s'est en effet imposé à 8 reprises, pour 8 matchs de championnat. Grâce notamment à une défense de fer, puisque les Grenats n'ont encaissé, en tout et pour tout, que 8 buts depuis le début de la saison - dont trois seulement à domicile- contre 13 pour le RCS.
     Seule ombre au tableau, la défaite concédée à Saint-Symphorien face à Créteil, lors du deuxième tour de Coupe de la Ligue. En championnat, les Grenats n'ont perdu qu'une seule fois. C'était à Reims (2-0) lors de la troisième journée de L 2.
    COSTAUD, LE MILIEU. - Le FC Metz peut compter sur un milieu expérimenté. Malgré son jeune âge (22 ans), Ludovic Obraniak, formé au club, est footballeur pro depuis 2000 et a deux ans de L 1 dans les pattes. Cette année, il a déjà marqué deux buts, à Niort et Dijon.
     Son homologue Julien Cardy, 25 ans, formé à Nantes puis passé par Toulouse, a quant à lui marqué à trois reprises. Du costaud.
    ET DE TROIS ? - Le Racing ne s'est imposé que deux fois à l'extérieur depuis le début de la saison, à Créteil et à Gueugnon. A Gueugnon, les Strasbourgeois avaient pu compter sur un but de Mouloungui, contre deux buts de Gasmi et Rangelov à Créteil.
    DÉFENSE REMANIÉE. - Avec les absences de Jean-Christophe Vergerolle (blessé) et d'Habib Bellaïd (expulsé face à Bastia), le casse-tête défensif s'alourdit pour Jean-Pierre Papin.
     Sur le côté gauche, le coach des ciel et blanc a le choix : Kantari, Othon ou Deroff - avec Abdessadki qui redescend à ce moment-là dans le couloir droit. La solution Othon semble avoir la côte, après sa bonne entrée en jeu face à Bastia.
     Reste à savoir si le minot, de retour d'Irlande après avoir joué avec la France des - de 19 ans durant une mi-temps, a le coffre pour tenir 90 minutes dans l'enfer messin. En défense centrale, JPP devrait préférer Jean-Christophe Devaux à Eugène Ekobo pour épauler Jeff Strasser. « Nous ne sommes pas diminués en défense, a expliqué JPP hier, j'ai juste un problème côté gauche. Dans l'axe je perds Bellaïd, mais je récupère Devaux, on n'est pas du tout affaiblis ».
    RETROUVAILLES. - Alexander Vencel retrouvera une tête bien connue à Metz ce soir. Michel Ettorre, ancien entraîneur adjoint et entraîneur des gardiens au Racing (1997-2001) et figure mythique au FC Metz (double vainqueur de la Coupe de France) fait toujours partie du staff. Comme entraîneur des gardiens évidemment.

     

    La fête à la cigogne

    Son cadeau de noël, le FC Metz peut se l'offrir avant l'heure. Un stade bien rempli, un adversaire de taille : le derby face à Strasbourg est alléchant.

    METZ. Au stade Saint-Symphorien, le sapin est plutôt bien garni. Sur ses branches, pas moins de 24 boules de noël aussi étincelantes les unes que les autres sont accrochées... 24, comme le nombre de points récoltés à domicile sur 24 possibles !

    Certes, ce n'est qu'une image. Mais il faut dire que Francis De Taddéo - l'entraîneur - avait bien décoré le conifère en affirmant « vouloir offrir un cadeau aux supporters ce soir ». Ce sont les paroles du coach après l'entraînement d'hier. Et espérons que le cadeau ne soit pas empoisonné. Car pour son dernier match de championnat à domicile, le FC Metz s'offre son plus beau présent de cette première moitié de saison en accueillant le RC Strasbourg. « Les joueurs en ont envie, il y a eu tellement d'écœurement l'année dernière que le public revit avec les résultats », souffle De Taddéo, conscient que ce derby de l'Est opposant le 1er face au 3e revêt de nombreux intérêts autant sur la pelouse que dans les gradins.

    Il y a bien sur cet intérêt au classement. Si d'aventure les Grenats venaient à s'imposer face à la formation de Jean-Pierre Papin, alors la route vers la montée serait bien balisée. « Il nous reste 27 points pour arriver aux 70... Si on gagne, il n'en faudrait plus que 24 », ironise le coach.

    L'autre intérêt : c'est préserver cette invincibilité à domicile (8 matches, 8 victoires). Mais voilà, le RC Strasbourg n'est pas le premier venu. « Ils ont quelque chose que l'on n'a pas : l'expérience. C'est la première fois que l'on découvre ce type de match alors je ne sais pas trop quoi penser ».

    « Un FC Metz réaménagé »

    Les Alsaciens restent sur une victoire (face à Libourne 2-1) et deux matches nul (face à Bastia 1-1, et à Brest 1-1) mais demeurent le seul épouvantail pouvant encore effrayer le groupe lorrain. Avant de déballer le cadeau, Diop et ses potes vont donc le regarder religieusement... Avant de le dévorer. « C'est un match à jouer à fond. On va pas se laisser faire même si ça s'annonce dur », glisse Julien Cardy, le milieu messin.

    Ce soir pourtant, le club du président Molinari aura vraisemblablement une autre forme, notamment sur son flanc gauche. « Pour le moment, mon problème, c'est ce côté gauche », précise le technicien.

    En effet, blessé en début de semaine Julien François est toujours incertain. Il devait être remplacé par Delgado, qui s'est blessé (élongation) hier soir à la fin de l'entraînement. « Ce sera donc un FC Metz réaménagé », dixit De Taddéo. Un élément à prendre en compte d'autant que le flanc gauche est celui de Mouloungui, un Alsacien qui va vite, qui monte haut et qui marque. Y aura-t-il un plan B pour le contrer ? « Vous voulez dire quelqu'un pour le sécher dès les premières minutes », rétorque l'entraîneur. Et d'ajouter : « On n'est pas comme ça à Metz. On sait qu'il y a des individualités mais il y a aussi un collectif chez les Alsaciens ».

    Si les bambins ont plutôt l'habitude d'être déçus au moment d'ouvrir leur cadeau, ce ne sera pas le cas pour le FC Metz, qui sera certain d'une chose : que la fête sera grandiose, la bataille aussi. Et ça, ce n'est pas croire au Père Noël

     

     

     

    December 07

    FF : De Taddéo : « Metz reste encore fragile »

     

    Fidélité. Quasiment inconnu en début de saison, l’entraineur du FC Metz est d’abord un formateur. Pour sa première saison à ce niveau, ce modeste serviteur du club mosellan est bien parti pour réussir le pari de la remontée.

     Depuis quelques minutes, le wolof est prohibé. Tout a l'heure, sur le terrain annexe du stade Saint-Symphorien, le « Reste du monde »  a triomphé des  « Blacks » du FC Metz, à forte concentration sénégalaise, a l'occasion d'un mini-match ou il n'était autorisé de marquer que de la tête. Baladés en première mi-temps (6-1), les « Blacks » se sont réveilles. Trop tard : 10-6 pour Obraniak et consorts. Les perdants pestent en wolof. Pape Malick Diop, le sage du groupe pro messin, se marre. Difficile pour ses jeunes frères d'oublier leur langue maternelle. Francis De Taddeo veille, lui, et, au premier mot d'un Dino Djiba ou d'un Baba Gueye, fait mine de se fâcher. L'ambiance est conviviale et les joueurs en oublient presque la grosse séance athlétique qu'ils se sont ingurgitée le matin même, avant ce petit match. « Non, non, je ne parle pas le wolof." sourit de plus belle le coach messin. Détendu, calme et lucide, il symbolise parfaitement l'équilibre de son groupe, mélange de jeunesse et d'expérience, ou se côtoient différents univers et communautés. Metz vit bien et occupe le devant de la scène en Ligue 2. Parole à son chef d'orchestre.

     L'HOMME, L'Entraineur. LE FORMATEUR : « Je fais ce que j’aime le plus au monde »

     « Francis De Taddeo, 2006 aura été pour vous une année particulière, avec l’ obtention  de votre diplôme d'entraineur, juste avant que I’ équipe première de Metz ne vous soit confiée ...

    -Si je n'avais pas eu mon DEPF, cela n'aurait été que la deuxième fois ! Est-ce que je me serais inscrit une troisième fois, je me le demande ... Peut-être aurais-je alors compris qu'il fallait que je fasse autre chose. Ensuite, plusieurs possibilités s'offraient à moi : je pouvais rester au centre de formation, comme le voulait le président. Je m'y sentais bien. J'aurais pu aussi partir. Cela n'aurait pas été plus complique, au contraire. J'aurais alors changé de continent, carrément : Asie, Afrique, Etats-Unis. Finalement, le départ de Joêl Muller du banc a fait bouger les choses. Le président m'a sonde dans un premier temps. Je lui ai dit que je pouvais être un recours, avec mon DEPF. Ensuite, comme les choses ne changeaient pas, je me suis déclaré. Je me suis proposé, il a accepté. Ça s'est fait comme ça.

    Vous étiez un peu ce qu'on appelle ...

    -(Il coupe.) ... la roue de secours ?

    ... un serviteur du club, un fidèle, avec une vraie culture du club. Vous vous êtes mis spontanément à sa disposition.

    -C'est l'occasion qui a voulu ça. Peut-être cela correspondait-il à un besoin de revenir aux sources, d'une certaine façon.

    C'est un drôle de destin que le vôtre, vous qui ne venez pas du sérail ...

    -J'ai travaille pendant dix ans comme barman. J'en avais honte pendant longtemps, Comme de mes origines italo-polonaises. Maintenant, je le revendique. Finalement, je me suis dit que c'était un double avantage : j'ai la malice des Italiens et l'entêtement des Polonais. Etre barman m'a énormément apporté, c'était une école de la vie. Mais j'étais complexé parce que je ne venais pas du milieu pro.

     Quelles relations entretenez-vous avec Joël Muller, auquel vous avez succédé sur le banc?

     -On se comprend sans trop se parler, de manière intuitive. Cela fait vingt ans qu'on se connait. Je sais comment il sent les choses et comment il les exprime. Joêl m'a fait comprendre à un moment, quand le FC Metz cherchait un entraineur, que cela ne le dérangerait pas que ce soit moi.

     Eprouvez-vous plus de plaisir à travailler avec ce groupe, comme vous le faites depuis une demi-saison, DU avec le centre de formation?

    -Cela fait vingt ans que je suis payé pour faire ce que j'aime le plus au monde. Depuis que j'ai touché mon premier ballon, il y a quarante ans, je suis sursitaire ! C'est super que l'on permette à un mec comme moi de gagner sa vie dans ce métier. Que ce soit avec des pros, avec la formation ou une académie en Afrique, j'ai une chance moule. Le champ d'expression est différent, mais cela demeure du football professionnel.

    En héritant du groupe pro, vous avez découvert la pression inhérente à la compétition ...

     -La pression, vous l'avez aussi en formation! II faut toujours être présent, pour régler des problèmes pas toujours lies au terrain. Il y a aussi la pression de la réussite : les centres de formation sont aujourd'hui de petites PME. Un centre comme celui de Metz, c'est 2,5 M€ de budget, une quarantaine de salaries, des contrats a objectif avec les joueurs, un réseau avec les établissements scolaires, des comptes a rendre, des matches a gagner tous les week-ends, des hommes a manager. C'est pareil, il y a de la relation humaine tous les jours, des réunions, un travail sur le fond mené par tout un groupe. On n'est pas tranquille, comme ça, les mains en haut du guidon, a siffloter ...

    La formation ne vous manque-t-elle pas trop ?

    -Non. J'étais déstabilisé au départ, comme toute personne qui n'a plus tous ses repères et qui n'est plus dans le même espace-temps. Puis, petit à petit, on prend ses marques.

    Comment se passe votre apprentissage de la Ligue 2, que vous avez découverte en juillet, lors du premier match de la saison, à Gueugnon ?

    -Je ne suis pas un Zvunka ou un Garcia, qui connaissent bien ce territoire. Je n'ai pas encore boucle un tour dans cette compétition. Une fois que je l'aurais effectué, je pourrai parler.

     « Le club » « l’intersaison » « la préparation »

     « On avait le feu aux fesses »

     Dans quel état d'esprit avez-vous trouve le vestiaire à votre arrivée ? A-t-il fallu recréer un état d'esprit après la terrible saison passée ?

    -Il y avait des garçons auxquels la descente avait fait mal, qui avaient conscience du gâchis et pris acte du fait qu'ils étaient en L2. 11 y en avait qui ne savaient pas trop ; d'autres qui ne voulaient pas rester en L2. On a perdu Stéphane Borbiconi, et je comprends sa décision. Il avait une offre qu'il ne pouvait pas refuser, et c'était aussi une opération financière pour nous. Aucun d'entre nous, Joêl Muller, le président, Patrick Razurel ou moi-même, n'avons pris de vacances. L'idée était de rencontrer les joueurs et le staff et de bâtir la saison. On a bosse parce qu'on avait le feu aux fesses. 11 fallait rassurer a l'extérieur - parce que le public était a cran -, apaiser les esprits. On avait une dette envers l'environnement du club. Notre public est fantastique. L'intersaison a été mouvementée, avec dix-sept arrivées et seize départs. Vous a-t-elle perturbé pour vos débuts sur le banc?

    -J'etais observant mais pas passif. J'ai l'habitude du trafic, je l'ai connu en réserve pro. II faut faire preuve de souplesse et d'adaptabilité. Cela fait dix ans que je pratique dans ce contexte-là, alors c'est facile! Cet été, on avait des mecs en partance, d'autres a l'essai. J'ai appris à m'adapter.

    En quoi le stage d'avant-saison à Vichy a-t-il été important?

    -Le stage est toujours une étape clé. C'est une période ou les joueurs nous testent autant qu'on les teste, ou ils se testent entre eux. On essaie d'associer les contraires ... La formation est un laboratoire qui m'a permis de bien aborder ce problème de la préparation.

    Il n'était pas écrit que vous occuperiez la tête du classement. Quel bilan dressez-vous de cette première moitie de saison ?

    -Je suis content pour les joueurs, qui se donnent du mal. On a le bonheur d'être en tète, alors je leur dis d'en profiter et, surtout, de faire en sorte que cela continue. On a tellement souffert la saison passée ! Outsider du Championnat, on l'est encore. Apres tout ce qui s'était passe, on ne pouvait rien dire. Encore aujourd'hui, tout cela reste fragile. Au détour d'une mauvaise série, cela peut totalement s'inverser. Ca nous permet de rester en vie.

    L’équipe, le jeu.  « Beaucoup de nos joueurs sont encore des enfants »

    Dans quels domaines votre groupe doit-il encore progresser ?

     -Nous ne sommes pas encore stables, nous devons gagner en maturité. On a une équipe jeune, avec des garçons qui vont forcement s'améliorer. Ils vont grandir. Ce sont des enfants, excepte Malick (Diop) et quelques autres. On a pris des joueurs animes d'un esprit de revanche.

     Votre seule défaite a été concédée à Reims, lors de la 3" journée. Vous a-t-elle inquiété ?

     -J'avais imagine qu'on aurait une quinzaine de matches ensemble pour découvrir les difficultés de la Ligue 2. On a archive ça au rayon des leçons à retenir. Parfois, on a eu la réussite avec nous. En Italie, un dicton affirme que ne pas avoir de réussite, pour un entraîneur, c'est une faute professionnelle. Je me le répète parfois! « Est-on plus compétent quand on a de la réussite ? »

     Sur le plan offensif, vous dépendez énormément de votre duo compose de Papys Cissé et de Babacar Gueye. Ne craignez-vous pas que la machine ne s'enraye ?

     -Leur entente est spontanée. C'est une récompense, ça prouve aussi qu'on sort de bons attaquants. On travaille en coulisse pour préparer des solutions en cas de blessures, suspensions ou de méformes. Ceux qui sont derrière doivent être patients, mais prêts. Metz bosse aussi sur les prochains tandems. C'est une obligation pour un club comme le notre. On doit toujours avoir un temps d'avance.

     Certains joueurs, comme Obraniak, ont pris une dimension supplémentaire dernièrement. Ne craignez-vous pas de les perdre trop vite ?

    -Nos jeunes joueurs doivent rester ici ces prochaines saisons pour s'aguerrir, à l'exemple d'Obraniak. Je lui ai dit qu'il ne trouvera pas mieux que Metz l'été prochain, si on est en L1, pour achever de se révéler. Je suis d'origine polonaise et j'aime les qualités de ces gens-la: lui est totalement polonais, il a la bravoure, le panache en lui. C'est un combattant, le public s'identifie beaucoup à "Ludo". On a trouve en Cardy son jumeau, alors c'est super pour le stade.

     Malgré votre bon classement, avez-vous du élever la voix cette saison ?

     -Il a fallu de temps en temps rappeler les joueurs a l'ordre, mais moins souvent que j'ai pu le faire quand ils étaient plus jeunes. Alors, soit je vieillis, soit ils se bonifient !

     

    Un bâtisseur en première ligne

    Le découvreur de Pires, Saha, Adebayor, homme de I’ ombre du FC Metz, s'est propulse sur le devant de la scène avec bonheur cette saison. Je suis un pur produit de la sidérurgie », aime-t-il à dire dans un grand sourire, heureux de son effet. Fils d'un Italien et d'une Polonaise, Francis De Taddeo a la fierté de ses racines et un amour sans borne pour un club, le FC Metz, auquel il a consacre ses vingt dernières années. Footballeur amateur, il évolue à Clouange, en DH, puis a Amnéville, en D3, sous la direction de Marcel Husson, messin pur jus. Pique de ballon rond, il ne deviendra jamais pro, mais qu'importe, puisqu'il a en lui le virus. Etudiant sans le sou, ce grand gaillard de 1,93 m décide un beau jour de passer derrière un bar. Pendant une dizaine d'années, aide de sa mère, il tiendra ainsi plusieurs cafés dans la région. « C'etait de véritables cafés des sports, tres œcuméniques, se souvient-il. On y croisait des gens de toutes les disciplines et de tous les milieux sociaux. Cela m'a permis de devenir adulte. Et puis, ce que je sais aujourd'hui, je I’ ai appris la, dans ces cafés. Pour moi, il est beaucoup plus simple de gérer un groupe de joueurs professionnels que les tensions d'une clientèle de bar. » Le football, il y revient justement en juillet 1986, a I’ appel du FC Metz et de Marcel Husson. 11 y entre tout d'abord en tant qu'entraîneur des pupilles. Durant la décennie qui suit, il va côtoyer tout ce que le club mosellan compte de jeunes talents, s'occupant tour à tour des minimes, des 15 ans, puis des 17 ans et, enfin, de la CFA. Au passage, il décroche deux titres de vice-champion de France avec les 17 ans. En 1996, il est propulse responsable du vivier messin. Directeur du centre de formation, il va accumuler les succès, sur le terrain et en dehors. Anonyme, méconnu du grand public, il est celui qui révèle au professionnalisme Robert Pires, « P'tit Louis » Saha, mais aussi Gregory Proment ou Emmanuel Sheyi Adebayor, sans oublier Jeff Strasser. 11 est encore celui qui a pose les jalons d'un partenariat plus que bénéfique avec la structure dakaroise « Génération Foot », de Mady Toure. Huit ans plus tard, I’ effectif regorge de talents sénégalais, a I’ image du duo de buteurs Papys Cissé - Babacar Gueye. Pendant que I’ équipe première vivait une existence parfois cahoteuse, De Taddeo préparait donc I’ avenir, sereinement. Une vision qui porte actuellement ses fruits. Le public mosellan revit, et le président Carlo Molinari reconnait enfin son FC Metz. En fin de contrat I’ été dernier, alors que l’on évoquait Patrick Rémy pour remplacer Joël Muller sur le banc, ce serviteur des Grenat s'est mis en avant. Pour la première fois sans doute dans sa carrière. Approché par des émissaires venus d'Asie, d'Amérique et d'Afrique, il refuse de tourner le dos à son club de toujours et endosse la panoplie du « sauveur », attendu de tous. Discret et efficace, il s'est plonge sans calculs dans sa mission la plus étonnante : participer a la remontée en L 1. Malgré une carte de visite dépourvue de titre majeur et un nombre réduit de matches sur un banc pro (un en L 1, en 2002, pour un court intérim entre Albert Cartier et Gilbert Gress), De Taddéo le formateur s'affirme match après match comme un technicien a part. Atypique, à l’image de sa vie d'homme.  

    Strasser en terrain connu

     

    Explications en haut de tableau

    Une grosse affiche (Metz-Strasbourg) et un duel d'outsiders (Dijon-Grenoble) seront au programme sur Eurosport à l'occasion de la 19ème journée de Ligue 2 Orange.

    Metz-Strasbourg
    Metz-Strasbourg constituera bien sûr la grosse affiche de la journée. Ce derby de l'Est se disputera alors que les deux clubs s'affichent comme deux prétendants à la montée. Pour Strasbourg, cette rencontre est d'autant plus importante que le club doit garder ses distances sur le quatrième. Depuis quelque temps, Strasbourg peine un peu. Il sera donc intéressant de voir les joueurs de Papin évoluer dans une très grosse ambiance et face à une équipe en pleine confiance. Devant son public, Metz voudra fêter son titre de champion d'automne et marquer un peu plus les esprits par une victoire.

    Le groupe du RC Strasbourg pour Metz-Strasbourg :

    Cassard, Puydebois
    Deroff, Devaux, Ekobo, Kantari, Strasser
    Abdessadki, Cohade, Johansen, Lacour, Loué, Othon, Schneiderlin
    Gameiro, Mathlouthi, Mouloungui, Tum

    Absents: L. N'Diaye (convalescent), Bellaid (suspension), Gargorov (mollet), Vergerolle (reprise), Abou, De Gea, Gasmi, Gurtner, Perbet, Rangelov (choix entraîneur)

    Il ne faut pas que « les cigognes » se voilent la face les derbys Strasbourg/Metz tournent bien souvent à l’avantage des Lorrains. La petite stat du jour provient des 20 dernières années de confrontations où le Racing a rencontré 28 fois le F.C Metz en championnat de France, en 28 fois la « cigogne » Strasbourgeoise s’est fait griller les ailes à 15 reprises par le « Graoully » de Metz !!

    Le Racing a uniquement trouvé la faille à 4 reprises !

     Est-ce que le Racing sera capable de passer à 5 le nombre de victoire face à ses voisins ? Tout en sachant qu’en 20 ans jamais le Racing n’a gagné à St Symphorien !  La série messine va-t-elle se prolonger ?

     

    1985/1986 Strasbourg – Metz 1- 1 (0-0)

    1986/1987 Strasbourg est en L2 et Metz en L1

    1987/1988 Strasbourg est en L2 et Metz en L1

    1988/1989 Strasbourg – Metz 1-2 (1-1)

    1989/1990 Strasbourg est en L2 – Metz en L1

    1990/1991 Strasbourg est en L2 – Metz en L1

    1991/1992 Strasbourg est en L2 – Metz en L1

    1992/1993 Strasbourg – Metz 1- 1 (0-3)

    1993/1994 Strasbourg – Metz 0-0 (1-2)

    1994/1995 Strasbourg – Metz 1-0 (2-3)

    1995/1996 Strasbourg – Metz 0-1 (2-3)

    1996/1997 Strasbourg – Metz 0-1 (1-3)

    1997/1998 Strasbourg – Metz 2-0 (0-1)

    1998/1999 Strasbourg – Metz 0-0 (0-1)

    1999/2000 Strasbourg – Metz 1-1 (0-0)

    2000/2001 Strasbourg – Metz 0-1 (0-1)

    2001/2002 Strasbourg est en L2 – Metz en L1

    2002/2003 Strasbourg est en L1 – Metz en L2

    2003/2004 Strasbourg – Metz 0-2 (0-1)

    2004/2005 Strasbourg – Metz 3-1 (0-1)

    2005/2006 Strasbourg – Metz 2-1 (0-0)

     

    Ancien défenseur messin, Jeff Strasser retrouvera Saint-Symphorien demain. Sept ans après son dernier soir grenat.

    Retourner à Metz? J'en serais le plus heureux. J'ai toujours mouillé le maillot pour ce club." Les mots, machine à remonter le temps. Vendredi 28 mai 1999. A la veille de livrer son dernier combat sous le maillot grenat, Jeff Strasser n'avait sans doute pas conscience du caractère prémonitoire de son propos. Ce vendredi 8 décembre, le Luxembourgeois refoulera bel et bien la pelouse de Saint-Symphorien... Sous les couleurs strasbourgeoises. Entre ces deux dates? Sept années. Sept saisons d'exil en terre allemande. Kaiserslautern, puis Mönchengladbach, cadres successifs d'une tournée qui l'aura vu trimballer son mètre quatre-vingt-neuf aux sommets de la Bundesliga. Il y a quelques mois de cela, brassard de capitaine grippé au biceps, le grand Jeff se voyait encore en haut de l'affiche. Repartir pour un tour, honorer sa dernière année de contrat avec le Borussia. Perspective envolée.

    Le 10 août dernier, le défenseur comprend qu'il n'entre pas dans les plans de son entraîneur. Auf wieder sehen Deutschland. Pas un mot sur cette fin en queue-de-poisson: "Je n'ai pas envie d'en parler. » Clair, net et précis. Et tendu, aussi, visiblement. Hier, dans la salle de presse du RC Strasbourg, magnétophones et autres calepins avaient toutes les bonnes raisons de craindre pour leur avenir. Pas de consigne officielle, mais un mot d'ordre que l'on imagine balancé avec suffisamment de persuasion pour inciter les joueurs alsaciens à tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de... s'éclipser. Les supporters messins qui souhaitaient des nouvelles d'Hervé Tum patienteront donc jusqu'au coup d'envoi, demain soir. Jean-Pierre Papin? Le nouvel entraîneur strasbourgeois se contentera de répondre présent, cet après-midi, au traditionnel point presse de veille de match. Silence radio jusque-là. Jeff Strasser aura finalement été le seul à se prêter au jeu. Cinq bonnes minutes, s'il vous plaît. "Oui, ça me fait plaisir de rejouer à Metz. Parce que j'y ai fait toute ma formation, après avoir été contacté par Francis De Taddeo, et parce que c'est le club qui m'a révélé", rappelle le gaillard de Mondorf.

    Nouveau challenge

    Le 8 septembre dernier, Jeff Strasser disputait son premier match à la Meinau. Depuis, son gabarit n'a plus quitté le onze de JPP, l'ancien enfant chéri du Vélodrome reconverti. Et la santé des Strasbourgeois s'en est ressentie. Egaré dans le ventre mou du championnat à l'arrivée de sa dernière recrue, le Racing s'est repositionné avec assez de tact pour figurer, aujourd'hui, dans le trio de tête. La Ligue 1, objectif avoué: "Quand Jean-Pierre Papin m'a appelé, il m'a clairement exposé le projet du club, et le défi visant à retrouver l'élite m'a tout de suite emballé."

    A 32 ans, Jeff Strasser s'est donc lancé un nouveau challenge. Un peu sous la contrainte des dirigeants de Mönchengladbach, mais avec une détermination intacte. Celle qui aurait pu servir la cause messine. "C'est vrai le président Molinari m'a contacté, mais à l'époque, je n'imaginais pas quitter l'Allemagne. Et après, il était trop tard...> Pas de regret, non. Son expérience, renforcée par ces sept années allemandes, "dans un championnat très ouvert, et dans des stades archi pleins", l'international luxembourgeois la met désormais au service du club alsacien. Ce qui lui vaudra de repasser par la Lorraine, demain à Metz. Sept ans après.

     

    "Un joueur de tempérament"

     

    Joël Muller et Philippe Gaillot étaient respectivement l'entraîneur et le coéquipier de Jeff Strasser, à ses débuts professionnels à Metz. A l'époque, l'équipe lorraine possédait la meilleure défense de Première division, et le jeune Luxembourgeois avait réussi à s'y imposer.

    Joël Muller: "J'ai toujours apprécié Jeff car il allie qualités humaines et qualités de joueur. Il a percé dans un contexte peu évident pour lui, puisque notre défense était solide, expérimentée et talentueuse. Mais il a cru en lui et il a beucoup bossé. Même sans savoir s'il allait entrer en jeu, il s'échauffait toujours sérieusement et scrupuleusement, ce qui dénote une conscience professionnelle exemplaire et un véritable sens du collectif. Lorsqu'il est arrivé en fin de contrat, nous n'avions pas les moyens de nous aligner sur les propositions de Kaiserslautern. Jeff a réussi à s'imposer en Allemagne, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde, grâce à sa solidité, son tempérament, son envie de réussir qui le destinaient à être le patron d'une défense. Lucide et plein de bon sens, la notoriété de l'a pas changé."

    Philippe Gaillot. "Il s'agit d'un joueur de tempérament, doté d'un courage hors norme, travailleur. A une époque où il n'était pas évident de s'imposer dans notre défense, il a progressé régulièrement et il a réussi à jouer de plus en plus souvent. Au début, confronté comme tous ceux qui découvrent le haut niveau à un jeu plus rapide, il compensait par son énergie. C'est également quelqu'un d'exemplaire, un partenaire facile pour ses coéquipiers."

     

    Déjà 15 000 billets vendus

     

    La barre des 15 000 billets vendus a été dépassée, hier, à quarante-huit heures du derby de l'Est. Une première certitude, donc, avant Metz - Strasbourg: le record d'affluence de la saison sera battu. 13 318 spectateurs avaient assisté à Metz - Tours, meilleure assistance jusqu'ici en Ligue 2. Il flottera comme un parfum de Ligue 1 demain soir sur Saint-Symphorien.

    Léoni et François toujours incertains. Blessés, l'un au mollet et l'autre à la cheville, Julien François et Stéphane Léoni restent incertains pour le derby de l'Est. Hier, le premier a repris la course, un essai jugé "concluant" par Francis De Taddeo. L'entraîneur messin se dit également "optimiste" à propos de Stéphane Léoni, qui a cependant ressenti quelques douleurs pour son retour à l'entraînement. Les Messins effectuent une dernière séance d'avant-match cet après-midi, à 15 h 30.

     

    Gueye: "Pas un chasseur de but"

    Avec ses 10 buts inscrits depuis l'ouverture de la saison, Babacar Gueye constitue l'une des nombreuses satisfactions du FC Metz, solide leader de L2. Vendredi, pour le choc de la 19e journée, les Lorrains accueillent le voisin strasbourgeois. L'occasion pour Gueye d'augmenter encore son capital « buts », même si le Sénégalais se dit "surpris" par sa réussite. S'estimant "plus passeur que buteur", il réfute toute comparaison avec son glorieux aîné Emmanuel Adebayor, comme lui Africain, buteur longiligne et formé en Lorraine.

    Comment abordez-vous le derby contre Strasbourg ?
    Comme tous les autres matches. On sait bien sûr qu'un derby revêt une importance particulière pour les supporters, mais nous les joueurs, allons l'aborder comme n'importe quelle autre rencontre de championnat.

    Une rencontre qui pourrait toutefois, en cas de succès de votre formation, repousser le RCS à 12 points de Metz ?
    Oui, c'est cela qui est important. A nous de faire le match qu'il faut pour parvenir à cet objectif.

    Comment expliquez-vous l'excellente première moitié de saison réussie par le FC Metz ?
    Nous jouons sur nos véritables valeurs. Nous faisons preuve de combativité et de hargne à chaque sortie. En outre, nous pouvons nous féliciter d'une excellente préparation estivale. Elle nous permet de courir 90 minutes à chaque match. Grâce à tout cela, nous avons rapidement enchaîné des victoires, et le collectif s'est soudé. Il faut toutefois se méfier d'un excès de confiance. Nous devons nous battre à chaque rencontre et ne pas croire, comme on peut l'entendre autour de nous, que la montée est déjà acquise.

    Justement, le FC Metz est-il capable de réaliser sur la phase retour, les mêmes performances que lors de la phase aller ?
    Je ne sais pas. Je sais juste que la place du FC Metz n'est pas en Ligue 2. Notre groupe est capable de monter et de remplir l'objectif fixé par nos dirigeants en début de saison.

    "Adebayor joue à Arsenal, moi à Metz !"

    Au niveau personnel, êtes-vous surpris par votre début de saison ?
    Je ne suis pas surpris par mon jeu. Je le suis en revanche concernant le nombre de buts que j'ai déjà marqué (10 en 18 journées, ndlr). Je ne peux pas vraiment l'expliquer, mais je réussis tout ce que je tente. Tant mieux pour le groupe.

    Songez-vous au titre de meilleur buteur en fin d'exercice ?
    Honnêtement non. Je suis actuellement deuxième meilleur buteur de L2 derrière Jean-Michel Lesage (l'attaquant du Havre, 12 buts, ndlr), mais lui c'est un véritable artificier, un chasseur de buts. Ce n'est pas mon cas. Je me sens plus passeur que buteur.

    Votre entente avec votre compatriote Papiss Cissé peut-elle expliquer votre réussite ?
    C'est vrai que l'on s'entend très bien, qu'il m'a offert de nombreuses passes décisives. Nous avons été formés ensemble, nous sommes tous les deux Sénégalais, nous possédons beaucoup d'atouts pour que notre collaboration fonctionne. Même si à une époque, au club, certains avaient estimé que nous ne pourrions pas jouer ensemble, que notre jeu respectif n'était pas compatible avec l'autre...

    Que vous inspire la comparaison avec Emmanuel Adebayor, lui aussi formé à Metz ?
    Depuis mes débuts, on m'a comparé à lui. Nous sommes tous les deux Africains, tous les deux attaquants longilignes, mais la comparaison s'arrête là. Manu est un attaquant-type. Tout seul dans la surface, il est capable de marquer. Moi, je me situe davantage en retrait. J'aime faire des passes, participer à la construction du jeu. Et puis, lui joue à Arsenal, moi à Metz, cela fait tout de même une différence ! Son parcours constitue simplement une source de motivation supplémentaire pour moi.

    Comme la sélection sénégalaise désormais entraînée par Henri Kasperczak ?
    C'est vrai que j'ai failli connaître ma première convocation sous l'ère Kasperczak (après en avoir connu sous les ordres de Guy Stéphan puis Abdoulaye Sarr, ndlr), mais le match a été annulé (il s'agissait de l'opposition Sénégal-Nigeria, prévue le 14 novembre dernier à Beauvais, ndlr). Cela a quand-même été une satisfaction de constater que le travail réalisé en club avait été apprécié par le sélectionneur. Cela fait du bien. J'espère que je serai à nouveau appelé. Mais ce qui compte à l'heure actuelle, c'est mon rendement au FC Metz.

    Hervé Tum de retour à Saint-Symphorien

    « Il nous manque un déclic »

    Après deux saisons au FC Metz, Hervé Tum revient à Saint-Symphorien. Sous le maillot du Racing. Entretien. - Hervé, on suppose que ce Metz-Racing a pour vous un parfum particulier.
    - Bien sûr, ça fait toujours un peu bizarre de retrouver ses coéquipiers quand on a changé de camp. Mais c'est un match à jouer. Comme les autres. Et même s'il s'agit d'un derby, il faudra faire en sorte de ne pas s'imposer une pression supplémentaire. Mais c'est vrai que je n'ai gardé que de bons souvenirs là-bas, aussi bien parmi les joueurs que les supporters.
    - Vous vous attendez à quel accueil de la part du public ?
    - Je ne pense pas qu'ils vont me siffler. Le FC Metz, c'est un club familial avec un bon état d'esprit. Les supporters n'oublient pas les joueurs qui ont mouillé le maillot. (Il marque une pause). Enfin, même s'ils me sifflent, ça ne sera pas méchant, mais je ne crois quand même pas qu'ils le feront.
    - Que pensez-vous du duo de buteurs sénégalais Gueye et Cissé ?
    - Avec Babacar (Gueye), on avait une réelle complicité. On se parlait beaucoup sur le terrain. Cette saison, il exprime pleinement ses qualités et tout lui sourit. Je suis vraiment content pour lui. Quant à Papiss (Cissé), je suis un peu plus surpris de sa réussite aussi soudaine. Mais ce sont deux jeunes joueurs de talent.

    « On subit, on réagit plus qu'on agit »

    - Vous ne regrettez pas d'avoir quitté ce FC Metz qui file tout droit vers la Ligue 1 ?
    - J'ai fait un choix. Le chemin est encore long et je suis convaincu que rien n'est perdu pour le Racing. On peut encore rattraper le FC Metz. Bien sûr, les Messin caracolent en tête du championnat. Ils s'appuient sur un bloc défensif et avec Gueye et Cissé, ils disposent de deux flèches et de deux bons finisseurs (18 buts à eux deux sur les 26 marqués par le FCM). Mais certaines de leurs victoires ont été acquises dans la douleur et notamment à Saint-Symphorien.
    - Sauf qu'en cas de défaite, le Racing serait relégué à 12 points des Messins.
    - Il est important de faire un bon résultat. Car depuis un certain temps, on ne retrouve plus l'équipe du début de saison, notamment dans nos entames de match. En ce moment, on souffre, on subit, on réagit plus qu'on agit. Et à force de faire des efforts pour remonter au score, le Racing y laisse beaucoup de jus. (Il s'interrompt). Voilà, et puis il y a certains trucs qui ne marchent pas...
    - Quels trucs ? On vous sent frustré...
    - (Il réfléchit). Ça fait quatre matches, on a un coup de moins bien. Les attaquants ne marquent pas beaucoup de buts. Mais il ne faut pas toujours tout nous mettre sur le dos. C'est pénible d'être sans cesse critiqué. Est-ce que nous sommes tous suffisamment présents dans les duels, dans l'agressivité ? Est-ce qu'on nous met dans les meilleures dispositions pour marquer des buts ? Pour moi, Metz n'est pas meilleur que d'autres, mais cette équipe est dans un autre état d'esprit et comme les résultats suivent, ils peuvent se montrer plus ambitieux. Il manque un déclic au Racing. Peut-être qu'il va survenir vendredi soir...

    L'accélérateur de particules

    Le jeune attaquant Ali Mathlouthi n'attend qu'une chose : marquer son premier but avec les pros. Pourquoi pas à Metz, équipe qui lui a bien réussi l'an dernier lors de la Coupe Gambardella.

    « Ce match, je m'en souviens. D'abord on avait égalisé à la dernière minute, ensuite on est mené deux à zéro aux tirs aux buts, et on finit par se qualifier... », se souvient Ali Mathlouthi.
     C'était le 23 avril dernier. A l'issue d'un match complètement débridé, l'équipe des 18 ans du Racing avait éliminé le FC Metz. Arrivé au club depuis un an à peine, Ali Mathlouthi avait pris une part importante à cette victoire, marquant sans trembler son tir au but.
     « Les pénos, je n’aime pas les tirer, je préfère les provoquer », avait lancée le jeune attaquant à l'issue de ce quart de finale de Coupe Gambardella. Cette phrase, lâchée en avril dernier, reste plus que jamais d'actualité. Que ce soit contre Bastia, avec les pros, ou contre Épinal, avec l'équipe de CFA, Ali Mathlouthi est bien le roi des penalties.

    « Obtenir un penalty et marquer un but, c'est pas pareil »

     Face aux Corses, ses coéquipiers lui doivent une fière chandelle. A peine entré sur le terrain, une accélération assassine du jeune attaquant oblige Ghisolfi à le stopper irrégulièrement. Penalty, but de Cohade et un point précieux dans la besace pour le Racing.
     Rebelote dimanche en CFA. Entré pour les 20 dernières minutes du match, Mathlouthi provoque... deux penalties, en deux minutes. Les deux essais, transformés par Gasmi et Perbet, permettent aux Strasbourgeois de s'imposer 2 à 0 face aux Vosgiens.
     Alors, heureux Mathlouthi ? « Obtenir un penalty et marquer un but, c'est pas pareil », tranche celui qui s'est fixé comme prochain objectif de faire trembler les filets adverses avec les pros.
     « Mais bon, relativise immédiatement l'ancien joueur de Besançon, pour l'instant, entrer en fin de match, ça me convient. Au début de la saison, j'étais pas dans les plans de l'entraîneur et j'ai réussi à m'imposer dans le groupe. Là je prends confiance et je commence à avoir des automatismes ».
     Lui qui n'a jamais joué à Saint-Symphorien ne se fait pas une montagne de ce derby. D'abord parce que grâce à la Gambardella, il a « un bon souvenir du FC Metz », ensuite parce qu'il apprécie les grosses affluences. « Ça me booste », explique-t-il.

    « Je m'attends à un match viril où on va se faire siffler »

     Bref, malgré l'enjeu, pas de quoi entamer la confiance de celui qui veut « ramener quelque chose de là-bas ». « Depuis que j'ai joué au Stade de France, devant 60 000 personnes (NDLR : lors de la finale de la Gambardella remportée face à l'OL), je crois que je n'ai plus peur des grands stades », souligne Mathlouthi.
     Avant d'ajouter « après, c'est clair que je m'attends à un match viril, où on va beaucoup se faire siffler ». Des sifflets, sûr que Mathlouthi risque d'en entendre. Surtout s'il provoque, encore une fois, un penalty pour les Strasbourgeois.

    Ginestet avec les supporters

    Philippe Ginestet a décidé d'effectuer le déplacement à Metz dans un bus de supporters. Dans le contexte actuel - marqué par des violences dans et aux abords du stade - Philippe Ginestet a décidé par ce geste symbolique de montrer sa confiance aux supporters strasbourgeois lors d'un derby réputé pour être chaud entre Strasbourgeois et Messins.
     « C'est pour montrer sa solidarité avec les supporters, je dis bien les supporters, pas les quelques voyous, hooligans et extrémistes qui pour moi ne sont pas des supporters », explique Serge Cayen, responsable de la sécurité. « Et le président emmène avec lui son épouse, preuve qu'il n'a pas peur, et il passera tous les contrôles de police habituels avec les Strasbourgeois à l'entrée du stade », a encore précisé le monsieur sécurité du Racing, avant d'ajouter « je ne crois pas que beaucoup de présidents en France le feraient ».
     Pas beaucoup, mais dans ce domaine là Philippe Ginestet peut toutefois prendre exemple sur son prédécesseur Egon Gindorf, qui n'a jamais rechigné à côtoyer les supporters strasbourgeois, que ce soit dans un bus ou dans le kop.

    Du monde à Metz

    AFFLUENCE. - Plus de 14 000 billets pour le match Metz - RCS ont déjà été vendus. Du coup, le record d'affluence de la saison à Saint-Symphorien (13 318 spectateurs lors de la venue de Tours) est d'ores et déjà battu. Selon le FC Metz, le match pourrait bien se jouer à guichets fermés.
    ET DE 600. - De 500 à 600 supporters strasbourgeois feront le déplacement pour ce derby. Attention tout de même aux supporters strasbourgeois qui feraient le déplacement de manière individuelle : le FC Metz, en accord avec la Préfecture de Moselle, a annoncé qu'aucun billet ne serait vendu aux supporters strasbourgeois le soir du match.
    ABSENTS ? - Deux joueurs messins sont incertains pour le match face au Racing. Il s'agit du milieu de terrain Julien François, touché au mollet ainsi que du défenseur Stéphane Léoni, souffrant de la cheville.
    TOUJOURS DEUXIEME. - Le RCS est toujours deuxième au classement du championnat de France des tribunes. Les supporters strasbourgeois devancent Metz, mais Caen continue de faire la course en tête.

    « Une belle fête, un beau derby »

    A 40 ans, Philippe Ginestet est l'un des plus jeunes présidents de Ligue 2. Confessions d'un homme d'affaires, passionné de football, qui se réjouit de retrouver Metz.

     En décembre 2005, Philippe Ginestet reprenait les rênes du Racing Club de Strasbourg dans la confusion la plus totale. Un an après sa nomination, la « maison bleue » semble enfin apaisée. Mieux, sous la houlette de Jean-Pierre Papin, les Strasbourgeois se sont positionnés comme de sérieux prétendants à la montée en Ligue 1. C'est donc en président heureux que Philippe Ginestet se rendra, vendredi, au stade Saint-Symphorien pour ce qui est assurément le choc de cette 19e journée.

    - Dans quel état d'esprit abordez-vous cette rencontre face à Metz ?

    - Tout d'abord, c'est une joie de retrouver nos amis lorrains. Ça devrait être une belle fête, un beau derby entre deux équipes très compétitives.

    - Quel regard portez-vous sur cette équipe messine ?

    - Déjà ils ne sont pas leaders pour rien. Ils forment un vrai bloc, difficile à manœuvrer. Défensivement, ils sont très solides. Sans compter qu'ils ont emmagasiné beaucoup de confiance grâce à leur très bon début de saison. Aujourd'hui Metz se trouve dans une situation assez confortable au classement. Alors que nous, nous sentons toujours le souffle de nos principaux concurrents dans notre dos.

    - Justement comment qualifieriez-vous la première moitié de saison du Racing ?

    - Pour le moment, le bilan comptable est positif. Dans le jeu, en revanche, on peut encore s'améliorer. On savait dès le départ que cette saison serait difficile. Une relégation est toujours traumatisante.

    - Vous êtes actuellement troisièmes du classement. La montée en Ligue 1 est plus que jamais d'actualité...

    - Je ne raisonne pas en ces termes. Si l'on veut monter en L1, on va devoir batailler ferme. L'année dernière, beaucoup de personnes prétendaient que l'on ne pouvait pas descendre avec le jeu que l'on proposait. Et pourtant on est descendu. Cette année, j'entends la même chose. Mais cette fois concernant la montée. Je refuse ce genre de discours. Une montée, ça se mérite, goutte de sueur après goutte de sueur.

    « Des infrastructures dignes de la L1 »

    - A l'intersaison, vous avez confié la direction de l'équipe première à Jean-Pierre Papin. Vous ne regrettez pas votre choix...

    - Non, pas du tout. Le pari est pour l'instant gagnant. Le public ne s'y trompe pas d'ailleurs. Quand nous sommes descendus en 2001, nous avions 2.500 abonnés. Cette année nous en comptons 8.600 pour une moyenne, à la Meinau, de 15.000 spectateurs.

    - Qu'a-t-il apporté au club ?

    - Jean-Pierre a réussi à remettre le train en marche. Il est très enthousiaste, communique beaucoup avec ses joueurs. Parallèlement à ça, il a inculqué aux joueurs sa haine de la défaite. On l'a vu la semaine dernière contre Bastia. Bien que menés au score et réduits à 10, ils ont su réagir et arracher le match nul.

    - Metz et Strasbourg présentent la particularité d'avoir deux entraîneurs novices à ce niveau...

    - Si l'on se fie aux résultats, l'inexpérience n'est donc pas un frein aux résultats. Le plus important, c'est que le courant passe bien entre l'entraîneur et son groupe, que les rapports humains soient sains.

    - L'objectif est-il à terme de stabiliser le club en Ligue 1 ?

    - Oui, bien sûr. Strasbourg dispose d'infrastructures dignes d'un club de Ligue 1. Notre volonté est donc d'y accéder et ensuite d'y rester.

    - Le mercato approche. Doit-on s'attendre à quelques arrivées du côté de Strasbourg ?

    - Nous allons procéder à des ajustements, prêter deux ou trois jeunes joueurs et compenser ces départs par une ou deux arrivées.