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    February 29

    Les cons dehors ! Caen va payer cash...

    Nasuba2008platini2008

    [Reuters] Football: un supporter de Metz interdit de stade

    METZ, Moselle (Reuters) - Le préfet de la Moselle et de la région Lorraine, Bernard Niquet, a prononcé une interdiction administrative de stade de trois mois à l'encontre d'un supporter du FC Metz, apprend-on auprès de la préfecture.
    Dans un communiqué, la préfecture précise que le supporter est interdit de stade du 1er mars au 30 juin, soit la sanction maximum. Le supporter sanctionné se reconnait "membre du groupe "La Faction" ayant accompli et proféré des gestes et propos à caractère extrémiste et xénophobe", précise-t-elle.
    Le supporter, soupçonné d'avoir entonné un chant nazi et effectué des saluts hitlériens en compagnie d'un autre supporter, a partiellement reconnu les faits jeudi lors de son interrogatoire par la police.
    Il a expliqué qu'il était en état d'ébriété et qu'il ne se souvenait pas précisément du scénario de la soirée.
    "Le deuxième supporter identifié par les stadiers du FC Metz comme auteur des mêmes faits sera à son tour prochainement entendu par les forces de l'ordre en charge de l'enquête", ajoute la préfecture.
    "Si, lors de l'audition, des éléments tangibles venaient également confirmer son implication dans cette affaire, une décision similaire d'interdiction de stade serait immédiatement prise à son encontre", indique-t-elle.
    La scène a eu lieu à la fin du match Lyon-Metz (0-2) lorsque les joueurs messins étaient venus offrir à leurs supporters les tee-shirts contre le racisme qu'ils avaient portés avant le début de la rencontre.
    Certains vêtements avaient été renvoyés déchirés sur la pelouse. Des slogans racistes avaient alors été scandés par les deux supporters, qui ont également fait le salut hitlérien. Il ont été formellement identifiés par plusieurs stadiers du FC Metz.
    Le club lorrain et la LFP ont porté plainte pour "exhibition d'insignes, signes ou symbole rappelant une idéologie raciste ou xénophobe" en vertu de l'article 332-7 du code du sport. La peine encourue est d'un an de prison et 15.000 euros d'amende.
    Le FC Metz, lanterne rouge, reçoit Caen samedi pour le compte de la 27e journée de Ligue 1. Plusieurs actions symboliques sont prévues lors de ce match dans la cadre de la lutte contre le racisme dans les stades.

    (Quotidien l’Equipe) : Metz contre le racisme

    DEUX SEMAINES APRÈS LES INSULTES racistes proférées à l’encontre du Valenciennois Abdeslam Ouaddou, qui ont marqué la rencontre Metz-VA (2-1), le club lorrain a mis en place une action symbolique intitulée « Tous unis contre le racisme » à l’occasion de la réception de Caen, demain.

    Sa manifestation la plus visible sera sans doute le maillot porté par les joueurs messins pendant la rencontre : blanc et vierge de toute publicité en accord avec les partenaires du club, avec une seul inscription (« Non au racisme »). Mille enfants, invités par le conseil général de la Moselle et par le FC Metz, porteront le T-shirt créé pour les joueurs de L 1 et de L 2 le week-end dernier (« Racisme… Plus jamais ça ! ») et le coup d’envoi du match sera donné par deux comédiens, Patrick Timsit et Mouss Diouf. Comme eux, les chanteurs Julien Clerc et Dany Brillant, de passage à Metz, ont accepté de s’associer à la manifestation par le biais d’un message enregistré qui sera diffusé dans le stade, avant le match. Joueurs et membres du club s’y exprimeront aussi. Les trois grandes tribunes de Saint-Symphorien déploieront enfin chacune une grande bâche fournie par le club.

    Génération grenat et la Horda Frenetik, les deux principaux groupes de supporters messins, ont préparé tifos, banderoles et plusieurs animations pour toute la durée de la rencontre.

    Bastia risque d’autres sanctions

    La commission de discipline de la LFP a entendu les dirigeants corses hier et a ouvert une instruction.

    COMME LA PREMIÈRE, la deuxième affaire Bastia-Kébé est loin de connaître son terme. La commission de discipline de la LFP a entendu hier Pierre-Paul Antonetti, président du directoire du SC Bastia et Pierre Antoniotti, responsable de la sécurité. Ils ont dû s’expliquer sur le déploiement par une poignée de supporters corses, avant Bastia - Libourne-Saint-Seurin (2-1), vendredi dernier, des banderoles « Kébé, on n’est pas racistes… » et « La preuve, on t’enc… ! » « On leur a demandé comment cette banderole avait pu pénétrer dans le stade et pourquoi les caméras de surveillance ne fonctionnaient pas au moment où elle a été dépliée », explique Jacques Riolacci, président de la commission de discipline. Sur ces deux points, Antonetti a répondu que « des individus étaient entrés en force et qu’il y avait eu une panne ». Pas forcément très convaincant. « Comme on n’était pas pleinement satisfaits des réponses, on a mis ce dossier en instruction pour obtenir des éléments plus précis qui permettront de prendre une décision d’ici à une quinzaine de jours », détaille M. Riolacci. Avec quelles sanctions à la clé ? « En tout cas, elles ne seront sûrement pas financières, comme l’a suggéré M. Laporte, secrétaire d’État aux Sports, car, dans un tel cas, ce serait très peu dissuasif. »

    La punition sera donc de nouveau sportive, comme dans le cadre de la première affaire Kébé, remontant au match aller (Libourne-Saint-Seurin - Bastia, 2-4, le 14 septembre), où l’attaquant girondin d’origine burkinabaise avait été victime d’insultes racistes de la part de certains supporters du Sporting. Le club corse, quatrième de la L 2, s’était vu retirer un point au classement et a déjà épuisé tous les recours sportifs puisque, après la commission supérieure d’appel de la FFF, c’est le CNOSF, lundi, qui a émis un avis favorable au maintien de cette décision, prise en première instance par la commission de discipline de la LFP. Le Sporting s’apprête désormais à saisir le tribunal administratif de Bordeaux.

    Platini : « Bastia, c’est plus grave que Metz »

    Le SCB risque donc un nouveau retrait de points, mais il pourrait aussi s’agir d’un ou plusieurs matches à huis clos à Furiani, avec ou sans sursis. Concernant la fermeté affichée par le président de la LFP, Frédéric Thiriez, qui a martelé hier qu’il fallait « passer de 80 interdits de stades à 400 », et que « la durée des interdictions devait être augmentée »,

    Jacques Riolacci a rappelé « l’indépendance de la commission, qui ne se trouve en rien entravée par les opinions de M. Thiriez ».

    Ce dernier a porté plainte, au nom de la Ligue, dans l’affaire de la banderole, mais le SC Bastia ne l’a pas fait « car ce sont des mineurs, qui n’en sont pas responsables, qui l’ont déployé », a expliqué à la commission Pierre-Paul Antonetti. Il a préféré accepter « l’aide des supporters de l’ancien groupe Testa Mora, qui vont fédérer tout le monde pour redonner une image positive de notre stade ».

    En attendant, Michel Platini, le président de l’UEFA, qui s’est exprimé hier sur France Info, a estimé que ce qui s’est passé « à Bastia est plus grave qu’à Metz, car, en Corse, c’était prémédité ». Quant aux solutions, il préconise que l’on puisse « demander à l’arbitre d’arrêter le match », où que l’on « retire des points, comme l’a fait la Ligue », mais rappelle surtout : « Je me bats pour une police européenne du foot qui pourrait prononcer des interdictions de stade pour un, deux ou trois ans contre les coupables ».

    Enfin, pour revenir au match de vendredi dernier, l’affaire Dennoun, du nom du joueur libournais qui se dit victime d’injures racistes de la part de supporters corses, n’ira pas plus loin. Jacques Riolacci a tranché : « Ce n’est mentionné dans aucun rapport officiel (arbitres et délégués).Or la Commission ne peut pas se saisir d’une affaire sur les simples déclarations d’un joueur ».

    COMMISSION DE DISCIPLINE

    Trois matches pour Debes

    EN PLUS DE L’AFFAIRE KÉBÉ II (voir par ailleurs), la commission de discipline a examiné, hier, d’autres dossiers dont celui concernant la bagarre entre joueurs à la fin du match AC Ajaccio - Angers (L 2, 1-1), le 25 février dernier. Le gardien corse Thierry Debes a été jugé principal responsable et écope de trois matches ferme de suspension alors que son adversaire Farid Ben Khalfallah est suspendu un match. Rappelons qu’une instruction est toujours en cours afin de déterminer la responsabilité du club hôte car, comme à Bastia la semaine passée, le système de vidéo surveillance ne fonctionnait plus au moment de l’incident.

    Pour un autre match houleux, Valenciennes - Le Mans (1-2, samedi dernier), la commission a infligé un match ferme et un autre avec sursis à Martinez (Valenciennes) et Le Tallec (Le Mans) qui s’étaient fait remarquer au cœur de la confusion. Pour son attitude envers un délégué lors du match contre Amiens (15 février), Joël Coué, le président de Niort (L 2), est interdit de terrain et de vestiaire d’arbitres pour un mois..

    LIGUE 1. – Un match ferme + un match avec sursis : Martinez (Valenciennes), Le Tallec (Le Mans), Tamas (Auxerre) ;

    un match ferme: Seube (Caen), B. Gomis (Saint-Étienne), Zerka (Nancy), Balmont (Nice), Lacour (Strasbourg), Givet (Marseille).

    LIGUE 2. – Trois matches ferme : Debes (AC Ajaccio) ;

    deux matches ferme : Ngambi (Montpellier) ;

     un match ferme + un match avec sursis : Bridonneau (Bastia) ;

    un match ferme : Ben Khalfallah (Angers), Zywiecki (Dijon), Tsoumou (Niort), L. Touré (Grenoble), Nikezic (Le Havre), Djoman, Soumah (Guingamp).

    Tour d'Europe de la lutte contre le racisme

    Entre alourdissement des amendes et interdictions de stade, état des lieux de la lutte contre le racisme dans les stades anglais, espagnols italiens et allemands.

    Secouée par des drames liés au football dans les années 1980 (39 morts au Heysel de Bruxelles en 1985), l'Angleterre s'est depuis dotée d'une législation très sévère pour les fauteurs de troubles, par exemple les auteurs de chants racistes, reconnus comme délit en 1991. Outre l'arsenal législatif, les autorités ont activé divers leviers (vidéo, prix des places etc.) pour limiter les violences en tous genres. En octobre 2007, la police anglaise a annoncé avoir procédé à 3 462 arrestations pour des faits de violence liés au football durant la saison 2005-2006, un chiffre en baisse (-7 %) pour la troisième année consécutive. Depuis 1985, les Anglais se sont dotés de différents outils législatifs: consommation d'alcool prohibée dans les stades, interdictions de stade pour les hooligans reconnus, loi mettant en place l'interdiction de déplacements à l'étranger, loi punissant les lancers d'objets sur la pelouse, les chants racistes ou indécents. Huit ans plus tard, une autre loi enjoint les hooligans de remettre leurs passeports et de pointer à dates fixes dans des commissariats. En 2000, en réaction aux incidents de Charleroi causés par des Anglais lors de l'Euro en Belgique, le Football Disorder Act rend passible d'une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison les actions violentes. Une interdiction de terrain peut désormais être ordonnée si la police a des « motifs raisonnables » de l'invoquer. Enfin, en 2005, la politique dite de « tolérance zéro » induit que même les auteurs de délits mineurs (briser des fenêtres, portes, sièges, adopter un comportement menaçant) font l'objet d'une interdiction de déplacement à l'étranger.
    Par ailleurs, le gouvernement s'est efforcé de travailler à l'infiltration des bandes organisées de hooligans, alors que les clubs ont dépensé beaucoup d'argent pour moderniser les stades, voire en construire de nouveaux. Une nouvelle loi (« contre la violence, le racisme, la xénophobie et l'intolérance dans le sport »), en vigueur depuis mi-juillet 2007, sanctionne plus durement les clubs en cas d'actes racistes des supporteurs. Auparavant, l'affaire Eto'o (l'attaquant camerounais avait été visé par des cris racistes en février 2006) s'était soldée par une amende de 9 000 € pour Saragosse. La nouvelle loi prévoit des amendes pour les clubs allant jusqu'à 650 000 € mais aussi des fermetures de stade, jusqu'à deux mois pour les « infractions graves » et deux ans pour les « infractions très graves ». Les clubs doivent en outre constituer des registres des activités de leurs supporters. Ces derniers pourront être privés d'entrée au stade en cas de comportement contraire à la loi de juillet 2007. Les images des caméras de vidéosurveillance installées dans les stades sont mises à disposition de la police. En 2005-06 puis 2006-07, et ce dans l'ensemble des divisions, 134 faits (78+56) à caractère raciste ou antisémite ont été officiellement relevés. La saison 2005-06 avait été particulièrement marquée par deux épisodes : cris de singe contre l'Ivoirien Zoro et banderoles néo-nazies exhibées par des ultras de la Roma. En cas d'infraction, les clubs sont condamnés à des amendes (de 20 000 à 50 000 € en Série A) et, en cas de récidive, à un ou plusieurs matches à huis clos et/ou sur terrain neutre. Les auteurs des infractions encourent des peines pénales et des interdictions de stade. Dans le cas Zoro, quatre supporteurs de l'Inter confondus par la vidéo ont été interdits de stade pendant cinq ans. Depuis septembre 2006 (suite aux recommandations de la Fifa), le code de justice sportif prévoit également que dans les cas de « particulière gravité » et de « pluralité des violations », les sanctions, pour les clubs coupables de passivité, peuvent aller jusqu'au retrait de points, voire à l'exclusion du championnat et la rétrogradation en division inférieure. La législation permet également aux arbitres de suspendre la rencontre. La loi Sport et Sécurité, en vigueur depuis la fin des années 1990, sanctionne les supporters coupables d'actes racistes. Ils sont frappés d'interdictions de stade. La durée d'interdiction de stade vient d'ailleurs d'être ramenée de cinq à trois ans après consultation de la Fédération allemande et des associations de supporters. Les clubs peuvent être également sanctionnés d'amendes en cas de débordements de leurs supporteurs (18 000 €, puis 150 000 € en cas de récidive), puis de déduction de points voire de rétrogradation en division inférieure, sanctions qui n'ont toutefois jamais été appliquées. Le cas le plus récent de joueur victime d'insultes racistes concerne l'attaquant international allemand de Schalke 04, Gerald Asamoah, d'origine ghanéenne, pris à partie par des supporteurs de Rostock lors d'un match de Coupe d'Allemagne en septembre 2006. Rostock avait été condamné à une amende de 20 000 € et les auteurs des insultes racistes à des interdictions de stade de trois ans.

     Nasuba, partenaire particulier

    Nasuba, sponsor du FC Metz, se retirera demain du maillot messin au profit d'un slogan contre le racisme. « L'intérêt supérieur du club prime » pour le PDG de la société africaine, Christian Lagnide, ancien de la maison grenat.

    Christian Lagnide. Ce nom ne dira sans doute rien aux supporters messins, même aux plus avertis. Pourtant, ce Béninois de quarante-cinq ans épouse la destinée du FC Metz depuis plus d'une vingtaine d'années. Avant d'apposer la marque Nasuba, sa société, sur le maillot grenat en début de saison, cet Africain a goûté, du bout des lèvres, le rêve d'une vie sur les bords de la Moselle : « Devenir footballeur professionnel. Ce rêve, je l'ai caressé grâce au FC Metz, grâce aux hommes qui dirigent ce club ». De la grande épopée européenne en 1984 (« où j'étais sur le banc »), de la campagne glorieuse en Coupe de France la même année, Christian Lagnide a du sang messin qui coule dans les veines. Un cœur grenat qui tambourine fort pour « ce club qui m'a accueilli lorsque j'ai débarqué d'Afrique, à l'âge de quinze ans. Les dirigeants m'ont logé au chalet de Vaux, alors que je n'étais même pas en sport-études. Ils ont également accompagné ma reconversion. Carlo Molinari est comme un père pour moi. Je me sens vraiment redevable », martèle-t-il dans le combiné depuis Cotonou, la capitale du Bénin d'où il dirige ses affaires.« Redevable », le mot est juste. Et « fidèle », au moins autant qu'a pu l'être la Sollac (pour faire vite), partenaire précédent cultivant des liens d'acier avec le maillot du FC Metz durant des décennies. « Fier », aussi, de voir flotter sa marque sur les pelouses de Ligue 1. « Attristé », enfin, d'assister à l'acharnement médiatique qui s'abat sur Saint-Symphorien depuis l'affaire Ouaddou. Symboliquement, le sponsor a accepté de se retirer, l'espace du match Metz-Caen, de la tenue des partenaires de Christophe Marichez. A la place, un slogan : "Non au racisme", message fort à la portée insaisissable. Nasuba ne profitera donc pas de la grand-messe cathodique du samedi soir pour convertir à sa "cause" quelques fidèles, égarés chez la concurrence. Pas de quoi indisposer l'homme fort de la carte prépayée : « Le FC Metz fait déjà assez parler de lui, notamment avec sa dernière place au classement de Ligue 1. Aujourd'hui, c'est l'intérêt supérieur du club qui prime, pas ma publicité personnelle ». Encore plus lorsqu'il s'agit de mauvaise publicité...
    Le grand déploiement de bonnes intentions, prônant, samedi soir, des vertus de tolérance, ne suffira sans doute pas à tout effacer. Le club aura bien du mal à se départir des préjugés "racistes" véhiculés par quelques énergumènes dans l'opinion publique. Et donc auprès d'éventuels consommateurs de la marque, largement plébiscitée par les communautés africaines. L'image de Nasuba pourrait-elle en souffrir, et par voie de conséquence ses affaires en pâtir ? « Absolument pas, assure le businessman. Ces débordements en tribunes n'ont aucune incidence sur la popularité du FC Metz en Afrique. D'ailleurs, on n'en parle pas dans la presse. Durant les dix années passées dans votre ville, dans ce stade, je n'ai jamais senti le racisme poindre à mon égard. Alors ne faisons pas d'un cas isolé une généralité. Et puis de toute façon, les seules images du club qui passent en Afrique, ce sont celles des matches retransmis sur ma chaîne de télévision, la LC2. » Redevable, fidèle et fier, Christian Lagnide se veut également protectionniste avec "son" club...

     Nasuba qui ?

    Histoire. Nasuba Express est une filiale du groupe LC2 international, fondé et dirigé par Christian Ladigne, ancien footballeur stagiaire du FC Metz. Cette société béninoise dispose de bureaux à New-York, Paris et Genève.
    Activités. Spécialiste des télécommunications, Nasuba Express propose en France des cartes de prépaiement pour les mobiles utilisés à destination du continent africain. Une chaîne de télévision privée, LC2, dont les programmes sont diffusés dans plus d'une soixantaine de pays sur le continent africain, appartient encore en groupe. Tout comme les droits de la CAN.
    Chiffres d'affaires. « Une vingtaine de millions d'euros », foi de Christian Ladigne.
    Effectifs. 300 salariés.
    Contrat avec le FC Metz. Le partenariat est de deux ans, avec option pour une année supplémentaire. Quant au montant, il se situe à la même hauteur que celui d'Arcelor : 600 000 €.

     Trois supporters toulousains condamnés

    Le Toulouse Football Club s'est félicité, hier, de la condamnation, mercredi, par le tribunal correctionnel de Toulouse de trois supporters toulousains à la suite d'incidents en marge du match ayant opposé le TFC à Marseille (0-0), dimanche dernier à Toulouse. Ces trois supporteurs, membres du club des Indians Tolosa, ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et à cinq ans d'interdiction de stade pour avoir caillassé des policiers aux abords du stade avant la rencontre comptant pour la 26e journée de Ligue 1.

     Thiriez : « Nous avons l'arsenal juridique »

    Le président de la LFP estime qu'avant d'allonger la durée d'interdiction de stade, il faut d'abord appliquer les sanctions existantes.

    Président, que faut-il pour porter les interdictions administratives de stade de trois mois à un an, comme le préconise Bernard Laporte dans le Parisien ? « Il faut une loi, c'est simple. Pour l'instant il y a un projet de loi pour passer de trois à six mois. Mais un projet de loi, ça peut être amendé par les parlementaires. La durée de l'interdiction peut donc être augmentée. Trois mois, ce n'est pas assez, cela permet quand même de suivre une saison pratiquement entièrement. Mais le point principal n'est pas là. Il faut d'abord appliquer les textes. Au jour d'aujourd'hui, on a 80 personnes sous le coup d'une interdiction de stade en vigueur pour toute la France. En Angleterre, il y en a 3 500 ! Ce n'est pas sérieux. » • Comment changer les choses ? « Il y a en France entre 300 et 500 hooligans classés dangereux par les renseignements généraux, c'est ceux-là qu'il faut sortir des stades. Que les préfectures appliquent la loi, en s'appuyant sur leurs services de renseignements. Qu'on passe des 80 interdits de stade actuels à 400, c'est possible ! Nous avons tout l'arsenal juridique. Ce sont des mesures préventives, il n'y a pas besoin que les individus aient été condamnés avant : on les connaît, on peut les interdire de stade. Il faut que la loi soit notamment appliquée en province. Sur les 80 interdits de stade, il y en a plus de la moitié à Paris. »
    • On a l'impression que la situation stagne... « Ça me tue d'entendre dire que le football ne fait rien contre le racisme ou la violence. En mars 2007, après une réunion avec les pouvoirs publics, à laquelle nous avions participé, des instructions avaient été données aux préfets pour une application plus rigoureuse de la loi de 2006. Après la mort (d'un supporter) à la fin d'un match du Paris SG (le 23 novembre 2006), les interdictions de stade avaient été portées à 300. Et là, on est redescendu à 80. C'est quand même dommage que dans ce pays il faille un drame pour réagir. On ne se donne pas les moyens d'une action sur la durée. Mais tous ces "mecs" sont connus. Pour La Faction à Metz, je suis allé sur Internet pour en savoir plus sur eux. Ce qui j'y ai vu est terrifiant ! Leur activité c'est d'organiser des "fights" (combats entre groupuscules de supporters). C'est affolant. Il faut dissoudre ce groupe. Ça aussi, les textes le permettent. »

     Platini : « Bastia c'est plus grave que Metz »

    FOOTBALL. Michel Platini (photo), président de l'UEFA, a estimé, hier, sur France Info que les derniers incidents racistes de Bastia, avec les banderoles visant Kébé, étaient « plus graves » que ceux de Metz, où un spectateur avait insulté Ouaddou, car l'acte était « prémédité » en Corse. « Je regarde ça (les récents incidents racistes dans les stades de football en France) avec beaucoup de surprise, a expliqué M. Platini. Bastia, c'est plus grave que Metz, à Bastia c'est prémédité. » Cependant, le patron du football européen a jugé que la situation « s'améliore, car il y avait beaucoup plus d'insultes (racistes) avant dans les stades. »
    « On tape sur le football comme d'habitude, mais à Metz, il y avait une personne (fautive) sur 9 000. On est loin des gens qui votent "Front Nat" aux élections, a-t-il poursuivi. Si c'était un quart de stade, ou 10 000 personnes racistes, là ce serait un grand scandale. On peut demander à l'arbitre d'arrêter le match ou de retirer des points, comme l'a fait la Ligue (la LFP, dans la première affaire Kébé, a retiré un point au classement à Bastia), a indiqué M. Platini. Je me bats pour une police européenne (du football qui pourrait prononcer) des interdictions de stade pour un, deux, trois ans pour les coupables. »

     Laporte partisan de sanctions financières

    Après à la recrudescence d'incidents racistes ces quinze derniers jours dans plusieurs stades de France, le secrétaire d'État aux Sports, Bernard Laporte, a affirmé, être partisan de sanctions financières. « Pourquoi pas imaginer que les Fédérations ou les Ligues sanctionnent financièrement les clubs ou les associations de supporters contrevenant à la législation. C'est une piste à explorer », a-t-il affirmé au journal Aujourd'hui/Le Parisien d'hier.
    Le secrétaire d'État a, en outre, réaffirmé la nécessité d'une « mobilisation générale, comme en Angleterre » contre les personnes coupables d'actes de racisme et de violence. « Il faut frapper fort et (faire) passer les interdictions administratives de stade de trois mois à un an », a-t-il ajouté, s'étonnant qu'il n'y ait que « quatre-vingt interdits de stade en France alors qu'il y a en a 3 500 en Angleterre. »

     De la prison pour Plestan ?

    Deux mois de prison avec sursis et 2 500 € d'amende ont été requis, hier, contre le Lillois Nicolas Plestan, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Lille pour avoir pointé avec une arme factice un automobiliste parisien âgé de soixante-cinq ans, qui se rendait à Bruges avec sa femme et sa fille de dix-huit ans, alors qu'ils circulaient sur l'autoroute A1 près de la frontière belge le 14 avril 2007. Le joueur lillois, qui se rendait à son entraînement, aurait collé au véhicule du retraité parisien alors que ce dernier était en train de doubler un camion. A l'issue de cette manœuvre, le joueur se serait porté à hauteur de la voiture et aurait pointé vers ses occupants un pistolet automatique factice avant de leur faire une queue de poisson. Le jugement a été mis en délibéré au 20 mars.

     FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : entraînement à 10h sur le terrain du bord de l'autoroute. Aujourd'hui : entraînement à 15h30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Lyon - Metz (26e journée de Ligue 1) samedi 23 février, 2-0. Prochain match : Metz-Caen (27e journée) samedi 1er mars (20h). A suivre : Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h); Metz - Nice (29e journée) samedi 15 mars (20h) ; Lorient - Metz (8e de finale de la Coupe de France) mercredi 19 mars (20h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) poursuit son programme de reprise avec le préparateur physique. Saison terminée pour Julien Cardy (fracture du pied). Rudy Gestede (douleur musculaire à la cuisse) s'entraîne toujours en marge de ses coéquipiers. L'attaquant devrait retrouver le groupe en début de semaine prochaine. Malade mercredi, Miralem Pjanic s'est entraîné, hier, avec ses partenaires.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Michel Ettorre rentre aujourd'hui de son stage à Clairefontaine. Depuis le début de la semaine, l'adjoint d'Yvon Pouliquen a suivi les derniers modules censés le mener à l'obtention de son DEPF (diplôme d'entraîneur professionnel de football).

     Marchal : « Je me fais chambrer »

    Avant le déplacement de Nancy en Bretagne, Sylvain Marchal évoque son actualité lorientaise, son avenir et son sentiment sur le FC Metz, son club formateur qu'il retrouvera en Coupe de France.

    Pour résumer, Sylvain Marchal, n'est-il pas préférable de jouer Lorient à l'extérieur plutôt qu'à domicile actuellement ? « On peut le voir comme ça. On gagne tout à domicile et on perd à l'extérieur. C'est peut-être un facteur psychologique, un relâchement ou un manque de concentration. On réussit des bons matchs à l'extérieur mais on rate aussi des occasions. Je ne sais pas... Si on avait identifié le problème, on aurait essayé de le résoudre ! » • Lorient semble avoir connu une cassure en septembre après sa défaite contre Valenciennes (1-3). Etait-ce votre passage à vide ? « Un coup de moins bien, oui. Je pense que c'est lié pour beaucoup à une décompression psychologique. Nous étions partis très forts, les médias parlaient de nous... Ce n'est pas évident à gérer pour un petit club habitué à jouer le maintien et dès qu'il y a un relâchement, on a un retour de bâton. Heureusement, on a rectifié le tir depuis. »
    • Vous êtes à mi-chemin entre l'Europe et la Ligue 2. Comment le vivez-vous dans le vestiaire ? « C'est vrai que nous sommes concernés par les deux côtés. On est à quatre points du quatrième et on a une petite avance sur le premier relégable. Il faut faire les choses dans l'ordre. Pour le moment, on regarde surtout derrière. »
    • La Coupe de France est-elle un objectif prioritaire ? « Elle le devient de plus en plus. On a envie de bien figurer. La Coupe apporte des émotions et personne n'a envie de s'en priver même si c'est aléatoire. »
    • Ne craignez-vous pas d'y laisser des plumes physiquement ? « Non. Dans le meilleur des cas, il nous reste trois matches. Ce n'est pas la fin du monde. »
    • L'adversaire est-il spécial pour vous ? « Un peu oui. Metz m'a formé, j'y ai joué, c'est toujours un moment particulier même si le groupe a beaucoup changé. A mon avis, ce sera encore plus spécial pour le match retour en championnat, à Saint-Symphorien. »
    • Quel regard avez-vous sur l'actualité extra-sportive du FC Metz ? « Je me fais un peu chambrer par les autres. En fait, ce n'est pas très agréable. Dèjà, sportivement, on ne parlait pas de Metz de la meilleure façon. Maintenant, il y a des choses plus graves et ce n'est pas bon en terme d'image quand on voit des gestes nazis ou du racisme au 20 Heures. Les gens ont tendance à associer l'image du club à ces personnes. Je connais le fonctionnement du club. Ces gens sont des cas isolés. »
    • Revenons au football. Parlez-nous de Christian Gourcuff... « C'est un compétiteur qui peut être insatisfait même en cas de victoire. Il accorde beaucoup d'importance à la qualité de jeu, à la tactique et nous sensibilise à l'organisation dans son système en 4-4-2. C'est hyper pointu. »
    • Il n'a jamais caché son manque d'enthousiasme pour le jeu nancéien... « Ce n'est pas trop son style de jeu, c'est sûr, mais il faut admettre que ça marche très bien aussi. Contre Lyon, ils ont montré qu'ils pouvaient mettre en difficulté les meilleurs. Nancy est typiquement l'équipe que l'on n'aime pas jouer. C'est un jeu plus direct avec beaucoup d'impact dans les duels. »
    • Pour finir, on vous prête un avenir au Bétis Séville. « Ils m'ont supervisé plusieurs fois. C'est une perspective intéressante, c'est vrai. A 28 ans, j'arrive dans une période où je peux avoir envie de découvrir autre chose. Pour le moment, c'est en attente. On peut être suivi sans être transféré. »

     (Site officiel FC Metz) : Le stade Malherbe en bref

    Les Grenats reçoivent le Stade Malherbe de Caen ce samedi. Un adversaire qui leur réussit plutôt bien puisqu'ils s'étaient imposés lors du match aller. Il s'agissait alors de leur première victoire de la saison. CAEN EN BREF
    Histoire en Ligue 1
    10 saisons
    368 rencontres
    113 victoires, 100 matches nuls, 155 défaites
    378 buts marqués, 495 buts encaissés
    Palmarès
    Champion de France de Ligue 2 en 1995/1996
    Classements
    Domicile : 9ème avec 24 points : 7 victoires, 3 nuls et 4 défaites ; 21 buts marqués, 16 encaissés.
    Extérieur : 15ème avec 11 points : 2 victoires, 5 nuls et 5 défaites ; 8 buts marqués, 18 encaissés.
    Général : 11ème avec 49 points : 15 victoires, 4 nuls et 6 défaites ; 48 buts marqués, 24 encaissés.
    Les buteurs
    Gouffran, 6 buts
    Eluchans, 5
    Compan, 3
    Sorbon et Deroin, 2
    Samson, Toudic, Lemaitre, Gomis, Florentin, Nivet, Proment, Gradin, Hengbart, 1
    Les passeurs
    Nivet et Proment, 3 passes décisives
    Grandin, Florentin, Compan, Gouffran, 2
    Gomis, Eluchans, Hengbart, 1
    Les joueurs les plus utilisés
    Sorbon, 26 matches
    Gouffran, 24
    Seube, Hengbart, Nivet, 23
    Planté, Proment, 22
    Florentin, Deroin, 21
    Compan, 19
    Derniers résultats
    Caen 0-0 Auxerre
    Marseille 6-1 Caen
    Caen 1-4 Lens
    Sochaux 1-1 Caen
    Caen 1-3 Saint-Etienne
    Forme du moment : NDDND
    Les Metz-Caen en Ligue 1
    4 victoire de Metz, 3 matches nuls, 2 victoires de Caen
    Le dernier : Metz 1-2 Caen
    Saison 2004/2005, 14ème journée
    Buts de Gueye (39°) pour Metz et Mazure (44° et 79°) pour Caen

    LorientMARCHAL2008MetzCaen2008SylvainmarchalLorienbThiriez_Frederic2008Michelplatini2007

    February 28

    Pendant les travaux, le spectacle continue...

    (Quotidien  Le Parisien) : RACISME DANS LES STADES

    La riposte

    C’EST le football côté sombre. Ce soir à 18 heures, trois dirigeants du club de Bastia (Ligue 2) sont auditionnés par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). A l’étude : la deuxième affaire Kébé. Des banderoles insultantes avaient été déployées à l’encontre du joueur burkinabé de Libourne dans les tribunes bastiaises vendredi dernier. Le lendemain, c’était au tour de Metz en déplacement à Lyon de défrayer la chronique : une demi-douzaine de supporteurs lorrains, issus d’un groupuscule nommé la Faction et connu pour son extrémisme, ont proféré des propos à connotation nazie. Depuis, le club lorrain a déposé plainte. Hier, la Licra s’est constituée partie civile. Frédéric Thiriez, président de la LFP, a écrit au ministère de l’Intérieur pour réclamer la dissolution de la Faction.

    Si la riposte s’organise, l’accumulation des événements depuis l’affaire Ouaddou inquiète : les stades sont-ils gangrenés par le racisme et la violence ? « Ces fléaux ont toujours existé. Si Ouaddou ne s’était pas révolté contre ce spectateur, on n’en aurait jamais parlé. Pourtant, les insultes racistes étaient bien là. Aurait-on également prêté attention aux propos nazis du match Lyon - Metz sans l’affaire Kébé de la veille ? s’interroge Patrick Mignon, sociologue du sport.

    Le racisme n’est pas un problème nouveau. Dans les années 1980 en France, les ultras ont pris comme modèle leurs homologues anglais. Ils ont fait des virages un lieu d’expression des idées d’extrême droite. »

    Nos voisins européens donnent l’exemple

    Rien de nouveau donc dans les tribunes, mais les règles du jeu, elles, ont changé. « Pendant longtemps, les stades étaient considérés comme des exutoires. Ils permettaient un débridement contrôlé des émotions, explique Nicolas Hourcade, sociologue à l’Ecole centrale de Lyon. C’était un endroit où l’agressivité pouvait s’exprimer. Mais ce qu’on tolérait hier, on ne le tolère plus aujourd’hui. »

    La mobilisation des instances du foot n’a en effet jamais été aussi importante. Mais encore faut-il que ces déclarations d’intention se traduisent par des actes. Or, c’est encore loin d’être le cas. Sur une moyenne de 21 000 spectateurs dans les stades de Ligue 1, on compte un millier de hooligans. Mais le nombre d’interdictions administratives de stade n’est que d’environ quatre-vingts (46 pour le PSG) depuis le début de la saison.

    « Ce dispositif a pourtant fait ses preuves, précise Nicolas Hourcade. Il faudrait l’élargir à condition de graduer les sanctions. On ne peut pas écoper de la même peine pour un fumigène ou pour une insulte raciste. Sinon, le supporteur ne fera jamais la différence entre les deux fautes. » Enfin, le tout-répressif est loin D’être la solution. Comme souvent, nos voisins européens, la Belgique, l’Allemagne ou les Pays-Bas, donnent l’exemple. « Ces pays ont travaillé sur l’intégration de leurs supporteurs dans les clubs et sur leur éducation », poursuit le sociologue. En France, l’une des premières initiatives dans ce domaine date d’hier : la Fédération de football vient de créer une fondation pour le respect. Une institution qui œuvrera dans le monde amateur auprès des plus jeunes notamment.

    LE respect, ca se travaille aussi

    DEM, 8 ans, maillot bleu de l’équipe de France et short blanc passe sans un regard devant le groupe dadultes pour rejoindre ses copains des poussins de l’Entente sportive de Woippy (Moselle) qui s’échauffent près du but.

    Mathieu, entraîneur des formations de jeunes, L’interpelle : « Adem, tu n’as rien oublié ? » L’enfant s’arrête, fait demi-tour et s’excuse platement. Ici, le bonjour à l’arrivée et l’au revoir au départ sont la règle. Deux clubs existent dans cette commune de 14 000 habitants de la banlieue de Metz : le Football Club implanté dans le vieux village et l’Entente sportive, 250 licenciés dont une centaine de moins de 11 ans, installés au cœur du quartier Saint-Eloy. « Le club n’a pas une très bonne réputation, c’est difficile de changer une mauvaise image », reconnaît Kader, 18 ans, aide-éducateur qui assiste Mathieu, le permanent. « On ne laisse jamais un comportement de violence sans réponse », insiste ce dernier.

    Une bousculade lors des exercices, un mot déplacé, une insulte, une mauvaise attitude de jeu…se traduisent à lentraînement par une mise à l’écart d’une dizaine de minutes.

    Des règles lues avant chaque match

    Sans élever la voix, Mathieu maintient une discipline sans faille lors des exercices qui se déroulent dans le gymnase, préféré au terrain extérieur en synthétique pour les entraînements hivernaux.

    Ces efforts ont volé en éclat, le 11 novembre. Ce jour-là, un match de Coupe de France opposant l’ES Woippy à l’équipe voisine de Devant-les-Ponts s’achève dans la confusion. Des supporteurs de Woippy insultent un joueur adverse, responsable d’une mauvaise passe, en poussant des cris de singe. A la fin de la rencontre, il est poursuivi et passé à tabac. L’affaire fait grand bruit. Les deux présidents conseillés par la Ligue de Moselle décident de rejouer symboliquement et amicalement le match quelques jours plus tard.

    « C’est dommage. Des choses comme cela ne devraient pas arriver », regrette Fati, 16 ans, titulaire la saison dernière du trophée du fair-play institué par le club. Il sest donné comme règle de ne jamais réagir ni aux fautes non sifflées, ni aux mauvais coups, ni aux insultes. « On peut tout contrôler, mais les attaques racistes, quand elles arrivent, provoquent forcément des réactions », admet Naïfi, père de Mohamed-Amine, 8 ans, qui porte fièrement le maillot de l’équipe marocaine.

    L’homme tient dans sa main une lettre du FC Metz qui convoque pour des tests l’enfant repéré lors d’une sélection. « On est fier de lui », reconnaît Ilhame, sa mère. Elle a inscrit son fils à Woippy sans appréhension : « Depuis que Mathieu est là, les enfants sont bien tenus. Ils le respectent et ont vraiment peur d’être écartés de l’équipe. » Seifedine, 8 ans, connaît le tarif : « Pendant un match, un joueur m’a donné un coup de pied à l’arrière. L’arbitre n’a pas sifflé alors j’ai râlé. » Ensuite que S’est-il passé ? « Mathieu m’a mis sur la touche. »

    L’enfant avait oublié l’une des règles lues avant chaque match aux équipes par le capitaine de la formation qui reçoit. Le respect de l’arbitre est la première sur la liste.

    Sanctionner financièrement »

    BERNARD LAPORTE, secrétaire d’Etat aux Sports

    Entre sa visite de soutien chez Ouaddou, sa présence au Parc des Princes samedi dernier pour la soirée antiracisme et des multiples prises de position, Bernard Laporte a été particulièrement réactif sur le sujet. Les lois existantes sont-elles suffisantes pour lutter contre la violence et le racisme dans le sport ?

    Bernard Laporte. Il faut appliquer l’arsenal législatif existant. Quand je vois le match Metz - Valenciennes, certains n’ont pas pris leurs responsabilités. On ne peut pas laisser quelqu’un proférer des insultes racistes sans réagir : ses voisins, les dirigeants, les joueurs… tout le monde est concerné. Il faut une mobilisation générale, comme en Angleterre. On ne peut pas tolérer qu’une «Marseillaise » soit sifflée : si j’étais joueur, je rentrerais au vestiaire.

    Peut-on aller plus loin dans la sévérité ? Il faut frapper fort et passer les interdictions administratives de stade de trois mois à un an. Ce n’est pas normal qu’il y ait 80 interdits de stade en France alors qu’il y en a 3 500 en Angleterre. Je suis aussi pour la radiation à vie des personnes qui frappent un arbitre et la généralisation, avec le ministère de la Justice, des travaux d’intérêt général pour les individus violents ou racistes. Ils pourraient repeindre des vestiaires, tondre des pelouses…

    Qu’attendez-vous de Marcel Desailly, que vous avez nomme comme ambassadeur contre le racisme ?

    J’attends qu’il me fasse des propositions concrètes. Ainsi pourquoi ne pas imaginer que les fédérations ou les ligues sanctionnent financièrement les clubs ou les associations de supporteurs contrevenant à la législation.

    C’est une piste à explorer.

     Bientôt un fichier européen

    DEPUIS 2003, les dispositions pénales permettant de lutter contre les violences et le racisme dans les enceintes sportives ont été renforcées. Des infractions spécifiques (introduction d’alcool, fumigènes, insignes rappelant une idéologie raciste ou xénophobe…) sont prévues avec des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 15 000 €d’amende. Depuis 2006, des interdictions judiciaires de stade de cinq ans maximum viennent compléter cet arsenal, avec également la possibilité de dissoudre les groupes violents ou racistes. « Il faut simplement que l’ensemble de ces textes soient appliqués. La seule solution, c’est la répression et sans états d’âme », confie Frédéric Thiriez, président de la Ligue.

    Vers plus de sévérité. La prochaine loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi), discutée au printemps, comprendra une augmentation de la durée maximale de l’interdiction administrative de stade. Mais celle-ci passera de trois à six mois, et non pas à un an comme le réclament le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, et certains parlementaires.

    Un fichier européen en préparation. Partisan d’un fichier européen des interdits de stade, Michel Platini, le président de l’UEFA, a rencontré voilà un mois Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur. Cet instrument permettrait aux autorités des différents pays de connaître en temps réel l’identité des « bannis »des stades lors des rencontres internationales. « Cela pose un problème de transmission de données personnelles, décrypte un proche du dossier. Il faudra donc sûrement commencer avec deux ou trois pays pilotes avant d’étendre le champ. » La France, qui prendra la présidence de l’Union européenne le 1er juillet, compte profiter de sa position pour faire avancer ce dossier.

    F.G. (avec P.E.)

    Télés : faut-il tout montrer ?

    SI LE FC Metz a porté plainte contre une demi-douzaine de ses supporteurs qui auraient effectué le salut nazi samedi dernier lors du match contre Lyon, ces images n’ont pas été montrées sur l’antenne de Canal +. « On n’est pas à l’affût de ça. Il ne s’agit pas d’offrir une tribune à des manifestations d’extrémisme », explique Cyril Linette. Pour autant, le responsable foot de la chaîne cryptée ne cherche pas à minorer la violence dans les stades : « On a été les premiers à parler de L’affaire Ouaddou. »

    « Témoigner, sans s’appesantir »

    En appui, Linette se souvient d’un match de la saison dernière entre Saint-Etienne et Lyon : « Une banderole stéphanoise montrait les joueurs lyonnais sous la forme d’animaux de la jungle avec l’expression : Tuez-les ! Ça dépassait les bornes et on a décidé de la montrer.

    Par la suite, quand le match a dégénéré, avec des jets de fumigènes, les téléspectateurs étaient bien informés du contexte. » Sur Canal +, les commentateurs doivent « témoigner » quand ça dérape.

    Les mots sont exactement les mêmes sur TF 1. « Montrer, témoigner, sans s’appesantir », préconise Thierry Gilardi. « Il ne faut pas non plus donner trop d’importance aux supporteurs qui insultent, car il s’agit d’une toute petite minorité. »

    Le commentateur reconnaît que la Ligue des champions est épargnée par le phénomène, « quoique… Quand la Lazio Rome joue cette compétition, les franges néonazies de ses supporteurs se manifestent,  ajoute-t-il. Etre noir dans le Championnat d’Espagne n’est pas non plus facile... Faut pas lâcher. Et en parler à chaque fois ». La situation s’est-elle aggravée ? « Je ne le pense pas, conclut Linette, mais comme tous les matchs sont filmés, on en parle plus. »

    Comment punir les politiques coupables (eux aussi) d’incitations aux mauvais traitements (de racisme ?) et d’atteintes aux droits de l’Homme ?

    Rama Yade et les SDF

    L’utilisation d’un répulsif pour chasser les SDF ? « Il faut tout tenter dans une ville », a estimé mardi Rama Yade. La secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme était venue soutenir le maire UMP d’Argenteuil (Val-d’Oise), Georges Mothron. En août, l’élu avait créé la polémique pour avoir fait acheter un produit répulsif nauséabond censé chasser les SDF du centre-ville. Face au tollé, le maire avait fait machine arrière. Pour Rama Yade, il n’y avait pas de quoi s’offusquer : « Il faut essayer des choses. Un maire ne fait pas ce qu’il veut, il répond aux préoccupations des gens. »

    racisme dans les stadesracisme Woippy

    Est Républicain 28/02/2008

    << Pas plus que des sifflets >>

    Avec " l’affaire Ouaddou", Babacar Gueye parle d'un cas isolé et retrouve son public sans crainte. Il espère ne plus voir de dérives.
    -Babacar, appréhendez-vous le retour à Saint-Symphorien ?
    -Il n'y a pas eu un problème avec un groupe de supporters mais avec une personne qui a fait une connerie. J'espère qu'elle regrette. Elle paiera pour ce qu'elle a fait si la justice estime que c'est nécessaire. C'est un geste inadmissible. Malheureusement, l'image du FC Metz est ternie. Avant cela, il y avait eu le match de Strasbourg (1). Ca me chagrine car ça fait 8 ans que je suis là. Le club n'a pas besoin de cela. D'un côté, c'est bien qu'on en parle. Je dirais même qu'il était temps qu'on le fasse en France. Ce qui est arrivé doit permettre d'éradiquer le problème.
    <<Je n'étais pas visé>>
    - selon certains témoignages, ce n'est pas Abdeslam Ouaddou mais vous qui étiez visé par ces propos racistes...
    - Non, c'était bien envers Abdes. Mais, pour moi, cela ne change pas grand chose. Quand on est "black" ou arabe, quand tu entends tes supporters proférer des insultes racistes envers un adversaire, tu le prends aussi pour toi.
    - Vous parlez d'un cas isolé mais vous dites : "Il était temps qu'on en parle"...
    - (il coupe).Mais parce que ce n'est pas la première fois que ça arrive en France. On n'a jamais vraiment fait quelque chose pour lutter contre. Les supporters de Paris, l'histoire de Kébé à Bastia...
    - Et à Metz ?
    - Ca n'était jamais arrivé ici et je n'ai jamais entendu un joueur en parler (2). Là, c'est arrivé, on espère que c'est la dernière fois. En plus, nous sommes l'équipe où il y a le plus de joueurs africains ou d'origines étrangères...
    - Le public de Saint-Symphorien est-il, malgré tout, un bon public ?
    - Aujourd'hui, il est mécontent. Quand on passe d'une saison comme celle de l'année dernière à une année comme celle-là, c'est difficile à avaler. Mais pour les joueurs en premier. Je comprends qu'il puisse y avoir des manifestations de colère. Mais ça ne peut pas être plus que des sifflets.
    - Est-ce que ça veut dire que, si le FC Metz n'était pas dans cette situation au classement, l'affaire Ouaddou n'aurait pas existé ?

    - Peut-être, peut-être pas, je n'en sais rien. Des gens ont quand même dit que cet homme se comportait comme cela depuis un moment. Ceux qui viennent au stade et qui sont témoins de ce genre de scènes ont une part de responsabilité. Ils doivent dénoncer ce genre d'individus. C'est un devoir pour eux d'alerter la sécurité.
    <<Bucarest ? Des spéculations>>
    - Samedi, face à Caen...
    - (Il coupe). Je pense qu'il n'y aura pas de problème !
    - On imagine que vous avez envie de retrouver une ferveur digne d'une enceinte sportive.
    - Je pense qu'on n'aura même pas besoin de le demander. Déjà, lors du match face à Valenciennes, ils étaient là. Nous sommes allés saluer le public qui nous a félicités. Malheureusement, une personne a tout gâché. Ce sera une motivation supplémentaire pour gagner devant Caen. C'est un bon match à jouer.
    - La fin de saison approche, avez-vous envie de vous montrer en vue d'un départ ?
    - Si j'ai l'opportunité de rester en Ligue 1 ou de partir à l'étranger et que le club est partant, il n'y a pas de soucis. Mais, pour se montrer, il faut faire de bons matchs et on a besoin de toute l'équipe. On en parle entre nous. Même le coach nous le dit. Depuis quelques matchs, il y a une progression. On a l'occasion de le démontrer samedi.
    - Qu'en est-il de la rumeur évoquant un intérêt pour vous du Rapid Bucarest pour vous engager à la fin de l'exercice ?
    - Ce ne sont que des spéculations. Je ne sais même pas d'où ça vient. Ni le club, ni mon agent, ni moi n'avons été contactés. Même si c'était vrai, je ne pense pas que j'irais là-bas. Plutôt en Ligue 1 ou en Angleterre, s'il y a une opportunité. Pour le moment, il faut gagner des matchs pour retrouver un peu de plaisir.

    (1) Après de nombreux incidents en tribune, des supporters du FC Metz avait pris à partie le président Carlo Molinari.
    (2) Dans une récente interview, l'ancien Messin Nasser Ouadah a affirmé avoir été la cible d'injures racistes du fait de ses propres supporters.

    (R.L.) : Cardy en noir et blanc

    Année noire, saison blanche : bientôt réopéré, Julien Cardy aura en tout disputé quarante-cinq minutes de Ligue 1 en 2007-2008. « Je vais m'attacher à me reconstruire », dit-il. A Metz, probablement.

    Depuis bientôt huit mois, Julien Cardy fréquente hôpitaux, salles de soins, centres de rééducation, cabinets médicaux. Les terrains de football, beaucoup moins. Avant la fin de la semaine, le joueur du FC Metz aura subi une troisième intervention chirurgicale, dans l'espoir de venir à bout d'une fracture de contrainte au cinquième métatarse du pied gauche. « J'espère en être débarrassé pour le restant de ma carrière », affirme-t-il. Il l'espérait déjà, en début d'année, au moment de retrouver ses partenaires, et la compétition : une heure de Coupe de France, à Vesoul (0-6), quarante-cinq minutes de Ligue 1, à Lille (1-1). La satisfaction d'être le seul Messin invaincu cette saison ne l'effleure pas. Julien Cardy aurait surtout aimé ne plus ressentir cette douleur au pied qui, très vite, l'a contraint à observer un nouveau repos. « Après un mois et demi supplémentaire d'arrêt, il a bien fallu se résoudre à l'évidence. » L'évidence, en l'espèce, consiste à un passage sur le billard du professeur Rolland, sur lequel Ronaldo l'aura précédé d'une semaine.
    Sur son année noire qui se confond avec une saison blanche, ou quasiment blanche, Julien Cardy exprime surtout des regrets. « J'aurais aimé profiter du travail fourni la saison dernière, en Ligue 2. J'aurais aimé goûter à la Ligue 1 avec Metz, après l'avoir connue à Toulouse, comme acteur et non comme spectateur. Un match de Coupe, la moitié d'un match de championnat, c'est bien maigre par rapport au temps passé dans les tribunes ou sur mon canapé. » Et pas assez pour ne pas se sentir concerné par les résultats catastrophiques du FC Metz : « A Toulouse, j'avais connu une dernière saison un peu difficile, où je n'étais pas toujours titulaire. Il m'arrivait de me sentir détaché par rapport aux échecs. A Metz, jamais je me suis dit que j'avais le temps de rejouer, vu la tournure prise par les événements. Je n'ai pas brûlé les étapes, mais j'ai toujours eu hâte de revenir. Ma blessure n'a jamais constitué un prétexte pour fuir mes responsabilités. J'aurais vraiment préféré me rétablir, quitte à être directement associé à la débandade de l'équipe. » Selon les prévisions médicales, opération, plâtrage et rééducation amèneront Julien Cardy à la fin mai, donc à la conclusion de la saison ; il devrait donc être opérationnel à la reprise en vue de la prochaine, fin juin. Où ? « C'est une question que je ne me suis personnellement jamais posée. En revanche, elle m'a beaucoup été posée, et ma réponse ne change pas : mon envie première est de retrouver le terrain. Maintenant, ce sera sûrement à Metz et en Ligue 2 : après une saison blanche, je ne vois pas comment un club pourrait s'intéresser à moi. Et c'est aussi une question de fierté : je ne me vois pas partir sans rien avoir prouvé. A la reprise, je serai donc Messin, après un mois de vacances qui n'en seront pas, puisque je vais m'attacher à me reconstruire. Pour résumer, mon objectif consiste à regoûter aux joies du terrain. Avec Metz, cela me conviendra très bien. »
    Ayant très furtivement pu aligner Julien Cardy cette saison, à la différence de son prédécesseur qui en avait cependant beaucoup parlé, Yvon Pouliquen n'ignore rien du rôle qu'aurait pu jouer l'ancien milieu de terrain toulousain, mais il n'est pas du genre à en faire des tonnes sur les absences et leurs conséquences. L'entraîneur messin se projette vers l'été prochain : « Bien sûr que j'ai l'intention de garder Julien dans l'effectif. Je le dis, je compte sur lui. »

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : entraînement en matinée. Aujourd'hui : entraînement à 10 h sur le terrain du bord de l'autoroute. Demain : entraînement à 16 h.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Lyon - Metz (26e journée de Ligue 1) samedi 23 février, 2-0. Prochain match : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h). A suivre : Metz - Nice (29e journée) samedi 15 mars (20 h) ; Lorient - Metz (8e de finale de la Coupe de France) mercredi 19 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) respecte un programme de reprise avec le préparateur physique. Julien Cardy (fracture du pied) est à l'arrêt jusqu'à la fin de la saison. Rudy Gestede (douleur musculaire à la cuisse) reprendra l'entraînement la semaine prochaine. Malade, Miralem Pjanic ne s'est pas entraîné, hier matin.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Par la voix de son président, Carlo Molinari, le FC Metz a formulé auprès de la LFP la demande d'avancer le derby Nancy - Metz, prévu le samedi 22 mars, à 17 h 10. La balle sera aussi dans le camp de Canal +, le diffuseur de la Ligue 1.

     Thiriez en appelle au ministère de l'Intérieur

    Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel, s'est dit hier favorable à la dissolution du groupement de supporters extrémistes du FC Metz La Faction, responsable présumé de propos et gestes nazis samedi à la fin de Lyon-Metz. « La loi Sarkozy a permis la dissolution par décret en Conseil des ministres des groupements de supporters violents et racistes. C'est sans doute l'occasion de prononcer pour la première fois la dissolution d'un groupement raciste et violent », a-t-il avancé sur RMC, précisant qu'il avait « saisi le ministre de l'Intérieur ». « Nous avons porté plainte nous-mêmes en même temps que le FC Metz contre cette bande de néo-nazis, a ajouté le président de la LFP. Deux d'entre eux ont été identifiés. J'espère que des interdictions de stades seront prononcées par le préfet. On a besoin que tout le monde se mobilise sur les problèmes de sécurité ». Comme le révélait hier Le Républicain Lorrain, l'un des deux individus identifiés avait déjà fait l'objet d'une interdiction de stade de trois mois à la suite des incidents survenus lors du match Metz - Strasbourg, en octobre dernier. La loi du 5 juillet 2006 (article 332-18 du code du sport) autorise la dissolution par décret d'associations ou de groupements de fait, dont les membres commettent dans un stade des actes violents ou racistes, incitent à la haine ou à la discrimination raciale, religieuse ou sexuelle. Le FC Metz a déposé plainte contre une demi-douzaine de personnes, et la Licra s'est constituée partie civile. « La loi permet de dissoudre de tels groupuscules, même si ces derniers ne sont pas sous forme associative, mais constituent des groupements de fait », insiste la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme.

    Une Fondation pour promouvoir le respect

    FOOTBALL. La Fondation du football a été lancée, hier à Paris, sous l'égide de la Fédération française, dans le but d'accompagner et propager les initiatives prônant le respect et les valeurs afférentes (tolérance, fraternité, solidarité) dans le monde amateur. Le conseil d'administration est présidé par Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes, et inclut diverses personnalités telles que l'ancien joueur Éric Cantona, le journaliste Michel Denisot, les députés Jean-François Lamour et Patrick Braouezec ou encore le philosophe André Comte-Sponville. « De nombreuses actions viseront à remettre les valeurs fondamentales dans le football et la société », a expliqué Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF à l'initiative de ce projet.
    La Fondation, qui sera officiellement créée dans huit à douze mois et aura un budget de deux millions €, s'est donnée trois axes de travail, parrainés par trois personnalités du ballon rond : le respect des autres (Lilian Thuram), le respect de soi (Corinne Diacre, ex-capitaine de l'équipe de France féminine), et le respect de l'environnement (Bixente Lizarazu). Éric Cantona, sélectionneur de l'équipe de France de beach-soccer et au passé tumultueux de joueur professionnel, a tenu à justifier sa présence au sein du conseil d'administration : « Certains peuvent se poser la question de ce que je fais ici, alors que j'ai connu des moments difficiles. Il y a des gens qui me disent : "Super quand t'as sauté dans la tribune, c'était bien." C'est justement quand on l'a vécu qu'on peut se rendre compte que c'était de grosses erreurs. On en tire des enseignements, et on peut transmettre quelque chose. »

    Trois mois d'interdiction de stade

    Une interdiction administrative de stade de trois mois a été infligée par le préfet de Lorraine à l'auteur présumé des insultes racistes contre le défenseur de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou. Le préfet Bernard Niquet a décidé cette mesure à l'encontre de Christophe H., agent de sécurité de trente-sept ans, pour une durée de trois mois, soit du 22 février au 22 mai, durée maximum autorisée par la réglementation actuellement en vigueur. Le contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre au stade décidée par un juge des libertés le 18 février, deux jours après le match de Ligue 1 Metz-Valenciennes, a de ce fait été levé, a parallèlement indiqué le substitut du procureur de la République, Emmanuel Dupic. « L'interdiction de stade décidée par le juge courait jusqu'au 18 mars, date à laquelle le spectateur comparaîtra pour "injures publiques à caractère racial", a expliqué M. Dupic. L'interdiction administrative de stade prononcée par le préfet allant jusqu'au 22 mai, le contrôle judiciaire a été levé parce qu'il faisait double emploi ».

    « Non au racisme »

    Deux semaines après Metz - Valenciennes et les insultes proférées à l'encontre d'Abdeslam Ouaddou par un spectateur messin, une semaine après Lyon - Metz et les dérapages de membres de la Faction, groupe de supporters non officiel, le FC Metz organisera samedi différentes actions, afin de « démontrer son profond rejet du racisme ». Une bande sonore sera diffusée avant le coup d'envoi, où l'on entendra notamment le joueur messin Babacar Gueye, le chanteur Julien Clerc et d'autres personnalités. Le maillot du FC Metz, blanc, sera vierge de toute publicité et portera le message suivant : « Non au racisme ». « Les sponsors du club, à l'unanimité, ont encouragé et facilité cette initiative en abandonnant volontairement leur espace de visibilité sur la tenue officielle », précise le club lorrain. Mille enfants, invités par le conseil général de la Moselle et par le FC Metz, effectueront un tour de terrain avant la rencontre, également vêtus d'un tee-shirt portant un message contre le racisme. Enfin, les comédiens Mouss Diouf et Patrick Timsit donneront le coup d'envoi de la rencontre.

    Affaire Kébé: la LFP va statuer

    La commission de discipline de la Ligue de football professionnel a convoqué, ce soir, Charles Orlanducci, président bastiais, Pierre-Paul Antonetti, président du directoire du SC Bastia et Pierre Antoniotti, responsable de la sécurité du club corse, afin d'évoquer la deuxième affaire Kébé, celle des banderoles racistes déployées dans les tribunes bastiaises visant le joueur de Libourne. Cependant, la LFP ne devrait pas rendre son jugement aujourd'hui mais mettre ce dossier à l'instruction, pour un délai qui n'est pas encore déterminé. Il faudra du temps pour examiner tous les paramètres de cette histoire depuis l'apparition vendredi dernier avant le match Bastia-Libourne des banderoles « Kébé, on n'est pas racistes » ; « La preuve, on t'enc... » « Je n'ai pas été à la hauteur, puisque les banderoles sont rentrées, a déjà reconnu Pierre-Paul Antonetti. Je le répète, je prends mes responsabilités. C'est ma faute, il n'y a pas de problème, j'assume. La banderole a été déployée par des gamins d'une quinzaine d'années, alors que les instigateurs [...] se cachent », a-t-il poursuivi.

    Meniri

    « C'est petit, pas très intelligent et cela aurait pu être fait avec un peu plus de finesse. On n'avait pas besoin de ça, surtout dans le contexte actuel. Mais je ne pense pas que les propos étaient racistes. Les mots, on les interprète comme on veut mais, pour moi, cette banderole n'était pas à caractère raciste ». Du défenseur algérien de Bastia, Mehdi Meniri, à propos de la banderole déployée le 22 février par les supporters corses, insultant le joueur noir de Libourne, Boubacar Kébé.

    (Site officiel FC Metz) : Tous unis contre le racisme…

    A l’occasion de la rencontre Metz – Caen, samedi 1er mars, le FC Metz souhaite démontrer par des actions symboliques fortes son profond rejet du racisme. Ses partenaires principaux se sont spontanément associés à cette démarche.

    Une bande sonore pour sensibiliser à la lutte contre le racisme
    Afin de contribuer à sensibiliser le grand public à la lutte contre le racisme, une bande sonore composée de messages enregistrés par plusieurs membres du FC Metz ainsi que quelques personnalités du monde de la chanson a été réalisée. Elle sera diffusée dans les tribunes du stade Saint-Symphorien juste avant le coup d’envoi de la rencontre.
    Par ailleurs, un spot radio plus court, reprenant les meilleurs moments de cette bande sonore, sera mis à disposition des médias audiovisuels souhaitant s’en faire l’écho.
    Un maillot vierge de sponsor
    A titre exceptionnel, les joueurs du FC Metz disputeront la rencontre vêtus d’un maillot blanc, vierge de toute publicité, sur lequel sera inscrit un message simple : « NON AU RACISME ».
    Les sponsors du club ont à l’unanimité encouragé et facilité cette initiative en abandonnant volontairement leur espace de visibilité sur la tenue officielle, en offrant les équipements et les flocages.
    1000 enfants pour véhiculer un message
    1 000 enfants, dont 500 invités par le Conseil Général de la Moselle et 500 par le FC Metz, porteront le tee-shirt conçu par l’UNFP, le syndicat des joueurs professionnels, marqué : « Racisme… Plus jamais ça ! », qu’ont revêtu l’ensemble des joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 lors de la dernière journée de championnat.
    Parmi ces 1 000 enfants, 500 effectueront le tour de la pelouse du stade Saint-Symphorien un peu avant le coup d’envoi, afin de sensibiliser l’ensemble du public messin à ce message de fraternité.
    Coup d’envoi symbolique
    Pour marquer leur adhésion à la lutte contre le racisme, les acteurs Patrick TIMSIT et Mouss DIOUF se rendront spécialement à Saint-Symphorien afin d’y donner le coup d’envoi fictif de la rencontre.

    Caen part se ressourcer

    La sévère défaite (3-1) subie à domicile contre Saint-Etienne le week-end dernier a été mal vécue du côté de Caen. Le staff technique a décidé d’emmener le groupe en stage toute la semaine. Explications avec le gardien Vincent Planté.

    Vincent, quel est l’objectif de cette mise au vert ?
    Vincent Planté : « Le but est de se retrouver entre joueurs afin de se remobiliser en se tenant à l’écart de l’entourage extérieur, des journalistes. Cela peut nous faire du bien. Nous savons que le prochain match sera très important. On ne peut pas parler d’état d’urgence car nous conservons tout de même une petite marge. Mais nous ne devons pas non plus nous reposer sur nos lauriers. Il va falloir réagir rapidement pour engranger les points qui nous manquent pour le maintien. »
    Que penser du FC Metz, qui semble déjà condamné à la descente ?
    V.P. : « C’est une équipe qui veut terminer sa saison au mieux même si elle va probablement être reléguée. Je pense qu’on prépare surtout la saison prochaine du côté de Metz. Et puis, ils ont des joueurs de talent qui doivent se montrer pour avoir la chance de rester en Ligue 1 dans un autre club la saison prochaine. Ce sera à nous d’être plus présents que samedi face à Saint-Etienne. Jusqu’à l’ouverture du score, nous étions bien en place. Et ensuite, sur un coup-franc anodin, nous prenons ce but et nous commençons à prendre l’eau. C’est surtout cela qui est inquiétant. »
    Justement, comment expliquer que l’équipe se soit désunie après ce premier but ?
    V.P. : « Nous cherchons à marquer tout de suite alors qu’il reste beaucoup de temps. Et du coup, nous nous découvrons. Cela permet à nos adversaires de nous prendre en contre car nous sommes désorganisés. Saint-Etienne, après avoir marqué, a joué à dix derrière. C’était plus difficile pour nous de faire tourner le ballon, et pour eux plus facile d’attaquer car ils avaient des espaces. Comme ils vont très vite devant, nous avons été punis. »
    Vous êtes bien moins en réussite qu’il y a quelques mois. Le moral des troupes est-il entamé ?
    V.P. : « Il faut provoquer cette réussite que nous n’avons plus. Il ne nous manque peut être pas grand chose : marquer les premiers, ou simplement obtenir une victoire à l’arrachée. Cela nous conviendrait et cela relancerait notre fin de championnat. Le moral est un peu touché car nous avons subi de grosses défaites à domicile. Nous pensions que le point ramené de Sochaux allait nous remettre en selle. Il nous a fait du bien pendant la semaine, mais nous n’avons pas su réagir pendant le match après le premier but. Nous avons replongé psychologiquement. C’est pour cela aussi que nous sommes partis nous mettre au calme cette semaine. »

    (Quotidien l’Equipe) : Une fondation, des fondamentaux

    LA FONDATION DU FOOTBALL, qui adoptera officiellement ce statut juridique dans huit mois, est née hier au siège de la FFF, porteuse de cette idée depuis 2006. L’annonce a été faite devant de nombreuses personnalités et représentants du football, parmi lesquels ne figuraient pas ceux du monde professionnel, pourtant invités. À travers ses ligues et ses districts, la FFF a toujours mené des actions éducatives mais de façon disparate et dans l’indifférence. « Nous sommes inaudibles », a avoué le président Jean- Pierre Escalettes qui veut, cependant, profiter d’une base militante sans pareil (18 000 clubs, 2,3 millions de licenciés, 274 000 éducateurs et bénévoles) pour œuvrer à la « transformation des mentalités ».

    La Fondation devrait donner plus de visibilité et de cohérence à ces initiatives.

    Son rôle sera d’encourager et d’expérimenter, auprès des clubs amateurs, des actions qui, selon le président Escalettes, sont destinées à « remettre les valeurs fondamentales dans le football et notre société ».Derrière le maître mot « respect » (« total respect » aurait fait plus branché), trois axes de travail, parrainés chacun par un joueur, ont été retenus : le respect de soi (Lilian Thuram), celui des autres (Corinne Diacre), celui de l’environnement (Bixente Lizarazu). Les programmes seront définis avant la fin de cette saison.

    « La FFF reconnaît qu’elle a des devoirs et en mettant en œuvre un tel projet, elle les assume », a déclaré le premier président de la Fondation, Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes.

    Structure autonome, la Fondation travaille en collaboration avec la FFF et présente un budget prévisionnel de 2 M_ (la moitié provenant de la FFF, l’autre de partenaires privés). Dans le contexte actuel, fortement marqué par les incivilités et l’inanité des réponses apportées, reste à savoir quel sera véritablement l’apport de cette Fondation. « Rendez-vous fin 2009 », a répondu Philippe Séguin, relayé par Jean-Pierre Escalettes : « S’il s’agissait d’un gadget, nous ne serions pas allés chercher si loin et n’aurions pas pris de telles personnalités, nous aurions créé une commission de plus. » Dont acte.

    Les membres du conseil d’administration : P. Séguin, E. Avice (présidente du Conseil national des activités physiques et sportives, ancienne ministre délégué aux sports), B. Barbet (président de la ligue Rhône-Alpes), P. Boniface (directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques), P. Braouezec (député de la Seine-Saint- Denis),E. Cantona (sélectionneur et entraîneur de l’équipe de France de beach-soccer),A. Comte-Sponville(philosophe),M. Denisot (journaliste), B. Desumer (président de la ligue de Lorraine), J.-F. Lamour (député de Paris, ancien ministre des Sports), R. Latapie (président du district des Hautes-Pyrénées),T. Mercier (président du district du Val-de-Marne), E. Mougeotte (directeur des rédactions du groupe le Figaro),G. Saillant (chirurgien, spécialiste de la médecine sportive).

     Metz : Thiriez veut dissoudre la « Faction »

    Le président de la Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé hier qu’il avait saisi le ministre de l’Intérieur pour qu’il prononce la dissolution du groupe de supporters messins qui se fait appeler la « Faction », qualifiée par Frédéric Thiriez de « bande de néo-nazis ». Selon le FC Metz, certains de ses membres se sont rendus coupables de gestes et de propos nazis, samedi à la fin de Lyon-Metz (2-0). « La loi Sarkozy de juillet 2006 (article L 332-18 du Code du sport) permet la dissolution par décret des groupements violents et racistes qui sévissent dans les stades, a précisé Thiriez. C’est sans doute l’occasion pour la première fois de prononcer une dissolution. » Cette disposition peut s’appliquer aux associations constituées mais aussi aux groupements de fait tels que la « Faction ».

    À Metz, la police a auditionné hier les stadiers présents à Gerland et doit maintenant entendre les deux individus identifiés par ces derniers. Ils seraient deux, selon Thiriez, et l’un d’eux aurait déjà fait l’objet d’une interdiction de stade de trois mois après les incidents de Metz-Strasbourg (1-2), le 6 octobre. Le préfet de la Moselle doit désormais attendre la fin de l’enquête de police pour en prononcer de nouvelles dans le cadre de cette affaire. Hier, il a interdit de stade pour trois mois l’auteur présumé des insultes à Abdeslam Ouaddou, lors de Metz-Valenciennes (2-1), le 16 février. Par ailleurs, le club lorrain a annoncé une action symbolique contre le racisme à l’occasion de Metz-Caen, samedi. Les joueurs messins joueront avec un maillot sans sponsor et avec l’inscription « Non au racisme ». Le coup d’envoi sera donné par les comédiens Patrick Timsit et Mouss Diouf.

    Bastia s’accroche

    Déjà sanctionnés d’un point de pénalité dans l’affaire Kébé, Bernard Casoni et ses joueurs sont dégoûtés mais déterminés.

    CET APRÈS-MIDI, à 18 heures, Charles Orlanducci, président du SC Bastia, et Pierre Antoniotti, responsable de la sécurité du club, seront entendus par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), présidée par le Corse Jacques Riolacci. Les deux hommes ont été convoqués dans le cadre de la deuxième affaire Boubacar Kébé, deux banderoles portant des propos injurieux – « Kébé, on n’est pas racistes… » et « La preuve, on t’enc… ! » – ayant été déployées par une poignée de spectateurs bastiais, juste avant Bastia - Libourne-Saint-Seurin (2-1), vendredi dernier.

    Le club corse risque donc de nouvelles sanctions, après s’être déjà vu retirer un point au classement, en raison des événements du match aller, le 14 septembre (4-2 pour Bastia).

    Quelques spectateurs corses avaient alors proféré des insultes racistes contre l’attaquant libournais, ce qui a débouché sur cette décision, prise par la LFP, confirmée en appel par la FFF, puis lundi dernier par l’avis du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

    Casoni : « On se sent pris en otages »

    Le SCB, quatrième de L 2, avec un match en retard, à six longueurs du troisième, Troyes, ne l’accepte pas et va saisir le tribunal administratif de Bordeaux. En attendant, le fait que ces affaires relèguent au second plan l’excellent travail sportif réalisé cette saison par Bastia contrarie au plus haut point Bernard Casoni, l’entraîneur : « Les médias ne parlent plus que de ça et c’est fatigant. C’est extrêmement frustrant et injuste d’avoir un point de moins. Les joueurs ne le méritent vraiment pas, alors si on nous en enlève d’autres… On se sent pris en otages. On nous tape dessus parce que c’est toujours facile, et je ne peux donc pas avoir le sourire tous les jours. Mais on va continuer à se battre. On a un super groupe, qui a d’énormes ressources mentales, comme le montre le dernier match, contre Libourne, où on a réussi à arracher la victoire à dix contre onze. » Après un début de saison difficile (quatre défaites sur les six premières journées), le club corse a enchaîné les bons résultats, restant sur quatre succès lors des cinq derniers matches de L 2 et toujours qualifié en Coupe de France, où il affrontera le Paris-SG en huitièmes de finale.

    Malgré les contrariétés, les joueurs n’ont donc aucune envie de renoncer, à l’image du prometteur milieu ivoirien Kafoumba Coulibaly : « On fait tout pour prendre un maximum de points, alors c’est très dur moralement d’en perdre un comme cela. Mais, de toute façon, on n’y peut pas grand-chose. Alors, tout ce qu’on peut faire, c’est essayer de ne pas y penser – d’ailleurs le coach ne nous en a jamais parlé – et continuer à se défoncer. »

    Le défenseur central Grégory Lorenzi poursuit : « Lorsqu’on en parle entre joueurs, on en rigole, tellement l’injustice nous paraît énorme. Alors on ne se disperse pas, on se concentre sur le terrain et on joue tous les coups à fond, en sachant que ce sont les valeurs mentales qui font la différence en L 2. Et si on parvient à monter en L 1 malgré ce point de pénalité, ce sera la plus belle des revanches… »

    MetzCaenplante2008racisme2008

    February 27

    Eradiquer cette chienlit, un devoir de mémoire !

    La phrase du jour. « Non, je m'arrête à quatre ! » D'Yvon Pouliquen, répondant à cette question un brin nostalgique de notre part : « Les retours de Jeff Strasser et Matheus Vivian vont-ils vous conduire à aligner un peu plus de défenseurs ? »

     (Quotidien l’Equipe) : Nouvelle plainte du FC Metz

    UNE SEMAINE APRÈS les incidents qui ont marqué la rencontre Metz-Valenciennes (2-1), le directeur de la sécurité du FC Metz, Jacky Ancel, a annoncé que son club avait de nouveau porté plainte à la suite des incidents qui ont eu lieu dans le parcage des supporters messins à la fin de Lyon-Metz (2-0), samedi à Gerland.

    « Lorsque des joueurs sont allés près du carré réservé aux supporters messins pour leur offrir les maillots qu’ils portaient avant la rencontre (où figurait l’inscription “Tous unis contre le racisme. Plus jamais ça ! ”), certains individus ont rejeté ces maillots et affiché des attitudes de “ nazillons ”. Il y a eu un bras tendu, un “ Sieg Heil ” et une chanson », a détaillé Ancel.

    Selon ce dernier, il s’agirait d’individus membres d’un groupuscule qui se fait appeler la Faction mais qui n’est pas constitué en association. Une trentaine d’entre eux étaient présents à Lyon. Le club avait déjà pointé du doigt leur responsabilité après les insultes subies par Richard Trivino cet été et l’interruption de Les stadiers messins présents à Gerland ont signalé ces incidents dans leur rapport mais aucune image de vidéosurveillance ne les a saisis. Le club a cependant décidé de porter plainte, contre X mais aussi contre des personnes nommément citées. « Entre une et cinq », a indiqué Ancel sans vouloir préciser. Selon l’article L 332-7 du Code du sport, « le fait d’introduire, de porter ou d’exhiber dans une enceinte sportive (...) des signes ou symboles rappelant une idéologie raciste ou xénophobe est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

    Sans attendre une éventuelle décision de justice, le préfet de la Moselle devrait prononcer des interdictions de stade contre les individus mis en cause par le club. « Notre but est d’éradiquer cette vague de violence verbale, souligne Ancel. On fait le procès du public à cause d’une dizaine d’imbéciles. Il faut dénoncer et je fais aussi appel au civisme des gens, pour qu’ils nous alertent. »

    Les 14 ans en Alsace

    La sélection de Lorraine des 14 ans rencontrera, le mercredi 5 mars, son homologue alsacienne. Cette rencontre amicale se disputera sur les installations sportives du club de Mundolsheim (15 h). Dix-sept joueurs ont été retenus.
    Gardiens ­ Willy Georges (AS Nancy-Lorraine), Stéphane Tartaglia (RS Magny).
    Défenseurs ­ Brian Babit (FC Metz), Julien Boulanger (FC Metz), Xavier Chepy (FC Metz), Jordan Darbelet (AS Nancy-Lorraine), Dimitri Korczak (FC Metz), Erwan Martin (FC Metz).
    Milieux de terrain ­ Brahim Abdelli (FC Metz), Jordan Coignard (FC Metz), Abdou Coulibaly (AS Nancy-Lorraine), Tristan Rodriguez (AS Nancy-Lorraine), Mbia Sosso (FC Metz), Servan Tastan (FC Metz).
    Attaquants ­ Akim Meddour (FC Thionville), Thibaut Vion (FC Metz), Maxime Zuddas (AS Nancy-Lorraine).

    (R.L.) : Dennoun dénonce des « propos racistes »

    FOOTBALL. Le milieu de terrain de Libourne/Saint-Seurin, Mohamed Dennoun, a déclaré sur RMC, hier, avoir été victime de « propos racistes » à Bastia vendredi soir lors du match de la vingt-cinquième journée de Ligue 2 marqué par la banderole injurieuse visant le Burkinabé Boubacar Kébé. « Le juge de touche a entendu les propos racistes sur moi et m'a dit de laisser faire », expliquant qu'il s'agissait d'un « contexte particulier », a raconté Dennoun. « Les joueurs corses m'ont dit de faire abstraction du public, et dans les tribunes ça a continué. Je n'ai jamais eu de problème dans les stades, mais ça s'est toujours mal passé en Corse », a-t-il ajouté.
    Kébé avait été victime d'insultes à caractère raciste lors du match aller à Libourne, auxquelles il avait répondu par un doigt d'honneur qui lui avait valu un carton rouge. Le club de Bastia avait été condamné à un point de pénalité au classement.
    Avant le coup d'envoi du match retour à Bastia, vendredi, pour le compte de la vingt-cinquième journée de Ligue 2, des supporteurs du club corse ont déployé des banderoles insultant le même joueur. La première affirmait : « Kébé on n'est pas racistes », suivie d'une autre : « La preuve, on t'enc... ». Elles ont été prestement repliées quand l'arbitre a refusé de donner le coup d'envoi. La Ligue de football professionnel (LFP) a porté plainte, lundi, contre les auteurs de ces banderoles

     La Faction en question

    Le FC Metz s'apprête à déposer plainte contre plusieurs de ses supporters, membres d'un groupe non officiel, suspectés de gestes à connotation nazie à la fin du dernier match, à Lyon. L'un deux venait de purger une peine de trois mois d'interdiction de stade.

    Qu'est-ce que la Faction ? Au stade, à Metz, ils prennent place en bas de la tribune Ouest, tout près des supporters de Génération Grenat, groupe officiel que la plupart d'entre eux ont quitté en 2004. En déplacement, il n'est pas rare qu'ils déploient cette banderole portant leur pavillon, « La Faction », désormais interdite à Saint-Symphorien. Selon nos informations, plusieurs membres de la Faction seraient adhérents des Jeunesses Identitaires, groupuscule d'extrême droite proche du Front National. Chargé des questions de sécurité au FC Metz, Jacky Ancel parle à leur propos d'un « groupe de dissidents », dont une minorité aurait aussi déserté les rangs de la Horda Frenetik, autre section reconnue par le club, située quant à elle en tribune Est et qui a fait de la lutte contre le racisme l'un de ses chevaux de bataille. Les services de police s'intéressent à l'attitude des supporters de la Faction depuis plusieurs mois. En octobre dernier, une dizaine d'entre eux s'étaient vu interdire de stade, pour trois mois, à la suite des incidents qui avaient ponctué le match entre le FC Metz et le RC Strasbourg. Au total, ce groupe serait composé d'une trentaine de personnes ; il n'est pas reconnu par le club lorrain, à la différence de Génération Grenat, de la Horda Frenetik et du plus confidentiel En Avant Metz. Que s'est-il passé, samedi soir, à Lyon ? « A la fin du match, rapporte un supporter messin présent à Gerland, quelques joueurs sont venus au pied de notre tribune et ont lancé le maillot qu'ils portaient avant la rencontre, avec un message encourageant à lutter contre le racisme. Les gens de la Faction les ont aussitôt renvoyés sur la pelouse. » Selon les deux stadiers messins situés dans le carré réservé aux supporters de l'équipe visiteuse à Lyon, ces mêmes individus auraient alors exécuté des chants nazis et, d'après Jacky Ancel qui a recueilli le témoignage de ses stadiers, « il y a eu un bras tendu et un "Sieg heil". » Aucun joueur messin n'a aperçu ce geste ni entendu les chants. Quant aux caméras de vidéosurveillance, elles filmaient à ce moment là l'évacuation du stade, et non ce qui se passait au pied de la tribune. 101 personnes occupaient l'espace réservé aux supporters messins, dont 68 membres des groupes officiels. Trente-trois membres de la Faction avaient donc effectué le déplacement à Lyon, « par leurs propres moyens, en l'occurrence en affrétant leur propre bus, et non en participant au voyage de Génération Grenat comme on a pu l'entendre », précise Jacky Ancel.
    Comment interpréter ces faits ? Dans le contexte déjà pesant de l'affaire Ouaddou, du nom du joueur de Valenciennes victime d'injures racistes de la part d'un spectateur messin lors du dernier match à Saint-Symphorien, le FC Metz se passerait évidemment de cette affaire. « Il s'agit clairement de nous provoquer », affirme Jacky Ancel. Dans le collimateur du club, qui semble décidé à les bouter hors du stade, les membres de la Faction auraient-ils décidé de profiter des projecteurs braqués sur Metz pour nuire au club qu'ils sont censés soutenir ? Une hypothèse totalement plausible : en raison de sa popularité, le football constitue avant tout un vecteur idéologique pour différents groupuscules d'extrême droite, comme plusieurs enquêtes des Renseignements Généraux l'ont déjà démontré, dans plusieurs villes de France. Visiblement, Metz n'est pas épargné.
    Que peut faire le FC Metz ? « Pour interdire l'accès au stade à quelqu'un, nous devons nous appuyer sur une mesure judiciaire ou administrative », rappelle Jacky Ancel. Après les débordements de Metz - Strasbourg, douze interdictions de stade avaient été prononcées. Hier, le FC Metz a porté plainte contre X et contre deux personnes qui ont pu être identifiées. L'une d'entre elles avait précisément été interdite de stade en octobre dernier, et sa peine venait de prendre fin. Le FC Metz dépose plainte avec constitution de partie civile en invoquant l'article L332-7 du code du sport, qui « punit d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende le fait d'introduire, de porter ou d'exhiber dans une enceinte sportive [...] des insignes, signes ou symboles rappelant une idéologie raciste ou xénophobe. » Toute la difficulté va maintenant consister à établir le délit. Comme au lendemain de Metz - Valenciennes, Carlo Molinari a rappelé le ferme engagement de son club à éradiquer toute forme de violence dans son environnement, espérant que « toutes les suites judiciaires nécessaires » seraient données à cette nouvelle affaire. Samedi, à l'occasion de la 27e journée de Ligue 1 et du match Metz - Caen, plusieurs manifestations sont prévues à Saint-Symphorien visant à lutter contre le racisme et à donner une image plus flatteuse de Metz. Une surveillance toute particulière risque d'être administrée au bas de la tribune ouest, à droite, très à droite, en regardant depuis le terrain.

     FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : entraînement en matinée. Aujourd'hui et demain : entraînement à 10 h.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Lyon - Metz (26e journée de Ligue 1) samedi 23 février, 2-0. Prochain match : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h). A suivre : Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h) ; Metz - Nice (29e journée) samedi 15 mars (20 h) ; Lorient - Metz (8e de finale de la Coupe de France) mercredi 19 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Victime d'une déchirure à la cuisse le 1er février, à Strasbourg, en Coupe de France, Sébastien Bassong observe depuis hier un programme de reprise en compagnie du préparateur physique. Opéré dans les prochains jours d'une fracture du pied, Julien Cardy est indisponible pour le restant de la saison. Enfin, ressentant une douleur à la cuisse depuis son retour à la compétition, dimanche, après avoir soigné une déchirure, Rudy Gestede restera aux soins jusqu'à la semaine prochaine.
    Suspendu. Aucun.
    (Site officiel FC Metz) : Communiqué du FC Metz :

    A l’occasion de la 26e journée de Ligue 1, samedi 23 février au stade de Gerland à Lyon, quelques spectateurs appartenant à un groupe informel et non reconnu par le Football Club de Metz, appelé la Faction, se sont livrés à l’issue de la rencontre à des faits d’exhibition de signes rappelant une idéologie raciste.
    Suite à ces comportements répressibles par la loi et qu’il condamne fermement, le Football Club de Metz a porté plainte avec constitution de partie civile, contre X et contre les quelques individus dénommés qui ont pu être identifiés. Il espère ainsi que toutes les suites judiciaires nécessaires seront données à cette affaire.

    Je profite davantage

    Arrêté pendant de longs mois, Matheus Vivian est de nouveau apte à jouer. Tout aussi calme et réfléchi, le défenseur brésilien au Français parfait revient sur son absence et les changements qui sont intervenus alors qu’il était en rééducation.

    Matheus, pour commencer, pouvez-vous revenir sur votre premier match de l’année, avec la CFA le week-end dernier ?
    Matheus Vivian : « C’était pour moi un grand bonheur de retrouver les sensations du terrain. Je baigne dans le football depuis des années et je suis tout de même resté plus de cinq mois sans jouer. Même s’il s’agissait d’une rencontre de CFA, un match est toujours différent d’un entraînement. De plus, nous avons affronté une belle équipe, il faisait beau, le contexte était très agréable. Je n’en retiens que du positif. »
    Vous avez évolué en charnière centrale aux côtés de Jeff Strasser, qui faisait également son entrée…
    M.V. : « Oui, on peut dire que notre défense était expérimentée, puisque les côtés étaient occupés par Stéphane Leoni et Luis Delgado ! Nous avons produit une bonne première mi-temps, et notre avance aurait dû être plus importante à la pause. Ensuite, Sochaux a égalisé d’un superbe coup-franc, mais nous sommes parvenus à nous imposer en inscrivant un deuxième but. Nous avons ensuite bien géré la fin de match. Il s’agissait de casser le rythme car beaucoup d’entre nous revenaient de blessure, comme Rudy Gestede par exemple, alors que notre adversaire alignait une équipe très jeune. »
    Cette blessure à la cheville contractée contre Lyon le 15 septembre dernier est-elle définitivement oubliée ?
    M.V. : « Je ne ressens plus rien mais je reste très prudent car il arrive souvent que les joueurs revenant d’une longue période d’arrêt contractent des blessures musculaires. Je fais donc très attention aux étirements, aux massages, aux temps de récupération et à l’échauffement. Je veux mettre toutes les chances de mon côté afin de pouvoir travailler dans la continuité et retrouver progressivement mon meilleur niveau. »
    Vous êtes parti au Brésil durant votre convalescence, comment avez-vous vécu cette période ?
    M.V. : « Cela m’a permis de prendre un peu de recul sur la situation. J’ai continué de suivre la vie du club par le biais du site internet, et notamment les matches en direct. Lorsqu’on est détaché comme cela, on voit les choses d’une autre manière. Je suis revenu avec un état d’esprit beaucoup plus positif. Je pense que chacun doit pouvoir apporter quelque chose à ce niveau dans la vie du groupe. »
    Justement, avez-vous senti les joueurs changés à votre retour du Brésil ?
    M.V. : « Lorsque je suis parti, nous étions en position difficile et nous le sommes toujours. De ce point de vue, donc, rien n’a changé. Mais avant mon départ, les choses étaient incertaines. Nous nous attendions à ce que des changements interviennent mais nous ne savions pas ce qui allait se passer. Cela favorisait un climat de tension entre les joueurs. Désormais, la situation est plus claire et les choses ont été remises à plat. Même si j’imagine que le changement de méthodes n’a pas plu à tout le monde, la situation est bien plus claire. »
    Le club a également accueilli Yvon Pouliquen, avec qui vous avez effectué une bonne saison sous les couleurs de Grenoble…
    M.V. : « Cela fait toujours plaisir de retrouver les gens avec qui on a vécu de bons moments. L’année passée, nous avons pris du plaisir avec le GF38. Chaque jour, nous étions heureux d’être ensemble dans le vestiaire, à l’entraînement. C’est ce qu’on cherche lorsqu’on joue au football. De plus, même si nous n’avons pas joué la montée comme Metz, nous avons obtenu le meilleur classement de l’histoire du club. Je pense que cette équipe a apporté beaucoup à Grenoble. Chacun, individuellement, a progressé. C’est ce que le coach voulait. »
    Il vous avait d’ailleurs nommé capitaine. Aviez-vous une relation particulière avec lui ?
    M.V. : « Pas vraiment. Le fait de porter le brassard ne m’a pas changé. Je pense qu’il a vu en moi un garçon positif alors que le capitaine habituel (ndlr : Julien François) venait de quitter le club pour rejoindre Metz. Je suis resté moi même, car je crois qu’il m’a choisi pour mes principes et mes certitudes. Ensuite, lorsqu’on vit une belle aventure, les liens se resserrent entre les gens. Tous ceux qui étaient dans l’équipe ont du le ressentir également. Je connais bien Yvon Pouliquen, c’est un entraînement qui laisse beaucoup de liberté aux joueurs tant que leur comportement est positif et qu’ils cherchent à apporter quelque chose au collectif. »
    Comment voyez-vous cette fin de saison ?
    M.V. : « Pour l’instant, tout ce que je veux, c’est retrouver le terrain. Même la sensation de souffrance, de dépassement de soir, c’est ce qui me plait. Je n’ai pas établi de planning car j’ai vécu la plus longue absence de ma carrière. Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais été arrêté plus d’un mois. Au quotidien, je valorise donc davantage certaines choses qui ne me paraissaient pas si importantes avant : le plaisir d’être au vestiaire, d’aller s’entraîner. J’en profite davantage. Dans les semaines à venir, je vais faire de mon mieux, et la décision appartiendra au coach. S’il faut faire plusieurs matches de CFA, je le ferai sans problème, avec enthousiasme. »
    Pour finir, où en est votre projet d’école de football au Brésil * ?
    M.V. : « Elle va ouvrir dès la saison prochaine. Le principe est d’accueillir les jeunes footballeurs qui n’ont pas forcément beaucoup de moyens. Grâce à un partenariat avec une université de ma ville, nous leur donnerons accès à un enseignement de qualité, tout en leur apprenant les bases de notre sport. Le suivi personnel de chacun sera important. Dans mon village, j’ai été le premier à faire une carrière professionnel. Je suis en quelque sorte une référence pour les gamins du coin. Alors, si je suis dans la possibilité de les aider, c’est la moindre des choses de le faire. Et je le fais avec plaisir. »

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    February 26

    Dérives, suite et, hélas, pas fin...

    La phrase du jour : "chacun son style ! De Gaulle, qu'un opposant interpellait par un sonore : "Mort aux cons" , répondait avec classe : "Vaste programme"...Jacques Chirac, grand serreur de mains, s'est retrouvé à serrer celle d'un guss qui l'a interpellé les yeux dans les yeux d'un audacieux : "Connard", auquel, sans se démonter, le président d'alors avait répondu par un malicieux et humoristique : "enchanté, moi, c'est Jacques Chirac"! Aujourd'hui, on voit le manque de classe des dirigeants actuels, qui s'abaissent au niveau le plus bas: Sarkozy est bien un dirigeant moderne, au langage adapté à son époque, celui du caniveau ! Aujourd'hui, la mort des cons s'avère mission impossible,tant elle touche tous les milieux de la société !"

    (Quotidien »Le Monde ») :A Metz, lanterne rouge de Ligue 1, les joueurs vivent avec la défaite

    Lorsqu'il est arrivé au FC Metz, fin décembre, Yvon Pouliquen a commencé par faire disparaître le classement de Ligue 1 du vestiaire. Depuis la 4e journée du championnat, le club lorrain végète à la dernière place. Après la défaite contre Lyon (2-0), samedi 23 février, la 18e de la saison, le FC Metz compte 19 points de retard sur le premier club non relégable, Lens. A douze journées de la fin du championnat, les Messins sont quasiment condamnés à évoluer en Ligue 2 l'an prochain.

    " Rien de tel pour plomber le moral de l'équipe que de rappeler le classement", reconnaît Michel Ettorre, promu entraîneur-adjoint d'Yvon Pouliquen. Le tableau qui trône désormais à l'entrée du vestiaire ne prend en compte que les résultats de la deuxième partie de saison. Sous ce regard neuf, Metz navigue vers le milieu du classement. Ce leurre ne trompe personne mais apporte un peu de baume au cœur à une équipe qui n'a gagné que deux matches, possède la défense la plus poreuse (46 buts encaissés) et l'attaque la plus stérile (14 buts marqués).

    "Jamais la chance ne nous avait fuis comme cette année", témoigne Sébastien Renouard, qui vit sa douzième saison en Moselle. " Les problèmes se sont accumulés très vite : les blessures des joueurs leaders de l'équipe, un recrutement qui n'a sans doute pas été à la hauteur, des défaites d'entrée face aux grosses équipes du championnat", analyse le joueur de 23 ans. " Se lever le matin et aller à l'entraînement à contre-coeur, ce n'est pas normal compte tenu du métier privilégié qui est le nôtre, confie Sébastien Renouard. Il y a eu des moments de remise en question personnelle, mais j'ai l'impression que c'est en train de changer et que je reprends plaisir à jouer."

    A l'entraînement, le milieu messin se démène pour motiver ses partenaires. A l'instar de Christophe Marichez, le gardien et capitaine de l'équipe. " A 33 ans, je suis le plus vieux du groupe. En plus, je joue au poste de gardien. Il est normal que je fasse tout pour que l'équipe ne lâche pas, commente l'ex-Niortais arrivé à Metz en 2005. Après une défaite comme celle face à Bordeaux (3-0, le 9 février), tu traverses un moment de lassitude, c'est vrai. Moi, je viens du Nord, d'un milieu où le travail est une valeur importante. Je sais la chance que j'ai de faire le métier de footballeur et qu'il y a des choses plus graves dans la vie que de perdre un match."

    Même s'ils s'en défendent, Yvon Pouliquen et Michel Ettorre délaissent souvent leur casquette d'entraîneur pour "faire du social". " Je passe plus de temps à discuter avec les joueurs qu'à les entraîner techniquement", admet le premier. Sur le terrain, quand il ne participe pas au jeu, il apostrophe, engueule et encourage dans un même élan.

    Carlo Molinari, président du club depuis 1967, joue lui aussi à l'occasion les Père Fouettard ou les papas poules. Avant la rencontre contre Rennes, le 26 janvier, il a menacé les joueurs de ne plus venir aux matches tant qu'il n'y aurait pas un changement de comportement de leur part. Metz a arraché le nul (1-1), et Carlo a invité tout le monde à déjeuner.

    Dans un registre différent, Yvon Pouliquen et son adjoint ont fixé un "règlement intérieur" pour rappeler notamment que chaque retard d'un joueur se solderait par une amende d'un trentième de son salaire. " L'argent atterrit dans un pot commun, et on puise dedans pour financer des soirées où l'on peut se retrouver en dehors du terrain. Une manière de transformer le négatif en positif", explique l'entraîneur.

    Le négatif se mesure aussi à l'infirmerie du club. "La fréquentation de ma salle d'attente est inversement proportionnelle au classement de l'équipe, ironise Patrice L'Huillier, médecin du FC Metz depuis dix ans. Avec les défaites à répétition, les maux les plus bénins s'amplifient, les craintes d'un joueur sur son état de santé s'aggravent."

    " Un sportif de haut niveau, ça marche beaucoup au mental", confirme Julien François. Recruté en 2006, il a connu le meilleur et le pire sous le maillot grenat. " L'an passé, en Ligue 2, j'ai vécu avec Metz une saison exceptionnelle en termes de résultats et d'ambiance. Cette année, on a creusé notre tombe. La montée a fait naître un désir d'individualisme chez certains, les mauvais résultats ont fait le reste, raconte-t-il. Redescendre en Ligue 2, ce n'est jamais bon pour une carrière, mais en même temps, ça serait difficile de quitter le navire quand il y a panique à bord."

    "La Ligue 2 ? On y est depuis fin octobre", répond Yvon Pouliquen pour mieux évacuer la question. "Notre objectif, c'est de gagner un match, qui plus est devant le public de Saint-Symphorien", ajoute Michel Ettorre. C'est chose faite depuis le 16 février. Metz l'a emporté ce jour-là face à Valenciennes (2-1), mais les insultes racistes proférées par un supporteur messin ont terni la victoire.

    "Notre objectif est aussi d'aller le plus loin possible en Coupe de France", insiste Miralem Pjanic, 17 ans, le plus jeune joueur de l'effectif. Un trophée remporté à deux reprises en 1984 et 1988. Le 18 mars, les Grenat rencontreront Lorient en 8e de finale. " La saison dernière, on a été champions de France des 16 ans avec Metz. A l'époque, on ne pensait même pas qu'on pouvait perdre."

    Les dirigeants du club corse n'abdiquent pas et continuent à clamer leur innocence, revendiquant ainsi le recouvrement du point retiré.

    Le Sporting Club Bastia envisage toujours de récupérer le point perdu dans l'affaire Kébé, contrairement à l'avis du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et malgré les incidents de vendredi. Le CNOSF a proposé aux dirigeants corses « de s'en tenir à la décision contestée », en l'occurrence la sanction d'un point retiré au classement du championnat de Ligue 2 infligée au club insulaire après son déplacement à Libourne le 14 septembre. Mais le SCB ne va pas suivre cet avis.Boubacar Kébé, attaquant burkinabé de Libourne/Saint-Seurin, avait été exclu à la 85e minute de la rencontre du 14 septembre, pour un bras d'honneur à l'attention de supporteurs corses soupçonnés d'avoir proféré des insultes racistes. Vendredi lors du match retour à Bastia, ce même joueur qui ne participait pas à la rencontre a été la cible de nouvelles injures. Juste avant le début de la partie, des "supporters" corses ont brièvement déplié des banderoles indiquant : « Kébé, on n'est pas racistes » ; « La preuve, on t'enc... ».
    Commentant l'avis du CNOSF, hier, le SCB a indiqué qu'il allait « continuer à se battre » juridiquement pour récupérer le point perdu malgré le nouvel épisode de vendredi, en estimant que les deux affaires étaient « différentes. »
    Le Sporting avait expliqué début février, lors d'une réunion de conciliation avec des représentants de la LFP, que s'il condamnait « évidemment les exactions racistes », leurs auteurs n'avaient pas encore été identifiés et qu'il n'avait pas organisé de déplacement de ses supporters à Libourne. Le club avait saisi le CNOSF en décembre après que la commission supérieure d'appel de la FFF eut décidé de maintenir la sanction du point retiré. Les avis du comité, consultatifs, sont généralement suivis.
    De son côté, la Ligue de football professionnel (LFP) a porté plainte, hier, contre les auteurs de la banderole raciste déployée vendredi à Bastia. Ce dépôt de plainte s'est fait auprès du procureur de la République de Bastia.

    « Attitude équivoque » de supporters à Lyon

    Des membres de la Faction, groupe informel de supporters non reconnu par le FC Metz, auraient exécuté chants et saluts nazis, samedi soir, à Gerland. C'est en tout cas ce que les membres du service d'ordre du club lorrain présents à Lyon pour encadrer les groupes officiels ont signalé à Jacky Ancel. « Une trentaine de membres de la Faction ont effectué le déplacement, indique le responsable de la sécurité du FC Metz. Pour l'heure, on peut parler d'attitude équivoque. Si des faits d'un telle gravité se confirment, nous mettrons tout en œuvre pour identifier les auteurs et nous déposeront plainte. » Dans le contexte de l'affaire Ouaddou, difficile de ne pas voir dans ce nouvel événement une intention de nuire au club lorrain, de la part d'individus se trouvant à la fois dans le collimateur du FC Metz et des services de police.

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : entraînement en fin d'après-midi. Aujourd'hui et demain : entraînement à 9 h 30 sur le terrain du bord de l'autoroute.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Lyon - Metz (26e journée de Ligue 1) samedi 23 février, 2-0. Prochain match : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h). A suivre : Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h) ; Metz - Nice (29e journée) samedi 15 mars (20 h) ; Lorient - Metz (8e de finale de la Coupe de France) mercredi 19 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Victime d'une déchirure à la cuisse à Strasbourg, en Coupe de France, le 1er février, Sébastien Bassong est à l'arrêt. De retour à la compétition dimanche en CFA après avoir soigné une contracture, Rudy Gestede a ressenti une douleur à la cuisse ; l'attaquant, qui ne s'est pas entraîné hier, passera des examens aujourd'hui.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Cette fois, c'est définitif : la saison est bel et bien terminée pour Julien Cardy. La fracture de contrainte au cinquième métatarse du pied gauche opérée une première fois fin juillet puis réopérée à l'automne n'est pas soignée. A l'arrêt depuis six semaines après être réapparu dans l'équipe messine début janvier, Cardy subira une nouvelle intervention dans les prochains jours, afin d'être rétabli pour la reprise de l'entraînement, fin juin.

    Strasser, militant de la dignité

    De retour aux affaires après deux mois d'absence, Jeff Strasser se dit prêt à relever le principal challenge du FC Metz de cette fin de saison : « Redorer le blason du club ».

    S'il ne connaissait pas encore véritablement le nouveau taulier du FC Metz, Jeff Strasser est en mesure, depuis son retour dans le groupe la semaine dernière, de dessiner les contours de la personnalité bouillonnante d'Yvon Pouliquen. Sensiblement énervé de la tournure prise par la séance matinale d'entraînement qui coïncidait avec le retour du défenseur, le technicien avait poussé une gueulante digne d'une belle tempête bretonne : « Arrêtez de vous cacher derrière des excuses : vos erreurs ne sont ni la faute d'un coéquipier, ni celle du président ou du précédent entraîneur. Balayez plutôt devant votre porte ». Et de conclure par un cinglant : « Vous allez apprendre à me haïr... » Pour un peu, on en aurait presque oublié la victoire, historique, du samedi précédent face à Valenciennes, un succès déjà bien terni par la triste affaire Ouaddou et ses retombées. Le discours, musclé, n'a toutefois pas eu raison du flegme du grand défenseur luxembourgeois : « Les coups de gueule font partie du métier. Et puis, il ne faut pas se gargariser de cette première victoire à domicile. C'est tout de même triste qu'elle arrive si tard dans la saison ». Événement plus heureux : retrouver sa silhouette longiligne sur les terrains. Sevré d'entraînement depuis une fracture du métatarse contractée à la mi-décembre, le joueur voit enfin le bout du tunnel. Avec la dose de prudence qui accompagne un tel retour, Jeff Strasser postule à nouveau à une place dans le groupe : « Même si pour le déplacement à Lyon, ça me paraît encore un peu juste. Je n'ai qu'une semaine d'entraînement dans les pattes », prédisait-il justement avant la soirée de Gerland. L'histoire messine ne s'est donc pas enrichie d'une anecdote supplémentaire : non, le stoppeur n'a pas retrouvé l'équipe rhodanienne face à laquelle il avait subi, au match aller, son premier coup d'arrêt de la saison (entorse du genou). Dimanche, c'est donc avec l'équipe réserve, face à Sochaux, que Strasser a renoué avec la compétition. Deux blessures, une place de lanterne rouge du championnat, des problèmes extra-sportifs : le transfuge de Strasbourg n'imaginait certainement pas des retrouvailles aussi douloureuses avec son club formateur : « Avec un titre de champion de France de Ligue 2 la saison dernière et un groupe quasiment inchangé, sur le papier, je n'aurais jamais envisagé un tel parcours ». Même sans ces indicateurs, Jeff Strasser pensait évoluer en terrain connu : « Un sentiment renforcé par l'organigramme du club : le président est le même, Joël Muller est toujours dans la maison, Michel Ettorre est de retour... Seuls les joueurs ont changé, et c'est donc nous, les principaux responsables de cette mauvaise passe ».
    Le trentenaire plaide coupable mais ne s'avoue pas condamné. Pas encore du moins. Des challenges, des sources de motivation, il en voit dans cette période noire. Alors que certains agitateurs s'illustrent en tribunes pour leur manque d'humanité, lui milite pour « la dignité sur le terrain. Je ne tiens pas à faire partie de l'équipe qui battra des records en descendant avec le plus faible nombre de points ». Rendez-vous avec l'histoire le 17 mai prochain, date de la 38e journée de Ligue 1...

    (Site officiel FC Metz) : Opération pour Cardy

    Le milieu de terrain messin s’est résolu à une nouvelle intervention chirurgicale pour régler son problème au pied.
    La fracture de contrainte au cinquième métatarse dont souffre Julien Cardy n’est toujours pas soignée. Celui-ci s’était donné quatre à six semaines, à la mi-janvier, pour laisser le temps à l’os de se consolider. Mais cette période d’arrêt n’a pas suffi et le milieu messin, qui a essayé de courir récemment, ressent toujours des douleurs.
    Il sera opéré dans les jours à venir, sans doute en fin de semaine. En choisissant cette option, Julien Cardy espère être rétabli pour la repris de la saison 2008/2009.
    Les Grenats, qui ont repris l’entraînement aujourd’hui, étaient par ailleurs presque au complet. Seul Rudy Gestede manquait à l’appel. Le véloce attaquant a rejoué ce week-end avec la réserve après une déchirure. Il ressent une douleur à la cuisse qui conduit le staff médical à lui faire passer des examens mardi par précaution.
    L’équipe B ayant battu Sochaux deux buts à un au stade Delaitre était également composée de Jeff Strasser et Matheus Vivian, qui faisaient eux aussi leur retour.  

    (Quotidien l’Equipe) : Bastia, sanction confirmée

    Le CNOSF préconise de maintenir un point de pénalité contre le club corse pour les insultes racistes proférées par ses supporters.

    BASTIA doit désormais faire face à une double affaire Kébé. Concernant la première, l’avis rendu par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) recommande de maintenir le point de pénalité infligé au club corse, quatrième de L 2 avec un match en retard.

    Cette sanction, prononcée par la commission de discipline de la LFP, puis confirmée par la commission supérieure d’appel de la FFF, condamne le comportement raciste de certains supporters bastiais à l’encontre de Boubacar Kébé lors de Libourne-Saint-Seurin - Bastia (2-4), le 14 septembre 2007. Excédé par les insultes (« Relève-toi, bamboula ! Relève-toi, sale Noir ! », selon le rapport de l’arbitre assistant), l’attaquant girondin avait répondu par un bras d’honneur et été expulsé à la85e minute (le score était alors de 2-2).

    Dans ses motivations, le conciliateur du CNOSF, Louis Di Guardia, premier avocat général près la Cour de cassation, estime qu’on ne saurait opérer une distinction entre supporters « officiels » et « indépendants », le club corse ayant argué qu’il n’avait organisé aucun déplacement. Ce point est capital : « Cette distinction n’est pas souhaitable car elle inciterait les clubs à ne plus prendre en charge de manière officielle les déplacements de leurs supporters dans le seul but de s’exonérer de toute responsabilité, dans l’hypothèse où l’un deux serait à l’origine d’un débordement », écrit Di Guardia. De son côté, le président du directoire du SCB, Pierre-Paul Antonetti, clame : « On condamne des innocents, les joueurs et l’entraîneur du Sporting. Ce sont avant tout eux qui subissent les conséquences d’un point en moins. » Ainsi, le club corse et son avocat, Me Dominique Mattei, saisiront, dans les prochains jours, le tribunal administratif de Bordeaux, l’affaire pouvant ensuite être portée devant une cour administrative d’appel, puis devant le Conseil d’État, qui a justement rappelé le principe de responsabilité des clubs quant à leurs supporters, même en déplacement…

    Les caméras du stade ne fonctionnaient pas

    Par ailleurs, le Sporting devra donc « affronter » l’autre affaire Kébé. Vendredi, lors du match retour gagné par Bastia (2-1) et alors que le joueur d’origine burkinaise, officiellement blessé, était absent, deux banderoles « Kébé, on n’est pas racistes » « … La preuve, on t’encule ! » ,ont été déployées par une poignée de supporters bastiais.

    Dans son rapport, le délégué de la Ligue, Maurice Viala, évoque « une banderole insultante à l’encontre de Kébé » et ne mentionne donc pas son caractère raciste. Mais Bernard Docquiert, responsable des compétitions et également présent, doit aussi rendre un rapport où il relèvera sans doute l’aspect raciste. C’est de toute façon la commission de discipline de la LFP qui qualifiera les faits et prononcera d’éventuelles sanctions, financières et/ou un nouveau retrait de points. Elle a convoqué le président du club corse, Charles Orlanducci, pour jeudi et se saisira alors de cette nouvelle affaire. En attendant, la LFP a porté plainte et une enquête a été ouverte à la demande du procureur de Bastia. Mais la préfecture de Haute-Corse précise qu’aucune interdiction de stade ne pourra avoir lieu sans l’identification des fauteurs de troubles. Or, d’après les premiers éléments de l’enquête, les caméras de surveillance ne fonctionnaient pas entre 19 h 55 et 20 h 30 – moment où les banderoles ont été déployées – et les policiers en civil n’ont pu distinguer clairement les coupables. Pierre-Paul Antonetti, lui, explique : « Je suis ennuyé, car ce sont des mineurs qui ont déplié les banderoles. Les vrais coupables, vraiment lâches, sont restés en retrait. Alors, je vais consulter aujourd’hui un magistrat pour déterminer le meilleur moyen de les faire condamner. Si ces gens croient supporter le Sporting, ils se trompent, ce sont des abrutis ! » S’estimant cerné de toutes parts, Antonetti conclut : « Ces pseudo-supporters me plombent et Frédéric Thiriez, le président de la Ligue, me “surplombe” ! »…

    Suspicion de propos et de gestes nazis

    DES GESTES ET DES PROPOS à caractère nazi auraient été adressés et proférés par des supporters de Metz à l’issue de la défaite à Lyon (0-2), samedi dernier. « À la fin du match, les joueurs (de Metz) ont lancé à leurs supporters leur tee-shirt (portant le message « Tous unis contre le racisme. Plus jamais ça ! ») et certains les auraient rejetés sur la pelouse en tenant des propos “nazillons” », a indiqué à l’AFP Jacky Ancel, le directeur de la sécurité du club lorrain.

    Ce dernier a également évoqué « des gestes » de même nature. Jacky Ancel, qui se fonde notamment sur les rapports des stadiers chargés d’encadrer les supporters messins, a toutefois souligné que « rien ne figurait dans la vidéo » du match. Les spectateurs en question pourraient être issus d’un groupuscule nommé la Faction, connu pour son extrémisme. « Je vais mener mon enquête et contacter tous les stadiers », a ajouté le responsable de la sécurité.

     ALERTE À LA BOMBE À LA LIGUE. – Une alerte à la bombe a perturbé, hier après-midi, le siège de la Ligue de football professionnel, à Paris. La police a inspecté les lieux sans trouver de colis suspect. À la suite des menaces de mort téléphoniques adressées à Frédéric Thiriez, le président de la Ligue, par un individu se présentant comme corse, cette fausse alerte a tout de même incité les forces de l’ordre à placer les lieux sous surveillance.

     

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    February 25

    Les challenges à venir...

    La phrase du jour en forme de question : « Pauvre con »….  « Sale con », « jeunes cons », « vieux cons », « gros cons » : aujourd’hui, la France se doit de se regarder dans la glace, juste en  dessous de son nombril, afin de constater les dégâts où l’amènent ses déchéances verbales et ses manques de ce que l’on appelait, à mon époque, la politesse et la courtoisie !Force est de constater que, quand on n’en a guère, l’insulte gratuite fuse assez facilement !Cela avait commencé, il y a quelques années avec les délicats : « nique te mère », ça continue jusqu’aux sommets de l’état ;  aujourd’hui, ce sont les « pauvres cons » qui sont visés !...Au fait quelle est la différence entre un pauvre con et un con riche ? Pas trop, finalement, l’épaisseur d’une Rolex, peut-être… Une mauvaise éducation, sûrement ! La richesse n’épargne de rien, même pas de la bêtise, qui, là, n’est pas que de Cambrai… Un peu comme  la connerie !

    La réserve messine assure le minimum

    Nettement dominateurs avant la pause, les Messins ont quand même réussi à se faire peur jusqu'à la fin du match.

    Sept corners en faveur de Metz à la pause, une ribambelle d'occasions et seulement un but à mettre au crédit des réservistes grenat. Pour les Sochaliens, ce n'était finalement pas cher payé après 40 minutes passées presque exclusivement dans leur camp. « Au niveau de notre jeu, nous sommes un peu restés sur les deux dernières sorties dans le contenu et la constance », analysait l'entraîneur José Pinot. « On a assisté à une bonne première période au niveau du rythme. Nous avons été logiquement récompensés. Nous nous sommes créés de nombreuses occasions. Pour les transformer, il y avait de la maladresse et leur gardien a fait les parades décisives. »Mis à part les cinq premières minutes au cours desquelles les Doubistes ont tenté de faire parler la hiérarchie du classement (ils étaient 3e avant le match et les Mosellans 13e), les Lorrains ont vraiment pris les débats à leur compte. Avec Ou et Bessat à la distribution, le jeu était fluide et les mouvements limpides malgré l'état de la pelouse. « Le terrain était un peu bosselé », regrettait le coach. « Jouer en première intention était difficile mais nous avons au moins essayé. Il fallait accepter certains déchets techniques. » Même si Delle était quelques fois mis à contribution sur des contres, le cuir était dans les pieds messins. Dreyer s'employait sur une superbe tête de Gestede sur un centre de Ou (30e) et un seul but récompensait les Grenats au repos. Deux minutes plus tôt, Ou était toujours à l'origine du centre et Baldé, d'une reprise acrobatique, concluait victorieusement (1-0, 43e). « Il fallait rester dans le match sur la deuxième période », notait l'entraîneur messin après les débats. « Nous étions un peu fatigués. Des joueurs reprenaient et cette chaleur printanière de fin février a fait souffrir les organismes. »
    Birsa était aussi passé par là. D'un coup franc parfait, il aurait pu faire douter les Lorrains (1-1, 50e). « Un tel maître d'œuvre, cela sert toujours », saluait José Pinot. « Birsa a marqué un bijou. Nous avons essayé de ne pas trop accuser le coup. Nous avons puisé dans l'énergie qu'il nous restait et nous avons été assez efficaces. » La deuxième période était nettement plus équilibrée que la première. Les occasions moins nettes également. Mais Bessat ne la laissait pas passer. Seul face au gardien après une louche de Betsch, il redressait sa frappe (2-1, 65e). C'était alors au tour de Delle de se mettre en évidence, sa défense étant parfois dépassée. « Nous avons manqué les balles de 3-1 », reconnaissait le coach. « Cela a donné une fin de partie où nous étions sur le reculoir. Mais je pense que nous avons quand même bien géré ce match. » Les Mosellans ont ainsi empoché leur septième succès de la saison (pour cinq nuls et huit revers). Ils remontent à la dixième place du classement.

     Stade André-Delaitre. Mi-temps : 1-0. Arbitre : M. Bouillet. 150 spectateurs environ. Buts pour Metz : Baldé (43e), Bessat (65e) ; pour Sochaux : Birsa (50e).
    FC METZ : Delle, Leoni, Vivian, Strasser, Delgado, Ou puis Françoise (68e), Betsch, Belson puis Andres (79e), Bessat, Baldé, Gestede puis Bong (80e).
    SOCHAUX : Dreyer, Josse puis N'Djama (73e),, Gérard, Cadamuro, Konki, Birsa, Perisic puis Baur (86e), Martin, Genghini, Butin, Essombe puis Prinat (69e).

     18 ans nationaux : Metz sans forcer

    Mi-temps : 1-0. Arbitres : M. Da Silva Pacheco Antony. Buts pour Metz : Bourgeois (27e s.p., 51e), Reydel (71e). Avertissements à Metz : Siebert (65e), Fallou (76e) ; à Gueugnon : Rammou (37e), Milan (73e), Genevois (88e)
    Alors que les jeunes joueurs messins ne s'étaient pas encore créés d'occasions réellement dangereuses pour la défense gueugnonnaise, ils obtenaient un penalty pour une faute dans la surface du gardien bourguignon Renaud sur Biaudet. Bourgeois s'en chargeait et prenait Renaud à contre-pied (1-0 ; 27e). Le score en restait là jusqu'à la pause. Au retour des vestiaires, les Messins se faisaient quelque peu bousculer par des Gueugnonnais à l'attaque. Ce sont toutefois les protégés d'Olivier Perrin qui parvenaient à doubler la mise. Biaudet offrait un centre parfait de la droite pour la tête de Bourgeois qui coupait la trajectoire et trompait Renaud (2-0 ; 51e). Le duo Biaudet-Bourgeois manquait de peu le troisième but (54e) et les Mosellans accumulaient les corners sans réussite. Gueugnon menait une belle action collective achevée par une frappe de Rammou qui passait largement au-dessus des cages de Ruffier peu sollicité pendant cette rencontre (61e). Bourgeois se transformait en passeur cette fois-ci et centrait pour Biaudet trop court qui se jetait mais ne pouvait reprendre (66e). Les Messins se mettaient définitivement à l'abri sur un magnifique coup franc de loin. Reydel enroulait sa frappe qui rasait le poteau d'un Renaud surpris (3-0 ; 71e). Biaudet faisait un dernier centre pour la tête de Fostier mais elle passait au dessus (79e).

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : retour de Lyon à 4 h, puis repos ; match de CFA contre Sochaux pour Baldé, Belson, Bessat, Bong, Delgado, Gestede, Leoni, Strasser et Vivian. Aujourd'hui : reprise de l'entraînement à 15 h 30 sur le terrain du bord de l'autoroute. Demain : entraînement à 9 h 30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Lyon - Metz (26e journée de Ligue 1), samedi 23 février, 2-0. Prochain match : Metz - Caen (27e journée), samedi 1er mars, 20 h. A suivre : Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h) ; Metz - Nice (29e journée) samedi 15 mars (20 h) ; Lorient - Metz (8e de finale de la Coupe de France) mercredi 19 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) est à l'arrêt depuis Strasbourg - Metz en Coupe de France, le 1er février. Toujours en délicatesse avec son pied opéré l'été dernier et réopéré à l'automne, Julien Cardy est également à l'arrêt.
    Suspendu. Aucun.
    Les retours du jour. Comme prévu, Jeff Strasser, Matheus Vivian et Rudy Gestede ont tous les trois repris la compétition avec la réserve messine, victorieuse de Sochaux (2-1) hier en CFA. Les deux défenseurs ont disputé l'intégralité de la rencontre ; le jeune attaquant est sorti à un quart d'heure de la fin.

    Dans le sens de la descente

    Sans jamais totalement démériter, le FC Metz de 2008 ressemble encore trop à celui de 2007 : la relégation en Ligue 2 sanctionnera bien une infériorité sportive flagrante.

    Rien n'est épargné au FC Metz, le FC Metz ne s'épargne rien. De Lille à Lyon, en six semaines, sept journées de championnat et un tour de Coupe (de France), le promu relégué a déjà produit un parfait condensé de ses fatalités, de ses peines, de ses pesanteurs et de ses désillusions : ses joies de trop courte durée ne lui accordent que de vagues regrets. Au bout du compte, quand le retour en Ligue 2 deviendra mathématiquement effectif, c'est-à-dire bien assez vite, le sentiment dominant ne sera pas tout à fait ou pas seulement celui d'un immense gâchis ; le petit monde messin devra plutôt se dire qu'il n'a que ce qu'il mérite, faute d'avoir su lire correctement dans son passé récent, ou en l'ayant lu trop tard. Le premier tiers de la deuxième phase du championnat en fournit la preuve : un effectif un peu moins décimé n'aurait pas évité aux Messins les tourments du bas de l'échelle. Avec cinq points engrangés depuis la vingtième journée, en effet, ils pointent toujours aux trois dernières places d'un classement qui n'engloberait que les matches retour ; seule leur situation par rapport à la concurrence supprime le vertige du vrai classement. Et avec Julien Cardy ? Par pudeur, Yvon Pouliquen n'avance pas l'absence d'un joueur cadre furtivement réapparu, au début de l'année, comme l'explication à tous ses maux ; vivre sans Cardy constitue d'abord un exemple, peut-être plus frappant que d'autres, des déboires ayant contribué à compliquer la tâche du FC Metz. Comme à Bordeaux déjà, les Lorrains ont suscité l'hommage d'un adversaire qui ne boxe pas dans la même catégorie, samedi soir, à Lyon. Et, en effet, s'il ne démérite jamais, Metz finit toujours pas céder face à ce genre de rivaux, parfois lourdement. Après Valenciennes, il trouvera peut-être avec Caen un contradicteur plus à sa mesure. En attendant, là où personne ne l'attendait, le futur condamné a rivalisé dans le jeu, mais il a cédé sous le poids de ses défaillances individuelles. Son entraîneur depuis deux mois voit, dans la petite douzaine de tirs effectués à Gerland, l'illustration d'une équipe « qui progresse, qui s'approche de plus en plus du but adverse, d'une manière de plus en plus intéressante ». Alors, son inefficacité toujours importante atteste, comme ses chutes à l'arrière, de ses limites naturelles. Un problème de compétence technique qui renvoie, aussi, à l'approche mal appréciée de la Ligue 1 et à la surévaluation du champion de Ligue 2, au printemps dernier.
    Débarrassés des vrais cadors du championnat en attendant la venue de Marseille, les Messins vont maintenant s'efforcer de redresser le curseur de leur valeur. Il reste donc des points à prendre, et des matches à gagner. Pendant ce temps, Yvon Pouliquen peut déjà plancher sur le chantier d'un futur proche - la remontée - en cernant les manques, en définissant les besoins, en sériant les priorités et en sachant que ses meilleurs éléments quitteront peut-être le navire, dans trois mois. Donc en jonglant, heureux homme, avec une réalité économique qui rend le métier d'entraîneur un peu plus difficile à Metz qu'ailleurs.

    Yvon Pouliquen : « La finalité c'est la victoire ! »

    Retour, avec l'entraîneur messin, sur la défaite à Lyon, et tout ce qui s'y rapporte.

    Les Messins sont rentrés de Lyon par la route, dans la nuit de samedi et dimanche. Hier, après avoir assisté à la victoire de la réserve messine face à Sochaux, et au retour à la compétition de Rudy Gestede, Jeff Strasser et Matheus Vivian, tous blessés à son arrivée en Lorraine, Yvon Pouliquen a décortiqué les images de la rencontre de Gerland. Entre-temps, il est revenu pour nous sur la singulière situation d'une équipe qui peine à placer ses résultats en adéquation avec ses progrès dans le jeu...• Même si, samedi, il s'agissait de Lyon, à Lyon, ce que vous montre votre équipe actuellement ne vous aide-t-il pas à mieux comprendre son classement ? « Nous commettons presque systématiquement les mêmes erreurs, individuelles, et c'est terriblement frustrant pour un entraîneur. A chaque fois, on dit qu'il faut en finir avec ce type d'erreurs ; à chaque fois, ça recommence. Il n'y a donc pas de hasard : nous sommes à notre place, même si nous aspirons à compter plus de points. »
    • Si vous aviez ramené un résultat positif de Gerland, personne n'aurait pu crier au scandale au vu de vos possibilités dans le match. Vous en contentez-vous ? « Sûrement pas. Aux erreurs défensives qui ne pardonnent pas, il faut ajouter le fait que nous ne sommes pas assez tueurs dans la surface ou à l'approche de la surface adverse, comme nous l'avons encore constaté à Lyon. Partant de là, même si personne ne nous donnait vainqueur, il n'est pas question de se satisfaire d'une défaite 2-0. Moi, ce que je retiens depuis deux mois, c'est notre manque d'efficacité, dans les deux zones de vérité. »
    • Comme le Bordelais Laurent Blanc avant lui, Alain Perrin a rendu hommage à votre équipe, samedi, pour les problèmes posés à la sienne. De tels propos vous confortent-ils, vous qui militez pour un jeu ambitieux ? « C'est une petite satisfaction mais, comme nous le disions déjà après Bordeaux, je ne peux pas ne pas y voir une forme de compassion. Du coup, je suis plutôt contrarié, voire énervé : on vante les mérites de mon équipe au prétexte qu'elle se créé des occasions, mais cela ne trouve pas de répercussion en nombre de points. D'accord, nous sommes sur la bonne voie, les intentions sont bonnes, les occasions sont plus nombreuses, mais il faut maintenant concrétiser tout cela en gagnant des points. La finalité du jeu, même si nous sommes condamnés à la relégation, reste la victoire. » • Menés au score, vous n'avez pas sombré. Un progrès, là aussi ? « A Paris, nous avions lâché prise après la deuxième but. Depuis, c'est vrai, nous ne cédons plus et nous voyons même une équipe qui se bat du début à la fin. Sans doute les joueurs prennent-ils conscience qu'ils sont capables d'imposer leur jeu. »
    • Maintenant que Bordeaux et Lyon sont derrière vous, du moins au calendrier, ce qui arrive vous paraît-il plus abordable ? « Encore une fois, il nous faut des points. Il n'est pas question de finir avec les pires statistiques de l'histoire, et nous en sommes capables. Nous réussirons à gagner des matches en persistant sur la voie du jeu, je ne conçois pas les choses autrement. Les points sans le jeu, c'est possible, mais pas sur la durée. »
    • Justement, dans quelle mesure la préparation de la prochaine saison influe-t-elle sur vos choix actuels ? « Je ne me situe pas dans cette perspective. Je réagis semaine après semaine, avec l'ambition de composer la meilleure équipe possible. Ce qui n'empêche pas que ce que je vois jour après jour me donne pas mal d'indications. »

    GestedeRudyset2007MetzCFA Gestede2008

    February 24

    Le Lyon n'était pas mort...

    La Phrase du jour : "Que vont raconter Menez et le petit kapo, à propos des évènements de Bastia ?Le président et Bachelot vont-ils se déplacer à Bastia? Non, n'y comptez pas !"

    FOOTBALL ACTUALITÉS

    Les joueurs et arbitres des matches de Ligue 1 disputés hier ont arboré des tee-shirt portant le message « Tous unis contre le racisme. Plus jamais ça! » avant le coup d'envoi. Les speakers des stades ont également lu un message contre le racisme. La Ligue professionnelle de football (LFP) a souhaité organiser cette opération de sensibilisation, une semaine après l'affaire de racisme impliquant le joueur et capitaine de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou.

     Banderole raciste : la LFP va enquêter

    La Ligue de football professionnel (LFP) va saisir sa commission de discipline après un nouvel incident à connotation raciste survenu vendredi avant le match de Ligue 2 entre Bastia et Libourne Saint-Seurin. Une banderole raciste et injurieuse a été déployée dans les tribunes du stade Furiani de Bastia avant le coup d'envoi du match. Elle visait apparemment le joueur de Libourne Boubacar Kebe, qui est noir et burkinabé.
    « Conformément aux consignes, le délégué de la Ligue et l'arbitre du match, M. Poulat, ont refusé de donner le coup d'envoi de la rencontre jusqu'au retrait de la banderole », a annoncé la LFP, hier, dans un communiqué.
    « Ce coup d'envoi a donc été retardé de trois minutes. Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, s'est ensuite entretenu par téléphone avec le président de Bastia, Charles Orlanducci, pour lui rappeler le règlement et les sanctions encourues par le club. Le match s'est ensuite déroulé sans autre incident. » La rencontre a été remportée 2-1 par Bastia.
    Kebe a refusé de jouer le match de vendredi car il avait déjà été la cible d'insultes racistes de certains supporters de Bastia au cours d'un match à domicile le 14 septembre dernier. Il avait réagi par un geste qui lui avait valu d'être expulsé.
    Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte a déclaré, hier, que des mesures de fermeté étaient nécessaires pour lutter contre le racisme.

    Les faiblesses de l'habitude

    Comme souvent depuis le début de l'année, Metz n'a pas démérité, même à Lyon. Comme souvent, il s'est sabordé, très vite, trop vite. L'OL n'en demandait pas tant pour préserver sa place en tête.

    En cette soirée riche en messages (contre le racisme, pour la libération d'Ingrid Betancourt), le FC Metz rêvait de délivrer le sien, bien futile à l'échelle de l'humanité, bouleversant au niveau de la Ligue 1. Mais le tremblement de terre n'a pas eu lieu, l'Olympique Lyonnais occupera toujours les commandes du championnat, ce soir, après Bordeaux - Lille, et si les Girondins parviennent finalement à priver l'OL d'un septième titre, en mai prochain, aucun exploit messin ne sera venu nourrir l'histoire. Face aux deux équipes de tête, le constant dernier a d'ailleurs pris zéro point, encaissé onze buts, marqué une fois seulement et sans la moindre conséquence (défaite, 5 à 1, contre Lyon à Saint-Symphorien), preuve d'un sens de l'équité au-dessus de tout soupçon : non, Metz ne faussera pas le championnat de France, saison 2007-2008.Ce n'était pas Lyon - Manchester, assurément, c'était même bel et bien Lyon - Metz, mais pas forcément le duel du premier contre le dernier : en s'accordant la folie de comparer ce qui ne l'est pas, Metz a même rivalisé avec Lyon un peu comme Lyon avait rivalisé avec Manchester, ici même, trois jours plus tôt. Mais Metz possède décidément le génie du sabordage et, comme à Paris déjà (défaite 3-0), comme contre Rennes (1-1), comme à Bordeaux surtout (défaite 3-0), les Lorrains ont totalement gâché une prestation d'ensemble plutôt correcte. Comme s'il en avait besoin, Karim Benzema a ainsi bénéficié d'un ballon mal négocié par Eric Cubilier, avec le concours de Malick Diop, alors que le défenseur latéral messin venait pourtant de réussir le plus difficile dans sa propre surface : remis dans le sens du jeu, le jeune prodige de l'OL et des Bleus n'a même pas eu à forcer son talent pour servir Fred, lequel a profité de l'aubaine pour ouvrir son compteur, cette saison, en championnat. Après un peu moins de dix minutes, d'ambitieuse, la mission messine était carrément devenue impossible, et pourtant : Grégory Coupet ne pensait sans doute pas, avant la rencontre, voir la pire attaque de Ligue 1 le solliciter onze fois, et le trouver sept. Finalement, Lyon n'a cadré que trois tirs de plus, hier soir, dont un deuxième a pris le chemin des filets, toujours par Fred, et cette fois au bout d'un mouvement auquel les Messins ont semblé assisté. Il restait vingt minutes de jeu, c'en était trop, c'en était surtout assez au regard des efforts des uns et des déceptions fournies par les autres.
    « J'aurais aimé voir mon équipe tenir plus longtemps à 0-0 », déplore Yvon Pouliquen. L'entraîneur messin a le droit de se dire qu'il y avait en effet un coup à jouer, face à cet OL-là, dont son confrère lyonnais pointe d'ailleurs les carences techniques. « Même en marquant très tôt, désapprouve ainsi Alain Perrin, nous n'avons pas su faire le nécessaire pour nous défaire de la pression messine. L'envie manifestée par notre adversaire était supérieure à la nôtre. Et nous, sur le plan technique, nous n'avons pas su nous débarrasser de cette présence messine et faire preuve de la consistance nécessaire pour enfoncer le clou. » Certes, mais c'était Lyon. Bonne nouvelle : samedi prochain, Metz reçoit Caen, qui a longtemps été sa seule victime de la saison sur le front du championnat. Mars, et ça repart ?

    Le film

    9e. Suite à une erreur défensive côté gauche, Benzema récupère le ballon et centre au point de pénalty pour Fred qui n'a plus qu'à pousser la balle au fond des filets d'un plat du pied. LYON-METZ : 1-0
    19e. Belle action messine côté droit, Agouazi centre au point de pénalty pour la tête de François mais Squillaci bien en place dégage les siens.
    43e. Pjanic sur coup-franc dépose la balle sur la ligne de Coupet qui effectue une magnifique parade.
    64e. Festival de Toulalan. Lancé par Benzema, l'ancien Rennais passe trois joueurs messins avant de prendre sa chance. Marichez dégage le ballon.
    68e. Bodmer en une touche de balle passe à Fred. Le Brésilien se retrouve seul face à Marichez et le trompe d'un petit piqué. LYON - METZ : 2-0
    79e. Ben Harfa tente une frappe qui frôle le poteau gauche.
    84e. Parade de Marichez sur un coup-franc de Juninho qui se dirigeait sous la barre.
    90e +2. Renouard place une somptueuse frappe en pleine lucarne qui oblige Coupet à se détendre.

    Deux erreurs, deux buts

    Les Messins n'ont pas à rougir de la prestation opposée aux Lyonnais. Ils peuvent même regretter l'erreur individuelle puis l'oubli collectif leur ayant coûté les deux buts.

    Marichez. Impuissant sur les buts de Fred, il a montré de la présence dans les airs, claquant notamment un ballon de Govou destiné à Benzema et détournant un coup franc de Juninho qui venait d'entrer en jeu (84e). Son intervention autoritaire au bout d'un raid du jeune international lyonnais (45e) a évité à Metz de retarder l'échéance, comme ses parades sur une tête de Govou (56e), face à Fred (58e), puis au devant de Toulalan (63e).
    Cubilier. Il n'a perdu qu'un ballon face à Benzema, mais avec quelles conséquences : il a remis son vis à vis dans le bon sens, lequel en a profité pour adresser un centre décisif à Fred. Dommage, car il ne lui a ensuite plus concédé grand-chose.
    Diop. S'il a semblé gêner Cubilier dans la surface sur l'action occasionnant le but, il s'est notamment repris en devançant Govou (18e) mais il a laissé Toulalan venir inquiéter Marichez (63e).
    Delhommeau. Très appliqué, et très calme. C'était une nécessité pour couper la trajectoire du ballon comme il l'a fait sur celui destiné à Benzema (22e), et pour contenir Fred, face auquel il s'est cependant trouvé trop court sur le deuxième but (69e) au bout d'une action où toute l'équipe messine a semblé à l'arrêt.
    Corrales. Sauf une fois à la demi-heure de jeu, il n'a jamais été passé par Govou. Un signe du sérieux manifesté par le Péruvien sur son côté gauche d'où il a aussi initié quelques contres. Averti, et remplacé par Cheikh Gueye (67e) qui a tenté sa chance à sa première incursion (tir non cadré).Agouazi. Son début d'année médiocre semble derrière lui : de bons centres depuis son côté droit, dont un a placé Coupet en difficulté (10e), et une débauche d'énergie qui a cependant diminué avec le temps.
    François. Comme toujours, du cœur à l'ouvrage lui permettant de repousser beaucoup de ballons, qu'il n'a pas toujours bonifiés. Sa frappe du gauche (12e) a frôlé le poteau de Coupet.
    Pjanic. Il a fallu un grand Coupet pour écarter son coup franc, digne de Juninho, en toute fin de première mi-temps. Dans le rôle dévolu ces derniers temps à Gygax, Pjanic a peiné au départ, se montrant naïf face à Squillaci (5e) ou gâchant un contre (9e), puis plus à l'aise.
    Barbosa. Nettement plus en jambes, donc beaucoup plus productif qu'une semaine plus tôt face à Valenciennes, il s'est montré précieux devant sa défense et même au cœur de la surface, pour intervenir dans les pieds de Clerc en début de match. Remplacé par Gygax (71e) qui a mal dosé ses quelques centres.Renouard. Sans complexe, il a d'emblée cherché à provoquer la défense lyonnaise, effectuant une tentative culottée (7e) sur laquelle Coupet a dû s'interposer, comme sur ce coup franc bien brossé en fin de match. Des relais intéressants avec Babacar Gueye, et une activité jamais démentie mais pas récompensée.
    Babacar Gueye. Buteur contre Valenciennes, auteur du premier tir cadré (et arrêté) de la soirée, il s'est beaucoup appuyé sur Renouard (remise judicieuse à la 36e) et frappé à bout portant, mais hors cadre, sur un corner (49e) avant son remplacement par Chapuis (71e), peu en vue. Alain Perrin a surpris en alignant finalement Benzema et Govou, trois jours après Lyon - Manchester en Ligue des champions (1-1). L'un comme l'autre, assez logiquement, n'ont pas tenu la distance mais Fred leur a volé la vedette en réussissant son premier doublé de la saison. C'est surtout en milieu de terrain, composé de Bodmer, Toulalan et Kallström, que Lyon a paru techniquement plus ordinaire qu'à l'accoutumée. Le service minimum a bien été assuré, avec le concours d'un Grégory Coupet qui ne s'attendait sans doute pas à autant de sollicitations de la part des Messins.

    « Quelques regrets »

    Alain Perrin (entraîneur de Lyon) : « Je rends hommage à cette équipe de Metz qui nous a donné pas mal de problèmes. Nous avons marqué assez tôt et ensuite, nous ne nous sommes jamais vraiment sortis de la pression des Messins. L'envie de Metz a été supérieure à la nôtre. Nous n'avons pas assez travaillé sur les côtés, et dans l'axe il y avait cette densité de joueurs messins. Nous nous sommes créé quelques occasions favorables sans aller au bout de nos intentions et défensivement, nous avons laissé trop de frappes à Metz. ».
    Yvon Pouliquen (entraîneur de Metz) : « On retient toujours le résultat. Nous sortons encore avec quelques regrets. Nous avons mis Lyon dans les meilleures conditions avec le premier but que nous concédons. Il y a encore eu de bonnes choses. Nous avons eu de bonnes situations mais Coupet a sorti quelques ballons chauds. J'aurai aimé que nous restions plus longtemps à 0-0. Nous nous créons des occasions mais nous manquons d'efficacité et on commet des erreurs individuelles. Nous manquons d'engagement dans la zone offensive et avec plus de présence, cela nous permettrait de marquer plus souvent. Je sens que l'équipe commence à progresser en terme de jeu ».
    Manuel Corrales (défenseur du FC Metz) : « Nous sommes venus sans complexe, avec l'intention au moins de prendre un point, mais ce but qui est survenu très tôt a rendu la mission très difficile. Pourtant, nous avons quand même réussi un bon match, je crois. C'était ma première titularisation en Ligue 1 mais, même si c'était à Lyon, c'était un match comme un autre.»

    (Site officiel FC Metz) : Metz a donné le bâton

    Les Grenats ont laissé passer leur chance au Stade Gerland. Leurs adversaires étaient pourtant moins impitoyables que d’habitude. Mais le cadeau offert dès le début de la partie a finalement pesé lourd. Dommage, car il y avait de quoi créer la surprise.

    Incorrigibles Messins. Dix minutes venaient de s’écouler sans frayeur de part et d’autre, ils avaient plutôt bien débuté la partie, faisant jeu égal avec les hommes de Perrin dont la mise en route était logiquement difficile, trois jours seulement après un match de très haut niveau contre Manchester. C’est alors que Karim Benzema, repositionné côté gauche, donna un premier coup d’accélérateur. Sa tentative de ‘une-deux’ n’aboutissait pas mais Malick Diop et Eric Cubilier se gênaient au moment de dégager. En attaquant futé, celui qui avait ouvert la marque mercredi en profitait pour chaparder le ballon et offrir à Fred son premier but de la saison (1-0, 11°).
    Que penser de ce qui a suivi cette nouvelle bévue de l’arrière garde lorraine ? Les hommes de Pouliquen ont eu le mérite de ne pas baisser les bras, alors qu’il est permis de penser que leur adversaire a géré ses efforts. Les occasions furent au rendez-vous, mais aucune ne fut concrétisée, les attaquants messins frappant la plupart du temps à côté du cadre. « Nous manquons d’agressivité devant le but », notait leur coach à l’issue de la partie. Celui-ci avait choisi de laisser Wilmer Aguirre sur la touche et d’aligner le duo Gueye – Renouard. Malgré de belles intentions et une activité indéniable, celui-ci a pêché dans la finition.
    Le début de la seconde période fut pourtant à mettre à l’actif des visiteurs. Gueye faillit égaliser sur l’un des nombreux corners messins de la partie (51°). Un avertissement entendu par le Champion en Titre, qui passa la vitesse supérieure. Christophe Marichez retarda l’échéance à plusieurs reprises, devant Govou (56°) puis Fred (58°). Comme Pjanic ne parvint pas à égaliser (61°), Fred s’appliqua à tuer le match, idéalement servi par Bodmer (2-0, 69°). Un écart suffisant pour assurer le gain du match aux Lyonnais. Metz peut passer à autre chose. La semaine prochaine, il s’agit de confirmer à Saint-Symphorien la victoire sur Valenciennes face au Stade Malherbe de Caen. Une équipe qui réussit plutôt bien au Club à la Croix de Lorraine ces derniers temps.

    (Site officiel OL) : Fred "Le Matador"

    Des diables à la lanterne… un fossé les sépare, seule la couleur « rouge » les regroupe… Rouge comme la position des condamnés à la L2 la saison prochaine, aujourd’hui adversaires de l’OL. Rouge, comme le carton infligé au racisme par les joueurs de L1 qui arboraient ce soir un t-shirt portant l’inscription « Plus jamais ça » suite à des histoires de couleurs…
    Un fossé de 40 points sépare dorénavant les Grenats des « Rouge et Bleu » suite à une rencontre sans point d’interrogation. Après neuf minutes dans le camp visiteur, Fred annonçait la couleur en inscrivant son premier but en championnat et permettait à l’OL de souffler un peu en attendant le résultat des Girondins, demain. Alors émoussés les Lyonnais ? La rencontre face à Manchester a laissé quelques traces et les différents changements opérés par Alain Perrin luttaient, tant bien que mal, afin que la fatigue ne se fasse pas trop sentir chez les Olympiens qui digéraient tout juste la débauche d’efforts ép
    rouvée en Champions League.
    La mission difficile des Messins s’annonçait alors impossible. Reste alors l’envie de se montrer, le plaisir de jouer et la charge de stupides records à ne pas endosser. Dans cette optique, Pjanic faisait de son mieux, en vain. Babacar Gueye tentait de mettre à profit les quelques ballons négoci
    ables, sans plus de réussite.
    Sa remise sur Renouard dans la surface aurait pu valoir son pesant d’or mais le lorrain croisait trop sa frappe pour inquiéter le gardien de l’équipe de France (35’). Un coup franc bien enroulé de Pjanic aux 25 mètres était repoussé par le poing droit de Coupet au prix d’une belle horizontale (43’). L’international, peu sollicité en cette première période, conservait sa cage inviolée avant de rejoindre les vestiaires tandis que son homologue messin avait payé le prix de la complicité des deux attaquants lyonnais. Fred et Benzema se trouvaient régulièrement dans le jeu. Après un une-deux soutenu par un brin de réussite, Benzema parvenait à remiser sur Fred qui trompait Marichez à bout p
    ortant, du bout du pied (9’).
    En seconde période, Pjanic, lancé dans la surface, ne trouvait pas le cadre (61’) et Gygax, en fin de rencont
    re, tombait sur Coupet (90’).
    Côté lyonnais Fred avait doublé la mise sur un ballon en profondeur de Mathieu Bodmer. Marichez était pourtant bien sorti dans ses pieds mais le Brésilien avait suffisamment piqué son ballon pour exprimer sa joie pleinement devant 37 281 supporters.
    Toulalan se heurtait au portier Grenat après un une-deux avec Benzema (63’). L’heure des changements était arrivée : Benzema, Källström et Govou cédaient leurs places à Keita, Juninho et Ben Arfa (70’). La fraîcheur se faisait alors ressentir côté lyonnais au grand damne du portier messins qui voyait alors son travail doubler de volume. Ben Arfa ne trouvait pas le cadre des 20 mètres ou d’un centre-tir angle fermé (75’ ; 80’) Quant à Juninho, il n’était pas loin d’inscrire son 4ème coup franc face aux Lorrains. Il forçait Marichez à une belle claquette puis à s’allonge
    r avec précaution (84’ ; 87’).
    Les Lyonnais ont fait le métier, d’une équipe remaniée entre suspension, repos et convalescence. Crosas (suspendu), Cris (ischio-jambiers), Grosso (coup au genou) et Delgado (fièvre) sont restés à la maison. L’essentiel a été assuré face à une équipe déjà annoncée en L2. Maintenant, jetons un petit œil du côté du stade Chaban-Delmas voir si la distance de sécurité est respectée dans le rétroviseur lyonnais.

     (Quotidien l’Equipe) : Le temps des sanctions

    Intolérable. Moins d’une semaine après les insultes dont fut victime Abdeslam Ouaddou à Metz, le déploiement d’une banderole portant des inscriptions à caractère raciste et homophobe, vendredi soir à Bastia, et visant implicitement le joueur de Libourne Boubacar Kébé, est tout simplement intolérable. Intolérable, car survenu quelques instants seulement après les sifflets ayant accompagné la lecture, par le speaker du stade de Furiani, d’un message antiraciste de la Ligue de football professionnel (LFP). Intolérable, car le fait de récidivistes parfaitement connus du club bastiais et des autorités locales. Des individus qui, depuis des années, sévissent dans ce triste registre sans que personne leur ait jamais demandé des comptes. Les mêmes qui, par leurs invectives haineuses, avaient poussé à bout l’attaquant burkinabé à Libourne le 17 septembre 2007.

    Réagissant à cette nouvelle manifestation de racisme, le secrétaire d’État aux Sports, Bernard Laporte, a exigé hier la mise en place de « mesures fermes et dissuasives afin de bouter hors des stades (…) ces énergumènes ». Frédéric Thiriez, président de la LFP, a, quant à lui, souhaité qu’on applique désormais « la manière forte » contre les personnages incriminés et a laissé entendre que des sanctions sportives pourraient être prises à l’endroit du SC Bastia, notamment « sous forme de retrait de points ». On n’en attendait pas moins.

    Lesdites « mesures » devraient être d’autant plus faciles à prendre que la République dispose des outils juridiques qu’il faut pour combattre ce fléau et que la Ligue a les moyens de faire entendre raison aux clubs pas suffisamment impliqués dans le combat qui est mené. Ce n’est plus, en somme, qu’une question de volonté.

    Cela ne peut plus durer. À Metz, police et parquet ont prestement réagi et l’auteur des insultes à l’encontre d’Ouaddou passera en justice le 18 mars. Cela n’a pas été le cas à Bastia. Et il est du devoir des ministères concernés (Intérieur et Justice) de savoir pourquoi les lois républicaines n’ont pas été appliquées. Comme il est de celui de la LFP de se demander si les menaces de « retrait de points » et de « suspension de terrain » visant les clubs touchés par ce grave problème sont désormais suffisamment dissuasives et si le moment n’est pas venu d’envisager des sanctions plus radicales.

    Lyon n’a rien réglé

    Le champion de France a encore trouvé le moyen de souffrir face au dernier (2-0). La fatigue ? Oui, mais pas seulement.

    Lyon est assuré de conserver la tête du Championnat, après sa victoire peu convaincante sur Metz (2-0), hier soir, à Gerland, grâce à un doublé de Fred. C’était la première fois que le Brésilien marquait en Ligue 1 depuis le 28 avril 2007 et son but face au Mans (2-1). Mais l’OL continue de dégager peu de solidité et d’enthousiasme.

    LA LIGUE 1 est un drôle de Championnat où les entraîneurs demandent à Benzema de suivre Cubilier. C’est aussi un Championnat d’un considérable ennui lorsqu’un leader approximatif accueille un dernier, gêné par des faiblesses qui l’enverront en Ligue 2. Lyon a battu Metz (2-0), hier soir, trois jours après avoir affiché un niveau européen face à Manchester United (1-1), et la fatigue n’apparaît pas comme une théorie suffisante à l’heure d’expliquer l’inconsistance du premier de la L 1. Ce dont l’OL a été capable dans des circonstances exceptionnelles, avec des cadres s’impliquant dans la préparation pour ressusciter un esprit, il en est incapable lorsqu’il est confronté à ses échéances ordinaires. L’approche classique de ses matches laisse le champion englué dans ses difficultés de saison : actuellement, les compétitions domestiques révèlent de manière éclatante le manque de solidité et d’enthousiasme d’une équipe qui persiste à survivre par son talent.

    On ne sait pas exactement ce dans tout cela et ce qui lui échappe, mais l’entraîneur lyonnais a au moins le mérite de répondre franchement aux questions. La victoire face à Metz lui a attiré cette phrase, que l’on n’aurait pas imaginé voir sortir de la bouche d’un entraîneur de l’OL cette saison : « On n’a jamais été en mesure de se défaire de la pression messine. »

    Le plus inquiétant, c’est qu’il a globalement raison. Car sans un très bon Coupet, les approches messines auraient obtenu une meilleure récompense. Mais il y avait trop de différence individuelle pour que Metz puisse compenser son manque d’efficacité offensive. « J’aurais aimé voir mon équipe rester plus longtemps à 0-0 », regrettait Yvon Pouliquen. Mais c’est une double erreur de Diop et Cubilier qui a permis à Benzema d’offrir à Fred (10e) son premier but en L 1 depuis le 28 avril 2007 et son but face au Mans (2-1).

    Le long tunnel de Keita

    Après ses deux passes décisives il y a deux semaines, en fin de match contre Sochaux (4-1), le Brésilien a même réussi un doublé, grâce à une passe à une touche de Bodmer (69e). Il a joué avant-centre, et Benzema, que l’on attendait au repos, a disputé son 44e match de la saison dans le couloir gauche, un poste qui demande beaucoup plus de longues courses.

    À sa manière, Alain Perrin a envoyé ses messages dans sa composition d’équipe. À Abdelkader Keita, par exemple, qui n’est pas titulaire contre le dernier quand tout le monde est fatigué (Benzema, Govou), écarté (Ben Arfa) ou malade (Delgado). La saison est un long tunnel pour le plus gros transfert de l’histoire du club lyonnais. « Il est rentré le premier, je voulais lui montrer que je compte sur lui », assure Perrin. On ne jurerait pas que l’Ivoirien ait ressenti les choses comme ça…

    Hatem Ben Arfa, lui, était sur le banc mercredi et sur le banc hier soir. Il traverse une période difficile, à la fois au regard de son jeu et de son statut. Il a encore très peu lâché son ballon quand il est entré, comme si la remise en cause décidée par son entraîneur l’encourageait dans cette voie individuelle dont il avait su s’écarter, dans son automne royal. Mais Alain Perrin ne voit pas son passage sur le banc comme un élément déclencheur de l’individualisme de son jeune international : « C’est ce qu’il faisait avant, c’est pour cela qu’il est remplaçant ! Il ne peut pas le faire plus maintenant, en venant du banc. Mais je ne me fais pas de souci, ça va revenir. » En Ligue 1, à ce train-là, c’est surtout Bordeaux qui va revenir, un jour.

    ILSONT DIT

    JUNINHO (Lyon) : « Naturellement, c’est bien de battre Metz. Mais, vu le classement de cette équipe, on y était plus ou moins obligés ! C’est bien aussi que Fred ait marqué deux buts. Pour la confiance, il n’y a rien de mieux pour lui. Cela dit, si on a vite marqué, notre jeu a encore manqué de fluidité. Mais il y a quand même du mieux, et la semaine qui vient va nous permettre de bien travailler, d’autant que, à part Cris, nous ne déplorons aucun blessé. En tout cas, pour finir dans les trois premiers – je dis bien dans les trois premiers –, il va falloir faire plus. »

    Alain PERRIN (entraîneur de Lyon) : « Je rends hommage aux Messins qui sont venus avec beaucoup, d’ambition et de qualité dans leur jeu. Ils nous ont posé beaucoup de problèmes. Heureusement que Greg (Coupet) était vigilant ! L’envie messine était supérieure. J’aurais aimé qu’on enfonce le clou. Je trouve que défensivement, on manque encore de solidité, mais l’aspect comptable est primordial. Je suis content pour Fred, récompensé de ses efforts depuis janvier. »

    Yvon POULIQUEN (entraîneur de Metz) : « On sort encore avec quelques regrets, surtout celui d’avoir mis Lyon dans les meilleures conditions en prenant un but évitable. On manque d’efficacité défensive, et on manque un peu d’engagement offensif. Mais je sens que mon équipe progresse au fil des semaines en termes de jeu. C’est une saison difficile. Pour moi, cela fait seulement deux mois, mais pour les gars, cela fait huit mois, et c’est long. Et puis, quand on gagne, il y a un événement qui fait que personne n’en parle (l’entraîneur messin fait allusion à l’affaire Ouaddou). Alors, ce soir, pour notre image, on voulait montrer autre chose. »  

    Fred et la preuve par deux

    L’HOMME CLÉ : FRED (Lyon), 6,5

    Depuis le temps qu’il attendait de retrouver le chemin des filets en Ligue 1, voilà qui est doublement fait depuis hier soir. Titularisé au centre de l’attaque lyonnaise, le Brésilien a frappé deux fois pour débloquer son compteur en Championnat et a ainsi été récompensé de son opportunisme et de son envie de bien faire. Avec un peu plus de réussite encore, Fred aurait même pu s’offrir un « hat-trick ».

    LYON

    COUPET (6) : décisif face à deux coups franc de Pjanic (44e) et Renouard (90e + 2). L’essentiel était fait.

    CLERC (6,5) : plein de bonnes intentions, tant en phase offensive que défensive.

    SQUILLACI (6) : d’une grande vigilance.

    BOUMSONG (6) : un match globalement bien contrôlé.

    RÉVEILLÈRE (5,5) : déplacé à gauche de la défense, il a joué sans vraiment prendre de risques.

    TOULALAN (6,5) : efficace, inlassable, pratiquement toujours là où il faut. Indispensable.

    BODMER (5,5) : a eu un peu de mal à se mettre en évidence avant de délivrer une passe décisive à Fred (69e).

    KÄLLSTRÖM (5,5) : de l’abnégation mais il n’a pas toujours fait les bons choix. Remplacé par JUNINHO (73e).

    GOVOU (6) : l’envie et les jambes sont là, et ça se voit. BEN ARFA l’a suppléé (73e).

    FRED (6,5) : voir ci-dessus.

    BENZEMA(6,5) : une offrande pour Fred depuis ce côté gauche dont il ne raffole pas mais à partir duquel il a encore trouvé le moyen de sortir quelques jolis tours de passe-passe.

    METZ

    MARICHEZ (6) : battu de près par Fred à deux reprises. Mais il n’a rien à se reprocher pour le reste, à l’image de ce coup franc bolide de Juninho qu’il a su détourner (84e).

    CUBILIER (4,5) : Benzema, qu’il a notamment laissé échapper dans l’action du but premier but, l’a largement dominé.

    M. DIOP(4,5) : sa responsabilité est engagée dans l’ouverture du score. Un peu raide en règle générale, il a failli réduire le score (79e).

    DELHOMMEAU (5,5) : sérieux.

    CORRALES (4,5) : le tandem Clerc- Govou l’a souvent mis sur le reculoir. Averti pour une faute sur Benzema, il a cédé sa place à Cheick GUEYE (67e).

    PJANIC (5) : quelques bons coups de patte, notamment ses coups de pied arrêtés.

    FRANÇOIS (5) : de l’abattage à la récupération du ballon, du mal à relancer utile.

    BARBOSA (5) : laborieux, il a été relayé par GYGAX (77e).

    AGOUAZI (5) : appliqué mais assez neutre au final.

    RENOUARD (6) : vif, culotté, il a tenté des choses dès qu’il a pu, y compris un coup franc dans le temps additionnel.

    B. GUEYE (6) : toujours aux aguets, il a contraint la « charnière » lyonnaise à beaucoup de vigilance. Remplacé par C. CHAPUIS (71e).

    CLAUDE CHEVALLY 5,5

    Marichez capitaine, 6

    Pjanic 5

    Barbosa

    Agouazi 5

    5

    B. Gueye

    6

    Renouard

    6

    François

    5 M. Diop

    4,5

    Delhommeau

    5,5

    Cubilier

    4,5

    Corrales

    4,5

    FOOTBALL LIGUE 1 (26e journée)

    Temps doux. Pelouse moyenne. 37 281 spectateurs. Arbitre : M. Ennjimi.

    Remplacements. – 69e : Benzema par Ab. KEITA ; 73e : Govou par BEN ARFA et Kallstrom par JUNINHO.

    Non utilisés : Vercoutre (g.), Beynié, Mounier.

    Entraîneur : A. Perrin.

    Remplacements. – 67e : Corrales par Ch. GUEYE ; 71e : B. Gueye par C. CHAPUIS ; 77e : Barbosa par GYGAX.

    Non utilisés : Mayebi (g.), Djiba, Aguirre, Momar Ndiaye.

    Entraîneur : Y. Pouliquen.

    LES BUTS

    1-0 : FRED (10e, passe de Benzema). – Légèrement à gauche aux abords de la surface, Benzema et Fred tentent un une-deux qu’intercepte Diop. Mais ce dernier et Cubilier se gênent, ce qui profite à Benzema. Dans les seize mètres, celui-ci décale Fred, démarqué dans l’axe, qui marque en taclant du droit.

    2-0 : FRED (69e, passe de Bodmer). – Après une percée au milieu, Toulalan trouve sur sa droite Bodmer, qui lance en profondeur Fred. Dans la surface, Delhommeau ne pouvant intervenir, l’attaquant brésilien se présente seul face à Marichez et, d’une frappe du droit, remporte son duel.

    LES CARTONS

    2 AVERTISSEMENTS. – Lyon

    LyonMetyadonnélebaton2008LyonMetz2008aLyonMetz2008bLyonMetz2008cLyonMetz202008LyonMetzbarbosa2008LyonMetzFred2008

    February 23

    Votre mission, si vous l'acceptez, n'est pas impossible...

    La phrase du jour :

    "Et Bastia, maintenant, que fait -on ?*(*Banderole raciste et homophobe à Bastia.Avant la rencontre de 25e journée de L2, hier, entre Bastia et Libourne, des spectateurs présents à Furiani ont brièvement déplié deux banderoles racistes et homophobes faisant implicitement référence à l'affaire Kébé, joueur de Libourne victime d'insultes en septembre lors du match aller. Des sifflets ont accueilli la lecture par le speaker d'un message de la LFP contre le racisme à la suite de l'affaire Ouaddou. Des supporters ont alors sorti une première banderole indiquant « on n'est pas racistes », suivie d'une seconde qui affichait « la preuve, on t'encule ». Ces banderoles ont ensuite été rapidement repliées.
    Le 14 septembre 2007, Kébé, blessé vendredi soir, avait été exclu à la 85e minute du match Libourne-Bastia pour un bras d'honneur contre des supporters corses soupçonnés d'avoir proféré des insultes racistes. Le club insulaire s'était vu retirer un point au classement à la suite de ces incidents.
    Orlanducci : « Il ne faut pas nous enfoncer à cause de ça »
    Vendredi soir à Bastia, les joueurs étaient rentrés sur les terrains vêtus de tee-shirts frappés du slogan «Racisme plus jamais ça», suivant une initiative de l'UNFP soutenue par la LFP. La LFP a indiqué que suite à la banderole insultante dépliée, « un rapport sera transmis à la commission de discipline pour suites à donner ». Dans un communiqué, la LFP a précisé le déroulement des faits suite à l'apparition de la banderole : « Conformément aux consignes, le délégué de la Ligue et l'arbitre du match, M. Poulat, ont refusé de donner le coup d'envoi de la rencontre jusqu'au retrait de la banderole. Le coup d'envoi a donc été retardé de trois minutes». Sur RTL, Jean-Pierre Hugues, directeur de la LFP, a dénoncé le «caractère raciste, homophobe» et «d'une totale stupidité » de la banderole insultant Boubacar Kébé.
    Le président du club, Charles Orlanducci, est lui aussi intervenu sur RTL pour apporter sa vision des faits. « La banderole en elle-même n'était pas à caractère raciste mais elle s'adressait à M. Kébé, a-t-il déclaré. Ce n'est pas un incident à relever ça quand même ! Ça se passe chaque semaine dans les stades! Il ne faut pas nous enfoncer à cause de cette banderole quand même ! On espère beaucoup de compréhension de la part de la Ligue. » M.Orlanducci a indiqué qu'il avait été lui-même « retirer la banderole » et s'est déclaré impuissant face à ce problème de racisme à Furiani : « On les condamne, mais que voulez-vous qu'on fasse contre ça? Le message, on le passe sans arrêt et on l'a passé toute la semaine. Donnez-nous des solutions et ce sera fait ! » (Avec AFP))

    Une tribune entière impliquée à Bastia, ça intéresse poins les journalistes parisiens qu'un débile mental à Metz ?On attend un traitement médatique similaire, ou on considère que cela fait partie du folklore local ? "

    "Ouaddou a (sic) décidé de ne plus parler : il doit écrire beaucoup en ce moment : on ne voit et on n'entend parler que de lui ces derniers temps!Il dit avoir peur des arbitres ? Plus que du gars qui l'a insulté ?...C'est, décidemment, un fin communiquant : il est devenu, en huit jours, le défenseur le plus célèbre de France : où va-t-il donc jouer l'an prochain ?" 

    (R.L.) : CFA : Metz : résiliation de bail

    FC Metz. 13e avec 42 points (6v, 5n, 8d). Les trois dernières rencontres : défaite à Mulhouse (3-0), victoire face à Nancy (3-1), défaite à Strasbourg (2-1).
    FC Sochaux. 3e avec 58 points (10v, 8n, 2d). Les trois dernières rencontres : victoire face à Raon (2-0), victoire à Belfort (2-1), nul face à Vesoul (3-3).
    A l'aller. FC Sochaux - FC Metz : 4-0. Buts : Privat (34e, 37e), Butin (67e), Baur (90e+1 sp).
    L'enjeu. A Strasbourg, malgré une copie relativement propre, les Messins ne sont pas parvenus à confirmer, en termes comptables, le beau résultat acquis face à Nancy. Du coup, la venue de Sochaux est une occasion rêvée de rattraper ces points perdus. Un challenge difficile car les Doubistes, confortablement installés sur la troisième marche du podium, n'ont plus concédé la moindre défaite depuis le 1er décembre (à Jura Sud, 3-2). Un bail...
    Le groupe. Si aucun suspendu n'est à déplorer, José Pinot devra se passer des services d'Arnaud Anastassowa, touché au genou à Strasbourg, dimanche dernier. Le technicien messin pourra, par contre, compter sur la présence de Rudy Gestede, Jeff Strasser et Matheus Vivian, de retour de blessures et laissés à sa disposition par Yvon Pouliquen. Une dernière séance d'entraînement, ce matin, permettra de déterminer l'ossature du groupe appelé à défier Sochaux.
    L'avis de l'entraîneur, José Pinot. « Mon vœu est simple : rééditer nos deux dernières performances, notamment concernant la constance dans le jeu. Car, même si le scénario ne nous a pas été favorable à Strasbourg, j'ai apprécié le contenu. Cela dit, Sochaux reste une grosse cylindrée et sans une concentration de la première à la quatre-vingt-quinzième minute, nous irons vers une belle désillusion. Contre ce genre d'équipe, la moindre erreur est fatale. Mais nous sommes prêts à relever le défi doubiste. »
    FC Metz - FC Sochaux stade Delaitre demain (15 h)

     Allons-y gaiement !

    Que peut craindre le dernier de Ligue 1 à Lyon, l'égal de Manchester trois jours plus tôt ? Rien de grave, sinon créer une sensation qui ferait beaucoup parler de Metz, et en bien...

    Finalement, c'est aux Lyonnais que cela va faire tout drôle : ce soir, trois jours après la réception du deuxième club de la planète en matière de puissance économique, Gerland accueille le plus mauvais club du pays selon le classement de la Ligue 1. Alors, depuis mercredi, 23 h, les rois de France s'efforcent de parler de Metz comme ils parlaient de Manchester avant de lui concéder le match nul (1-1) en huitième de finale aller de la Ligue des champions : le rendez-vous s'annonce vital ; l'adversaire est à prendre au sérieux. Les Lyonnais ont raison : dans la quête espérée d'un septième titre de champion de France, ils ne comptent qu'un point d'avance sur leur premier poursuivant, Bordeaux, à douze journées de la fin, et la pire des erreurs consisterait à partir déjà vainqueurs d'une équipe messine qui ne peut précisément plus perdre grand-chose, surtout pas ici, et plus maintenant. En prenant ses quartiers lyonnais, hier soir, dans un hôtel si proche du stade qu'il gagnerait du temps à s'y rendre à pied, Yvon Pouliquen ne donnait pas l'impression d'arriver là à contrecœur et d'être pressé de repartir. Affronter une équipe qui vient de tenir tête à Manchester ? « J'aime bien », répond l'entraîneur messin, pas spécialement maso mais très joueur : « Sur toute une compétition, il n'y a pas photo entre eux et nous. Mais sur un match, nous pouvons très bien rivaliser, à condition d'être performants. » Performants comment ? « Comme nous avons su l'être à Strasbourg, comme Croix-de-Savoie a su l'être contre Lyon. » Voilà l'idée : Metz s'apprête à livrer un match de Coupe de France, et ce n'est pas ce qui lui réussit le plus mal cette saison. Deux jours après la démonstration de force du FC Metz chez son voisin alsacien (0-3), l'OL avait souffert mille maux pour éliminer des amateurs alpins (1-0), et Pouliquen espère juste que ses attaquants seront aussi inspirés ce soir qu'à l'époque, et Grégory Coupet beaucoup moins... Dorénavant placés sous la menace directe de Bordeaux, les Lyonnais ne risquent pas de prendre la venue de Metz à la légère, sauf s'ils sont devenus fous. Ils lui accordent donc bien plus qu'une certaine importance : une importance incertaine. Et s'ils ne vont pas aussi loin qu'un audacieux confrère, hier, dans Le Progrès (« On a envie de dire que le rendez-vous le plus important de la semaine est celui de samedi face à Metz », a osé Antoine Osanna), ils n'en convoquent pas moins pour affronter le dernier de Ligue 1 les ingrédients leur ayant permis de passer tout près de la victoire, mercredi : « Il y a Metz, et il faut oublier Manchester », affirme Juninho, dont la science des coups de pied arrêtés a quand même dû agiter la nuit de Christophe Marichez. « Nous venons de montrer une vraie cohésion et il nous faut conserver ces vertus de solidarité et d'abnégation pour éloigner Bordeaux. » Le Brésilien insiste : « Si nous voulons penser à gagner quelque chose cette saison, commençons par nous dire que Metz est aussi fort que Manchester. » Rien que ça.
    Au moins, les Messins savent ce qui les attend, à partir de dimanche matin, s'ils en viennent ce soir à changer le cours de la lutte pour le titre de champion en attendant de rejoindre leur Ligue 2 préférée. Les télés, les radios, les journaux, tout le monde parlera alors de Metz.
    Et avec un peu de chance, cette fois, ni la crétinerie d'un de ses citoyens, ni la pleutrerie d'un arbitre, ni même la révolte salutaire d'un adversaire qui n'en est pas moins homme n'y seront pour quoi que ce soit. Vite, de l'air !

    Gros OL Land

    De Lyon-Manchester à Lyon-Metz, Le Républicain Lorrain évoque, en trois volets, passé, présent et avenir du club six fois champion de France. Petites anecdotes et grands projets racontés au cœur d'une semaine où l'OL joue gros au quotidien.

    Des chiffres ou, plus exactement, des sommes. En 1987, à l'arrivée de Jean-Michel Aulas à sa présidence, l'Olympique Lyonnais affiche un budget d'environ 17 millions de francs de l'époque, un peu moins de 3 millions d'euros. Vingt ans plus tard, le même budget a été multiplié par cinquante, grâce à l'investissement du groupe Pathé à la fin du siècle dernier puis, au début du suivant, avec le développement de la marque OL : OL coiffure, OL taxi, OL voyage, OL beauté, OL boissons et même, de quoi en faire un fromage, OL Saint-Marcelin ! A la fin des années 80, l'entreprise comptait une quinzaine de salariés ; ils sont aujourd'hui 230, à temps complet. « Qu'on le veuille ou non, justifie Jean-Michel Aulas, la puissance économique permet quand même d'avoir les meilleurs joueurs. » Histoire de « ne rien devoir à personne » et de « créer de la richesse », le big boss lyonnais a aussi milité pour l'entrée en bourse d'OL Groupe, obtenue en janvier 2007. Selon lui, la seule réponse possible aux contraintes fiscales que ne rencontrent pas ses concurrents européens.
    Mais ce n'est jamais assez : l'Olympique Lyonnais, aujourd'hui, se trouve à l'étroit à Gerland, son quartier historique. Le stade se situe en zone Seveso, et ses virages sont classés monument historique. Pour voir plus grand, et plus gros, l'OL a donc prévu de déménager en banlieue, à Décines, à une dizaine de kilomètres à l'Est du centre de Lyon. Le projet, intitulé OL Land, prévoit, sur 50 hectares, un stade de 60 000 places, 20 000 de plus qu'à Gerland ; des terrains d'entraînement ; un centre de loisirs appelé à accueillir 50 0000 visiteurs par an ; deux hôtels ; des bureaux. Coût de l'opération : environ 400 millions d'euros. Financement : Olympique Lyonnais et autres investisseurs privés. A la charge des collectivités, les aménagements routiers et le prolongement du tramway. Gérard Colomb, maire (PS) de Lyon et président du Grand Lyon, qui regroupe les communes de l'agglomération, appuie « une formidable opportunité de développement du territoire. »
    Sitôt OL Land lancé, une manifestation a réuni plus de cinq cents opposants au projet, en septembre dernier. A Décines, une liste pour les élections municipales est menée par l'un des fondateurs de l'association Carton rouge, qui annonce effectivement la couleur : « Elus, nous ne signerons pas le permis de construire », attendu cet été, prévient Francisco Martinez qui se dit soucieux de la tranquillité des riverains et du porte-monnaie des contribuables. Les recours s'annoncent nombreux mais Jean-Michel Aulas espère inaugurer son « diamant de verre dans un écrin de verdure » à l'automne 2010. Jeudi, au lendemain du match nul de Lyon contre Manchester, l'action OL Groupe avait perdu 0,53 %.

    Alain Perrin : « Ne pas lâcher le moindre point »

    L'entraîneur lyonnais a prévenu : recevoir le dernier a tout du match piège.

    La veille, à propos du retour de Cris et de la solution supplémentaire qu'il en résultait pour composer sa défense, Alain Perrin parlait, en substance, d'un problème de riche. Hier, l'entraîneur lyonnais n'avait plus à trancher : pendant que Perrin préparait une équipe pour affronter Metz, Cris passait des examens destinés à identifier la gravité d'une douleur à la cuisse. D'un match de Ligue des champions contre Manchester (1-1) qui appelle une deuxième manche, le 4 mars, à la réception du dernier de Ligue 1 où la situation de son équipe n'autorise aucun faux pas, l'entraîneur de l'OL a surtout insisté sur la nécessité de ne pas confondre les priorités. A propos des vertus retrouvées. « Contre Manchester, l'équipe a évolué à son niveau, c'est-à-dire en conformité avec la valeur de ses individualités et son vécu international. Elle y a ajouté un supplément d'âme, une réelle solidarité. C'est sûr, l'adversaire a dû aider à fédérer les énergies. Mais c'est l'histoire d'un match : cette orientation défensive, elle ne correspond pas à ce que nous faisons en championnat. »
    A propos de la menace bordelaise. « Bordeaux nous tient en éveil et nous oblige à ne pas lâcher le moindre point. Il s'agit d'un concurrent direct. Mais il faut aussi regarder le classement sur les dernières journées : si nous arrêtons de pédaler, les autres nous doubleront. Les choses dépendent donc beaucoup de ce que nous réalisons, nous. »
    A propos de Ben Arfa. « Ne pas le titulariser contre Manchester n'a pas été une décision difficile à prendre. S'il n'a pas joué, ce n'est pas à cause de ses capacités à défendre, car elles existent. Seulement, actuellement, sur le plan offensif, il n'est pas assez performant, notamment parce qu'il abuse de solutions individuelles. Il doit remettre son talent au service de l'équipe. »
    A propos de Metz. « Pour nous, c'est un match piège. Déjà parce qu'après un match à forte tension comme celui de Manchester, il faut lutter contre une possible baisse de concentration. Nous avons grillé pas mal de jokers et il nous faut prendre des points : d'ailleurs, il suffit de regarder le classement pour rester mobilisé. Metz ne lâchera rien, j'en suis sûr. Pour les Messins, il s'agit d'un grand match et notre prestation contre Manchester va même les inciter à élever leur niveau. Ils vont vouloir se montrer car ils ont aussi un intérêt individuel à briller à Lyon. Enfin, ils sont dans une nouvelle dynamique collective depuis le changement d'entraîneur. Donc, attention... »

    Delhommeau: « Jouer à la lyonnaise »

    Le défenseur messin va croiser le fer avec Karim Benzema, l'un des plus beaux solistes de Ligue 1. Duel au couteau, ce soir à Gerland...

    Pascal Delhommeau, la production lyonnaise a été impressionnante face à Manchester United. Que peut attendre Metz d'un match à Gerland ? « Disons que nous n'avons pas grand-chose à perdre. Mais nous ne nous avouons pas vaincus. En tant que professionnel, lorsqu'on monte sur un terrain, c'est toujours dans l'espoir de l'emporter. Pour parvenir à pareil exploit, il faudra jouer en bloc, ne pas laisser d'espaces entre les lignes. Toute l'équipe devra se concentrer sur les tâches défensives, à commencer par nos attaquants. Sans être présomptueux, il faudra en quelque sorte adopter le même schéma de jeu que celui retenu mercredi par Lyon en Ligue des champions : évoluer de manière compacte. » • Cette joute européenne aura peut-être épuisé les Rhodaniens. Rassurant ? « Non, je ne pense pas qu'ils seront émoussés. Ni qu'ils nous prendront de haut. Avec Bordeaux à un point au classement, l'urgence pour eux est de l'emporter. En plus, les Lyonnais peuvent s'appuyer sur un banc impressionnant pour faire tourner l'effectif. L'équipe alignée à Gerland sera compétitive, c'est une certitude. »
    • Ce soir, vous allez très certainement vous frotter au poison Benzema. Un remède ? « Il faut le cadrer, ne pas lui laisser un centimètre pour s'exprimer. Lorsqu'il est lancé dans la profondeur, le mieux est sans doute de rester sur ses appuis car il a une belle capacité d'élimination. Maintenant, on sait qu'il n'a besoin que d'une demi-occasion pour la mettre au fond. Comme face à Manchester United... »
    • Un mot sur un autre Lyonnais en forme, Jérémy Toulalan, que vous avez fréquenté au FC Nantes ? « Jérémy, c'est bien plus qu'un ancien partenaire, un véritable ami. A Nantes, nous vivions ensemble les mises au vert. D'ailleurs après le match, j'ai prévu de séjourner chez lui. Que dire de plus que ce qu'il démontre sur le terrain ? Déjà à Nantes, c'était un infatigable pourvoyeur de ballons qui, de par son activité, avait sauvé notre peau en Ligue 1. La seule chose que l'on sait moins, c'est qu'il est d'un naturel réservé, comme moi. »

    • Lyon: Benzema au repos ? Trois jours après avoir disputé son quarante-troisième match de la saison, déjà, Karim Benzema aspire à souffler et devrait débuter sur le banc de Lyon, ce soir, Fred étant titularisé au poste d'avant-centre. Mais dans la foulée du 8e de finale aller de Ligue des champions face à Manchester, une large rotation est à attendre. Jérémy Toulalan pourrait ainsi céder sa place à Mathieu Bodmer et, devant, l'énigmatique Kader Keita ainsi que le jeune Hatem Ben Arfa, remplaçant mercredi, encadreront probablement Fred. Le retour attendu de Cris est différé : victime d'une inflammation des ischio-jambiers, le défenseur brésilien a finalement dû déclarer forfait, tout comme le champion du monde italien Fabio Grosso, touché au genou contre Manchester. Alain Perrin devrait donc reconduire la même charnière centrale qu'en Ligue des champions, François Clerc à droite et Anthony Réveillère à gauche occupant les couloirs.
    • Metz: B. Gueye confirmé ? Babacar Gueye devrait profiter de son but inscrit face à Valenciennes pour connaître à nouveau les joies de la titularisation. Le Sénégalais pourrait retrouver à ses côtés Renouard, appelé sans doute à suppléer Aguirre, en dedans le week-end dernier. Du mouvement encore en défense : Corrales relaiera certainement Cheikh Gueye, lui aussi en perte de vitesse ces derniers temps. Composition classique par contre en milieu de terrain. François, à la récupération, Pjanic à gauche et son pendant à droite Barbosa déblayeront le terrain pour Gygax, placé en position de meneur de jeu. A noter le retour dans le groupe de Djiba. Dans le sens inverse, Bessat en sort et jouera demain avec la réserve

    Sifflets et banderoles à Bastia

    Le directeur de la LFP, Jean-Pierre Hugues, a dénoncé le « caractère raciste, homophobe » et « d'une totale stupidité » de la banderole déployée, hier soir par des supporters de Bastia, insultant le joueur noir de Libourne, Boubacar Kébé. « Les officiels ont demandé aux responsables du stade de (la) faire disparaître immédiatement, sinon le match n'aurait pas démarré. » Kébé avait été victime d'insultes à caractère raciste lors du match aller. Avant le coup d'envoi du match retour à Bastia, hier, pour le compte de la 25e journée de L2, des supporters corses ont déployé des banderoles insultant Kébé. La première, affirmant : « On n'est pas racistes », a été suivie d'une autre sur laquelle on pouvait lire : « La preuve, on t'encule ». L'incident « devra être examiné par la commission de discipline lundi », a promis M. Hugues.

     Thiriez : « Appliquer la loi avec sévérité »Le patron de la Ligue veut prendre modèle sur l'exemple anglais.

    Depuis le début de la semaine, les responsables du mouvement sportif se sont bornés à effectuer des rappels aux règlements... « Il y a ceux qui discourent et ceux qui agissent. Notre action se résume en deux points : fermeté totale dans la répression, effort d'éducation et de prévention. L'auteur des faits à Metz a été arrêté, mis en garde à vue et encourt une peine d'interdiction de stade de cinq ans. Nous, nous portons plainte à chaque fois. Sur le plan administratif, c'est à la demande du football que la loi a prévu en 2006 des interdictions de stade par le préfet à titre préventif pour des individus dangereux. La loi prévoit aussi la dissolution des groupements violents et racistes de supporters. Sur le plan disciplinaire, chaque club est responsable de ses supporters et la commission de discipline inflige des sanctions lourdes, amendes, matches à huis clos ou pire, des retraits de points. La France a été le premier pays en Europe à infliger des retraits de points. »
    • Les arbitres rechignent à appliquer les consignes et à interrompre une partie en cas d'incidents racistes... « Depuis six mois, les arbitres ont des consignes très précises sur ce qu'il faut faire en cas d'incident dans les tribunes à caractère raciste. Les mesures peuvent aller de l'expulsion du perturbateur à l'interruption du match à titre provisoire ou définitif. Mais on n'a pas le droit de juger une affaire avant qu'elle n'ait été instruite par la commission de discipline. Le football est un état de droit, ce n'est pas le Far West.»
    • Que pensez-vous de la proposition du président de Valenciennes de rejouer le match Metz-Valenciennes ? « Ce n'est pas possible car ce n'est pas dans la gamme des sanctions.»
    • Que pensez-vous des mesures préconisées par le secrétaire d'État Bernard Laporte ? « Je le soutiens totalement. Ces crises permettent de progresser et d'aider à une plus grande prise de conscience. Je veux l'allongement de la durée d'interdiction de stade. Il faut que ce soit une saison. Mais ce que je demande, c'est que la loi de 2006 soit véritablement appliquée avec sévérité. »
    • N'est-ce pas le cas ? « Aujourd'hui en France il n'y a que 80 interdits de stade. En Angleterre, c'est 3 500. Cela fait trois ans que je le dis. Il faut que les préfets appliquent la loi avec sévérité. Si on le fait, on aura réglé le problème à 80 %. »

    (Site officiel FC Metz) : Des espérances d’exploit

    Il y a plus d’une classe d’écart entre l’ogre lyonnais et la lanterne rouge messine. C’est donc sans aucune pression que les seconds vont essayer de créer la surprise samedi à Gerland. Peut-être qu’ainsi, on parlerait davantage de leur victoire.

    Mercredi soir, alors que la vaillante troupe d’Alain Perrin s’employait à bouter les Anglais de Manchester hors de la Ligue des Champions, celle d’Yvon Pouliquen était en majeure partie devant son poste de télévision. A espérer, sans doute, que le football français conserve un maximum de chances de compter un représentant au grand bal des quarts de finale de la prestigieuse compétition. Chacun sait ce qu’il advenu, les Mancuniens sont revenus à quelques minutes du terme de la partie, et tout se jouera donc dans leur antre, où ils seront en ballotage favorable.
    Samedi soir, les « petits » Grenats se satisferaient sans doute d’un résultat similaire. Celui-ci aurait valeur d’exploit compte tenu de la différence de points et de niveau entre les deux formations. Yvon Pouliquen va donc exhorter ses hommes à évoluer sans la moindre appréhension. « J’espère, indique-t-il à ce sujet, que le succès contre Valenciennes aura permis aux joueurs d’évacuer le complexe qui pesait autour de ce blocage à domicile et qu’ils pourront ainsi se mettre définitivement dans le bon sens. » Il faut aussi espérer que les récentes claques reçues à l’extérieur n’aient pas altéré leur moral.
    Chacun connaît la puissance de feu du leader lyonnais, ses armes offensives ne sont plus à présenter. La défense messine, prise de cours hier, devra élever son niveau de jeu afin de ne pas rejouer le match aller. Ce véritable supplice avait confirmé les belles aptitudes de bourreau des jeunes Benzema et Ben Arfa. Entre temps, la « classe biberon » de l’OL, c’est devenu la « classe » tout court. Et il n’y a pas que ça. « Je reproche parfois à mon équipe de ne pas faire le nécessaire sur le plan collectif, ajoute Pouliquen. Les Lyonnais nous ont donné mercredi un bel aperçu de ce qu’il fallait produire dans ce domaine. Même s’il y a énormément de talent dans cette équipe, c’est avant tout un bloc qui a été performant contre Manchester. » Il faudra un bloc en béton armé côté messin samedi soir. David contre Goliath, deuxième.

    Lyon - Metz, 26ème journée de Ligue 1
    Stade Saint-Symphorien, samedi 23 février à 20h
    Arbitre : Said Ennjimi

    18 ans : Metz 3 Gueugnon 0

    Victoire des garçons d'Olivier Perrin cet après-midi au stade Delaitre.
    En match avancé, les 18 ans ont remporté une large victoire sur Gueugnon, une équipe très en forme qui venait d’engranger six succès en sept rencontres depuis la reprise. Malgré le score, Olivier Perrin se montre mesuré. « Ce n’était pas un grand match, admet-il. Nous étions animés de bonnes intentions mais nous avons fait beaucoup de mauvais choix. Heureusement, nous sommes restés dangereux tout au long de la partie et solides défensivement. Cela a fini par payer sous la forme d'un penalty logique. C’est un signe que le groupe progresse, car il a su assurer le résultat alors qu’il n’était pas dans un grand jour. En seconde période, nous avons pu gérer notre avance tranquillement. » Les buts ont été inscrits par Bourgeois, qui signe son second doublé d’affilée après celui réalisé à Auxerre le week-end dernier, et Reydel d’un coup-franc qualifié de « Juninhesque » par son entraîneur.
    18 ans : Metz 3-0 Gueugnon
    Stade Delaitre, vendredi 22 février
    Buts de Bourgeois (27° sp et 52°) et Reydel (72°)
    Par ailleurs, les benjamins du FC Metz se sont adjugé le tournoi de Toul, une compétition en salle à laquelle participaient des clubs de la région. En finale, ils se sont imposés face à Saint-Max cinq buts à zéro, sous la direction de Michel Lagarde.

    Trois questions à Barbosa

    Avant de prendre la direction de Lyon, où les Grenats se déplacent pour le compte de la 26ème journée de Ligue 1, Cédric Barbosa a accordé une interview à la radio des Grenats D!rect FM. En voici un extrait.

    Cédric, Metz a remporté sa première victoire à domicile contre Valenciennes. Qu’est ce qui vous a plu au cours de cette rencontre ?
    Cédric Barbosa : « Plutôt les quarante cinq dernières minutes. En première période, nous avons essayé beaucoup de chose mais avec très peu de réussite. Nous avons perdu beaucoup de ballons et j’y ai participé. Il y avait un volonté certaine de bien faire mais les choses de se sont pas bien passées. Nous sommes rentrés au vestiaire avec ce score de 1-0 en notre défaveur. A la pause, cela n’a pas duré longtemps, le coach nous a bien bougé, il nous a mis devant nos responsabilités. Il a fallu nous en sortir car nous nous étions mis dans la panade. Nous avons eu une belle réaction d’orgueil qui nous a permis de renverser la situation. »
    Avez-vous regardé le match Lyon – Manchester mercredi soir ?
    C.B. : « J’étais le premier supporter des Lyonnais ce soir-là. C’était tout de même une équipe française engagée en Coupe d’Europe, on a toujours envie qu’elle aille le plus loin possible. Ce serait bien qu’un jour, un club de notre pays puisse remporter cette Ligue des Champions, malgré les spécificités du football français. Par rapport aux autres clubs européens, nous ne sommes pas aidés. C’est pour cela que nos joueurs s’en vont et qu’il y a beaucoup plus de bonnes équipes à l’étranger. Mais il y a sans doute des solutions à ce problème. »
    A quel match peut-on s’attendre samedi à Gerland ?
    C.B. : « Je pense que Lyon n’évoluera pas de la même façon que mercredi. Contre Manchester, on a vu une formation très bien organisée, qui est restée en place dans le but de ne laisser aucun espace à ces fabuleux joueurs de Manchester. Face à nous, ils vont sans doute prendre davantage le jeu à leur compte. La physionomie de la partie sera vraisemblablement différente. Nous allons peut-être devoir nous comporter de la même façon que les Lyonnais contre MU afin d’espérer, pourquoi pas, ramener un résultat. »
    L’intégralité de l’entretien sera diffusé au cours de l’avant match, entre 19h30 et 20h samedi soir sur D!rect FM. Au programme également, une longue interview du coach Yvon Pouliquen.

    (Quotidien l’Equipe) :  

    Lyon-Metz

    Les cinq derniers matches : P. G. N. G. P.

    Remplaçants : Vercoutre (g.) (30), Bodmer (5), Beynié (24), Govou (14), Benzema (10), C. Delgado (19), Mounier (27).

    Entraîneur : A. Perrin.

    Absents : Müller (reprise), Cleber Anderson, Grosso (genou), Cris (ischio-jambiers). Suspendu : Crosas.

    Sans Cris ni Grosso

    Souffrant d’une inflammation aux ischio-jambiers, Cris ne s’est pas entraîné hier, ce qui a coupé court à l’hypothèse de son éventuelle titularisation. De même, victime d’un coup direct sur le genou droit mercredi soir contre Manchester (1-1), Grosso a encore besoin de quelques jours pour récupérer. Perrin profitera-t-il de la venue de la lanterne rouge pour changer totalement son attaque ?

    Les cinq derniers matches : P. P. N. P. G.

    Remplaçants : Mayebi (g.) (50), Agouazi (10),

    Aguirre (9) ou Renouard (26), C. Chapuis (7), Djiba (23), Ch. Gueye (32), Mom. N’diaye (25).

    Entraîneur : Y. Pouliquen.

    Absents : Bassong (cuisse), Cardy (pied), Strasser, Vivian, Gestede (reprise). Suspendus : aucun.

    Corrales d’entrée ?

    Corrales pourrait débuter sur le côté gauche de la défense, à la place de Ch. Gueye, transparent face à Valenciennes (2-1). Renouard semble être en balance avec Aguirre pour évoluer à côté de B. Gueye. Djiba, auteur de belles choses à l’entraînement, remplace Bessat, qui aurait besoin de disputer un match entier et évoluera demain face à Sochaux avec la CFA, où Strasser, Vivian et Gestede devraient retrouver la compétition.

    La mission impossible de Metz

    TRENTE-SEPT points séparent Metz, dernier, de Lyon, premier. Trente-sept points seulement, est-on tenté de souligner, car si Lyon filait à l’allure de ses deux derniers titres, cet écart serait beaucoup plus large. Même après sa victoire contre Valenciennes (2-1), Metz est encore l’un des plus mauvais derniers de l’histoire du Championnat. Mais 2008 a un peu infléchi ce mauvais bilan (une victoire, deux nuls et trois défaites en L 1) et, après tout, les Lorrains n’ont rien à perdre, vraiment rien, à Gerland. « Il faut le dire, si on prend l’eau personne ne nous en voudra », reconnaît Babacar Gueye. Les accros  du jeu auront, par exemple, noté que la cote d’une victoire messine monte à des niveaux rares sur les sites de paris en ligne. « Les gens qui connaissent le foot ne nous donnent pas 1 % de chances, poursuit l’attaquant messin, mais je pense qu’on en a une. » Comment y croire ? Pas en se rappelant la débâcle de l’aller (1-5), mais peut-être en observant que Metz est plus libéré à l’extérieur ou qu’il vient d’encaisser une défaite sévère, mais sans avoir démérité à Bordeaux (0-3).

    L’exemple de Croix de Savoie

    « C’est dur d’étalonner un pourcentage (de chances de gagner), commente le capitaine, Christophe Marichez. Ils seront peut-être un peu émoussés après Manchester. Nous, bien sûr, nous y allons sans la moindre pression. Si on arrive à les faire douter, ne serait-ce qu’une mi-temps, le pourcentage va aller en grandissant. » « Il faut aussi arrêter de nous dévaloriser et, à chaque fois, de voir le pire, plaide Julien François. Il n’y a pas de statistique à faire, il y a un match à jouer, à onze contre onze. Bien sûr que, si on s’arrête sur les chiffres, on n’a pas beaucoup de chances de gagner mais ça se passera dans les têtes. »

    Déjà annoncés en L 2, les Lorrains peuvent envisager ce déplacement chez le leader comme un match de Coupe de France. « On peut, pourquoi pas, faire jeu égal et les perturber sur 90 minutes, veut croire Yvon Pouliquen. Croix de Savoie a su le faire en Coupe de France (0-1), pourquoi pas Metz ? Il n’y a pas de mission impossible, le football est ainsi fait. » Pour les joueurs messins qui espèrent rejouer en L 1 la saison prochaine, Gerland est aussi un très bel endroit pour se montrer. « À Paris (0-3), on a raté le coche, poursuit l’entraîneur. Je leur avais dit que c’était le match idéal pour faire parler de soi, à la fois sur le plan individuel et collectif. Alors, on a fait parler de nous, mais pas dans le sens où je l’espérais... C’est une deuxième chance. »

    Le moment de faire tourner

    Sans mésestimer Metz, certains joueurs lyonnais auront l’occasion de souffler. Sauf en défense, où Cris et Grosso sont forfait.

    JEUDI, EN FIN d’après-midi, Alain Perrin soulignait que le fait d’avoir de nouveau à choisir entre Squillaci, Boumsong et Cris en défense centrale faisait partie des « bons soucis d’un entraîneur ». Ce « bon souci »- là est remis à la semaine prochaine puisque, hier après-midi, Cris et Grosso n’ont pas participé à la séance à huis clos. Le staff olympien a annoncé que « par précaution », le Brésilien serait ménagé ce week-end en raison d’une inflammation des ischio-jambiers droits. Quant à Grosso, il a besoin d’une semaine pour récupérer d’un coup reçu au genou droit mercredi soir face à Manchester United (1-1). Ainsi, Alain Perrin n’a pas eu besoin de se gratter longtemps la tête pour composer sa défense. Depuis le départ de Belhadj pour Lens lors du mercato d’hiver, en effet, seul Réveillère peut relayer Grosso au poste de latéral gauche. De même, Cris étant renvoyé dans les tribunes, la charnière Squillaci-Boumsong ne se discute pas. Ne reste plus à l’entraîneur qu’à désigner un milieu et une attaque face à Metz, la lanterne rouge : « Aujourd’hui, il faut occulter Manchester jusqu’au match retour (le 4 mars à Old Trafford), explique Perrin. Il faut aussi se souvenir que, après notre 3-0 à Glasgow, on avait concédé un nul à Gerland face à Nice (0-0). Après un gros match de Ligue des champions, peut y avoir une déconcentration. Nous savons que Bordeaux est revenu à un point. Mais il ne tient qu’à nous de nous réveiller. Depuis la reprise, nous n’avons pas un parcours de champion. On doit donc absolument afficher, en L 1, l’état d’esprit conquérant qu’on a eu mercredi. »

    Benzema et Govou sur le banc ?

    À propos de choix, Alain Perrin dispose, en revanche, de plusieurs options devant sa défense, même si Crosas, suspendu, n’est pas disponible. On peut supposer que, instruit des commentaires qu’avait provoqués sa composition d’équipe face au Mans (0-1), notamment de la part de Jean-Michel Aulas, le coach lyonnais alignera, la semaine prochaine face à Lille (au Stade de France), une équipe très proche de celle qui retrouvera Manchester trois jours après. Donc, c’est sans doute le moment de « faire tourner », de relancer certains joueurs, d’en tester d’autres. C’est surtout en attaque que Perrin devrait apporter des changements. Depuis le temps qu’on dit que Benzema joue vraiment beaucoup (43 matches, toutes compétitions confondues), n’est-ce pas le moment de le faire souffler avant cette terrible première semaine de mars où, après Lille et MU, Lyon affrontera Bordeaux ? Si le staff rhodanien tient à voir où en est Fred, c’est le moment. À gauche, Ben Arfa a probablement reçu le message de son entraîneur (*) et se souviendra qu’à l’aller (5-1, un but et une passe décisive) il avait fait tourner les Lorrains en bourrique. Enfin, à droite, les options ne manquent pas. Après sa dépense d’énergie face à MU, Govou peut-il enchaîner ? Il ne dirait pas non. Enfin, avec Keita et Delgado, Perrin a deux solutions de remplacement. Il est temps que l’Ivoirien justifie la plus grosse dépense jamais consentie par le club pour l’acheter (18 M€). Quant à l’Argentin, il n’a encore jamais débuté à Gerland. Et si ce n’est pas ce soir, on peut se demander quand il le fera.

    (*) Perrin avait notamment dit : « Hatem est moins performant, en ce moment, sur le plan offensif, il ne met pas toujours son talent au service de l’équipe, il abuse de solutions individuelles et perd des ballons qui posent des problèmes.

    Ouaddou craint les arbitres.

    Après l’agitation médiatique, le capitaine de VA retrouve le terrain, ce soir contre Le Mans. Et redoute la réaction du corps arbitral.

    « C’EST LA DERNIÈRE FOIS qu’on en parle, ne l’appelez plus ! » a insisté Antoine Kombouaré face à la presse, mercredi, à propos des injures racistes proférées envers « son » joueur, Abdeslam Ouaddou, lors du match Metz-Valenciennes (2-1), samedi dernier. Puis l’entraîneur de VA s’est tourné vers lui : « C’est d’accord, Abdes ? »

    En écho, Ouaddou a répondu. « Le plus important, aujourd’hui, c’est exercer mon métier et de me concentrer sur mon travail. J’essaie d’avoir la tête au football, mais ce n’est pas facile. »

    Ce soir, à Nungesser, où Valenciennes reçoit Le Mans, le Franco-Marocain sera acclamé par son public, qui déploiera des banderoles de soutien dans trois tribunes. Mais il craint de s’être mis à dos le corps arbitral, après avoir contesté la version des faits défendue par M. Ledentu, l’arbitre de Metz-VA, selon laquelle le joueur ne l’aurait pas alerté des insultes dont il était l’objet avant de sortir du terrain et de se diriger vers l’auteur des propos racistes. « Je ne veux plus rien dire sur l’arbitre, je ne veux pas prendre des cartons », a fait savoir Ouaddou. D’un samedi à l’autre, le capitaine valenciennois a vécu une semaine agitée.

    Durant la nuit de samedi à dimanche, il était rentré dans le Nord en voiture avec l’un de ses dirigeants, après avoir déposé plainte et témoigné devant la presse. Il n’imaginait pas que l’histoire prendrait une telle ampleur. Lundi, il aspirait au calme lorsque Bernard Laporte, le secrétaire d’État chargé des sports, entraîna dans son sillage micros et caméras devant la maison du joueur. Ce dernier ne voulait pas de ce battage médiatique, mais, au final, l’appui l’a touché.

    En milieu de semaine, le défenseur a également apprécié une missive signée par tous les joueurs du FC Metz. En revanche, le club valenciennois  a repoussé des démarches qu’il jugeait inappropriées, comme une invitation de Marc-Olivier Fogiel à son émission sur M 6 ou la proposition de plusieurs municipalités voulant faire d’Ouaddou leur citoyen d’honneur. Une autre ville souhaitait qu’il participe à une manifestation contre le racisme à la veille du match contre Le Mans.

    « Je ne suis pas un symbole de la lutte contre le racisme »

    « Je ne suis pas un symbole de la lutte contre le racisme », a prévenu Ouaddou, qui veut éviter la récupération et ne penser qu’au jeu. Antoine Kombouaré l’aurait probablement laissé au repos contre Le Mans, s’il n’était pas le chef de sa défense, doté d’un mental de fer. « Les copains l’entourent, mais c’est un grand garçon, insiste l’entraîneur. En ce moment, on n’est pas bons. Là où Abdes va nous rendre service, c’est en étant très bon. »

    Arrivé à VA en janvier 2007, capitaine six mois plus tard, Abdes Ouaddou, vingt-neuf ans, est un meneur d’hommes apprécié du public et de la presse pour sa courtoisie, amoureux du Maroc et de la France. Ainsi, en octobre dernier, avant France-Maroc (2-2), au Stade de France, il avait averti et espéré. « Ce match est un clin d’œil aux clubs français qui ont formé 80 %des joueurs marocains (il l’a été à Nancy). Je vais jouer pour mon pays d’origine, le Maroc, contre mon pays adoptif, la France. Et puisque beaucoup de Marocains, qui seront au stade, ont grandi en France, ce serait sympa que tout le monde chante “ la Marseillaise ”. » L’hymne national avait été sifflé et Ouaddou avait dénoncé l’offense. « Ça marche dans les deux sens », a-t-il dit, cette semaine, à propos du racisme.

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    February 22

    Montrer à la France du Foot, que Metz existe encore...

    La phrase du jour : « Que se serait-il passé si le joueur Ouaddou était grimpé comme cela dans les tribunes à Marseille, Bastia, Lens ou Lyon, Nice ?On n’ose y penser, il aurait été hospitalisé pour trois semaines et aurait pris un carton rouge de la part de l’arbitre ! S’il avait été joueur amateur, pire : il aurait pris un rouge et cinq matches, comme le montre la jurisprudence ! Drôle d’époque ou l’on voit des profs insultés mis en garde à vue, jetés de l’ Education nationale pour des peccadilles  et des footeux qui  se font  justice passer pour des chevaliers blancs ou des petits saints ; parce que tout n’est pas tout blanc dans l’attitude du capitaine de Valenciennes : n’a-t-il pas essayé de récupérer sur le tapis vert ce que son équipe n’a pas réussi à faire sur le carré vert ?En tout cas, l’attitude de son président, un fort en communication, me conforte dans mes impressions premières de cette affaire : « ce cinéma médiatique » était, avant tout que destiné à récupérer d’une manière détournée, les trois points d’une victoire qui aurait alors été usurpée et aurait faussé le championnat ! Ces gens-là on l’habitude de creuser les jardins, quitte à tout retourner, pour voir si un trésor n’est pas caché dedans. Dommage ! Dommages… »

    (Marianne) Foot : les enflures de l'antiracisme professionnel

    L'agression stupide d'un supporter contre un joueur marocain de Valenciennes permet aux belles âmes de droite et de gauche de s'indigner à bon compte. L'abruti, l'arbitre et l'offensé : ce pourrait être le titre de la comédie dramatique qui s'est jouée samedi dernier au stade de Metz, lors de la 25e journée de Ligue 1. Les faits sont connus : à la mi-temps, lassé d'avoir été traité de tous les noms d'oiseaux pendant la première période, Abdeslam Ouaddou, capitaine de l'équipe de Valenciennes et international marocain, est monté dans les tribunes pour « s'expliquer » avec l'auteur des insultes racistes. Plutôt que d'interrompre le match comme le règlement de la ligue professionnelle de football (LPF) l'autorise, l'arbitre a préféré sanctionner d'un carton jaune le « comportement antisportif » du Marocain. Une erreur d'appréciation assez manifeste que l'homme en noir risque toutefois de devoir payer au centuple, au moins en terme de notoriété négative. Rarement une affaire somme toute assez banale aura déclenché une telle avalanche de protestations indignées, de cris d'orfraie, de suppliques, une dramatisation hystérique qui fleure bon le petit quart d'heure de défoulement et de bonne (in)conscience collective.
    De Dray à la Licra, la chaîne des belles âmes
    De Julien Dray à Bernard Laporte en passant par la Licra, pas un politique ou un professionnel de l'antiracisme n'a manqué à l'appel pour vilipender le supporter messin et accabler l'arbitre du match. Et les médias n'ont pas été en reste. Un appel de Une et quasiment une page entière dans Le Monde. Des articles alarmistes dans tous les journaux de province, comme ce « le racisme ça suffit » barrant la une du supplément sportif de Ouest-France, premier quotidien français. Sans parler de Libération où, évoquant l'incident, le préposé au football explique que ce soir-là, la Ligue «a plongé dans la nuit». Celle des Longs couteaux, peut-être ? A l'aune de cette image, le garçon ne verrait probablement jamais le jour s'il devait commenter les championnats italiens ou espagnols.
    Quoi de comparable, par exemple, entre les démonstrations spectaculaires et répétées des tifosi néofascistes de la Roma, à peine condamnées par le club, et les quelques incidents encore relativement isolés qui maillent la L1 ? Il y a bien sûr le noyau dur du Kop du PSG, des quelques salauds, à peu près toujours les mêmes, qui gâchent le spectacle à Ajaccio et Bastia et, de temps à autre, un crétin, comme celui de samedi à Metz. Un sur 10 000 spectateurs. On dira qu'un c'est déjà trop et qu'il faut inlassablement se battre contre cette dérive.

     « Que dans l'éthique du sport, il y a le respect, la fraternité », dixit Julien Dray. Qui oserait objecter le contraire ?
    Insultes ordinaires chez les amateurs
    Voilà pourtant beaucoup de clichés et, entre eux, une bien étrange aspiration à une forme de pureté que seul le sport pourrait incarner, les enceintes sportives devenant, par on ne sait quel miracle, un lieu étanche, imperméable à tous les maux de la société. Allez donc l'expliquer aux arbitres anonymes et bénévoles qui, chaque semaine, doivent tant bien que mal gérer les tensions autrement plus inquiétantes régnant dans toutes les catégories du foot amateur. S'il ne s'agit pas de baisser la garde en L1, le véritable enjeu se trouve dans ces centaines de matchs toujours au bord de la castagne générale où l'insulte raciale organise autant le jeu que les schémas tactiques. Comme dans la vie réelle, on s'y «traite» (de sale blanc, de sale arabe, de sale nègre, etc.) et la gloire y est moins celle du beau geste que du territoire conquis. C'est la race qui est promue à l'honneur dans cet univers où, n'en déplaisent aux belles âmes, chacun s'y montre successivement bourreau et victime. Sur cette lame de fond, les professions de foi grandiloquentes glissent avec l'impuissance caractéristique des bons sentiments. Dire d'un con qu'il est con, pourquoi pas. Mais dire ce qui fait mal à tous, indistinctement, et grignote peu à peu le contrat républicain du «vivre ensemble» est autrement plus urgent.

    Kastendeuch : 1ère sélection…« Un conseil à Morgan Parra ? Etre soi-même » « Je comptais déjà des sélections espoirs, olympiques ou militaires avant d'être appelé pour la première fois en équipe de France A. Mais d'un coup, j'ai changé de monde, basculé dans une autre dimension, gagné un nouveau statut. Devenir international, c'est un repère important dans un parcours professionnel. On gagne de la confiance en soi, le regard des autres a tendance à évoluer. Pour moi, qui n'avais alors connu que le seul club de Metz, ce fut la découverte d'un univers différent, un univers où la pression était palpable. Lors de mes premières sélections, je n'avais pas réussi à gérer ce paramètre. Je ne m'étais pas libéré. Le conseil à donner à Morgan Parra c'est donc de rester soi-même, en dépit de l'événement, en dépit de la pression. »
    • Sylvain KASTENDEUCH, 44 ans, ancien défenseur et capitaine du FC Metz. Première sélection en équipe de France : novembre 1987, contre la RDA.

     Metz-VA rien de neuf

    La commission de discipline de la Ligue de football professionnel a décidé, hier soir, de diligenter une procédure d'instruction concernant les propos racistes tenus à l'encontre d'Abdeslam Ouaddou lors de la rencontre de Ligue 1 Metz - Valenciennes.
    Par ailleurs, le Nancéien André Luiz a écopé d'un match ferme de suspension.

     FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : entraînement en matinée. Aujourd'hui : entraînement à 10 h.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Metz - Valenciennes (25e journée de Ligue 1) samedi 16 février, 2-1. Prochain match : Lyon - Metz (26e journée) samedi 23 février (20 h). À suivre : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h) ; Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h). A noter que la rencontre Lorient - Metz, comptant pour les huitièmes de finale de la Coupe de France, aura lieu le mercredi 19 mars (20 h) au stade du Moustoir.
    À l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) et Julien Cardy (douleur au pied) poursuivent leur convalescence.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. De retour de blessures, Rudy Gestede (élongation aux ischio-jambiers), Jeff Strasser (fracture d'un pied) et Matheus Vivian (genou) seront laissés à la disposition de l'équipe réserve qui accueille, dimanche (15 h) au stade Delaitre, le FC Sochaux pour le compte de la 21e journée de CFA.

    Laporte : « Arrêter le match »

    Le secrétaire d'État aux sports a indiqué, hier, qu'il souhaitait qu'un match soit arrêté en cas d'incident raciste.

    Le secrétaire d'État aux Sports, Bernard Laporte a demandé, hier, que le règlement soit « fermement et systématiquement appliqué » en cas d'incident raciste dans un stade de football et que l'arbitre « arrête le match », à la suite de l'affaire Ouaddou, précisant qu'il n'y avait « pas de honte à arrêter le match pendant cinq ou dix minutes, le temps de sortir » le(s) fauteur(s) de troubles.« Par ailleurs, dans le cadre de la loi sur la sécurité intérieure qui sera discutée avant l'été, j'ai demandé à Michèle Alliot-Marie (la ministre de l'Intérieur) de porter l'interdiction administrative de stade de trois mois à un an, c'est-à-dire toute une saison sportive, pour des individus violents. » En cas d'acte raciste de la part d'un joueur, dirigeant ou entraîneur, le secrétaire d'État a demandé aux fédérations une suspension systématique de sa licence. Bernard Laporte a également nommé Marcel Desailly ambassadeur de la mobilisation du monde sportif contre le racisme : l'ancien capitaine de l'équipe de France devra, entouré des acteurs du football français (FFF, LFP, arbitres, supporters, etc.) et de représentants du monde associatif (LICRA, etc.), « faire des propositions concrètes d'actions d'ici le printemps. » « C'est un vaste chantier », a reconnu l'ancien joueur, qui évoque par exemple la piste de la « formation des stadiers », et souhaite « réduire le racisme dans le sport, en espérant que ça se généralise dans la société. »
    « En 2006-2007, des agressions verbales ou physiques ont été recensées dans environ 1,5 % du million de matches amateurs, a dit Patrick Wincke, chargé de mission sur les questions de violence et de racisme dans le football amateur. De février 2007 à février 2008, les agressions physiques ont reculé de 7 % », a-t-il ajouté. Une campagne tolérance zéro sur les violences envers l'arbitre sera lancée en fin de saison et pour la saison prochaine, afin d'informer et sensibiliser le public. « Une claque peut amener en prison », rappelle M. Wincke.

     Ancien arbitre international, consultant, Joël Quiniou applaudit des deux mains à ces dispositions.
    Joël Quiniou, arrêter une rencontre, c'est réaliste ? « Entendons-nous bien, il ne s'agit pas de l'arrêter définitivement. Mais bien de prendre le temps d'évacuer les fauteurs de trouble. Une injure raciste, c'est comme un jet de projectile sur le terrain. C'est un acte de violence qui nécessite que l'on intervienne. »
    Il n'y a pas d'autres moyens ? « Ce qui est clair, c'est qu'on a assisté à une banalisation de ces actes de racisme. Il fallait prendre des mesures. Que ce soit réaliste ou pas, la question ne se pose pas. Le problème, c'est de se dire qu'il faut mettre un terme à ces débordements inacceptables. Et ça passe par ce genre de décisions. »
    Si toute une tribune, comme ce fut parfois le cas au Parc des Princes, par exemple, manifeste sa haine... « Eh bien l'arbitre peut tout simplement arrêter le match définitivement. Un arbitre hollandais l'a fait lors d'une rencontre La Haye-Feyenoord. Un Belge aussi. Tout cela va obliger à une prise de conscience générale, c'est l'objectif. »

    Vie de couple

    De Lyon - Manchester à Lyon - Metz, Le Républicain Lorrain évoque, en trois volets, passé, présent et avenir du club six fois champion de France. Petites anecdotes et grands projets racontés au cœur d'une semaine où l'OL joue gros au quotidien.

    Jean-Michel Aulas l'a dit, un jour, dans France Football : « Même s'il m'arrive de trancher dans le vif, j'essaie toujours de protéger l'entraîneur parce que j'ai toujours considéré qu'il était l'homme le plus important du club. » Pour un peu, pareil assaut d'effacement étonnerait, sans la suite : « Le président est important à long terme mais, à court terme, c'est l'entraîneur. » Ça tombe assez bien : Jean-Michel Aulas est, depuis mai 1987, le président de l'Olympique Lyonnais, qui a vu passer dix entraîneurs dans cet intervalle, soit une consommation raisonnable. Tous sauf un (Guy Stephan) sont allés au bout de leur contrat ; ils le prolongent rarement, et même jamais depuis l'accession du roi Lyon au trône de France. Dimanche matin, devant les journalistes, Jean-Michel Aulas s'est ouvertement interrogé sur la raison pour laquelle, chez lui, les entraîneurs passent, gagnent, mais ne restent pas : « Ce n'est jamais de mon fait, a-t-il dit, et j'aimerais connaître le lien entre ce qui nous fait gagner depuis plusieurs saisons et cette instabilité. » Cette saison, cependant, Lyon n'a encore rien gagné, pas même un septième titre de champion de France d'affilée. Et Alain Perrin n'est pas encore parti, malgré un surnom (PPH, pour Passera pas l'hiver) dont la paternité, selon d'habituels observateurs du club, reviendrait à Robert Duverne, préparateur physique donc membre de l'encadrement dirigé par Alain Perrin. Ambiance.
    Pour préparer le huitième de finale aller de Ligue des Champions contre Manchester, le week-end dernier, Aulas et Perrin ont donné un aperçu original de la vie de couple à la lyonnaise. Le dimanche, Aulas évoque « une mise au point » avec joueurs et encadrement, et conteste clairement les choix de son entraîneur (« Je lui ai rappelé que nous avions contre Le Mans ­ où l'OL s'est incliné ­ beaucoup de joueurs qui ne jouaient pas à leur poste de prédilection »). Le lundi, Perrin s'invite devant la presse pour contester les interprétations des propos présidentiels qu'il a pu lire dans les journaux : « Affirmer qu'il y a la pression sur Alain Perrin (sur lui, donc) est contraire à la réalité des faits. » Le mercredi soir, Aulas clôt le débat dans un exercice qu'il affectionne : l'attaque frontale des journalistes, ceux du seul quotidien sportif national en l'occurrence, coupables « de propos dont le seul but est de faire vendre du papier. » « Il n'y a pas l'ombre d'un problème avec l'entraîneur, je n'ai d'ailleurs jamais remis en cause mes entraîneurs. » Partout, donc, ce sont les présidents qui abandonnent leurs entraîneurs ; à Lyon, c'est l'inverse. Et si beaucoup, de plus en plus ouvertement, se demandent si Alain Perrin possède la dimension pour officier au très haut niveau, d'autres posent une question au moins aussi pertinente : pourquoi, été comme hiver, l'OL vient-il de rater son recrutement ?
    Demain : OL Land, entre gigantisme et controverse

     Entre gris clair et gris foncé

    Hier, les Lyonnais hésitaient toujours sur la façon de considérer leur prestation face à Manchester. Et si la deuxième manche occupe déjà les esprits, il faut bien garder un peu de place pour la venue de Metz, demain. Récit.

    Stade Gerland, mercredi, 23 h 20. Costard noir, chemise blanche, cravate rouge, les joueurs de Manchester United traversent sans s'arrêter les couloirs de Gerland pendant que leurs confrères lyonnais, en polo et survêtement, consentent quelques mots pour les journalistes. Souvent les mêmes, les mots : « C'est un match de 180 minutes, nous en sommes à la mi-temps », répète Hatem Ben Arfa en boucle. Tous soulignent la qualité de la prestation, et l'inconvénient du score. « 0-0, résume Alain Perrin à l'intention de ceux qui n'auraient pas suivi, c'était mieux que 1-1. » Alors, ce résultat ? « Nous avons beau avoir tenu tête à Manchester, tranche Jean-Alain Boumsong, ce but encaissé nous complique la tâche. » « Nous réussissons un bon match, qui se termine par cinq minutes malheureuses », plaide Anthony Réveillère. Dehors, des cris : Cristiano Ronaldo vient de monter dans le bus. Place des Terreaux, jeudi, 9 h 40. Lyon s'est réveillé dans la brume, littéralement. Température douce, mais grisaille de circonstance. La clientèle ne se presse pas au comptoir de l'OL Café, une déclinaison parmi d'autres de la franchise OL. Sur une table, le titre qui barre la une du Progrès souffre l'ambiguïté de la situation lyonnaise : « Le vrai OL est de retour ! » Franck, la tasse en main : « Alors, si le vrai OL doit se contenter d'un match nul, à domicile, en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, c'est qu'il a renoncé à ses ambitions. » Silence dans les rangs.
    Ancienne gare des Brotteaux, 12 h 30. Pause déjeuner à la Brasserie de l'Est, petit paradis de l'empire Bocuse, où le tout Lyon se retrouve et commente : les derniers contrats passés, le prochain immeuble vendu, les municipales (un peu), Lyon - Manchester (beaucoup). Ce VRP habitué aux places VIP à Gerland pense avoir trouvé la synthèse au débat qui agite la ville, depuis la veille. « Un partout contre Manchester, oui, c'est un bon résultat. C'est un bon résultat, dans le sens où nous (Lyon) ne sommes plus au niveau des saisons dernières. Si nous (Lyon) sommes éliminés dans deux semaines, par eux (Manchester) en plus, il n'y aura rien à redire. » L'arrivée d'un mijoté de veau et de sa purée maison coupe court à la conversation.
    Tola Vologe, 16 h. Le soleil décide enfin une tardive apparition, en même temps que les joueurs lyonnais, du moins ceux qui n'ont pas ou peu joué la veille, sur un terrain de Tola Vologe, le camp d'entraînement proche de Gerland. Quatre cents personnes d'un côté, une seule de l'autre : Bernard Lacombe, le-conseiller-du-président-Aulas, observe un bout de la séance dirigée par Alain Perrin. « Cris, il jouera samedi, parie Benoît, étudiant et sarcastique. Il a repris le week-end dernier contre une CFA, Raon-l'Etape, il peut maintenant jouer contre une Ligue 2. » Antoine, son compère, n'est pas en reste quand Kader Keita envoie une grosse frappe bien lourde, bien manquée et bien sonore dans les grillages. « Eh oui, ça fait du bruit, 18 millions d'euros ! »
    Même endroit, 18 h 10. Le métier de journaliste est le même partout. Règle numéro un : savoir attendre. Alain Perrin et François Clerc, en tout cas, ont su se faire désirer. Micros, caméras, stylos. Manchester, Metz. Metz, Manchester. L'entraîneur a tombé la casquette et insiste : « Le match retour (de Ligue des champions), nous l'occultons. Maintenant, l'important, c'est le championnat. » Les questions le conduisent à Old Trafford. « Pour l'instant, concentrons-nous sur Metz. » François Clerc a (presque) bien retenu la leçon : « Nous n'étions pas trop en confiance avant, mais nous avons le sentiment d'avoir réussi un gros match. Il faut penser au retour. » Puis, presque aussitôt : « Et surtout au match contre Metz. » Naturellement. Sur le parking, il ne reste plus que trois ou quatre voitures, un ou deux chasseurs d'autographes derrière un grillage, et un chat noir.

     (Site officiel FC Metz) : Lyon en bref

    Depuis plusieurs saisons, l'Olympique Lyonnais survole le championnat. Cette saison, il n'est pas aussi souverain, au point d'éveiller l'appétit de ses poursuivants girondins. Voici les chiffres du Champion en titre après 25 journées de Ligue 1.
    OLYMPIQUE LYONNAIS
    Histoire en Ligue 1
    49 saisons
    1793 rencontres
    725 victoires, 455 matches nuls, 613 défaites
    2548 buts marqués, 2398 buts encaissés

    Palmarès
    Champion de France de Ligue 1 en 2002, 2003, 2004, 2005, 2006 et 2007
    Champion de France de Ligue 2 en 1951, 1954 et 1989
    Vainqueurs de la Coupe de France en 1964, 1967 et 1973
    Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2001
    Classements
    Domicile : 1er avec 32 points : 10 victoires, 2 nuls et 1 défaite ; 30 buts marqués, 9 encaissés.
    Extérieur : 3ème avec 17 points : 5 victoires, 2 nuls et 5 défaites ; 18 buts marqués, 15 encaissés.
    Général : 1er avec 49 points : 15 victoires, 4 nuls et 6 défaites ; 48 buts marqués, 24 encaissés.
    Les buteurs
    Benzema, 16 buts
    Juninho, 7
    Ben Arfa, 6
    Govou, 5
    Kallstrom, 4
    Baros, Bodmer, 3
    Santos, Anderson, Réveillère, Clerc, 1
    Les passeurs
    Juninho, 6 passes décisives dont 4 sur coup de pied arrêté
    Benzema, 5
    Ben Arfa, 4
    Govou, Fred, 3
    Baros, Kallstrom, 2
    Keita, Clerc, Toulalan, 1 Les joueurs les plus utilisés
    Benzema, 25 matches
    Squillaci, Kallstrom, Bodmer, 24
    Govou, Grosso, 21
    Toulalan, Juninho, 20
    Ben Arfa, Clerc, Vercoutre, 19
    Derniers résultats
    Saint-Etienne 1-1 Lyon
    Croix de Savoie 0-1 Lyon (CDF)
    Lyon 4-1 Sochaux
    Le Mans 1-0 Lyon
    Lyon 1-1 Manchester (C1)
    Forme du moment : NVVDN
    Les Lyon-Metz en Ligue 1
    24 victoires de Lyon, 9 matches nuls, 5 victoire de Metz
    Le dernier : Lyon 4-0 Metz
    Saison 2005/2006, 30ème journée
    Buts de Malouda (13° et 34°), Carew (16°) et Muller (90°)

    (Quotidien l’Equipe) : … LEDENTU AU REPOS.

    L’arbitre de Metz-Valenciennes, Damien Ledentu, a été très marqué par les critiques qui l’ont visé pour ne pas avoir interrompu le match.

    Perturbé par les événements, il a souhaité, en accord avec la Direction nationale de l’arbitrage, prendre un peu de recul. Ainsi, alors qu’il devait arbitrer le match de Ligue 2 Sedan-Nantes, il sera remplacé et pourrait rester au repos une quinzaine de jours.

    Des annonces et peu d’actes

    L’agitation autour de l’« affaire Ouaddou » masque la mollesse avec laquelle le racisme est combattu dans les stades.

    CE QU’IL ESTCONVENU d’appeler l’« affaire Ouaddou », et qui pose le sempiternel problème du racisme dans le football, est devenu un sujet de communication tous azimuts.

    Dernière illustration de cette surenchère, la conférence de presse organisée au débotté, hier, par Bernard Laporte, le secrétaire d’État chargé des Sports, soucieux de ne pas laisser le terrain médiatique libre à sa ministre de tutelle, Roselyne Bachelot.

    Lundi dernier, Laporte avait même fait le déplacement à Valenciennes pour rencontrer le joueur victime, samedi dernier, d’insultes racistes de la part d’un supporter de Metz. Du jamais-vu.

    Hier, tout le monde a dû bousculer son emploi du temps pour participer à une conférence de presse, qui était au départ une réunion mise au point la veille et prévue jeudi après-midi avant d’être avancée à 11 heures. Jean-Pierre Escalettes avait même annulé un bureau fédéral l’après-midi. Il a finalement quitté Lyon précipitamment, hier, à 6 heures du matin.

    Marcel Desailly, lui, a été prévenu à temps. Au milieu des représentants du football (FFF, LFP, supporters, arbitres) et d’associations comme la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), l’ancien capitaine des Bleus a été présenté comme « l’ambassadeur de ce mouvement du monde du sport contre le racisme ». En 2004, la LFP avait nommé pour la même cause un autre Bleu, Basile Boli. Pour quels résultats ? Rien de concret n’a été annoncé, hier, par Bernard Laporte. Pas plus que les communiqués venus de toutes parts. Porter l’interdiction administrative de stade de trois mois à un an ? La prolongation de cette peine complémentaire avait déjà été validée le 21 janvier dernier, en réunion interministérielle, mais jusqu’à six mois seulement, selon le souhait des fédérations consultées. Pourquoi ? Parce que c’est bien suffisant, compte tenu des périodes de trêve, pour couvrir toute une saison sportive.

    Parce qu’en matière de police administrative, le régime maximum admis ne dépasse pas six mois. Aller au-delà poserait, en droit, des problèmes  de proportionnalité et de constitutionnalité. Enfin, rappelons que l’interdiction judiciaire de stade, elle, peut atteindre cinq ans.

    La LICRA sur le modèle anglais

    Hier, Bernard Laporte a également demandé qu’à « chaque fois que l’arbitre constate ou est informé de comportements racistes, on arrête le match ». Où est la nouveauté ? Lors du lancement de la campagne commune FFF- LICRA contre le racisme, le soir de la finale de Coupe de France PSG-OM, le 29 avril 2006, Jean-François Lamour, alors ministre des Sports, avait demandé le premier « qu’un arbitre arrête le match en cas d’injure raciste ». Frédéric Thiriez, le président de la LFP, avait suivi : « Avec les arbitres, nous sommes prêts à le faire. » On attend toujours. On ne lutte pas contre le racisme avec des bonnes intentions et des gadgets (hymne contre le racisme, tee-shirts) mais grâce à l’éducation et à l’application des textes existants, amplement suffisants (Code pénal, Code du sport, règlements, charte...)

    Puisque le show must go on, « on peut aussi ne pas arrêter le match et, quand même, faire sortir » le fauteur de troubles, comme l’a demandé, hier, Lilian Thuram, le défenseur des Bleus et du FC Barcelone. En attendant, on tolère encore dans un stade ce qui est inadmissible ailleurs. La seule idée nouvelle avancée hier émane de la LICRA, qui propose la création d’un numéro d’appel gratuit et anonyme « à l’intention des victimes et témoins d’incidents racistes ou violents ». Au Royaume-Uni, le procédé est depuis longtemps efficace. Un spectateur proférant des injures racistes peut être dénoncé, localisé puis emmené, pendant le déroulement du match, afin d’être remis à la police et jugé pour ce délit.

     

    ol2008olMetz2007

    February 21

    Le lion sera-t-il suffisament fatigué ?

    (Site officiel FC Metz) : Réponse du président Molinari à F. Decourrière

    « M. Francis Decourrière, président du club de Valenciennes, m’a informé personnellement de sa proposition de rejouer la rencontre qui s’est déroulée samedi 16 février dernier au stade Saint-Symphorien, pour le compte de la 25ème journée de Ligue 1, et de prendre acte du nouveau résultat sportif qui en découlerait.
    La décision de faire ou non rejouer le match appartient uniquement à la Ligue de Football Professionnel qui organise le championnat de France de Ligue 1. Je fais donc entièrement confiance à la LFP pour prendre la décision qu’imposent l’équité sportive et le bon sens.
    Je ne vois en effet aucune raison objective ou réglementaire qui justifierait que ce match, dont le déroulement n’a été entravé d’aucune manière, soit rejoué.
    En revanche, le Football Club de Metz est bien entendu ouvert à l’organisation éventuelle d’une rencontre amicale en fin de saison contre l’équipe de Valenciennes, dont les bénéfices pourraient être reversés à un collectif d'organisations caritatives luttant contre le racisme. Ce serait un geste symbolique fort qui démontrerait notre rejet commun et absolu du racisme et de la violence. »

    Un bon coup à jouer

    Même s’il ne se fait pas d’illusion sur l’écart de niveau qui sépare Metz de Lyon, le capitaine messin Christophe Marichez n’est pas décidé à s’y rendre en victime. Tous les pronostics sont contre lui. Alors, pourquoi ne jouerait-il pas détendu ?

    Christophe, on ne pensait pas devoir être obligé de rappeler que vous avez bien gagné, samedi dernier, contre Valenciennes…
    Christophe Marichez : « Oui, les évènements survenus pendant la rencontre ont relayé notre succès au second plan. Nous subissons un peu ce qui passe ces derniers jours. C’est dommageable car cet acte isolé occulte notre performance et donne une mauvaise image du public messin, alors que celle-ci n’était déjà pas très reluisante vu de l’extérieur. Les médias se sont accaparé ce fait divers. De notre côté, nous savons que nous pouvons compter sur nos supporters. Vis à vis d’eux, ce succès nous fait du bien. Il montre également que l’équipe est capable de renverser une situation. Nous avions égalisé contre Rennes, cette fois, nous l’avons emporté, c’est encore mieux. »
    Vous semblez traverser cette saison difficile très sereinement, alors qu’un gardien de but malmené peut être touché psychologiquement. Comment faites-vous ?
    C.M. : « J’essaie de ne jamais m’emporter, mais intérieurement, je bouillonne. Lorsqu’on perd et qu’on prend trois buts, c’est très difficile à gérer. Peut-être ai-je atteint un âge où la maturité me permet de ne pas ‘péter les plombs’. D’un point de vue mental, ce n’est pas évident, mais si je commence à plonger… De plus, j’ai des responsabilités vis-à-vis de mes partenaires, en tant que capitaine. Si je baisse les bras, cela peut déteindre sur le groupe. J’essaie de positiver, de tirer l’équipe vers le haut. Nous devons faire preuve d’amour propre. Même si nos résultats sont mauvais, nous n’avons tué personne. »
    A quelques jours d’un déplacement à Lyon forcément périlleux, comment un gardien se sent-il ?
    C.M. : « Le fait que ce soit Lyon, je n’y pense pas ! Je me prépare à disputer un match comme un autre. Nous avons un très bon coup à jouer au Stade Gerland. Je n’ai pas la prétention de dire que nous y allons pour ramener un résultat. Mais, même s’il s’agit d’une banalité, nous n’avons vraiment rien à perdre. C’est pourquoi nous pouvons jouer libérés. De toute façon, qui misera sur nous pour ce match ? Je pense qu’il ne faut pas se concentrer sur l’OL mais sur nous. Même si, bien sûr, nous regarderons leur huitième de finale ce soir (ndlr : Lyon reçoit Manchester). »
    Votre défense a montré des signes de faiblesse lors des derniers déplacements. Un bon moyen de la mettre à l’épreuve ?
    C.M. : « Nous avons souffert à Bordeaux mais le score de trois zéro était immérité, contrairement à Paris. En début de rencontre, nous avions plutôt bien réussi à gêner les Girondins, malheureusement ce penalty les avait mis dans le bon sens. Nous devons nous appuyer sur les bonnes prestations que nous avons réalisées à Lille ou Strasbourg. A chaque fois, nous étions parvenus à attaquer tout en conservant une certaine solidité défensive. Il faut se souvenir de cela et rééditer ces performances. Contre une formation aussi talentueuse, faire des erreurs de pardonnera pas. »
    Pour finir, avez-vous déjà pensé à votre avenir et à la saison suivante ?
    C.M. : « Il me reste deux ans de contrat. J’ai toujours dit que je me sentais bien ici et jusqu’à maintenant, je n’ai fait que du ‘long terme’ en club. Je m’inscris toujours dans cette logique. Mais pour l’instant, mon objectif est de faire au mieux en cette fin d’année, afin de donner du plaisir au public et de renvoyer une image qui nous correspond davantage. Et, pourquoi pas, faire quelque chose en Coupe… »

    Ouaddou pas près d'oublier

    Très marqué par les évènements de samedi à Metz où il a été victime d'insultes racistes proférées par un pseudo supporter lorrain, Abdeslam Ouaddou s'est longuement confié dans un entretien qu'il nous a accordé en exclusivité avant de s'exprimer en conférence de presse mercredi. Le capitaine valenciennois et international marocain ne comprend pas non plus l'attitude de Damien Ledentu, l'arbitre de la rencontre, qui nie avoir été informé par le joueur du comportement raciste d'un spectateur.
    Abdeslam Ouaddou, comment vous sentez-vous quatre jours après les évènements de Metz ?
    J'essaye de me concentrer à fond sur mon métier de footballeur. Ce n'est bien sûr pas facile parce que j'ai vécu une expérience humainement très pénible. J'ai été très touché par ce qui s'est passé. Je ne suis pas prêt de l'oublier.
    Ce qui est réconfortant, ce sont les multiples messages de soutien qui vous ont été adressés directement ou indirectement...
    Oui. A Valenciennes, j'ai la chance d'être très soutenu. Par mon entraîneur, mes dirigeants, mes coéquipiers et les supporters. Tout le monde est au top. Mais cela m'a fait chaud au cœur de recevoir des messages de joueurs - je pense entre autres à celui de Lilian Thuram - de différentes associations telles que la LICRA ou SOS Racisme. J'ai également beaucoup apprécié la visite à Valenciennes de Bernard Laporte, le secrétaire d'Etat aux sports. Il a prouvé qu'il voulait vraiment s'attaquer au fond du problème. Car le racisme est un fléau qu'il faut combattre, même si je sais qu'on ne pourra jamais l'éradiquer complètement.
    Revenons sur les faits. A partir de quel moment avez-vous entendu les premières insultes racistes ?
    Assez vite, au bout d'un quart d'heure. C'était très net et elles étaient bien pour moi. J'ai entendu des « Ouaddou sale négro » et « Ouaddou sale singe » à plusieurs reprises. Cela dit, il y a eu des « Sales négros » qui étaient aussi destinés à d'autres joueurs blacks présents sur le terrain. D'ailleurs, je suis presque certain que ces insultes ne provenaient pas que d'un seul supporter. Je pense qu'ils étaient deux ou trois, mais que les autres sont passés au travers les mailles du filet. En tout cas, j'ai rapidement identifié la personne qui a été ensuite interpellée.
    Vous affirmez avoir prévenu Damien Ledentu et lui prétend le contraire...
    Je ne comprends pas son attitude. Lors d'un arrêt de jeu, j'ai signalé à l'arbitre que des insultes racistes venaient d'une tribune. On voit sur des images de la télévision que je lui montre avec le doigt ce coin de tribune. M. Ledentu m'a juste dit de rester concentré sur mon match... Et José Saez, mon coéquipier, le lui a également signifié à deux reprises en quelques secondes. Je demandais seulement à l'arbitre de m'écouter, afin qu'il prévienne le délégué pour qu'une décision soit prise. Pas celle d'arrêter le match, mais au moins d'évacuer cette ou ces personnes du stade. Je crois simplement que l'arbitre et ses assistants ont été dépassés. Je recroiserai à nouveau M. Ledentu sur un terrain. Et j'espère que nous pourrons parler de cela....
    Et à la mi-temps, vous avez craqué...
    Si j'avais eu sept ou huit ans de moins, j'aurais peut-être réagi de façon plus impulsive. J'avais clairement identifié une personne. Je voulais juste lui demander des explications, savoir pourquoi elle tenait de tels propos. J'étais énervé. Des stadiers et des spectateurs me demandaient de me calmer. L'individu en question, lui, ne disait plus rien. Il se faisait tout petit. Je pense qu'il avait surtout l'intention de partir discrètement... Et puis, alors que j'essayais d'obtenir des explications, j'ai vu une petite fille de dix ans s'approcher de moi et m'insulter. Pas en des termes racistes, mais ça m'a scotché. Quand j'ai entendu ça, j'ai préféré m'en aller.
    Pour prendre un carton jaune...
    Il m'a dit qu'il était obligé d'appliquer le règlement. Le problème, c'est qu'en seconde mi-temps, non seulement je suis perturbé par ce qui s'est passé avant, mais je joue avec la menace de prendre un second carton. Et cela s'est avéré préjudiciable pour moi et pour l'équipe.
    Vous avez joué en Angleterre et en Grèce. Dans ces pays, avez-vous déjà eu à subir des insultes racistes ?
    Jamais. Et en Angleterre, si un supporter s'amuse à faire cela, il est vite dénoncé et risque une interdiction de stade pour une longue durée.
    Cela signifie-t-il que vous espérez à l'encontre du spectateur interpellé une sanction lourde ?
    Je souhaite simplement que la justice fasse son travail. J'ai porté plainte et j'irai jusqu'au bout.
    Après le match, vous vous êtes excusé d'être monté dans la tribune.
    (Il coupe) Oui. J'ai réagi comme un être humain atteint dans son honneur et son intégrité. Ce n'est pas forcément un bon exemple pour les enfants qui viennent au stade et qui s'imprègnent beaucoup de ce qu'ils voient au niveau professionnel.
    Mais n'est pas plutôt à cet individu de vous présenter des excuses ?
    On espère toujours des excuses... J'ai vécu une sale soirée. Je me fais insulter en première mi-temps et en seconde mi-temps, des supporters messins crient «Ouaddou hooligan» ! C'est à se demander si je n'ai pas payé le fait d'être Nancéien ! Ma famille, qui habite Nancy, était venue me voir. Mes parents sont repartis en pleurant alors qu'ils étaient venus assister à un match de football. Un stade doit redevenir un lieu convivial.
    Le même soir, un enfant de 9 ans, supporter de Valenciennes a été blessé à la tête parce que des abrutis ont lancé des pierres sur le bus où il avait pris place...
    C'est lamentable. Un gosse de 9 ans ! Je vais essayer d'entrer en contact avec lui pour lui exprimer mon soutien.
    Vous parlez de combattre le racisme. Mais n'est-ce pas s'attaquer à une montagne de bêtise et de haine ?
    Le racisme est présent partout dans le monde. On ne pourra pas l'éradiquer. Mais on peut le faire baisser en le combattant sans cesse. Au niveau du football, il faut que tous les acteurs de ce sport agissent. Les éducateurs, les dirigeants, les joueurs, les supporters et les journalistes. Mais la base de tout, c'est l'éducation parentale. Je suis un partisan de la prévention, même s'il faut sanctionner les coupables. Et moi, je suis prêt à m'investir d'une façon ou d'une autre pour combattre le racisme. Parce que je ne veux plus que ni moi ni d'autres joueurs en soyons les victimes à l'avenir.»
     

    (R.L.) : FC Metz express 

    Tableau de bord. Hier : entraînement matinal. Aujourd'hui : entraînement à 10h. Demain : entraînement à 15h30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Metz-Valenciennes (25e journée de Ligue 1) samedi 16 février, 2-1. Prochain match : Lyon-Metz (26e journée) samedi 23 février (20h). A suivre : Metz-Caen (27e journée) samedi 1er mars (20h) ; Strasbourg-Metz (28e journée) samedi 8 mars (20h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse gauche) et Julien Cardy (douleur au pied) sont à l'arrêt.
    Suspendu. Aucun.
    La phrase du jour. « Les retrouver est une bonne chose, notamment pour insuffler un peu plus de concurrence dans le groupe. Maintenant, ils sont peut-être encore un peu justes physiquement pour le déplacement à Lyon.» D'Yvon Pouliquen, à propos des retours de blessure de Jeff Strasser, Matheus Vivian et Rudy Gestede.

    Ouaddou invité à Metz

    Jean-Marie Rausch et Carlo Molinari ont invité Abdeslam Ouaddou à une réception à l'Hôtel de ville, afin de lui « témoigner l'attachement aux valeurs de respect qui guident tous les Messins ». Une rencontre programmée sitôt que le calendrier l'autorisera. Calendrier sportif autant qu'électoral, il va de soi Metz-VA ne sera pas rejoué Contrairement au vœu exprimé, hier, par Francis Decourrière, le match Metz-VA ne sera pas rejoué. La demande du président de Valenciennes ne reposant sur aucun argument légal. Décidément, rien ne sera épargné au FC Metz cette saison. Pas même la quiétude d'une première victoire à domicile. Coutumier des affaires retentissantes (OM-VA), Valenciennes exploite aujourd'hui un sombre fait divers pour remettre en cause le sort de la rencontre. Ouaddou insulté, match à rejouer ? L'équation semble bien alambiquée. Même irréalisable si l'on s'en tient au règlement de la Ligue. • La demande valenciennoise. « Je souhaite un geste fort ». En adressant, hier, la demande solennelle de rejouer la rencontre dans une lettre au président de la République, au président du Comité Olympique, au président de la LFP et au président de la Ligue des Droits de l'Homme, Francis Decourrière donne un peu plus d'épaisseur à l'affaire Ouaddou. En guise de symbole, le président du club nordiste souhaite que la partie se déroule sous les yeux d'écoliers : « Je veux que l'on rejoue à Metz avec des enfants des écoles de Metz et de Valenciennes pour montrer qu'un match important et de haut niveau peut se dérouler dans de bonnes conditions. Et qu'à la sortie, on accepte le jugement sportif ». Visiblement, Francis Decourrière a bien du mal à accepter la vérité du terrain du 16 février...
    • La réaction messine. D'après le communiqué de presse rédigé hier par Carlo Molinari, la doléance nordiste n'a pas rencontré de bons échos sur les bords de la Moselle. Le président messin s'en remet dans un premier temps au jugement des autorités compétentes, « la décision de faire ou non rejouer le match appartenant uniquement à la Ligue de football professionnel. Je fais donc entièrement confiance à la LFP pour prendre la décision qu'imposent l'équité sportive et le bon sens ». Avant de livrer son sentiment personnel : « Je ne vois aucune raison objective ou réglementaire qui justifierait que ce match, dont le déroulement n'a été entravé d'aucune manière, soit rejoué ». Du moins pour le compte de la Ligue 1. Au "geste fort" plébiscité par le président Valenciennois, Carlo Molinari propose, lui, une alternative : « Le FC Metz est bien entendu ouvert à l'organisation éventuelle d'une rencontre amicale en fin de saison contre l'équipe de Valenciennes, dont les bénéfices pourraient être reversés à un collectif d'organisations caritatives luttant contre le racisme ». Et de reprendre à son compte l'expression de Francis Decourrière : « Ce serait un geste symbolique fort qui démontrerait notre rejet commun et absolu du racisme et de la violence. »
    • Existe-t-il un précédent ? Non. Le seul incident qui pourrait se rapprocher de l'épisode messin renvoie à la rencontre de Ligue 2, Libourne-Bastia, du 14 septembre 2007. Boubacar Kébé, attaquant Burkinabé de Libourne-Saint-Seurin, excédé par les insultes racistes du public corse, avait alors été exclu de la rencontre. Suite à cette affaire, la commission de discipline de la LFP avait retiré un point à Bastia. Dans ce cas précis, les propos injurieux émanaient d'un groupe de supporters, et non d'un individu isolé comme à Metz. Une nuance qui exonérera peut-être le club messin d'une telle sanction.
    • Le point de vue de la Ligue. La Ligue ne s'est pas même pas donné la peine de communiquer sur la demande valenciennoise. Et pour cause : aucun texte ne prévoit de rejouer un match dans ce cas de figure. Tout juste la commission de discipline se penchera-t-elle sur l'affaire comme de coutume lorsqu'il est question de comportements antisportifs.

    Abdeslam Ouaddou : « L'arbitre ne doit pas être la cible »

    Le capitaine de Valenciennes a répété qu'il avait bien informé l'arbitre des insultes racistes dont il a été victime, samedi, lors du match à Metz mais a souhaité que l'on ne se trompe pas de cible car il faut se concentrer sur le fléau. Quel est votre état d'esprit ? « Je ne souhaitais pas que cette affaire prenne autant d'ampleur. C'est un problème qui n'est pas nouveau. Le soutien que j'ai reçu (notamment mercredi de l'ensemble des joueurs du FC Metz) montre que beaucoup de gens sont contre ce fléau. Maintenant, il existe une minorité. Il faut que tout le monde fasse attention. Ça commence par les éducateurs, les dirigeants, les supporters, et vous, les journalistes. Et à la base de tout, les parents. »

    • Comment expliquez-vous votre réaction ? « Ce n'est pas la première fois que je suis insulté. Mais on encaisse, on encaisse. A un moment donné, ça touche à l'être humain et ça fait mal. On perd les pédales. Je veux m'excuser auprès des enfants et de ceux qui étaient dans la tribune. J'estime qu'en tant que pro, on ne doit pas montrer ce genre de choses. Mais c'est l'être humain qui a réagi. »
    • Que vouliez-vous faire ? « Je souhaitais m'expliquer avec cette personne, la raisonner. Lui demander pourquoi de telles injures. Et à la fin, peut-être l'inviter à un match de Valenciennes et passer l'après-midi ensemble. Mais on m'a conseillé de porter plainte. Maintenant, je veux aller au bout car c'est un problème à éradiquer. Mais je suis encore prêt à m'expliquer avec cette personne. »
    • Que pensez-vous de l'attitude de l'arbitre (Abdeslam Ouaddou a été averti) ? « Il a fait son travail car j'ai perdu les pédales en passant au dessus des barrières. Moi, ce que je peux dire, c'est que cela m'a pénalisé pendant la seconde mi-temps car je suis sorti du match. J'ai pénalisé mes coéquipiers. Et à l'arrivée on perd trois points. »
    • L'arbitre nie que vous l'ayez informé... « Je maintiens avoir prévenu M. Ledentu. Les images le prouvent. Je suis déçu, touché parce qu'il met en doute ce que j'ai dit. Je lui ai parlé des insultes racistes plusieurs fois. Par rapport à mon passé, je n'ai pas trop insisté car je ne voulais pas prendre de carton. Je suis quelqu'un qui intériorise et à la fin j'ai perdu les pédales. Cependant, l'arbitre ne doit pas être la cible. La cible, c'est la personne qui a proféré des injures. Il faut se concentrer sur ce fléau. On a envie d'aller au stade en famille. Il y a des enfants. Il faut faire en sorte que cela n'arrive plus à moi ou à d'autres. Mes parents étaient au stade. Ils voulaient assister à une belle fête et ils sont repartis en pleurant. »
    • Des témoins disent que vous n'étiez pas visé par les insultes ? « Je n'ai pas mal entendu! J'ai bien entendu mon nom qui était précédé par ces insultes. L'arbitre n'était pas au même endroit que moi et ne les a peut-être pas entendues. Mais des coéquipiers et même des joueurs de Metz, eux, les ont entendues. »
    • Qu'attendez-vous comme sanctions ? « Moi, je suis concentré sur mon métier. Il y a des instances pour gérer tout ça. Je leur fais confiance.»
    • Comment un club peut-il combattre les injures racistes ? « Ce n'est pas à moi de trouver des solutions. Je sais qu'en Angleterre où j'ai joué, si une personne commence à injurier des joueurs, les gens autour de lui ne le laissent pas faire. C'est un travail de prévention à faire par tout le monde. »
    • Votre lutte pour la tolérance existe depuis longtemps. Avant France-Maroc, vous aviez appelé à ne pas siffler la Marseillaise. « Ça marche dans les deux sens. J'avais demandé qu'on ne siffle pas la Marseillaise car c'est une chose qui ne se fait pas. On doit respecter tout le monde. »
    • Vous sentez-vous comme un symbole de la lutte contre le racisme dans le football ? « Non, je n'ai pas l'impression d'être un symbole. Plusieurs personnes ont été victimes avant moi. Tout ce que je veux, c'est remercier tous les soutiens, notamment du club. »

    Les excuses de Christophe H.

    ARRÊTÉ ET PLACÉ EN GARDE À VUE samedi soir après Metz-Valenciennes (2-1) pour avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’Abdes Ouaddou et d’autres joueurs de la rencontre, Christophe H. s’est exprimé hier au micro de L’Équipe TV pour présenter ses excuses. « Je regrette les mots, a-t-il expliqué. C’est quand Valenciennes a marqué, cela m’a énervé. Je suis dépassé (par cette affaire).Ça me travaille. Je ne suis pas bien en ce moment. J’ai peur de rentrer dans le quartier où j’habite. Je regrette sincèrement, je suis prêt à m’excuser. » Placé sous contrôle judiciaire, il sera jugé le 18 mars devant le tribunal de grande instance de Metz. Il encourt une peine maximale de six mois de prison et une amende de 22 500 euros pour injures publiques à caractère racial.

    Decourrière veut rejouer Metz-VA

    Le président valenciennois a demandé à rejouer la rencontre. Mais le « geste fort » qu’il réclame n’a, a priori, aucune chance d’aboutir.

    CET APRÈS-MIDI, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) va examiner pour la première fois les incidents qui ont terni le match Metz-Valenciennes (2-1), samedi dernier. Mais Francis Decourrière n’a pas attendu cette échéance pour relancer l’affaire Ouaddou. Lors d’une conférence de presse, le président de VA a annoncé son intention d’écrire au président de la République, aux présidents de la LFP, du CNOSF et de la Ligue des droits de l’homme « pour demander de rejouer le match avec uniquement des enfants et leurs éducateurs pour montrer (…) que le football n’est pas un empilement de malheurs ». Decourrière fait allusion aux insultes racistes dont a été victime Ouaddou mais aussi au caillassage du bus de supporters valenciennois, qui a entraîné l’hospitalisation d’un enfant de neuf ans. Pour Valenciennes, toute la soirée de samedi à Metz a été vécue comme un véritable traumatisme. « Nous avons été pénalisés trois fois, a souligné Decourrière. Par les insultes, le gosse blessé et sur le plan sportif. » Cela aura peut-être échappé aux observateurs les plus attentifs mais Metz a bien battu Valenciennes (2-1) samedi. À l’issue de la rencontre, Antoine Kombouaré avait d’ailleurs tenu à, souligner que l’incident Ouaddou ne devait pas être « une excuse à la défaite ». Son défenseur, lui, a répété hier qu’il avait eu du mal à se concentrer sur le jeu en seconde période : « Je suis sorti du match et à l’arrivée on perd trois points très importants (Valenciennes menait à la pause). »

    Muller : Decourrière « ne fait pas preuve de beaucoup de solidarité »

    Decourrière, actuellement interdit de vestiaire d’arbitre après ses déclarations sur l’arbitrage français, a aussi indiqué qu’il avait appelé Frédéric Thiriez pour lui faire part de son idée. Rien n’a filtré de cet entretien mais il serait étonnant que sa suggestion ait été accueillie chaleureusement par la Ligue. Les règlements de la FFF prévoient toute une batterie de sanctions, de l’avertissement à la rétrogradation, mais pas la possibilité de rejouer une rencontre.

    Même chose dans le code disciplinaire de la FIFA, qui préconise le retrait de points en cas d’injures racistes. « Il faut un geste fort plutôt que de se retrancher derrière un pseudo-règlement, a lancé Decourrière. Decourrière. Faire rejouer ce match permettrait de réaliser un travail pédagogique. Il faut montrer que ce n’est qu’un jeu, qu’on peut voir des matches dans la sérénité. Plutôt que de suspendre le stade de Metz ou de leur enlever des points, pourquoi ne pas rejouer ? »Accessoirement, cela permettrait aussi à VA de récupérer les points perdus. « Je regrette profondément ce qui est arrivé samedi mais ce sont deux choses différentes, a réagi Joël Muller, le directeur sportif messin. Il est injuste de retirer le bénéfice de la victoire à notre équipe. » Interrogé pour savoir s’il aurait pris la même initiative en cas de succès à Saint-Symphorien, Decourrière a répondu par une question : « Pourquoi pas ? »

    « Le président de Valenciennes ne fait pas preuve de beaucoup de solidarité, déplore Muller. On regrette bien sûr tout ce qui s’est passé mais personne n’est à l’abri. Si un jour cela se passe à Valenciennes, il sera bien content d’avoir un peu plus de solidarité de la part des autres clubs. » Averti par Decourrière dans l’après-midi, Carlo Molinari, le président messin, a aussi répondu qu’il ne voyait « aucune raison (…) qui justifierait que ce match soit rejoué » et a proposé dans la foulée une autre idée, pas moins généreuse : « Le FC Metz est ouvert à l’organisation, d’une rencontre amicale en fin de saison contre Valenciennes, dont les bénéfices pourraient être reversés à un collectif d’organisations caritatives luttant contre le racisme. »

    RACISME : QUE FAIT LE FOOT FRANÇAIS ?

    HIER, FRANCIS DECOURRIÈRE, le président de Valenciennes, a demandé de manière « solennelle » que la rencontre Metz-Valenciennes soit rejouée. Le président du club nordiste craint que « l’on se donne bonne conscience » et que les insultes racistes dont a été victime Abdeslam Ouaddou, le capitaine de VA, suscitent une indignation sans lendemain. Il y a peu de chances qu’une telle requête aboutisse (voir page 8). Mais cet appel à la manifestation « d’un geste fort » exprime le malaise général ressenti depuis samedi soir.

    Si la France du football n’a pas le monopole européen du racisme dans le sport, elle y est trop régulièrement confrontée. L’affaire Kébé (voir par ailleurs), elle, donne tout son relief à une enquête de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) datant de février 2005. Sur les 215 communes interrogées, la moitié affirmait avoir rencontré des problèmes de racisme dans le sport.

    D’où ce sentiment de laxisme face à des comportements qui se multiplient et sont même indirectement à l’origine de la mort d’un supporter du PSG, le 23 novembre 2006 à Paris.

    L’arsenal répressif existe

    En début de semaine, Frédéric Thiriez, le président de la Ligue (LFP), a martelé qu’il ne voulait plus « de ces individus racistes ou violents dans nos stades. (…) La seule réponse est la plus grande fermeté dans la répression ». De bonnes intentions. Mais l’arsenal répressif existe déjà. Depuis 2006, le cadre législatif permettant de lutter contre les dérives du sport a été élargi. Michel Lepoix, le Monsieur Anti hooligans au ministère de l’Intérieur, l’a rappelé sur le plateau de L’Équipe TV : « Le racisme est un délit et les peines encourues, dans le cadre du Code du sport, sont de 15 000 euros d’amende et un an de prison. L’interdiction judiciaire de stade peut aller jusqu’à cinq ans. »

    Alors quelles mesures supplémentaires prendre, si ce n’est appliquer simplement la loi ? Autre suggestion de Decourrière : augmenter le nombre de caméras de surveillance dans les stades. Les actions de nos voisins devraient aussi avoir valeur d’exemples. En novembre 2005, des ultras de l’Inter Milan ont été interpellés puis interdits de stade pendant cinq saisons pour avoir couvert d’insultes racistes Marc Zorro, joueur de Messine. En 2004, M. Temmink a définitivement stoppé le match entre le PSV Eindhoven et La Haye dont les supporters scandaient des slogans antisémites.

    Le PSV avait gagné sur tapis vert.

    Notre football ne montre pas autant les dents. Le conseil d’administration de la Ligue a attendu un an avant d’adopter la Charte contre le racisme.

    En mars 2007, une conférence internationale contre le racisme était organisée au siège de la Fédération, à Paris. Pas un seul représentant de la Ligue ni des clubs pros n’y ont participé.

    ABDESLAM OUADDOU, victime d’insultes racistes, revient sur l’incident de Metz.

    « Il fallait interrompre le match »

    « DANS QUEL ÉTAT D’ESPRIT vous trouvez-vous, aujourd’hui ?

    – Depuis la reprise de l’entraînement, mardi, j’essaie d’avoir la tête au foot. Ce n’est pas facile. Je ne pensais pas que cette affaire prendrait autant d’ampleur. C’est un problème (le racisme) qui existe. Ce soutien montre que la majorité des personnes est contre ce fléau.

    Ce n’est sans doute pas la première fois que vous êtes confronté au racisme dans un stade…

    – Non mais ça fait mal, on encaisse, on encaisse… et, à un moment, on perd les pédales. Je souhaite m’expliquer avec cette personne (l’auteur des insultes), comprendre pourquoi elle a dit ça, la raisonner. Je suis prêt, comme je l’ai déjà dit, à passer une journée avec elle et à l’inviter à assister à un match à Valenciennes.

    « Pas faire de l’arbitre une cible »

    L’arbitre de la rencontre Affirme que vous ne l’avez jamais informé de l’incident avant de vous diriger vers votre agresseur. Maintenez-vous vos déclarations selon lesquelles vous avez prévenu l’arbitre (L’Équipe des 18 et 19 février) ?

    – Je maintiens que j’ai prévenu l’arbitre. Les images le prouvent. Je lui ai dit plusieurs fois. Certains de mes coéquipiers et des joueurs de Metz ont entendu aussi. Je suis touché car il met en doute ma parole. Mais il ne faut pas faire de l’arbitre une cible. La cible, c’est la personne qui injurie. J’ai perdu les pédales et l’arbitre a fait son travail (en lui infligeant un carton jaune pour avoir quitté l’aire de jeu). Je me suis pénalisé moi-même et j’ai pénalisé mes équipiers. J’ai réagi en tant qu’être humain, mais en tant que joueur professionnel, on ne doit pas faire ça. Mais je suis d’abord un être humain. Je ne regrette pas ce que j’ai fait. J’ai appris. Maintenant, je veux tourner la page.

    Pensez-vous que le match aurait dû être définitivement arrêté ?

    – Non, les gens ont payé, il faut respecter ça. Mais je pense qu’il aurait fallu l’interrompre pendant quelques minutes pour sortir cette personne du stade. En Angleterre, où j’ai joué (à Fulham), si un spectateur injurie les joueurs, on réagit. Il ne faut plus que ça arrive. Mes parents étaient venus de Nancy (où Ouaddou a grandi). Ils s’apprêtaient à vivre une fête, ils sont repartis en pleurant. »

    ANTOINE KOMBOUARÉ (entraîneur de Valenciennes) : « À l’époque du PSG, avec les Guérin, Roche, Le Guen, nous aurions été marqués par cette histoire. Je ne dis pas que mes joueurs à Valenciennes ne le sont pas. Bien sûr qu’ils sont touchés. Les copains sont là pour soutenir Abdes. Mais ils sont plus insouciants que nous autrefois, ils regardent devant eux. On parle plus de cette histoire à l’extérieur du club qu’à l’intérieur. »

    MARC BATTA, directeur national de l’arbitrage (DNA), rappelle que la décision d’arrêter une rencontre ne peut relever de la seule responsabilité de l’arbitre.

    « Une décision collégiale »

    « QUE PEUT FAIRE l’arbitrage pour lutter contre les manifestations racistes dans les stades ?

    – Au niveau fédéral et à la LFA (Ligue fédérale amateur), on travaille sur les incivilités et le racisme, qui, sur le million de matches ayant lieu dans une saison, ne constituent qu’un ratio mineur. On multiplie les messages dans les ligues et les districts. Chez les professionnels, dans la semaine qui a suivi l’affaire Kébé (voir par ailleurs), Frédéric Thiriez, le président de la Ligue, amis en place un groupe de réflexion avec des gens de la LFP et de la DNA.

    Quelles sont les conditions pour que l’arbitre arrête une rencontre ?

    – Il faut que les arbitres ou les officiels aient connaissance des faits. Si l’incident est mineur et ne concerne qu’un individu ou quelques-uns, l’arbitre peut arrêter le match temporairement et demander à ce que l’on fasse cesser les troubles. Si les faits sont plus graves et concernent par exemple toute une tribune, l’arbitre demande à ce que des annonces au micro soient faites et si les agissements se poursuivent, il peut décider d’arrêter définitivement la partie, en accord avec le Monsieur Sécurité du stade, les délégués et le préfet ou son représentant. Il s’agit en effet de s’assurer que sa décision n’aboutira pas à des événements encore plus graves, notamment lors de l’évacuation du stade.

    C’est une décision difficile à prendre ?

    – Bien sûr ! Imaginez que M. Ledentu ait arrêté la rencontre, ne lui aurait-on pas reproché une décision disproportionnée par rapport à un acte isolé ?

    Pensez-vous qu’il faudra un jour en arriver à une telle extrémité ?

    – Oui ! Si c’est nécessaire. Les arbitres sont prêts à entrer dans cette démarche pour peu qu’on ne leur reproche pas un manque de maîtrise ou de réflexion. Ce doit être une décision collégiale, et, s’il y a consensus, pas de problème. »  

    Me CHRISTIAN CHARRIÈRE-BOURNAZEL, bâtonnier de Paris, réclame une intensification de la mobilisation.

    « Dire non à l’inacceptable »

    « COMMENT JUGEZ-VOUS la réaction du monde du football ?

    – Il faut pouvoir expulser celui qui profère des injures racistes. Disons non à l’inacceptable ! À la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) dont je suis vice-président, nous avons une action pédagogique dans le sport avec une présence dans les stades ou en dehors.

    Les dirigeants du football entendent ce discours ?

    – Ils doivent éradiquer cela. La moindre faiblesse est un encouragement. Et il faut de la pédagogie. Un ancien bâtonnier de Paris, Claude Lussan, a fondé Initiadroit, des avocats bénévoles qui vont dans des établissements scolaires enseigner l’égalité en droit des personnes et la fraternité républicaine. Un jour, ces jeunes seront spectateurs.

    Ce n’est pas le cas ? Le président de la Ligue a déposé plainte…

    – Et il a bien fait. Il y a des messages à faire passer. La société entière doit se mobiliser. À L’Équipe, vous aussi avez un rôle de pédagogie à jouer. Peut-être faut-il aussi rappeler en début de match qu’aucun propos de ce type ne sera toléré. »  

    BOUBACAR KÉBÉ, victime d’injures racistes contre Bastia, et BERNARD LAYDIS, le président de Libourne-Saint-Seurin, sont contre des sanctions au classement.

    « Pas de retrait de points »

    LE 14 SEPTEMBRE dernier contre Bastia (2-4) en Ligue 2, l’attaquant d’origine burkinabaise Boubacar Kébé, vingt ans, a craqué. Victime d’injures à caractère raciste de la part d’une poignée de supporters corses, le joueur de Libourne-Saint-Seurin a répondu par un bras d’honneur. Kébé est expulsé pour ce geste mais conforté dans son témoignage par le rapport d’après match de l’arbitre. À la suite du match, la commission de discipline de la Ligue et la commission supérieure d’appel de la FFF prennent une décision inédite : retirer un point à Bastia au classement. L’affaire a depuis été portée devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui devrait rendre un avis dans les prochains jours. Kébé comprendrait que les Corses récupèrent ce point. « Les joueurs de Bastia ont gagné à la régulière. Les pénaliser au classement n’est pas une solution ». dit-il.

    Bernard Laydis, son président de club, est du même avis : « En matière de racisme, je suis intransigeant. Mais est ce que la bonne sanction est de planter Bastia ? Je ne le crois pas. Si, un jour, des supporters adverses veulent nuire à Libourne et me collent deux énergumènes portant nos couleurs, qui vocifèrent dans une tribune, on fera quoi ? » « La solution, continue-t-il, serait de faire rejouer la partie, d’autant qu’au moment où Kébé se fait expulser (à la 85e minute), il y a 2-2. Après cet incident, plus grand monde n’avait la tête à ce match. »   

    Ils ont dit sur le plateau de L’Équipe TV

     Jean-Jacques AMORFINI (vice-président de l’UNFP) : « Nous avons décidé de faire une action avec tous les joueurs de L 1 et de L 2 vendredi, samedi, dimanche, lundi : ils entreront sur le terrain avec un t-shirt avec un slogan contre le racisme. On l’a déjà fait plusieurs fois mais, aujourd’hui, le débat est monté très haut. »

     Luc SONOR (ancien international français) : « Ce qui m’a dérangé à Metz, c’est l’attitude des gens autour. Il y a un énergumène qui est en train de traiter de “sale nègre” un joueur. Pourquoi est-ce qu’on attend que le joueur sorte du terrain et aille dans la tribune pour régler ça ? Il faut commencer par la tribune. Ça commence par le voisin, pour essayer de faire que les choses se passent bien. J’ai presque envie de dire que les fameux t-shirts que vont porter les joueurs, eh bien, il faut les donner aux supporters, que tous les supporters portent ce t-shirt dans les tribunes, de manière à ce qu’on puisse véritablement comprendre le message ! (…) Je pense qu’il y avait plus de racisme avant. La différence, c’est que ce n’était pas médiatisé comme ça l’est aujourd’hui. On acceptait le “négro”, on la fermait et on continuait à jouer. Il fallait prendre sur soi. »

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    February 20

    En ce moment, le FC Metz en voit de toutes les couleurs...

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    AFP,19H10  : Le président du club de VA souhaite rejouer le match contre Metz : bon sang, mais c'est bien sûr les trois points qui étaient visés !.....coupons court à cette plaisanterie ! Rejouer : pour quelle raison ?

    Le FC Metz ne souhaite pas rejouer le match contre Valenciennes comptant pour la 25e journée de L1, comme l'a proposé le président nordiste. Dans un communiqué, Carlo Molinari se dit favorable à la tenue d'un match amical entre les deux clubs, qui aurait la vertu pédagogique escomptée par son homologue Francis Decourrière.
    Pour le président du FC Metz, il n'y a «aucune raison objective ou réglementaire qui justifierait que ce match, dont le déroulement n'a été entravé d'aucune manière, soit rejoué». En rappelant que «la décision de faire ou non rejouer le match appartient uniquement à la Ligue», à qui il fait «entièrement confiance pour prendre la décision qu'imposent l'équité sportive et le bon sens», Carlo Molinari se dit «ouvert à l'organisation éventuelle d'une rencontre amicale en fin de saison». Les bénéfices éventuellement retirés seraient reversés à un collectif d'associations luttant contre le racisme.
    Metz a remporté le match disputé samedi (2-1), à la mi-temps duquel Abdeslam Ouaddou avait pénétré dans une tribune messine pour s'expliquer sur des insultes racistes reçues pendant la première période.
     La phrase du jour : "En ce moment, j'ai l'impression que certains chroniqueurs de la radio et de la télévision se verraient bien faire les kapos de service, maniant sans dicernement le fouet, tels des Goebbels d'opérettes aux nez rouges, afin de mettre un peu plus de mauvais kébabs et de mauvaises sauces dans leur assiette : ces-ô combien "importantes" personnes- devraient plutôt regarder dans quelle fange ils mettent leurs pieds en essayant de nous pisser dessus!Mais, c'est vrai qu'en essayant, il ne peuvent qu'apercevoir leur ventre, le reste étant trop petit...leur place, à mon avis, est plutôt sur la lunette des WC du Mac Do du coin que dans les médias...Ils cherchent, en stigmatisant, en médisant et en diffamant, à nous affaiblir, mais ne savent pas qu'ils nous rendent, par leurs attitudes et leurs déclarations calomnieuses plus unis  et plus forts que jamais!"

    (R.L.) : Parole de supporters

    • Horda Frenetik : « Nous ne cautionnons pas les actes des deux "caillasseurs", mais neuf mois de prison dont trois fermes... Quand on voit les bus caillassés lors du match OM-PSG, on peut s'interroger sur ce jugement. J'ai vraiment l'impression qu'actuellement, le public messin est diabolisé. Quand rien ne va dans un club sportivement, on s'acharne sur lui. Et que l'on ne nous reproche pas les débordements qui ont émaillé la rencontre Metz-Strasbourg : ce soir-là, les Alsaciens nous ont provoqués avec des saluts nazis ! »
    • Génération Grenat : « Cette affaire provient d'un acte isolé. L'individu qui a proféré des insultes racistes n'appartient à aucune famille de supporters. Maintenant, je donne rendez-vous à tous nos détracteurs lors du prochain match du FC Metz à domicile, le 1er mars face à Caen : on a prévu de nombreuses actions dénonçant toute forme d'intolérance. »

    Affaire Ouaddou, affaire d'Etat

    Représentants des groupes de supporters, le président du FC Metz et les autorités judiciaires étaient conviés, hier, à la table du préfet de Moselle. Des premières mesures ont été arrêtées afin d'endiguer les débordements dans, et aux abords, de Saint-Symphorien.

    «  Vous êtes drôlement nombreux, bien plus que pour la réunion d'Arcelor. » Hier, le nombre de journalistes au m2 dans les locaux de la préfecture de Metz s'est révélé impressionnant. Une affluence à la hauteur de l'ampleur prise par ce qu'il convient désormais d'appeler l'affaire Ouaddou, devenue aujourd'hui affaire d'Etat. Car après Bernard Laporte, secrétaire d'état aux Sports profondément ému de cet acte déplorable d'injures racistes relevé samedi dans les travées de Saint-Symphorien, c'est désormais le préfet de la Moselle qui s'intéresse à la chose. Il a convié hier les différentes composantes du FC Metz, son président en tête, ses groupes de supporters ainsi que le procureur de la République animé d'un objectif : annihiler à l'avenir les débordements entrevus lors de ce Metz-Valenciennes de triste mémoire. Mais aussi, et surtout, « rétablir l'image catastrophique, désastreuse et pitoyable renvoyée par la Lorraine suite à ces événements ».Sans attendre le jugement du supporter injurieux, Bernard Niquet a pris une première mesure à son encontre : « Sans préjuger, j'engage tout de suite une procédure d'interdiction de stade jusqu'au procès de cet individu ». Une interdiction qui, il y a fort à parier, sera reconduite après cette date.
    Ceci en raison du vide juridique des textes de loi en matière de fréquentation de stade lorsqu'il est question d'injures à caractère raciste. La parade sera donc pour le préfet de recourir à ses pouvoirs administratifs et d'étendre la suspension de cet habitué de Saint-Symphorien à trois mois. Loin, très loin des cinq années signifiées aux deux hommes coupables d'avoir "caillassé", samedi soir, un bus de supporters de Valenciennes... Voilà pour le cas d'espèce. En parallèle, une batterie de mesures, censée sécuriser le stade, a été actée. En premier lieu, le dispositif de vidéosurveillance du stade devrait être renforcé : « Ceci afin de remédier à quelques problèmes d'angles morts ». La modernisation du PC sécurité a également été évoquée tout comme un encadrement plus "étroit" des supporters par les stadiers.
    Au-delà du volet répressif, des actions préventives seront encore entreprises. Parmi celles-ci, un projet de contrat local de sécurité, qui fixe les responsabilités de l'ensemble des acteurs d'une rencontre de football, prochainement élaboré par un groupe de travail : « Il s'inscrit sur le modèle de la charte de bonne conduite en vigueur au Parc des Princes ». Charte de bonne conduite du Parc des Princes ? Sans tomber dans les mêmes travers que certains médias assimilant les agissements d'un individu à l'ensemble des supporters messins, l'idée de se conformer à l'exemple parisien n'a rien de réjouissant. Même si le Kop Boulogne ne représente pas à lui seul le Parc des Princes...

    Carlo Molinari : « Je me sens trahi... »

    Rassuré par le soutien des pouvoirs publics, Carlo Molinari entend faire la chasse à la poignée « d'abrutis » qui gangrène le stade Saint-Symphorien.

    • Président, dans quel état d'esprit êtes-vous après les événements de Metz-Valenciennes ?

    « Je me sens profondément trahi dans la mesure où j'ai toujours accordé une grande confiance aux hommes. Cette confiance a été largement entamée. Ma première décision sera d'être plus ferme et exigeant avec le service de sécurité. Maintenant, il faut remettre cette affaire dans son contexte : les incidents de samedi ne sont le fait que de l'attitude d'un individu en tribune, et d'une poignée "d'abrutis" à l'extérieur du stade. Le public de Metz n'est pas un public de voyous, il faut bien veiller à ne pas faire d'amalgame. »
    • Pourtant, les débordements se répètent depuis le début de la saison...

     « C'est vrai qu'il y a une tendance à des répétitions malvenues. Mais il ne faut pas oublier que nous avons remporté à plusieurs reprises le challenge du fair-play.
    L'image du club, de la ville, du département et de la région ne doit pas être associée à ces événements douloureux. Aujourd'hui, je suis rassuré et je me sens plus fort. Avec le soutien des pouvoirs publics, nous allons tenter de remédier à ces problèmes. Maintenant, nous n'allons pas installer des amplificateurs de voix derrière chaque spectateur.
    Mais je demanderai plus de vigilance aux stadiers, un point sur lequel je me suis déjà entretenu avec Jacky Ancel, responsable de la sécurité. »
    • Le message est bien passé ?

    « Je crois avoir été entendu. J'accorde à nouveau ma confiance, mon vœu étant que lorsque les gens se rendent au stade, ils se sentent en parfaite sécurité. »
    • Finalement, avec le recul, ne regrettez-vous pas d'avoir donné raison aux supporters pour l'éviction de Richard Trivino. D'une certaine manière, n'avez-vous pas fait leur jeu ?

    « A l'époque, je pensais que c'était la bonne décision. Je ne le penserai peut-être pas maintenant... »

    « Je m'excuse, je regrette vraiment »

    Samedi soir à Saint-Symphorien, ce spectateur a insulté le joueur valenciennois Abdeslam Ouaddou. Après 36 heures de garde à vue et sa mise en examen, cet homme de 37 ans a accepté de revenir sur les faits.

    J'ai vraiment honte ». Il a 37 ans. Il est né et vit à Metz Il travaille dans le domaine de la sécurité. Il n'a pas de casier judiciaire et n'a jamais été interpellé pour quelque motif que ce soit. Hier, pour répondre à nos questions, il était dans le bureau de son avocat Me Arnaud Vauthier. Accompagné par son père, l'homme est stressé. Sa jambe tremble sans cesse, il ne lève les yeux que très rarement. A plusieurs reprises, son père l'incite à reprendre son calme, en vain. Visiblement l'exercice de l'interview lui coûte : il refuse même de donner son prénom. Et quand, enfin, il s'exprime, les mots sortent avec peine. Selon les dires de son père, il est atteint d'un retard mental. L'instruction du dossier devra ou non le confirmer. Lui, en attendant, tente de s'expliquer comme il le peut.

    • Comment vous sentez-vous ?

    « Je suis stressé de l'erreur que j'ai faite. Et de voir tout ça dans les médias. Ça m'a fait prendre conscience de la gravité de mes propos et de la situation ».
    • Allez-vous souvent au stade ?

    « Je ne vais pas à tous les matchs mais j'aime bien y aller quand je peux. Le foot, c'est ma sortie de la semaine. Je préfère aller au stade ou au cinéma plutôt que d'aller dans les bars ».
    • Vous supportez le FC Metz ?

     « Oui, mais avec le classement qu'ils ont, un peu moins. Mon père m'emmenait déjà quand j'étais jeune ».
    • Comment était l'ambiance samedi soir ?

     « Moyenne. Ils n'ont plus beaucoup de supporters. J'y suis allé avec un collègue. Comme d'habitude, on a crié et supporté l'équipe ».
    • Pouvez-vous raconter comment s'est déroulé l'incident ?

     « Quand Valenciennes a marqué son but, je me suis laissé emporter. J'étais énervé, il y avait eu un problème de marquage sur un joueur. Dans le feu de l'action, j'ai lancé une insulte raciste vers le joueur de Valenciennes. Je l'ai juste dite plus fort que les autres. Et comme j'étais dans les tribunes basses, au niveau du terrain, on m'a entendu ».

    • Que s'est-il passé ensuite ?

    « A la mi-temps, j'ai voulu partir. Je sentais l'ambiance pas très bonne. Ensuite, le joueur de Valenciennes est venu vers moi et les autres, à côté, l'ont arrêté. Mais il m'a regardé et je me suis fait tout petit. Après, la sécurité est venue tout de suite et m'a emmené dehors. Ensuite, les CRS m'ont conduit au poste de police et je ne suis ressorti que 36 heures plus tard ».
    • Que pensez-vous, après coup des propos que vous avez tenus ?

    « Je regrette profondément tout ce que j'ai pu dire. Les mots m'ont dépassé. C'est sorti comme ça. Et je présente mes excuses sincères. Je n'ai jamais tenu de tels propos avant mais j'en ai déjà entendu dans le stade pendant les autres matchs. Au travail, je n'ai jamais eu de problèmes avec mes collègues non plus. Maintenant, cela ne sera plus pareil ».
    • Vous ne pouvez plus aller au stade aujourd'hui...

    « Je m'en doutais. Je n'y serai pas retourné de toute façon même si j'avais eu le droit. J'ai vraiment honte ».
    • Que souhaitez-vous ajouter ?

    « Que je m'excuse. Je ne sais pas si cela sera entendu mais je dis un grand pardon aux personnes qui ont entendu mes propos. Je regrette vraiment ».

    FC Metz -Express

    Tableau de bord. Hier : entraînement matinal. Aujourd'hui : entraînement à 10h. Demain : entraînement à 10h.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Metz-Valenciennes (25e journée de Ligue 1) samedi 16 février, 2-1. Prochain match : Lyon-Metz (26e journée) samedi 23 février (20h). A suivre : Metz-Caen (27e journée) samedi 1er mars (20h) ; Strasbourg-Metz (28e journée) samedi 8 mars (20h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse gauche) et Julien Cardy (douleur au pied) sont à l'arrêt.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Jeff Strasser, Matheus Vivian et Rudy Gestede viennent de retrouver les joies de la collectivité. Ces trois anciens pensionnaires de l'infirmerie ont suivi, hier, l'intégralité de la séance concoctée par Yvon Pouliquen. Preuve de leur rétablissement : le trio n'a pas été ménagé lors du traditionnel match ponctuant la fin de l'entraînement.

    (Site officiel FC Metz) : Communiqué de « cœur grenat » (l’association regroupant les divers groupes de supporters messins)

    Cœur Grenat condamne fermement les incidents survenus lors du match Metz – Valenciennes.
    L’ensemble des groupes de supporters officiels du FC Metz, regroupés au sein de l’association faitière Cœur Grenat, condamne unanimement et fermement les incidents survenus lors de la rencontre de football Metz – Valenciennes du 16 février dernier.
    L’attaque d’un bus de supporters valenciennois par trois individus ainsi que les insultes racistes proférées à l’encontre du joueur Abdeslam Ouaddou sont des comportements indignes et absolument inadmissibles. Les différents groupes de supporters s’engagent à tout faire pour contribuer à éradiquer le racisme et la violence du stade Saint-Symphorien.
    Par ailleurs, Cœur Grenat regrette les amalgames parfois injurieux faits par certains médias entre le comportement d’individus isolés et la nature de l’ensemble du public messin. En effet, aucun des quatre individus impliqués dans les incidents de samedi dernier n’était adhérent d’un groupe de supporters officiel. D’autre part, le jeune témoin ayant permis l’identification de la personne qui a proféré les insultes racistes à l’encontre de M. Ouaddou est, quant à lui, membre de l’un de ces groupes de supporters.
    Lors de la prochaine rencontre à domicile le 1er mars prochain contre Caen, les différentes familles de supporters montreront à travers une action symbolique leur profond rejet du racisme et de la violence.

    « Affaire Ouaddou », suite et fin…

    Le président Molinari a donné une conférence de presse à la Préfecture, aux côtés du Préfet et d’un substitut du procureur de la république. Il est revenu sur les incidents de samedi dernier et a évoqué un renforcement des mesures de sécurité.
    Des sanctions exemplaires
    - L’auteur des injures racistes lors du match Metz – Valenciennes a été placé sous contrôle judiciaire jusqu’au 18 mars, date à laquelle il sera jugé. Bernard Niquet, Préfet de Moselle, a indiqué qu’il engagerait une procédure d’interdiction administrative de stade à son encontre, la durée pouvant être allongée jusqu’à cinq ans par le juge.
    - Les deux spectateurs ayant lancé des projectiles sur un bus valenciennois, causant une blessure à un jeune garçon de neuf ans, ont été jugés en comparution immédiate. Ils ont été sanctionnés d’une peine de neuf mois de prison (dont trois fermes) et de cinq ans d’interdiction de stade.

    L’image du public messin faussée
    La très importante médiatisation de cette affaire a parfois conduit à renvoyer une image erronée du public messin. Le président Molinari, qui le connaît bien pour le côtoyer depuis de très nombreuses années, s’est montré particulièrement touché. « Le public messin n’est pas un public de voyous. Nous avons affaire à des actes isolés et la très grande majorité des supporters messins n’est pas concernée. Il ne faut pas faire d’amalgames car il y a des gens qui souffrent de cette situation. L’image qui a été donnée du FC Metz et de sa région ne correspond pas à ce que nous sommes. » (Ecoutez la réaction en entier ).
    Afin d’offrir un visage plus conforme aux valeurs véhiculées par le club et ses supporters, le FC Metz et les différents groupes de supporters se sont mis d’accord pour organiser un petit événement à l’occasion du prochain match à domicile contre Caen, le 1er mars prochain. Le contenu de la manifestation n’a pas été dévoilé. L’association « Cœur Grenat » a par ailleurs tenu à condamner fermement les incidents survenus samedi soir via
    un communiqué .
    Un dispositif à renforcer
    Les dirigeants messins avaient rendez-vous, ainsi que les responsables des différents groupes de supporters, en début d’après-midi à la préfecture afin de participer à une réunion de travail. Différentes pistes ont été évoquées pour perfectionner l’action du service de sécurité du FC Metz :
    - Renforcer le dispositif de vidéo surveillance
    - Améliorer l’encadrement des supporters par les stadiers
    - Etudier un éventuel agrandissement du PC sécurité
    - Faire un effort supplémentaire sur l’évacuation du public
    De son côté, le préfet Bernard Niquet a indiqué qu’un groupe de travail allait être mis sur pied. Celui-ci ayant pour mission de rédiger un « contrat local de sécurité » inspiré de celui qui est en vigueur au Parc des Princes. Celui-ci doit permettre de fixer les responsabilités et de définir les rôles de chacun. « J’ai toujours fait preuve d’une certaine compréhension, a ajouté Carlo Molinari, car c’est dans ma nature de faire confiance aux hommes. Les événements récents ont entamé cette confiance. J’ai donc pris la décision d’être beaucoup plus ferme, afin qu’à l’avenir les gens puissent venir au stade et bénéficier du confort et de la sécurité qu’ils méritent. »
    Soutien à Ouaddou et au petit Lucas
    Abdeslam Ouaddou va recevoir prochainement un message rédigé par les joueurs et le staff messins. Carlo Molinari estime qu’il faut « rendre hommage » au défenseur de Valenciennes pour sa conduite positive à l’issue de la partie. Le club souhaite également au petit garçon blessé un prompt rétablissement.

    (Quotidien l’Equipe) : Affaire Ouaddou Batta réagit, Molinari s’en veut

    MARC BATTA, le directeur national de l’arbitrage, a réagi dans l’affaire Ouaddou, après la mise en cause de l’arbitre, M. Ledentu, auquel il est reproché de ne pas avoir arrêté la rencontre Metz-Valenciennes (2-1, le 16 février) à la suite des insultes racistes proférées par un supporter messin à l’encontre du joueur valenciennois.

    « D’un phénomène de société grave, on se retrouve avec un problème d’arbitrage, regrette le patron des arbitres français. C’est trop important pour qu’on en attribue la paternité à l’arbitrage. On l’a dit, l’avertissement au joueur est conforme au règlement. Après, c’est dans la communication qu’on a failli. Le joueur dit qu’il a informé l’arbitre à diverses reprises ; alors que l’arbitre dit ne pas avoir été mis au courant avant la mi-temps. C’est parole contre parole. Une rencontre entre les deux protagonistes devrait mettre fin à une querelle inutile. »

    Quant à la décision d’arrêter une rencontre, « il faut que les officiels aient connaissance des faits et puissent les constater », estime Marc Batta, très clair sur le fond. « Joueurs et arbitres sont solidaires dans la lutte contre le racisme et la DNA apporte un soutien inconditionnel au joueur Ouaddou. Le soutien des politiques au joueur Ouaddou est louable. Mais il serait bien que cette solidarité s’exprime en toutes circonstances. C’est sans doute ce qu’aurait apprécié le jeune arbitre corse, hospitalisé depuis quinze jours après une agression sur le terrain, et que personne n’est allé voir ».

    Une manifestation pour condamner les événements

    Carlo Molinari, le président messin, a assuré qu’il serait plus ferme avec ses tribunes. « Je me suis adressé aux supporters, a-t-il expliqué. Je me sens profondément trahi, dans la mesure où j’ai toujours fait confiance aux hommes. Cette confiance a été largement entamée. À partir de maintenant, j’ai pris la décision d’être beaucoup plus ferme. Je crois avoir été entendu par les représentants des supporters. Metz n’a pas un public de voyous, mais, depuis quelques années, il y a eu des répétitions malvenues. L’image du club et de la ville ne doivent pas être celles là. » Par ailleurs, le préfet de la Moselle a annoncé le renforcement des mesures de sécurité à Saint-Symphorien et la prolongation de l’interdiction de stade de Christophe H. – l’auteur présumé des insultes racistes – de trois mois, après le 18 mars, date de son procès. Le 1er mars, avant le match contre Caen, les supporters devraient organiser une manifestation pour condamner les événements du week-end dernier, alors que les joueurs messins ont adressé un courrier de soutien à Abdes Ouaddou.

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    February 19

    Haro sur le FC Metz....Qui veut noyer son chien, l'accuse de la rage...

    Les phrases et réactions du jour : "

    UNFP / JEAN-JACQUES AMORFINI :
    « Pas une affaire d’état »
    L’UNFP a décidé d’agir en mettant en place une action symbolique contre le racisme le week-end prochain. Jean-Jacques Amorfini, le vice-président du syndicat, veut toutefois limiter la portée de l’affaire.
    Jean-Jacques Amorfini, quelle a été la première réaction de l’UNFP suite à l’affaire Ouaddou ?
    On a fait une réunion en interne pour réagir à ces incidents comme on le fait tout le temps. Ça fait plus de dix ans qu’on fait ça et là, on a jugé bon que toutes les familles du football français s’organisent pour faire une action. Il fallait un symbole quelque part pour que les joueurs rentrent avec des maillots, tout comme les arbitres en Ligue 1 et Ligue 2 contre le racisme et la violence. On l’a déjà fait plusieurs fois. C’est malheureux qu’il y ait ces incidents mais il ne faut pas généraliser le football français.
    Quel rôle joue l’UNFP dans cette affaire ?
    Ca fait deux fois que ça se passe après l’affaire Kébé. On est un syndicat. On a beaucoup de joueurs chez nous d’origine africaine, maghrébine. C’est notre rôle de réagir. On ne condamne personne mais symboliquement, nous devons nous respecter tous ensemble. Je n’ai pas encore le slogan mais c’est surtout contre le racisme.
    Vous vous devez de tirer la sonnette d’alarme…
    Ca fait deux fois cette année et c’est pour ça qu’il faut alerter tout le monde. Ce n’est pas un drame non plus. Ce n’est pas la peine d’en faire une affaire d’état. M. Laporte qui va se déplacer à Valenciennes, la ministre de la justice qui s’en mêle… Le football français aujourd’hui est très médiatisé, ça fait la une des journaux. Ce n’est pas non plus l’affaire du siècle mais il faut toujours faire attention et être vigilant pour que ça ne se reproduise pas
    « Les mêmes problèmes dans d’autres sports »
    Il y a quand même une augmentation de ces actes racistes dans les stades...
    En France, nous avons beaucoup moins de problèmes qu’en Italie voire en Espagne. La France a une culture d’immigration. Sur le terrain, il peut y avoir des invectives mais aujourd’hui, tout le monde se mélange, à l’image de l’équipe de France 1998. Ce sont des cas marginaux mais il faut être attentifs et vigilants. La France a d’autres soucis que de s’occuper du match Metz-Valenciennes, sans faire injure aux deux équipes. Il y a les mêmes problèmes dans d’autres sports. En rugby, il y des problèmes entre les joueurs (Ndlr : Le joueur toulousain Yves Donguy s’est récemment plaint d’injures racistes à son égard) mais je n’ai pas vu M. Laporte, que je respecte beaucoup, s’insurger contre ces problèmes dans le rugby. Aujourd’hui, il va à Valenciennes serrer la main du joueur pour serrer la main du joueur mais il ne faut pas non plus se focaliser sur le football.
    A quelles sanctions peut-on s’attendre ?
    La commission de discipline prendra des sanctions. Elle est libre et indépendante de ses choix, comme on l’a vu avec Bastia. Elle condamnera par rapport aux textes. Parce qu’en France, il y a des textes assez simples où ce genre de comportements est condamné. Le FC Metz est jugé responsable et il sera jugé en fonction des textes. C’est compliqué. Est-ce que le club peut être responsable d’un mec qu’on ne maîtrise pas ?
    Quelles mesures vont être prises dans cette affaire ?
    On a des mesures en France avec les interdictions de stade. Cette personne ne rentrera plus dans un stade avant deux ou trois ans. On ne peut pas condamner quelqu’un à vie. Des mesures sont prévues. La loi a changé grâce à l’initiative de Thiriez, Escalettes et des préfets. Il y a des vidéo-surveillances dans chaque stade, on est quand même à la pointe. Mais il peut y avoir des actes isolés que l’on condamne.
    « Le joueur a eu un comportement remarquable »
    Comment jugez-vous la réaction de l’arbitre ?
    D’après ce que nous savons, le joueur l’aurait vu deux ou trois fois. Aujourd’hui, l’arbitre a le pouvoir d’arrêter un match. Surtout pour ces actes de racisme et lorsqu’il y a un danger pour les joueurs. Chacun a sa version et c’était une personne isolée qui a tort d’avoir proféré des propos raciaux. Il aurait pu arrêter le match cinq ou dix minutes.
    Le problème a d’ailleurs été géré à la mi-temps...
    Le club l’a fait à la mi-temps et a bien réglé le problème. Je pense que le joueur a eu un comportement remarquable. Tout d’abord parce qu’il n’a pas trop parlé et parce qu’il n’a pas souhaité que le match soit arrêté. Nous, ce qui nous choque sur ce genre d’affaires, c’est que ça devienne un événement national. Ce n’est qu’une personne et pas 200. Peut être que c’était un illuminé. On fait une tonne de choses qui n’ont pas lieu d’exister dans le football français. Cette action ce week-end démontre que nous sommes vigilants afin de rappeler aux supporters les valeurs du football et du sport.
    Les arbitres sont-ils préparés à ce genre de situation ?
    La preuve que non. D’autres arbitres n’auraient peut être pas réagi comme lui mais comme ce n’était qu’une personne peut être qu’il n’a pas voulu. Il faut aussi se remettre dans le contexte. L’une des premières affaires sur ces problèmes de racisme c’est lorsque Weah avait quitté le PSG pour aller au Milan AC. Un slogan avec des croix celtes : « Weah on n’a pas besoin de toi ». Il y a un règlement dans le football français qui interdit qu’un match commence dès qu’il y a des insignes nazis ou d’extrême droite. Même Canal+ joue le jeu. Le match ne commence pas tant qu’il y a des slogans de cette nature.
    Est-ce qu’arrêter un match est la bonne solution ?
    Arrêter les matchs figure dans les règlements. On connaît bien Metz et Carlo Molinari. Il s’agit d’un club où il n’y a pas beaucoup de problèmes. Les vrais dangers du football français se situent au niveau des supporters qui manifestent leur mécontentement en fonction des résultats de l’équipe. Si Metz n’est pas relégable, il n’y a pas d’incident. Les supporters mettent une pression sur les clubs. Je comprends qu’ils ne soient pas contents. Dans le football français, dès qu’un club est en difficultés, cela devient compliqué à gérer. Quelle est la solution ? Je ne la connais pas. En Angleterre, ils ont mis les places à 50 euros en favorisant une sélection. Tout le monde dit que ce championnat est un modèle. Sur ce point, je ne pense pas que ce soit un modèle.

    « Il faudra expliquer, un jour, à ces journalistes qui se disent spécialistes et objectifs, que le principal n’est pas d’éructer, de dire n’importe quoi ou des contre-vérités destinés à faire monter les audiences, mais d’apprendre, par exemple, à recouper certaines affirmations, ne pas condamner sans savoir, et, surtout à éviter les amalgames, comme savoir faire un distinguo entre un supporter et un spectateur : cela éviterait pas mal de dérapages et de stigmatisations. Comment comparer une tribune entière d’un club du sud de la France qui fait unanimement entendre des cris de singes sans que quiconque ne soit repéré,ni inquiété, avec l’action imbécile d’un isolé d’ailleurs dénoncé par ses voisins ? »

    « Vous avez remarqué combien certains intervenants médiatiques, qu’ils soient de Montpellier, ou de Paris, sont d’un certain poids dans certains réseaux et cherchent uniquement à déverser sur les autres leur haine et leurs frustrations, à faire payer  leurs problèmes hormonaux ? Il est vrai qu’à table, ceux-là doivent avoir les mêmes attitudes qu’ils ont devant un micro ou une caméra : ils adorent la curée et se bâfrent jusqu’à n’en plus pouvoir et n’hésitent pas à en rajouter et asséner des contre-vérités ! Ces gens-là devraient  s’occuper des Sumos plutôt que de football : au moins, ils ne feraient pas tache dans le paysage !»

    « La bêtise ordinaire est donc passée par Metz, samedi soir, œuvre d'un quidam venu seul au stade afin d'y regarder un très banal match de football. Le quidam a finalement choisi de se défouler sur un homme qu'il croit différent de lui, et qui s'avère en effet et heureusement différent de lui. Elle s'est étendue jusqu'à Paris, très vite. Telle radio (de service public) ouvre son journal matinal en parlant d'insultes proférées par « des supporters racistes », confondant sans doute Saint-Symphorien et Parc des Princes. Telle télévision (de service public) transforme ses plateaux en café du commerce * expression galvaudée, les cafés du commerce sont d'une autre tenue. A ce comptoir-là, un taulier gominé sert de piteux amalgames, du genre : ce n'est pas la première fois, à Metz. Autour de lui, ses clients se défoulent : passons sur l'ancien footballeur qui peine à enfiler les banalités, sur l'ancien entraîneur d'une nageuse célèbre qui ramène tout à Paris. Mais vraiment, cet ancien contempteur des choses du petit écran, qui souffrirait aujourd'hui de ne plus y passer : quelle sortie ! Amalgames, inexactitudes, déformations, désinformation, odieux raccourcis à propos des « gros fachos lorrains » et de leurs amis « les collaborateurs». Monsieur Guy Carlier devrait pourtant le savoir : les beaufs ne vont pas seulement au stade, le samedi soir, déverser des flots de haine crétine sur leurs contemporains. Ils encombrent aussi l'écran, le dimanche midi. »

    « le traitement médiatique peu objectif, injuste et fait d’amalgames qui frappe le FC Metz, s’il le dessert aujourd’hui, risque de lui rapporter, à lui et à d’autres, pas mal de points sur le tapis vert dans l’avenir, notamment lors des rencontres de Marseille, Paris, Nice, Nancy, Strasbourg et autres Saint-Etienne. Il faudra que l’on applique dans les mêmes proportions sur tous les stades de France le traitement que les médias ont appliqué au club lorrain : cela devrait poser quelques problèmes du côté de Paris, Bastia et autres clubs de la côte ».

    (R.L.) : Metz contre vents et marées

    L'encombrante affaire Ouaddou vient parasiter les efforts récents entrepris par le FC Metz pour soigner son image, reconquérir son public et améliorer l'ambiance au stade : un chemin décidément semé d'embûches.

    Et pendant ce temps-là, les travaux continuent... Objet des blâmes les plus cinglants et les plus disproportionnés à cause du comportement abject d'un individu qu'il a eu le malheur de compter parmi son public samedi, le FC Metz essaie de travailler : à son quotidien (reprise de l'entraînement ce matin) ; à son avenir (lancé il y a maintenant treize mois, le projet de développement Grenat 2010 suit son cours). Petite entorse au programme : les joueurs et leur encadrement devront se pencher, aujourd'hui, sur le contenu du message de soutien qu'ils s'apprêtent à transmettre à Abdeslam Ouaddou, le joueur valenciennois visé par les injures racistes du spectateur mis en examen hier (lire ci-contre). Modification de l'ordre du jour : organisée hier soir mais prévue de longue date, la réunion mensuelle de Cœur Grenat a dû aborder un sujet supplémentaire. Tout le monde s'en serait bien passé. Cœur Grenat, c'est le nom de l'association chapeautant les différents clubs de supporters et visant à harmoniser leurs actions, dans le cadre du projet de développement du club, notamment porté par Bernard Serin, vice-président du FC Metz, et par son directeur sportif, Joël Muller. Malgré l'obstacle que constitue l'incident de samedi, le club lorrain ne renonce pas à améliorer l'ambiance au stade, à reconquérir le public, à séduire des partenaires et à restaurer une image passablement écornée depuis dix ans par une politique peu lisible et par la médiocrité de ses résultats sportifs au haut niveau. « Nous devons continuer à labourer, insiste Bernard Serin, d'autant qu'il s'agit d'un plan à long terme ». « Ce n'est pas la manifestation d'un supporter qui peut entraver la marche d'un tel projet, davantage freiné par nos mauvais résultats sur le terrain, relève Joël Muller. Il peut y avoir interférence en raison du traitement médiatique qui a suivi mais, franchement, ceux qui viennent au stade savent que Metz ne possède pas le plus mauvais public de France, comme certains voudraient le faire croire. Vu depuis Paris, peut-être... » L'aréopage messin n'a pas attendu le 16 février 2008 pour agir, et comment d'ailleurs rapprocher l'affaire Ouaddou des débordements qui avaient perturbé le derby de l'Est face à Strasbourg, le 6 octobre 2007 ? A l'époque, les services de sécurité avaient plutôt bien contenu les différents mouvements de supporters, et leur collaboration efficace avec les services de police avait conduit à l'interdiction de stade de huit personnes, avant un autre derby cette fois face à Nancy qui s'était parfaitement déroulé. Quant aux instances, elles avaient assorti d'un sursis la sanction d'un match à huis clos infligée au FC Metz. « Nous sommes les premiers conscients des efforts qu'il nous reste à accomplir, mais il semble difficile de prévoir le comportement de chaque individu au milieu d'une foule aussi importante », ajoute Joël Muller, reprenant l'argument développé la veille par son président. « Je conçois que des gens n'aient plus envie de venir au stade », nous a ainsi glissé Carlo Molinari, très affecté, dimanche matin, et impatient de voir la justice passer.
    « Carlo m'a demandé que, désormais, les personnes qui proféreront des insultes soient aussitôt exclues », affirmait Jacky Ancel, le monsieur sécurité du club, avant-hier. Un regain de fermeté qui pourrait laisser à penser que tous les excès passés n'ont pas été traités dans de justes proportions. Ceux dont a été victime le gardien de but messin Richard Trivino, en début de saison, avaient même été cautionnés. « En tout cas, ajoute Bernard Serin, nous devrons monter d'un cran dans l'intransigeance. » Le préfet de la Moselle Bernard Niquet et le président du FC Metz Carlo Molinari pourront en discuter cet après-midi, au cours d'une réunion qui précédera une conférence de presse commune.

    Le supporter injurieux interdit de stade

    Le supporter messin soupçonné d'avoir proféré, samedi soir, des insultes à l'encontre d'Abdeslam Ouaddou, le capitaine marocain de Valenciennes, a été déféré, hier, au parquet de Metz. Agé de 38 ans, Christophe H. a été mis en examen pour "injures publiques envers un particulier en raison de ses origines raciales". Cet agent de sécurité, qui demeure à Woippy, a ensuite été présenté au juge des libertés et de la détention dans le cadre d'un contrôle judiciaire.
    Une interdiction de stade pour toute manifestation sportive lui a été notifiée. Au début de chaque match de Ligue 1, Christophe H. devra se rendre dans un commissariat de police territorialement compétent pour y signer une feuille d'émargement. Et ce, jusqu'au 18 mars, date de sa comparution devant le tribunal correctionnel de Metz. Rappelons qu'Abdeslam Ouaddou, défenseur international marocain de Valenciennes, a porté plainte à l'issue du match contre ce spectateur qui lui aurait adressé des insultes à caractère raciste pendant la première période du match Metz-Valenciennes. Inconnu des services de police, l'homme avait été interpellé lors de la mi-temps et placé en garde à vue, au commissariat de Metz, jusqu'à hier matin.
    Pour ce délit, le prévenu encourt six mois de prison ainsi qu'une amende de 22 500 €. S'il a reconnu les insultes, le prévenu a toutefois essayé de les minimiser malgré deux témoignages de supporters. Adepte des matchs du FC Metz, l'homme n'est pas un abonné mais avait coutume de s'installer toujours à la même place. Selon certains abonnés, ce supporter est habitué à ce genre d'attitude injurieuse envers les joueurs de couleur. Hier, plusieurs plaintes avaient été déposées : celle de la victime, Abdeslam Ouaddou, mais également du FC Metz, de SOS Racisme sans oublier celles de la Fédération française de football ainsi que la Ligue de football professionnel.
    Aujourd'hui, en préfecture, une réunion est prévue entre le préfet, des responsables du FC Metz, des représentants de la police et des clubs de supporters pour éviter que de tels débordements ne se reproduisent à l'avenir. « C'est la première fois que quelqu'un est arrêté pendant une manifestation sportive pour avoir proféré des injures », commente Emmanuel Dupic, le substitut du procureur de la République devant lequel le prévenu a été déferré. Contacté, Me Arnaud Vauthier, conseil de Christophe H., précise : « Mon client est prêt à répondre de ses actes mais il se sent complètement dépassé par la médiatisation de l'affaire ».

    FC METZ - EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : repos. Aujourd'hui : entraînement à 9 h 30 sur le terrain du bord de l'autoroute. Demain : entraînement à 9 h 30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Metz - Valenciennes (25e journée de Ligue 1) samedi 16 février, 2-1. Prochain match : Lyon - Metz (26e journée) samedi 23 février (20 h). A suivre : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h) ; Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse gauche) et Julien Cardy (douleur au pied) sont à l'arrêt ; Rudy Gestede, Jeff Strasser et Matheus Vivian sont quant à eux en phase de reprise.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. La location pour le match Metz - Caen, samedi 1er mars, a débuté dans les points de vente habituels.

    M. Ledentu « malhonnête »

    Abdeslam Ouaddou a réaffirmé hier soir sur Canal + avoir averti l'arbitre du match de l'incident avant la mi-temps, estimant que Damien Ledentu était « malhonnête » en niant les faits. L'arbitre, dont le choix de poursuivre le match a suscité des interrogations, avait contredit la version de Ouaddou.

    Vers des sanctions plus sévères

    Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte a demandé des sanctions plus sévères allant jusqu'à « un an d'interdiction de stade » pour les supporteurs qui profèrent des insultes racistes, lundi à Sébourg où il a rendu visite à Abdeslam Ouaddou. « Les sanctions sont de trois mois d'interdiction de stade et nous voulons qu'elles passent à un an », a dit Bernard Laporte. « J'ai eu le préfet de Moselle ce matin et il va appliquer la sanction de trois mois car il ne peut pas appliquer plus », a déploré le secrétaire d'Etat.

    (Quotidien l’Equipe) : « C’est malhonnête »

    ABDESLAM OUADDOU assure qu’il a bien averti M. Ledentu des insultes racistes dont il était l’objet samedi à Metz.

    « DAMIEN LEDENTU, l’arbitre de Metz-Valenciennes (2-1), assure que vous ne l’avez pas informé des insultes racistes dont vous étiez la cible en première période, ce qui expliquerait pourquoi il n’a pas arrêté la rencontre. Qu’en pensez-vous ?

    – Je suis encore plus déçu. C’est encore plus malhonnête.

    Hier, Canal + a diffusé une image du match où on vous voit lui parler en pointant le doigt vers la tribune mais sa signification n’est pas très claire. Que se passe-t-il à ce moment-là ?

    – C’est là que je lui ai expliqué qu’il y avait une personne qui, à chaque fois qu’on s’approchait de la tribune, tenait des propos racistes.

    Quand j’ai dit samedi (après le match) que j’avais averti l’arbitre à plusieurs reprises, c’était ça. C’est à ce moment-là que je le lui ai dit, mais plusieurs fois. Il m’a répondu de rester dans mon match. Quand je lui fais ce signe, franchement, vous croyez que je lui montre les panneaux publicitaires ? Il ne peut pas se cacher. José Saez (son coéquipier) lui répète aussi la même chose après. Il y a plein de témoignages (voir ci-contre), ça fait un peu beaucoup, non ? C’est malhonnête de la part de l’arbitre et je le regrette. Les images ne trompent pas.

    « Tourner la page »

    Vous n’avez pas l’air très revendicatif sur les images télé…

    – J’essaie de garder mon calme. Il me dit de rester dans mon match, alors je dis : “ O.K., ça va.” Je ne veux pas me prendre la tête. Avec les arbitres, pendant toute ma carrière, je n’ai jamais eu de mauvais comportement, ce n’est pas dans ma nature. Et puis, là, j’ai aussi peur de prendre un carton. Alors, je garde mon sang-froid mais ça bouillonne à l’intérieur.

    Êtes-vous surpris par l’ampleur prise par cet incident ?

    – Je ne voulais pas que ça en prenne autant. Mais j’espère que ça va servir d’exemple. Malheureusement, ce genre de choses arrive dans beaucoup de stades, alors qu’on doit pouvoir s’y rendre en famille, avec les enfants. Et ça, ce n’est pas un bel exemple pour les enfants. Moi, ce que je voulais en allant dans la tribune à la mi-temps, c’est une explication avec cette personne. Ou même à la fin du match. À la limite, j’aurais pu l’inviter à Valenciennes pour qu’il vienne voir un match, qu’on passe une après-midi ensemble, je ne sais pas… Peut-être qu’il aurait eu une autre idée de moi après. Peut-être que ça n’aurait servi à rien, je ne sais pas.

    Cela ne change pas grand-chose au fond de l’affaire, mais, d’après plusieurs témoins, ce n’était pas vous qui étiez visé par ces insultes mais les joueurs de Metz, dont Babacar Gueye…

    – Non, non. Moi, j’ai bien entendu mon nom. J’ai bien entendu : “Ouaddou, sale…” (Il ne veut pas citer l’injure.)

    Dans quel état d’esprit êtes-vous deux jours après cet incident ?

    – Je veux tourner la page sur cette histoire et me reconcentrer sur mon travail. D’autres que moi, qui seront compétents j’en suis certain, vont s’en occuper. Ce que je veux rappeler aussi, c’est qu’avant France- Maroc (2-2), plusieurs joueurs marocains et moi nous avions appelé à ne pas siffler la Marseillaise. Nous avions fait passer des messages pour que tout se passe bien.

    Après le match, j’avais aussi condamné les sifflets. Parce que je sais bien qu’il y a des gens qui vont dire (Il ne termine pas sa phrase.) Mais, pour moi, ça marche dans les deux sens. »

    PRISON FERME POUR DEUX SUPPORTERS MESSINS.

     – Le match Metz-Valenciennes (2-1) a également été le théâtre d’un violent caillassage d’un car de supporters valenciennois. Un enfant de neuf ans a ainsi été sérieusement blessé à la tête par les projectiles lancés par deux hommes. En comparution immédiate, ils ont été condamnés à neuf mois de prison, dont trois fermes, assortis d’une interdiction de stade de cinq ans par le tribunal correctionnel de Metz. Les deux hommes venaient d’être exclus pour « manquement aux règles du fair-play » par Génération Grenat, le plus important club de supporters messin.

    Un témoignage édifiant

    L’ARBITRE de Metz-Valenciennes (2-1), Damien Ledentu, a expliqué qu’il n’avait pas arrêté la rencontre parce qu’il n’avait pas été informé des injures dont était victime Abdeslam Ouaddou. Mais ce dernier maintient sa version des faits (voir ci-contre). Un récit par ailleurs confirmé par le témoignage d’un supporter messin. Julien, dix-huit ans, abonné à Saint-Symphorien, est celui qui a désigné l’auteur présumé des faits à la sécurité du FC Metz, à la mi-temps du match, alors que celui-ci tentait de s’éclipser. Venu au stade avec sa mère, son frère et sa petite amie, Julien avait eu tout le loisir de l’entendre : il était assis à côté de lui, au neuvième rang de la tribune nord basse.

    « Avant la mi-temps, il a insulté deux fois les joueurs de Metz, quand on perdait le ballon, raconte-t-il. C’était toujours les mêmes insultes racistes... La troisième fois, Babacar Gueye (attaquant de Metz) est devant nous, près de la touche, et il perd le ballon. Là, l’individu a dit “ Sale négro ! ” Abdeslam Ouaddou l’a pris pour lui. Il a interpellé l’individu : “ Pourquoi tu dis ça ? Tu n’as rien à faire dans un stade. ” Ensuite, Ouaddou est allé voir l’arbitre pour le prévenir. J’en suis sûr et il a même voulu lui montrer le supporter du bras. L’arbitre, lui, a fait des gestes, je ne sais pas ce qu’il a dit. Après, Ouaddou n’était plus dans le match, il regardait tout le temps vers la tribune. » Selon ce témoin, l’individu arrêté samedi est un habitué de ce genre d’injures. « Pas tout le temps, mais à certains matches. Quand Ouaddou est monté dans la tribune, il a fait comme si de rien n’était, il est resté assis, il a fait semblant de ne pas voir. »

    Placé en garde à vue samedi, Christophe H., un agent de sécurité de trente-huit ans domicilié à Woippy, près de Metz, a été déféré au parquet hier matin. Il a été placé sous contrôle judiciaire et interdit de stade. Il comparaîtra le 18 mars devant le tribunal de grande instance de Metz. Il encourt une peine maximale de six mois de prison et une amende de 22 500 euros pour injures publiques à caractère racial, des faits qu’il a reconnus au cours de l’enquête, selon ce qu’ont indiqué la police et le substitut du procureur. Lors d’une conférence de presse, hier après-midi, ces derniers ont dressé le portrait d’un homme qui « n’a pas un profil d’extrême droite », inconnu des services de police et qui n’était pas sous l’emprise de l’alcool, mais « qui ne fait preuve d’aucune tolérance ». « Il est terriblement démuni, il a honte », assure de son côté Me Arnaud Vauthier, son avocat.

    Après Ouaddou et le FC Metz, la LFP et la FFF ont aussi porté plainte hier avec constitution de partie civile.

     LES CLUBS PROS INDIGNÉS.

    L’Union des clubs pros (UCPF), qui n’a pas oublié qu’elle a signé, le 12 mai 2005, une charte contre le racisme avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), a rédigé un communiqué hier pour dire qu’elle « s’indigne des insultes racistes prononcées à l’égard d’Abdeslam Ouaddou ». Trois jours après le match en question, l’UCPF « salue la réactivité et l’efficacité des dirigeants du FC Metz ».

    (Les cahiers du football) : "PSEUDO SUPPORTER" ET PSEUDO DÉBATS

    Les réactions à l'agression verbale dont a été victime Abdeslam Ouaddou démontrent une nouvelle fois que l'indignation convenue et la bonne conscience ne servent pas à grand chose contre le racisme.

    Si elle n'était liée à des phénomènes aussi tristes, l'expression pourrait avoir les honneurs de notre rubrique "Les Mots du foot", tant elle a de succès chez les journalistes sportifs qui l'emploient systématiquement en pareille circonstance: ce ne sont que de "pseudo supporters" (variante: "soi-disant supporters") qui se rendent coupables de violences ou d'expressions racistes. On ne va évidemment pas éprouver la moindre sympathie pour ceux qui sont ainsi étiquetés, mais il est quand même permis d'interroger une façon de parler qui recèle son lot d'hypocrisie.
    L'humanité, dimanche
    L'incident dont a été victime (et partiellement acteur) Abdeslam Ouaddou (
    1) a donc automatiquement suscité l'emploi de l'expression sur toutes les ondes, en même temps que le "débat" sur le racisme dans les tribunes. Revenons d'abord à ce vocable de "pseudo supporter". Ce qui frappe, à la réflexion, c'est cette façon de considérer implicitement qu'un "vrai supporter" ne saurait être raciste. Première nouvelle... Il serait pourtant beaucoup plus honnête de reconnaître que, partout et de tout temps, des fractions de supporters (authentifiés par leur fréquentation du stade, leur attachement à leur club ou leurs accessoires homologués) profitent de l'anonymat relatif des tribunes pour laisser suinter leur lamentable conception de l'humanité.
    Sans accepter cet état de fait, il serait plus constructif d'en prendre la juste mesure au lieu de criailler parce que, cette fois, un imbécile s'est fait attraper par la patrouille – sans oublier de noter que si Ouaddou n'avait pas gravi les gradins, l'incident serait resté inaperçu. Indéniablement, la bêtise est consubstantielle du football, comme elle l'est de l'humanité. Cela ne l'excuse en rien, mais personne ne semble percevoir la contradiction qu'il y a à prononcer l'excommunication du coupable (qu'il s'agit d'exclure du stade, mais aussi du genre humain), alors que cette attitude procède de la même logique que la pensée raciste... et surtout qu'elle procure un bien trop grand confort moral.

     "Racisme imbécile"
    L'emphase que suscitent ces incidents met en effet en relief l'hypocrisie de ceux qui, tout à coup, se lancent dans des diatribes terriblement convenues (souvent, après avoir été d'une immense indifférence à l'égard d'incidents moins médiatisés). On ne dira pas qu'il est de ceux-là, mais Guy Carlier, dans sa chronique de France 2 Foot, y va de son évocation d'un "officier SS" et d'un "esclavagiste faisant avancer à coups de fouet un homme enlevé à sa tribu"... Comme s'il fallait constituer une figure du mal tellement hideuse qu'elle ne saurait être aussi banale que celle d'un voisin de travée. Cette façon de vouloir redoubler l'horreur lui fait se prendre les pieds dans le malencontreux pléonasme "racisme imbécile", qui suggère qu'il y aurait un racisme intelligent.
    Le chroniqueur pointe aussi la passivité des spectateurs entourant le contrevenant. Il a raison, du moins dans la mesure où, même "bouleversé", il ne qualifie pas de "collabos" les autres spectateurs et n'accuse pas, sur la foi d'images ambiguës, une "gamine qui doit avoir une dizaine d'années" que l'on voit furtivement s'adresser à Ouaddou (
    2). Il y va aussi de la crédibilité de la dénonciation.
    L'arbitre encore coupable
    Il semble toutefois que le haro (justifié) sur ce coupable ne suffisait pas, puisque l'arbitre a lui aussi fait les frais de réprimandes des uns et des autres, pour avoir mis un carton au joueur, et pour n'avoir pas interrompu le match. Pour ce qui est du premier reproche, on peut effectivement regretter la sanction dans de telles circonstances (
    3), à condition de remarquer que si l'autorité arbitrale donne l'impression qu'elle autorise les joueurs à aller se faire justice eux-mêmes dans les gradins, il va falloir tourner les stadiers dans l'autre sens et en affecter plusieurs à la surveillance de Frédéric Piquionne.
    Quant à la non-interruption du match, s'il y a lieu de la regretter, la reprocher à M. Ledentu est risible. Les arbitres, qui subissent actuellement une pression décuplée quant à la gestion de ce qui se passe sur la pelouse, devraient aussi être les garants de l'ordre en tribune et constituer un bouclier contre le racisme... Hypocrite, le règlement qui leur confie cette responsabilité l'est diantrement, lui aussi. Que la Ligue ou les autorités prenne leurs propres responsabilités au lieu de laisser tirer une nouvelle foi sur le maillon faible.
    Faits-divers
    Ainsi, à l'examen, l'indignation a pour effet paradoxal de circonscrire le problème et de le minimiser, en réduisant son auteur à un stéréotype et son expression à une exception (
    4). Guy Carlier, encore, raconte qu'il a assisté à Auxerre-Toulouse et affirme: "Il n'y avait pas de con à Auxerre pour insulter Mansaré, Sissoko et Traoré..." Or, à moins d'être omniscient ou d'avoir passé la nuit à dépouiller les enregistrements des Renseignements généraux, c'est une affirmation impossible à prouver.
    La seule formulation possible est: "Aucun incident du même genre n'a été remarqué à l'Abbé-Deschamps". Et, loin de cette fâcheuse tendance consistant à laisser les faits-divers dicter l'actualité et orienter la représentation de la réalité, la seule façon utile de poser le problème serait: "Que faisons-nous, au quotidien, pour lutter contre les formes les plus banalisées du racisme?" Personne ne s'est soucié d'y répondre au lendemain de cette agression verbale. Dont on se réjouira, évidemment, qu'elle fasse l'objet de poursuites judiciaires. En contribuant plus à une vraie prise de conscience qu'à l'expression des bonnes consciences.

    (Hebdomadaire France Football) : Ouaddou insulté, c’est tout le football qui est Sali !

    C'était un soir à fêter la première victoire à domicile du FC Metz (2-1, contre Valenciennes). Finalement, la bêtise d'un spectateur, qui a insulté à plusieurs reprises le capitaine et défenseur marocain du club nordiste, Abdeslam Ouaddou, a donné une tout ! Autre tournure à la soirée. Cet acte raciste a suscité un véritable tollé.« II n'y a qu'une seule réponse, c'est une extrême fermeté dans la répression », estime le président de la Ligue, Frédéric Thiriez. Pour l'UNFP, il s'agit d'un « acte odieux ». Quant au ministère des Sports, il souligne que « les insultes racistes sont indignes des valeurs de tolérance prônées par notre pays». Le joueur a porté plainte contre son agresseur. Le FC Metz l'a imité et la Ligue devait en faire autant. Que s'est-il passé sur, le terrain ? A plusieurs reprises, pendant la première mi-temps, un spectateur de 38 ans, agent de sécurité dans le civil, profère des insultes racistes envers Ouaddou. Lorsque l'arbitre, Damien Ledentu, siffle la fin de la première période, le défenseur se dirige vers la tribune d'où émanaient ces propos. Freiné par des supporters, puis raisonné et reconduit sur la pelouse par des stadiers et des officiels, le joueur est rentré au vestiaire. Non sans que l'arbitre lui adresse un carton jaune « pour comportement antisportif», comme l'y autorise le règlement.

    Ouaddou a-t-il alerté l'arbitre avant la pause?

    Devant les caméras, Ouaddou l'a affirmé: à plusieurs reprises, il aurait fait part des injures à M. Ledentu. Mais dans son vestiaire, après la rencontre, l'arbitre aurait juré à Maurice Viala, le délégué principal, n'avoir pas mission de discipline, Jacques Riolacci. L’affaire pourrait être étudiée jeudi par cette instance.

    Deux versions s'opposent donc. M. Ledentu a refusé de s'exprimer ce week-end. Mais l'un de ses assistants, Didier Grenier, nous a confirmé l'absence de protestation de la part du capitaine valenciennois jusqu'à son retour aux vestiaires. « Le joueur ne s'est adressé à Damien qu'une seule fois, à la 31° minute, sur un fait de jeu. A aucun moment il ne s'est plaint d'injures racistes. Je peux l'affirmer car nous sommes reliés par des micros. » M. Ledentu a revu le DVD du match et a été conforté dans ses certitudes. L attaquant messin Wilmer Aguirre abonde dans ce sens: « Le seul moment où j'ai vu Ouaddou discuter avec l'arbitre, c'est lorsque j'ai revu des images de la mi-temps à la télé.» Sollicités pour donner leur version, plusieurs joueurs Valenciennois ont préféré couper court à la conversation.

    Que dit le règlement? Un arbitre a les moyens d'agir en cas d'insultes racistes. « Je ne sais pas si le joueur s'est plaint, affirme Pascal Garibian, présent dans les tribunes en qualité de contrôleur. Mais s'il l'a fait, les consignes de la Direction nationale de l'arbitrage sont claires. L’arbitre peut lancer des appels au public via les haut-parleurs ou les membres du service de sécurité. Si les insultes ne cessent pas, il peut procéder à une interruption provisoire. Si la situation ne s'améliore pas, il peut décider l'arrêt définitif. » Aux Pays-Bas, le 16 octobre 2004, M. Temmink avait sifflé la fin du match entre ADO La Haye et le PSV à la 80e• Motif? L’attitude injurieuse et raciste de plusieurs supporters de La Haye. « Lorsqu'il y a des insultes racistes, les arbitres peuvent arrêter le match et faire expulser les fauteurs de troubles», rappelle Francis Decourrière, président de Valenciennes, qui était suspendu - et donc absent de Metz - pour s'en être pris au corps arbitral!

    Que risque le FC Metz? Cet acte isolé pourrait coûter cher au club lorrain. « On est sous le coup d'un sursis, rappelle le président, Carlo Molinari, mais les affaires sont différentes. En octobre, c'est tout un groupe qui avait eu un comportement violent (lors de Metz-Strasbourg, 10ème journée) là, c'est l'expression isolée d'un crétin. Si on était condamné à un match à huis clos, le manque à gagner que subirait le club, on irait le chercher dans la poche du fautif. La justice nous y aidera. » Des procédures disciplinaires et judiciaires ont été engagées (l'auteur des insultes était toujours en garde à vue dimanche soir). En septembre 2007, Boubacar Kébé avait été exclu du match de L2 entre Bastia et Libourne (4-2) après avoir adressé un bras d’honneur à des supporters corses qui l'insultaient. La commission de discipline de la LFP avait retiré un point à Bastia, sanction confirmée en appel. Metz ne profitera peut-être pas longtemps de ses trois premiers points glanés à domicile ...

     

    LaporteMetzcontreventsetmaréesOuaddouFF19022008

    February 18

    Comment expliquer aux médias qu'un spectateur n'est pas obligatoirement un supporter ?

    R.L. : (CFA) Le temps des regrets

    Le football est terriblement injuste comme l'ont constaté hier après-midi les réservistes du FC Metz qui se sont inclinés en fin de match à Strasbourg (2-1). Ils ont en effet mené à la marque sur un terrain difficile jusqu'à la 80e.
    Après un début prometteur des Strasbourgeois, les Messins jetaient un froid en exploitant victorieusement leur première occasion de but. Ou, très bien inspiré, lançait en profondeur Françoise. Engagé en pleine surface, ce dernier glissait le ballon entre les pieds du gardien strasbourgeois (18e).
    Françoise, d'une frappe parfaitement cadrée, manquait de doubler la mise. Mais cette fois-ci le gardien alsacien était plus vigilant et réussissait à claquer la balle en corner. À force de tenter timidement sa chance, sans réussite, Strasbourg commençait à douter.
    Mais c'est surtout le jeu long des Messins qui exploitaient les espaces dans les rangs alsaciens qui posait des problèmes au Racing. C'est alors que survenait cette fameuse 83e et ce centre tir de Tritz dévié par Ledy dans la cage messine. L'égalisation (1-1) tardive et inespérée semblait d'abord satisfaire les Strasbourgeois. Mais quatre minutes plus tard, Bah lançait Zenke dans la surface messine où il se faisait accrocher à retardement par Mayebi. L'arbitre ordonnait un penalty très dur qui permettait à Strasbourg d'arracher une victoire plutôt heureuse.

    Arbitre : M. Crampon. Mi-temps : 0-1. Buts pour Strasbourg : Ledy (83e), Moog (87e sp) ; pour Metz : Françoise (18e). Avertissements à Strasbourg : Zenke (21e) ; à Metz : Belson (61e).
    STRASBOURG. Gurtner, Tritz, Weber, Abadie, Moog, Zerbini, Ekwe (puis Damour, 75e), Bah, Olivier, Ledy, Zenke.
    METZ. Mayebi, Leoni, Anastassowa (puis Fernandes, 23e), Belson, Bong, Ou (puis Anton, 74e), Betsch, Pouye (puis Andres, 91e), Djiba, Françoise, Baldé.

    Metz, nuisances de saison

    Ce n'est décidément pas l'année du FC Metz : l'affaire Ouaddou ajoute à ses tourments, en dépit de la première victoire remportée à Saint-Symphorien. Retour sur l'incident, son dénouement et ses conséquences avec, en toile de fond, le rôle équivoque de l'arbitre.

    Que s'est-il passé samedi soir à Saint-Symphorien ? Pour la quasi totalité des spectateurs et pour les téléspectateurs de la rencontre Metz - Valenciennes, tout commence lorsque Damien Ledentu siffle la fin de la première mi-temps du match : Abdeslam Ouaddou, le capitaine valenciennois, se précipite alors vers la tribune Nord dont il franchit le muret avant d'être contenu par des stadiers. Dans le couloir menant aux vestiaires, après avoir reçu un carton jaune, Ouaddou exprime sa colère d'être sanctionné alors qu'il dit avoir été insulté. Des caméras saisissent la scène. Plus d'une heure après le match, le joueur confirmera devant la presse qu'il a effectivement été l'objet d'injures racistes de la part d'un spectateur, et qu'il vient de porter plainte.
    Comment le problème a-t-il été réglé ? Il a donc fallu qu'Abdeslam Ouaddou perde son sang-froid, selon ses propres termes, pour que l'auteur présumé des insultes soit inquiété. Le service de sécurité du FC Metz a alors rapidement neutralisé l'individu et l'a remis aux forces de l'ordre. Dans la soirée, les enquêteurs ont recueilli deux témoignages confirmant les propos du joueur valenciennois. L'homme de trente-huit ans a aussitôt été placé en garde à vue à l'hôtel de police de Metz, où il se trouvait toujours hier soir. Contrairement à une information erronée mais véhiculée depuis samedi soir par plusieurs médias nationaux, l'homme appréhendé n'a pas d'antécédent judiciaire et n'était pas connu des services de police. Une fois libéré, il devrait être placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de stade à titre conservatoire. Poursuivi pour « injures à caractère raciste », il risque six mois d'emprisonnement et 22500 euros d'amende.
    Pourquoi l'arbitre a-t-il sanctionné Abdeslam Ouaddou ? Pour « comportement antisportif », a laconiquement répondu Damien Ledentu en quittant le stade Saint-Symphorien. Une stricte application du règlement qui fait débat, puisqu'elle reste à l'appréciation de l'arbitre. L'attitude de Damien Ledentu suscite surtout l'équivoque dans la mesure où Ouaddou assure l'avoir alerté du comportement du spectateur « à plusieurs reprises », ce que confirment différents joueurs des deux équipes. Or, une intervention de l'arbitre aurait pu écourter l'incident, comme l'a rappelé Frédéric Thiriez dès hier matin : « L'arbitre aurait-il pu, ou plutôt aurait-il dû, soit interrompre le match momentanément pour régler le problème, soit grâce au micro-oreillette alerter le quatrième arbitre pour qu'il fasse cesser le trouble dans les tribunes ? », s'est notamment interrogé le président de la Ligue de football professionnel. Hier après-midi, un communiqué du ministère de la jeunesse et des sports allait dans ce sens : « Des mesures immédiates peuvent et doivent être prises par les responsables de rencontres sportives dès les premiers signes de violences. »
    La responsabilité du FC Metz est-elle engagée ? En tant qu'organisateur de la rencontre, le FC Metz est responsable de ce qui se passe dans l'enceinte du stade. « Dans ce cas précis, souligne cependant le président Carlo Molinari, nous sommes devant l'acte isolé d'un individu qui a acheté son billet pour entrer au stade, il nous était donc quasiment impossible d'anticiper. » En revanche, une fois alerté, le service de sécurité placé sous la coupe de Jacky Ancel a agi avec diligence et rapidité, isolant l'individu et le remettant aux forces de l'ordre. « Nous avons fait ce qu'il fallait », estime encore Carlo Molinari.
    Le FC Metz risque-t-il une sanction ? Une peine avec sursis d'un match à huis clos menace le club lorrain depuis les débordements ayant perturbé le derby de l'Est face à Strasbourg, le 6 octobre dernier. « Nous nous en remettons au discernement et à l'expérience des membres de la commission de discipline de la Ligue, qui s'apercevront que notre responsabilité n'est pas engagée », précise Carlo Molinari. Quant au retrait de points, devenu possible en pareil cas depuis la saison dernière, il a été appliqué en septembre dernier à l'encontre du club de Bastia (Ligue 2) : un joueur de Libourne-Saint-Seurin, Boubacar Kébé, avait adressé un bras d'honneur à des supporters corses en réaction à des insultes racistes, et il avait d'ailleurs été exclu du terrain. « Là aussi, c'est différent, plaide Carlo Molinari : à Bastia, il s'agissait des agissements d'un groupe de supporters identifiés ; ici, nous sommes devant l'attitude d'un spectateur isolé. »
    Pourquoi un tel tourbillon médiatique ? Difficile à comprendre, vu de province : l'incident survenu à Metz est totalement exceptionnel, comparé par exemple aux habituels cris de singe qui descendent du kop de Boulogne, occupé par des supporters parisiens extrémistes. Il est sans doute plus facile de stigmatiser les tourments d'un club qui n'intéresse plus personne pour ses résultats sportifs, comme en témoigne le traitement de sa première victoire de la saison à domicile par la presse spécialisée. Enfin, il est permis d'imaginer que l'événement lamentable de samedi soir n'aurait pas fait l'ouverture des journaux matinaux, hier, à la radio, si Nicolas Sarkozy et Carla Bruni s'étaient mariés samedi.

     Les beaufs

    Si la connerie se mesurait, les tribunes de Saint-Symphorien serviraient de mètre étalon. Le bon maître nous le pardonne, mais parodier Michel Audiard et Le Cave se rebiffe s'impose hélas naturellement, en ces moments plus tragiques que comiques : à propos de ce qui s'est passé à Metz samedi et de tout ce qui en a été dit ­ tout et essentiellement n'importe quoi ­ le cinéaste gouailleur aurait effectivement trouvé de quoi satisfaire son inspiration.
    De long en large et de bas en haut, c'est vrai, le stade Saint-Symphorien les accumule, depuis maintenant plus de six mois, avec une constance qui confine à l'endémie. Trois ou quatre imbéciles ont montré l'exemple, dès l'été, en s'en prenant au gardien de but de leur propre équipe : les imbéciles ont triomphé, obtenant la tête de Richard Trivino. Des dizaines d'excités ont pris le relais, au cœur de l'automne, les uns dans le but d'en découdre avec leurs homologues strasbourgeois, les autres pour s'en aller dire à Carlo Molinari, propriétaire de l'entreprise FC Metz, leur souhait de le voir passer la main, le tout dans d'effrayants mouvements de foule.
    Finalement, l'opération tribune vide organisée le 1er décembre par les membres d'un des trois groupes officiels de supporters ­ Génération Grenat ­ reste l'initiative la plus pertinente de l'année. Bien présents samedi soir pour la venue de Valenciennes, les mêmes supporters ont trouvé le moyen de passer l'essentiel de leur deuxième partie de soirée à conspuer Abdeslam Ouaddou qui, à leurs yeux, présente une tare plus rédhibitoire que ses origines : dans sa prime jeunesse, il est passé par Nancy. Ils prétendront que l'attitude d'un joueur pourtant réputé pour sa droiture et son calme mais qui sort de ses gonds ne pouvait pas se comprendre ; ils diront qu'ils ne savaient pas. Eh bien, quand on ne sait pas, etc.
    La bêtise ordinaire est donc passée par Metz, samedi soir, œuvre d'un quidam venu seul au stade afin d'y regarder un très banal match de football. Le quidam a finalement choisi de se défouler sur un homme qu'il croit différent de lui, et qui s'avère en effet et heureusement différent de lui. Elle s'est étendue jusqu'à Paris, très vite. Telle radio (de service public) ouvre son journal matinal en parlant d'insultes proférées par « des supporters racistes », confondant sans doute Saint-Symphorien et Parc des Princes. Telle télévision (de service public) transforme ses plateaux en café du commerce ­ expression galvaudée, les cafés du commerce sont d'une autre tenue. A ce comptoir-là, un taulier gominé sert de piteuses amalgames, du genre : ce n'est pas la première fois, à Metz. Autour de lui, ses clients se défoulent : passons sur l'ancien footballeur qui peine à enfiler les banalités, sur l'ancien entraîneur d'une nageuse célèbre qui ramène tout à Paris. Mais vraiment, cet ancien contempteur des choses du petit écran, qui souffrirait aujourd'hui de ne plus y passer : quelle sortie ! Amalgames, inexactitudes, déformations, désinformation, odieux raccourcis à propos des « gros fachos lorrains » et de leurs amis « les collaborateurs» . Monsieur Guy Carlier devrait pourtant le savoir : les beaufs ne vont pas seulement au stade, le samedi soir, déverser des flots de haine crétine sur leurs contemporains. Ils encombrent aussi l'écran, le dimanche midi.

     Une équipe, deux visages

    Metz a retrouvé un collectif, mais ses sautes d'humeur rappellent la fragilité des progrès enfin concrétisés, samedi, par un succès à domicile.

    Au fait, il y a eu un match de football, samedi soir, à Saint-Symphorien, et il a même été remporté par le FC Metz, c'est dire le côté exceptionnel de la soirée. Bien sûr, l'événement ne saute pas aux yeux, comme si en plus de tenir des propos inqualifiables à l'encontre d'un joueur de l'équipe adverse, l'imbécile du bas de la tribune nord avait aussi trouvé le moyen de priver l'équipe qu'il est censé soutenir (on se demande bien comment, vu ses idées nauséabondes) du bonheur après lequel elle courait désespérément depuis si longtemps. De quoi insupporter Yvon Pouliquen ? « Non, répond l'entraîneur messin. Ce qui me gonfle, ce n'est pas qu'une victoire passe au second plan, mais c'est la manifestation du racisme, ou que ce soit, et notamment dans un stade où d'autres valeurs doivent être véhiculées. » Yvon Pouliquen dit ne pas redouter qu'une sanction disciplinaire prive Metz du douzième point qu'il a eu tant de mal à glaner : « J'espère surtout que les suites des incidents de samedi concerneront l'individu en question, et seulement lui. » Point, à la ligne. Samedi, Metz a donc mis fin à quinze journées d'insuccès sur le front de la Ligue 1, et à dix mois sans la moindre victoire à Saint-Symphorien. Fin d'un syndrome ? « J'espère que ce succès aidera les joueurs à franchir un cap, à passer à autre chose, à se lâcher davantage », affirme Yvon Pouliquen. Face à Valenciennes, les Messins ont sans doute livré leur pire entame de match depuis l'arrivée de l'entraîneur breton, bien moins bonne par exemple qu'à Paris et Bordeaux où les défaites ont eu tendance à faire oublier que les premières occasions de but, à chaque fois, ont été en leur faveur. « Je conçois que ce ne soit pas facile ici pour eux, ajoute Yvon Pouliquen. Peut-être le contexte leur paraît-il plus lourd à Metz qu'ailleurs, alors que le public ne leur réserve pourtant pas un accueil hostile. Au contraire, il attend de son équipe qu'elle se lâche, qu'elle s'engage, qu'elle manifeste un état d'esprit conquérant. Nous serons sans doute encore battus par plus forts que nous mais, si c'est en ayant tout donné, ce sera accepté. » Alors qu'un collectif vient de renaître, depuis que les contours de l'effectif sont mieux délimités et les rôles plus clairement répartis, Metz continue à montrer deux visages, comme l'a rappelé sa prestation, samedi, où il lui a fallu être encore mené au score pour se faire violence : « Nous avons cette capacité à réagir, constate Yvon Pouliquen, j'aimerais que l'on possède celle d'agir. J'ai été dur avec les joueurs à la pause ; la prochaine fois, je le serai avant le coup d'envoi. Je ne sais pas jusqu'où ils vont me pousser, mais j'irai ! » Après avoir inversé la tendance et pris les commandes d'un match pour la première fois cette saison à Saint-Symphorien, Metz a aussi semblé emprunté : « J'ai aussi senti une équipe évoluant avec le frein à main, ajoute son entraîneur. Certaines possibilités d'attaque n'ont pas été exploitées. La peur de gagner, sans doute. C'est compréhensible de la part d'une équipe qui n'en avait plus l'habitude. La confiance, elle n'arrive qu'avec les résultats. » Dernier de Ligue 1, le FC Metz vient de prendre cinq points en cinq rencontres. Il n'en avait gagné que sept au cours des dix-neuf premières journées. Dans son cas, il s'agit d'une nette accélération.

    Babacar Gueye : « Une belle surprise »

    Titularisé pour la première fois de la saison à Saint-Symphorien, Babacar Gueye a signé l'égalisation messine. Sixième but pour l'international sénégalais.

    Il faut lui laisser un peu de temps pour retrouver le rythme. Même s'il n'a pas beaucoup joué, la Coupe d'Afrique des Nations lui a pris beaucoup d'énergie. Mais oui, nous allons nous en servir... » Milieu de semaine à Saint-Symphorien. Yvon Pouliquen vient tout juste d'achever sa séance lorsqu'on lui demande quelques nouvelles de Babacar Gueye. Trois bouffées de blonde plus loin, l'entraîneur messin lâche son message : « A lui, simplement, de nous montrer qu'il le mérite. »Samedi soir à Saint-Symphorien. Babacar Gueye est l'un des derniers joueurs à franchir le seuil de la salle de presse. Le sourire au coin des lèvres. « Je suis content, oui. » Et pour cause, le FC Metz vient de remporter sa première victoire à domicile de la saison. Un événement auquel l'international a apporté une contribution directe, signant l'égalisation à la cinquantième minute. « Je suis d'autant plus heureux que je ne m'attendais pas à débuter le match. Je l'ai appris juste après la collation. Le coach m'a fait une belle surprise. » Six mois qu'il courait après sa première titularisation à domicile, Bab's... L'attente, entretenue par Francis De Taddeo jusqu'à son départ, fin décembre, avait poussé le joueur dans des retranchements mélancoliques. Il ne s'en était d'ailleurs pas caché à l'époque : dans sa tête, les valises pour des ailleurs plus ensoleillés étaient prêtes. Seulement voilà. Yvon Pouliquen est passé par là, rattrapant au vol le meilleur buteur messin de l'exercice écoulé (seize réalisations). Titularisé à Vesoul, le 5 janvier, pour le premier rendez-vous officiel du nouvel entraîneur messin, Babacar signe trois des six buts messins. L'aperçu est séduisant, mais la nature de l'adversaire (CFA), demande confirmation. Une partie de celle-ci est sans doute arrivée ce week-end dans l'esprit de l'entraîneur messin. Aujourd'hui, et en dépit d'un temps de jeu relativement limité ­ 730 minutes en quatorze matches, dont six en qualité de titulaire ­ Babacar Gueye est aujourd'hui le meilleur buteur de la maison grenat. Six buts au compteur. « C'est plutôt pas mal, non ? »
    Le Sénégalais savoure. Au-delà de cette deuxième victoire de la saison, qui s'avérera bientôt anecdotique, il souligne le « dynamisme de son équipe depuis quelques semaines. On joue, c'est surtout ça qui fait du bien à voir. » Samedi, il a pourtant fallu attendre le retour des vestiaires pour que la machine se mette en marche. Là encore, Yvon Pouliquen était passé par là. « Il a poussé un gros coup de gueule. C'est la première fois que je le voyais comme ça... On était obligé de réagir. »
    « Maintenant, et jusqu'à la fin, il faut surtout s'efforcer de prendre du plaisir. On doit réussir à avancer sans pression. A Lyon ? Nous irons prendre tout ce que nous pourrons. Nous n'avons même pas 1 % de chance de gagner, ça ne sert à rien de s'inquiéter sur ce genre de match. Il faudra le jouer libéré. »

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : décrassage pour les joueurs de Metz - Valenciennes ; match de CFA à Strasbourg pour Mayebi. Aujourd'hui : repos. Demain : reprise de l'entraînement à 9 h 30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Metz - Valenciennes (25e journée de Ligue 1) samedi 16 février, 2-1. Prochain match : Lyon - Metz (26e journée) samedi 23 février (20 h). A suivre : Metz - Caen (27e journée) samedi 1er mars (20 h) ; Strasbourg - Metz (28e journée) samedi 8 mars (20 h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong soigne une déchirure à la cuisse gauche contractée lors du match de Coupe de France à Strasbourg, le 1er février. Toujours en délicatesse avec son pied opéré en juillet, Julien Cardy est également à l'arrêt. Rudy Gestede, Jeff Strasser et Matheus Vivian sont quant à eux en phase de reprise.
    Suspendu. Aucun.
    Le chiffre du jour. En battant Valenciennes, Metz a enfin passé la barre des dix points, portant son total à douze. En ayant remporté sa première victoire à domicile à sa douzième tentative, le club lorrain est d'ores et déjà assuré de ne pas faire pire que Nîmes, qui avait aligné 14 matches sans victoire à domicile du 7 novembre 1992 au 2 juin 1993. Mais il lui reste à hausser son taux de performance pour ne pas égaler le record nîmois, cette saison-là : chez lui, Nîmes avait alors empoché douze points (1 victoires, 9 nuls, 9 défaites) ; Metz à ce jour a pris cinq points à Saint-Symphorien (1 victoire, 3 nuls, 8 défaites).

    Decourrière et la prévention

    Francis Decourrière regrette hier que l'arbitre n'ait pas interrompu la rencontre de samedi : « Ce que l'on regrette, c'est que les arbitres ont aujourd'hui tous les moyens d'éviter ça. Lorsqu'il y a des insultes racistes, ils peuvent arrêter le match, ou sinon l'interrompre. Cela s'est passé à un match du PSV Eindhoven (à La Haye, aux Pays-Bas, en 2004). On a les moyens de prévenir, estime le président du club valenciennois. Ce qu'il faut, c'est faire de la prévention. Au mois de janvier, lors du match contre Saint-Etienne, on a fait avec le Mrap une grande manifestation contre le racisme et l'antisémitisme. Il faudrait généraliser cela. Il faut éradiquer ces mouvements, plus par la prévention que par la répression. Il faut identifier les responsables, les interdire de stade, mais il faut surtout faire de la prévention. » Evoquant Abdeslam Ouaddou, le dirigeant nordiste a expliqué qu'il avait été « très déstabilisé » et qu'il avait « malheureusement perdu ses moyens ». « J'espère que l'avertissement lui sera enlevé », termine Francis Decourrière.

    Solidarité messine

    Parmi tous les messages de soutien qu'Abdeslam Ouaddou recevra dans les prochains jours, figurera un courrier des joueurs et de l'encadrement du FC Metz. « Nous ne pouvons pas rester inactifs et cautionner une telle manifestation de bêtise », explique Michel Ettorre. Mais l'adjoint d'Yvon Pouliquen n'en reste pas là : fidèle à son leitmotiv, il répète que, « Metz, ce n'est pas ça » et déplore « la mauvaise publicité » faite à son club. Il a raison : l'incident de samedi, déplorable, est également exceptionnel et s'il ne reste plus qu'un Messin raciste sur 10 000 (le nombre de spectateurs officiellement recensés samedi), alors c'est que l'humanité a accompli de récents progrès. En attendant, il va falloir prouver que « Metz, ce n'est pas ça » : décidément très attaché à la cause, Michel Ettorre prévoit une concertation avec les clubs de supporters en vue d'une opération menée lors du prochain match à domicile, le 1er mars, face à Caen.

    (Quotidien l’Equipe) : Exemplaire et affligeant

    Nul doute que la façon dont Abdeslam Ouaddou a demandé des explications à un spectateur ayant proféré des insultes racistes à son encontre samedi soir, durant le déroulement de la première moitié de la rencontre Metz-Valenciennes, aura servi à quelque chose. Remis entre les mains des policiers par les responsables de la sécurité du club messin quelques instants seulement après que le capitaine valenciennois fut à la mi temps monté dans la tribune aux fins de le rencontrer, cet individu était toujours en garde à vue hier soir, et l’on saura dans la journée s’il est déféré au parquet afin d’y être présenté au procureur. Sans préjuger des suites que la justice entendra donc donner à cette affaire, la célérité avec laquelle l’autorité républicaine l’a traitée a été au moins exemplaire de ce qui devrait aujourd’hui automatiquement se passer dans les stades lorsqu’on est confronté aux comportements racistes et/ou antisémites, quels qu’en soient les victimes et les auteurs. Il est moins sûr, en revanche, que la manière dont les officiels du football ont réagi face à cet acte intolérable soit digne d’éloges. Il est déjà difficilement supportable que, par manque de discernement, l’arbitre, Damien Ledentu, ait appliqué bêtement le règlement en infligeant un avertissement au Valenciennois pour « comportement antisportif » (!). Mais que ni ce professionnel de l’arbitrage, ni le « quatrième arbitre », tenu de l’assister dans sa tâche, ni le représentant de la Ligue de football professionnel (LFP), chargé de faire respecter des conditions propices au bon déroulement d’une partie, n’aient saisi la gravité de l’instant ou jugé l’attitude du spectateur incriminé suffisamment inadmissible pour prendre une mesure digne de sens qui marquerait les esprits est proprement affligeant.

    La LFP a eu beau jeu, hier, d’annoncer qu’elle porterait plainte contre le « supporter » raciste. Et son président, Frédéric Thiriez, le beau rôle en rappelant que dans pareils cas les arbitres ont toute latitude pour éventuellement interrompre le match. Le temps n’est plus aux promesses vertueuses mais aux passages à l’acte. L’occasion était donnée, au stade Saint-Symphorien, de frapper les opinions en envoyant un signal fort. Une fois encore, elle a été ratée.

    L’affaire Ouaddou continue

    M. Ledentu, arbitre de Metz-VA, conteste la version du défenseur valenciennois, insulté de manière raciste par un supporter messin samedi, et explique pourquoi il n’a pas interrompu la rencontre.

    QUE S’EST-IL VRAIMENT PASSÉ SAMEDI SOIR ?

    Pendant la première période de Metz- Valenciennes (2-1),un spectateur de la tribune nord basse de Saint-Symphorien, invective Abdeslam Ouaddou, le défenseur international marocain de VA. Tout y passe (« Sale singe ! » , « Sale négro ! », selon les termes cités par le joueur au délégué et à l’arbitre). À la mi-temps, Ouaddou, choqué, monte dans la tribune pour s’expliquer avec l’individu qui le bombarde d’injures. La sécurité du club intervient, reconduit le joueur sur la pelouse et appréhende l’auteur présumé des faits, identifié par des photos et les témoignages de spectateurs. Après la rencontre, Ouaddou regrettera que M. Ledentu n’ait pas interrompu la rencontre, le temps d’expulser l’individu du stade. « J’ai été à plusieurs reprises en faire part à l’arbitre, a assuré le Valenciennois. Il m’a dit de rester dans mon match. » Son équipier José Saez, qui aurait également signalé ces insultes à l’arbitre, a confirmé cette version des faits.

    POURQUOI L’ARBITRE N’A-T-IL PAS ARRÊTÉ LA RENCONTRE ?

    Damien Ledentu conteste la version du joueur. « À aucun moment, il n’est venu me le signifier solennellement, assure-t-il. Quand on veut s’adresser à l’arbitre, on vient le faire lors d’un arrêt de jeu. Il a dû y en avoir une vingtaine en première période. J’ai regardé le DVD du match, il ne l’a pas fait. Si j’avais eu connaissance de tels éléments, j’aurais arrêté la rencontre pour régler cette situation. Le problème, c’est qu’on l’a découverte à la 46e minute. » Accompagnant Ouaddou vers les vestiaires, M. Ledentu le sanctionne alors d’un carton jaune pour « comportement antisportif » (il a quitté l’aire de jeu).

    C’est le règlement mais ce n’est pas très adroit. L’UEFA reproche en ce moment aux arbitres français leur manque de caractère : samedi, à Metz, le quatuor arbitral n’a pas semblé gérer l’incident avec la compréhension que demandaient les circonstances. On peut aussi s’interroger sur l’attitude des stadiers, qui n’ont pas repéré l’individu avant qu’Ouaddou ne monte en tribune. « Ils sont briefés là dessus », assure pourtant Molinari. « Il ne sont qu’une dizaine dans cette tribune, se défend Jacky Ancel, le directeur de la sécurité. Si l’on avait pu, on aurait étouffé l’affaire dans l’œuf et personne n’en aurait parlé. »

    QUI EST DAMIEN LEDENTU ?

    Arbitre international, Damien Ledentu (39 ans) a arbitré samedi son onzième match de L 1 de la saison. Son neuvième était Le Mans - Bordeaux (1-2, 21e journée), le 19 janvier. En expulsant Franck Jurietti pour un mauvais geste sur Martin Douillard, il avait alimenté la chronique puisqu’il semblait avoir pris sa décision avec l’aide de la vidéo, ce qu’il a ensuite fermement nié. Le 7 janvier 2006, lors d’un 32e de finale de Coupe de France Corte- Rennes (2-3), disputé à Ajaccio, les Rennais avaient été choqués par des cris de singe lancés par quelques individus en tribunes. L’arbitre, qui n’avait pas arrêté le match, était M. Ledentu. « J’ai vaguement souvenir de l’affaire, se rappelle-t-il. C’était sur la fin de match. Quelques cris dans la tribune mais pour dire si c’était des cris de singe… En tout cas, ce n’était rien de comparable. » En 2003, Ledentu avait aussi été l’un des arbitres impliqués dans « l’affaire des portables », qui n’a cependant donné lieu à aucune enquête.

    QUELLES SERONT LES SUITES DE L’AFFAIRE ?

    Placé en garde à vue samedi soir, l’auteur présumé des faits, un agent de sécurité âgé de trente-huit ans, devrait être présenté au procureur de la République aujourd’hui. Selon ce que les policiers ont indiqué à Ouaddou après la rencontre, il serait un habitué de ce genre de comportement. Ces derniers ont demandé au joueur de porter plainte pour que l’individu mis en cause soit interdit de stade. Hier, le FC Metz a également déposé une plainte avec constitution de partie civile. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) et la Ligue de football professionnel (LFP) vont en faire de même. L’injure publique à caractère racial est un délit dont l’auteur est passible de six mois de prison et de22500 euros d’amende maximale.

    QUE RISQUE LE FC METZ ?

    Dans une affaire similaire, celle qui a touché Boubacar Kébé lors de Libourne-Bastia (2-4) le 14 septembre, le club corse vient de se voir retirer un point au classement. Mais Carine Bloch, présidente de la commission sport de la LICRA, dissocie les deux affaires. « À Metz, il s’agit d’un supporter isolé et le club a réagi tout de suite alors que dans l’autre cas (Bastia), le club est dans le déni. » L’identification rapide de l’auteur présumé des faits est un bon point que le club lorrain devra mettre en avant. La commission de discipline de la LFP, qui se réunit jeudi, devrait commander un rapport d’instruction avant de se prononcer. Il faut aussi rappeler qu’après l’interruption de Metz-Strasbourg (1-2) le 6 octobre le club lorrain a été puni d’un match à huis clos avec sursis.

    METZ A-T-IL LE PIRE PUBLIC DE FRANCE ?

    Quelles que soient les sanctions qui le frappent, le club lorrain doit sérieusement se poser la question de ses tribunes. Les agissements répétés d’individus isolés ou de petits groupes de supporters ont considérablement terni l’image de tout son public. « Dans sa globalité, il vaut mieux que ça, c’est dommage pour l’image que l’on donne », regrette Carlo Molinari. Englué dans ses mauvais résultats, le club a sans doute trop composé avec ses supporters depuis plusieurs mois.

    « Le président veut qu’on soit très ferme, assure Jacky Ancel. Désormais, quel que soit le caractère des insultes proférées, la personne sera immédiatement exclue du stade. On ne laissera plus passer. » Ce n’est pas toujours le message qu’ont fait passer les dirigeants.

    Pris en grippe par un kop en août, Richard Trivino a été obligé de s’exiler à Boulogne-sur-Mer. Après le derby de l’Est, Molinari avait, à chaud, protégé ses supporters et accusé ceux de Strasbourg...

    Samedi, les deux kops ont profité de l’incident de la mi-temps pour s’en prendre à Ouaddou pendant la seconde période. Sifflé à chaque ballon touché, le joueur de VA a régulièrement entendu des « Ouaddou hooligan ! » descendre du kop de Génération grenat, autour duquel gravitent une dizaine d’éléments qualifiés de « nazillons » par Ancel. Certains d’entre eux ont été interdits de stade après Metz-Strasbourg. Pour les supporters messins, Ouaddou a surtout le terrible défaut d’être originaire de Nancy. La saison dernière, lors de sa venue à Saint-Symphorien avec Tours, un autre joueur formé à l’ASNL, Tony Vairelles, avait été conspué de la première à la dernière minute. Y compris par la Horda Frenetik, qui se présente comme un groupe antiraciste mais qui n’aime pas les Nancéiens.

     METZ DÉPOSE UNE DEUXIÈME PLAINTE. – Le FC Metz a également déposé plainte hier contre deux individus interpellés à la suite du caillassage d’un bus de supporters valenciennois samedi soir à l’issue de Metz-VA.

    _ LES JOUEURS VONT RÉAGIR. –

    En réaction à l’incident du match Metz- Valenciennes, les joueurs de L 1, à l’initiative de leur syndicat (UNFP), se présenteront lors de la prochaine journée de Championnat en portant un teeshirt stigmatisant les manifestations de racisme.

    À l’image de FRÉDÉRIC THIRIEZ, le président de la LFP, le football français veut éradiquer le racisme de ses stades.

    « La plus extrême fermeté »

    LES RÉACTIONS aux insultes racistes dont a été victime Abdeslam Ouaddou ont été nombreuses, hier, émanant à la fois du monde du sport, de la politique et de la société civile. Elles ont toutes condamné l’acte du supporter. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, dans un communiqué, a fait part de son « indignation », réaffirmant son « intransigeance vis-à-vis de tels comportements dans le cadre de rencontres sportives ».

    Le président de la LFP, Frédéric Thiriez, qui a adressé un message de soutien au joueur, a précisé que « face à des comportements absolument inadmissibles, la seule réponse est la plus extrême fermeté dans le répression.

    (…) Nous réclamons une application plus sévère de la loi sur les interdictions de stade prononcées par le préfet.

    (…) On ne veut plus de ces individus racistes ou violents dans nos stades. Cette volonté est partagée par Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, avec qui je me suis entretenu ce matin (hier) ». Elle l’est aussi par les dirigeants des clubs. Le Lillois Michel Seydoux « ne supporte pas ce genre de comportement.

    Je le trouve inadmissible, quel que soit le cadre, et encore plus autour d’un terrain de foot où la mixité sociale est exceptionnelle. Il faut prendre des mesures fortes pour éradiquer ce phénomène ». Son homologue de Valenciennes, Francis Decourrière, dont le club a reçu de nombreux témoignages de soutien de la part de supporters de Metz et de la France entière, insiste sur la prévention. « Je souhaiterais que tous les clubs, avec la Ligue, fassent une grande journée contre le racisme et l’antisémitisme, avance-t-il. Ce que l’on regrette, c’est que les arbitres ont, aujourd’hui, les moyens d’éviter ça. »

    L’attitude de Damien Ledentu est très critiquée. Guy Roux, au micro de Canal +, hier, a estimé que l’homme en noir était « la victime du caporalisme de l’arbitrage français ». Le ministère de la Jeunesse et des Sports a rappelé que « des mesures immédiates peuvent et doivent être prises par les responsables de rencontres sportives dès les premiers signes de violences verbales ou physiques ».

    De son côté, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme a annoncé qu’elle allait se porter partie civile aux côtés du FC Metz et de Ouaddou, si celui-ci le souhaite.« Même si ce n’est pas toujours facile, il revient aux témoins de tels actes de se manifester auprès des responsables des stades, a expliqué Carine Bloch, présidente de la commission Sport sur Lequipe.fr. M. Ledentu aurait pu interrompre la rencontre temporairement pour faire expulser le supporter. Les arbitres ont ce pouvoir et la DTNA insiste pour qu’ils en usent. »

    De Barcelone, Lilian Thuram n’est pas resté insensible, lui qui veut « dénoncer tous les actes racistes », mais qui ne « pense pas qu’il faille retirer des points à Metz ».Quant à la décision de l’arbitre d’avertir Ouaddou, « il aurait dû oublier le règlement et tenter de régler le problème autrement. Peut-être en envoyant le quatrième arbitre parler avec ce supporter ». Le défenseur international a souligné que la bêtise n’a pas de frontière : « Lors du dernier Espagne-France (0-0), il y a eu des cris de singe dans les gradins de Malaga. Moi, je suis armé contre les racistes, qui me font plus de peine

    Kébé, Zorro, Eto’oet lesWallons…

    CE N’EST PAS le premier incident raciste de la saison dans un stade. Le 15 septembre

    2007, Boubacar Kébé, l’attaquant de Libourne-Saint-Seurin, était expulsé après avoir adressé un bras d’honneur aux supporters bastiais qui ne cessaient de l’insulter. Bastia s’était vu retirer un point par la Ligue, qu’il espère récupérer dans quelques jours, auprès du Comité national olympique du sport français (CNOSF). Les spectateurs fautifs n’avaient pas été inquiétés.

    Ce ne fut pas le cas en Italie, en novembre 2005, lorsque le joueur de Messine, Marc Zorro, avait été la cible d’insultes racistes de la part des fans de l’Inter Milan. Il avait souhaité quitter le terrain avant la fin du match. Plusieurs supporters avaient été interpellés à l’issue de la partie puis interdits de stade pendant cinq saisons. Trois mois plus tard, Samuel Eto’o eut aussi envie d’abandonner son équipe, le FC Barcelone, sur le terrain de Saragosse.

    Dans ces trois cas, les arbitres n’ont pas arrêté le jeu. Ils auraient pu le faire et imiter ainsi M. Temmink, un arbitre néerlandais, qui, en 2004, arrêta définitivement à la 80e minute le match La Haye-PSV Eindhoven. Il ne supportait plus d’être insulté par les supporters de La Haye (« Hamas, Hamas, tous les Juifs au gaz »). La Fédération néerlandaise accorda, sur tapis vert, la victoire au PSV. En Belgique, un arbitre prit aussi l’initiative d’interrompre un match. En novembre 2007, choqué par les chants xénophobes des spectateurs flamands (« Et les Wallons, c’est du caca… »), Claude Bourdouxhe arrêta pendant cinq minutes le match entre Genk et Charleroi. – G. D.

    Libre arbitre (l’œil de Joël Quiniou)

    TOUT LE MONDE n’a visiblement pas tiré la leçon de la regrettable affaire Kébé à Bastia, l’automne dernier. Ouaddou, le capitaine valenciennois, a été à son tour l’objet de propos racistes proférés durant toute la première période de la rencontre Metz-Valenciennes (2-1). Le joueur affirme avoir prévenu M. Ledentu, arbitre du match. À ce titre, celui-ci est garant des valeurs sportives mais aussi morales. Il a pour mission de protéger les joueurs contre toute forme de violence, physique ou psychique. M. Ledentu dément avoir été alerté par le Valenciennois.

    Sans doute aurait-il été préférable que, dans un souci de clarté et afin d’éviter d’inutiles extrapolations médiatiques, l’arbitre s’exprime dès la fin du match. Toujours est-il qu’à la mi-temps Ouaddou a voulu s’expliquer directement dans les tribunes, sans violence et en gardant une sérénité toute relative compte tenu des circonstances, avec l’auteur des propos. Mais en quittant ainsi l’aire de jeu, Ouaddou s’exposait à une sanction administrative, que n’a pas manqué de lui infliger M. Ledentu. En effet, un des articles de la loi 12 de l’International Board (« Fautes et incorrections ») stipule qu’un joueur sera averti « s’il quitte délibérément le terrain de jeu sans l’autorisation préalable de l’arbitre ». Le règlement a donc été appliqué à la lettre.

    Il est dommage que, dans ces circonstances exceptionnelles, l’esprit de la loi n’ait pas prévalu. En s’arcboutant au règlement, on occulte sa propre conscience, sa sensibilité, son autonomie de jugement, en un mot son libre arbitre face à de tels actes.

    J’ose imaginer que si M. Ledentu avait entendu Ouaddou se plaindre de ces propos racistes, il aurait, dans un souci de responsabilité et comme le prévoient les nouvelles instructions fédérales, arrêté la partie et fait procéder à l’exclusion du sauvageon auteur des propos racistes.

    OuaddouOuaddoublundiOuaddouClundi

     

    February 17

    « A qui va profiter le crime ? »

    Le racisme, Metz connait, pour en avoir été si souvent victime, au parc des princes (noms d’oiseaux, cris de singes etc…), en Corse (casques à pointes, têtes de schleuh etc…), à Nice (Nazis, etc…) ou ailleurs, à Marseille, Saint-Etienne (sales Lorrains, etc…), et j’en passe !

    Hier soir, c’est un spectateur des tribunes qui a exprimé, d’une manière dégueulasse, ses neufs mois de frustration !

    Et le capitaine-cible de l’irrespect s’est-il dit qu’il y avait un coup à jouer pour récupérer trois points sur le tapis vert ?

    Toujours est-il qu’il est allé escalader une tribune pour demander, une fois le match terminé, « des explications » à un spectateur imbécile ; bref, il avait l’intention de lui casser la gueule, non ? En tout cas, moi, j’aurais été tenté de réagir comme lui, si j’avais été la cible des quolibets : je l’aurais peut-être fait à Metz, mais pas à Marseille, ou à Nice, ni même à Bastia : j’aurais eu trop peur de me faire casser ma petite tête !

    Le joueur marocain, lui, est redescendu intact et  sans une éraflure de ladite tribune, parce que les Messins sont des gens compréhensifs, en général, même si parfois il y a une infiltration de un ou deux imbéciles qui essaient d’abimer l’image des gens de l’est : ce sont, en général de petits frustrés avec un petit cerveau, ici, comme c’est le cas ailleurs, d’ailleurs !

    Bref, « cet intello-là », ce connard, va passer en jugement : il est donc, jusqu’à son jugement, « présumé innocent », même s’il est, à priori, pour le moins, « mis en cause »

    Ce qui me choque, aussi, dans cette affaire, c’est le capitaine de l’équipe de Valencienne, qui, loin de réagir « à chaud », a attendu la fin de match pour ? Pourquoi ?

    « Récupérer trois points, ce n’est pas rien quand le match a été perdu sur le terrain, non ? »

    La jurisprudence, c’est :

    « L’affaire Cantona à Manchester », c’est « l’affaire Piquionne, à Saint-Etienne » : cela aurait du valoir à ce « capitaine » vaincu sur le carré vert, qui n’a pas su dominer ses affects le carton rouge et une suspension de quelques matches en plus !

    Voilà pour celui de Valenciennes !

    Pour le FC Metz, maintenant : le club, bien sûr, ne peut pas tout maîtriser : il a trouvé le coupable et l’a remis aux autorités : c’est bien et c’est ce que Bastia n’a pas fait, un temps !

    Maintenant, je me mets à la place de la commission de discipline :

    -Metz est déjà en sursis, suite aux débordements du match aller contre Strasbourg !

    -Metz est déjà condamné à la L2, sauf improbable miracle, comme le PSG, l’OGC Nice et Toulouse ou Saint –Etienne rétrogradés en L2 pour budgets déficitaires !

    Alors, retirer les trois points de la victoire au club lorrain, qu’est-ce que cela va changer, hein ? - Rien !

    Condamner Metz à un, voire deux ou trois matches de suspension de terrain ne serait pas vecteur d’un grand trou dans le budget d’un club déjà en mal de spectateurs

    Donc, Molinari peut trembler : comme Pyrrhus, cette victoire sur le carré vert peut, devrait faire place à une défaite sur le tapis vert : défaite par trois à zéro, et, jurisprudence, une suspension de deux, voire trois matches : sanction exemplaire pour la morale, injuste pour les grenats et la grande majorité des supporters !

    Mais une sanction qui aurait, pour moi, valeur d’exemple et ferait se tenir à carreaux tous ces petits connards qui croient être les détenteurs de vérités :

    -Condamnons ceux qui font des blagues sur les blondes !

    -Condamnons ceux qui font de la discrimination et mettent à mal les principes nationaux d’égalité et de fraternité !

    -Condamnons ceux qui trichent, ceux qui sont si prompts à critiquer, comme un certain Rolland C., qui a bien vite oublié qu’il avait traité ceux de Lens de « pingouins », un temps : ça, ce n’était pas du racisme ? Ce sont toujours les gens qui sont impliqués, à un titre ou à un autre avec la justice, qui demandent des comptes aux autres….

    Quand à moi, l’homme Ouaddou, je lui présente mes excuses, au nom de tous les vrais supporters grenat, mais je persiste le joueur Ouaddou  doit, devrait être suspendu :

    -en tant que sportif qui n’a pas su se maîtriser,

    -avec, circonstances aggravantes : il était capitaine de son équipe et se doit de montrer le bon exemple!

    Qu’il soit persuadé qu’à Metz, la population a assez souffert du racisme hitlérien pour rejeter de son sein tous ceux qui auraient des visions différentes de la sienne : il n’est qu’à regarder la composition de l’équipe actuelle ; des Africains, des Chinois et peu de gens du cru, finalement !Les groupes supporters messins ont étés à l’origine de la première déclaration antiraciste de supporters en France !

    Sur ce, je vais boire un bon café, pour essayer d’oublier cette calamiteuse et douloureuse affaire : ici, on n’avait pas besoin de cela, en ce moment !

    Metz dans le potage

    Neuf mois pour « ça » : une victoire à la Pyrrhus ?

    (Site officiel FC METZ) : La première, enfin !

    Depuis le 27 avril 2007 et la 34ème journée de l’exercice précédent, les Grenats n’avaient pas connu la joie d’une victoire sur leurs terres. C’est désormais chose faite, puisque les hommes de Pouliquen sont venus à bout de Valenciennes (2-1).

    Afin de prendre le meilleur sur son adversaire du soir, Yvon Pouliquen avait pris l’option d’aligner une équipe portée vers l’avant. Comme à Bordeaux, où la suspension de Julien François l’avait conduit à intégrer après une petite semaine d’entraînement Cédric Barbosa au milieu de terrain. Cette fois, puisqu’on peut considérer que le numéro cinq grenat a une vocation essentiellement défensive, ce ne sont pas moins de cinq joueurs aux caractéristiques offensives qui figuraient dans le onze de départ : Gygax, Barbosa, Pjanic, Aguirre et Gueye. Ce dernier vivait ainsi sa première titularisation depuis son retour de la Coupe d’Afrique des Nations. Et sa première titularisation à Saint-Symphorien cette saison…
    Il fallut attendre la seconde période pour que les ambitions se traduisent par des buts. Les premiers instants de la partie n’avaient en effet rien d’inédit. Roudet manqua étrangement l’ouverture du score après s’être débarrassé de Marichez (11°). Puis Metz essaya vainement de porter le danger sur le but nordiste, sans poser de grands soucis à Penneteau. Trop peu dangereux, les Mosellans se faisaient punir juste avant la pause par Belmadi, en embuscade au second poteau (0-1, 42°). Un but au pire des moments qui ne devait rien au hasard, Audel venant juste de donner un avertissement sans frais aux Messins.
    A la pause, Yvon Pouliquen remit les choses en place : « J’ai très mal vécu le premier acte car il n’y avait rien, c’était le néant. Les consignes n’ont pas été respectées. J’ai donc dit aux joueurs que comme ils s’étaient mis dans la merde eux-mêmes, ils n’avaient qu’à s’en sortir sans moi. » Et ceux-ci rejoignirent la pelouse dans de biens meilleures dispositions. De plus, ils eurent la chance de concrétiser d’emblée leur poussée. Dans la surface, Babacar Gueye hérita d’un ballon qui avait échappé à Cédric Barbosa. Son enchaînement crochet – frappe ne laissa aucune chance au portier nordiste (1-1, 51°). Dès lors, on sentit les Grenats beaucoup plus relâchés, moins hésitants dans leurs initiatives. De suite, cela faillit payer, mais Martinez sauva les siens en repoussant une volée d’Aguirre, au cœur d’une triple occasion qui vit le poteau renvoyer une tentative initiale de Pjanic.
    Décisif sur cette action, le défenseur de VA allait se transformer en héros malheureux de la soirée. Sur un corner, il trompa de la tête son propre gardien (2-1, 66°), rendant à Metz le brin de chance qu’il n’avait pas eu sur l’action précédente. Valenciennes mit du temps à se remettre de ce coup du sort, mais les Grenats n’en profitèrent pas. Du coup, les hommes de Kombouaré donnèrent quelques frayeurs au maigre public messin. Parfois maladroitement, toujours avec conviction, les locaux parvinrent à conserver leur avance. Suffisant pour enregistrer leur première victoire de la saison. Ce n’était pas trop tôt !

    (Quotidien l’Equipe) : METZ - VALENCIENNES : 2-1

    _ Yvon POULIQUEN (entraîneur de Metz) : « Cette victoire fait beaucoup de bien. Elle me fait plaisir, pour moi, pour mon staff mais surtout pour les joueurs. J’étais très fâché à la mi-temps, je n’ai pas reconnu mon équipe en première période. C’était une grosse déception et je l’ai dit à mes joueurs à la pause. Ils ont eu une réaction en deuxième période. Maintenant, ils doivent montrer sur 90minutes qu’ils sont capables de faire ce qu’ils ont fait en seconde période. Après le match, il y avait plus de joie dans les vestiaires qu’après la victoire à Strasbourg en Coupe de France. C’est un vrai soulagement. Pour la suite de la saison, il y a des objectifs à atteindre pour que nous ne soyons pas la pire équipe de l’histoire de L 1. »

    _ Antoine KOMBOUARÉ (entraîneur de Valenciennes): « Nous avons fait une très mauvaise entame de deuxième période et nous prenons le but trop rapidement.

    Nous aurions dû faire la décision plus franchement avant la pause, mais je dois féliciter Metz. Nous ne les avions pas pris à la légère avant le match. Et ils ont su revenir courageusement, même en étant menés 1-0. Il y a toujours beaucoup de frustration quand on perd. Maintenant, j’attends de mon équipe qu’elle se reprenne pour gagner contre Le Mans. »

    Remplacements. – 72e : Gygax par AGOUAZI ; 84e : Aguirre par Momar N’DIAYE.

    Non utilisés : Mayebi (g.), Bessat, C. Chapuis, Corrales, Renouard.

    Entraîneur : Y. Pouliquen.

    Remplacements. – 73e : Roudet par SAVIDAN et Doumeng par SEBO.

    Non utilisés : Grondin (g.), Rippert, Da. Traoré, Sanchez.

    Entraîneur : A. Kombouaré.

    LES BUTS

    0-1 : BELMADI (42e, passe de Roudet). – Sur le côté gauche, Roudet se joue de Gueye et centre. Dans la surface, Belmadi reprend de volée du droit et trompe Marichez à ras de terre sur sa droite.

    1-1 : B. GUEYE (51e, passe de Barbosa). – À 30 mètres du but valenciennois, Gygax lance Barbosa dans l’axe. Le milieu de terrain contrôle son ballon à l’entrée de la surface, et le laisse à Gueye qui crochète Ouaddou et trompe Marichez du gauche.

    2-1 : MARTINEZ (66e, contre son camp). – Sur un corner tiré côté droit par Pjanic, Martinez touche le ballon de l’arrière de la tête et trompe son propre gardien sous la barre.

    LES CARTONS

    5 AVERTISSEMENTS. – Metz : François (31e, tacle dangereux sur Mo. Traoré), Ouaddou (45e, est monté dans les tribunes), Cubilier (77e, main volontaire) ; Valenciennes : Doumeng (22e, pied haut sur François), Mo. Traoré (79e, charge sur Barbosa).

    Le scandale Ouaddou

    Victime d’insultes racistes, l’international marocain de Valenciennes a porté plainte à la demande de la police. Pour Metz, cela commence à faire beaucoup.

    METZ

    RIEN NE SERA ÉPARGNÉ au FC Metz cette saison. Même le soir où il remporte enfin sa première victoire de la saison à domicile. Ce petit événement a été éclipsé par l’incident dont a été victime le Valenciennois Abdeslam Ouaddou. Cible d’insultes racistes à répétition, l’international marocain décidait, furieux, de se diriger à la pause vers la tribune d’où provenait ces invectives. « Tout au long de la première période, une personne n’a pas cessé de m’insulter, de me tenir des propos racistes, expliquait-il après la rencontre. Je vous épargnerai les mots (“sale singe, sale négro”, a rapporté le joueur aux officiels durant la mi-temps). Ce ne sont pas des mots à entendre. J’ai été à plusieurs reprises en faire part à l’arbitre. Il m’a dit de rester dans mon match mais la personne a continué... À la mi-temps, je suis vraiment sorti du match en allant à la tribune. Je sais que ce sont des choses qui ne se font pas et je veux m’excuser auprès du public messin.

    Ce sont des choses qui ne se font pas en tant que pro mais croyez-moi, c’est difficile de contenir son sang-froid. J’aurais aimé que l’arbitre en fasse part au quatrième arbitre pour peut-être exclure (*) ce pseudo supporter. »

    Un bus de Valenciennois caillassé.

    L’intervention des services de sécurité du FC Metz mettait fin à l’incident. L’auteur présumé des insultes était, lui, remis à la police et placé en garde à vue. Entendu par la police pendant près d’une heure après le match, le joueur a porté plainte. De son côté, le FC Metz va se porter partie civile. « Ce genre de personne n’a rien à foutre dans un stade, lâchait Ouaddou. Il ne faut pas aller jusqu’à arrêter une rencontre, il y a des gens qui ont payé leur place mais il ne faut plus que ça arrive. Cela m’était déjà arrivé, j’avais réussi à garder mon sang-froid. Là, j’ai craqué. »

    L’incident d’hier soir rappelle bien sûr l’affaire Kébé. Ce joueur de Libourne-Saint-Seurin, invectivé par des supporters de Bastia, avait été expulsé par l’arbitre à cause du bras d’honneur qu’il avait lancé pour répondre à ces insultes racistes. Le club corse a ensuite été condamné par la commission supérieure d’appel de la FFF qui lui a retiré un point au classement. Metz peut-il être frappé de la même sanction ? « On est intervenus rapidement pour l’appréhender, se défendait Jacky Ancel, le directeur de la sécurité du club. On est responsables du comportement des gens, pas de leur propos. On ne peut pas bâillonner tous les spectateurs. » Le problème, pour Metz, c’est que ce nouvel incident intervient quelques mois après l’interruption du match Metz-Strasbourg (1-2). Le club lorrain a été sanctionné d’un match à huis clos avec sursis. Avant l’interruption du derby de l’Est, quelques supporters s’étaient signalés en début de saison en prenant à partie leur propre gardien, Richard Trivino, parti depuis à Boulogne-sur- Mer. Hier, la soirée aurait pu virer au drame. Après le match, un bus de supporters valenciennois a été la cible d’un jet de pierres à quelques centaines de mètres de Saint-Symphorien.

    Le véhicule a été immobilisé et un enfant de neuf ans souffrirait de légères blessures à la tête, selon Jacky Ancel. Deux des trois auteurs présumés de cet acte ont été interpellés par la police. Triste soirée.

    (*) Une réglementation de la FIFA permet à l’arbitre d’arrêter des rencontres en cas de comportements racistes ou antisémites dans l’enceinte du stade.

    Le 16 octobre 2004, l’arbitre a mis un terme à la rencontre La Haye-PSV Eindhoven pour comportements antisémites.

    Première pour Metz

    0-1 : Belmadi (42e)

    1-1 : B. Gueye (51e)

    2-1 : Martinez (66e contre son camp.)

    LA DOUZIÈME fut la bonne. Après onze rencontres sans victoire à Saint- Symphorien depuis le début de la saison, Metz y a remporté hier son premier match, un événement inédit depuis le 27avril contre Le Havre en L 2 (1-0), et a gagné une bataille dans son combat contre les pires records de la L 1. « On a beau se dire que la saison est morte, on n’a pas envie de se taper la honte, résumait Julien François. On passe la barre des dix points en février, on ne va pas faire les fiers non plus.

    C’est dur de sauter en l’air au coup de sifflet final et de faire le tour du stade.

    On a tous en tête notre saison calamiteuse. » Alors qu’ils avaient le match En main à la pause, les joueurs de Kombouaré ont entamé la seconde période avec un déficit d’agressivité suffisant pour permettre à Metz de recoller au score puis de prendre l’avantage sur une tête malencontreuse de l’Uruguayen Martinez. « Il faut féliciter les Messins, soulignait David Ducourtioux. Dans leur situation, ils nous ont montré une leçon de courage. »

    Malheureux

    Martinez

    L’HOMME CLÉ : Martinez (Valenciennes), 4,5

    En trois minutes, il a sauvé son équipe, puis l’a condamnée à la défaite dans un raccourci qui n’est pas rare mais toujours cruel. Il s’était donc sacrifié pour repousser un tir puissant d’Aguirre sur sa ligne (62e) avant de tromper involontairement Penneteau de la tête (65e). Un peu plus tôt, sa tête avait frôlé la barre messine sur un corner de Roudet (51e), quelques secondes avant l’égalisation de Gueye…

    METZ

    MARICHEZ (5,5) : parfois hésitant (12e, 81e) et battu sur la reprise de Belmadi (42e), il fut décisif devant Pujol (60e), Ouaddou (77e) et Sebo (82e).

    C. GUEYE (5) : trop d’approximations défensives. Il fut battu par un crochet de Roudet avant son centre pour Belmadi

    (42e). Beaucoup plus heureux dans ses choix offensifs.

    M. DIOP (5,5) : une bonne couverture, mais des interventions inégales.

    DELHOMMEAU (5) : gêné par Audel et battu sur le but (42e), mais plutôt serein le reste du temps.

    CUBILIER (6) : appliqué en défense, sauf sur un ballon perdu près de sa surface (39e), il a proposé plusieurs solutions offensives.

    GYGAX (4,5) : un match sans relief, mis à part son ballon dans l’axe qui amena le but de Gueye (51e).

    BARBOSA(5,5) : a déployé beaucoup d’énergie dans tout ce qu’il a entrepris.

    FRANÇOIS (5) : volontaire.

    PJANIC (6) : pas très inspiré en première période, il se fit remarquer en seconde et frappa un corner décisif puisque converti par Martinez (65e).

    B. GUEYE(6) : n’a pas toujours fait les bons choix mais fut adroit sur sa première occasion (51e).

    AGUIRRE(5,5) : Ouaddou ne lui a pas laissé de liberté et Martinez a contré sur la ligne son seul tir cadré (62e).

    VALENCIENNES

    PENNETEAU (5,5) : sorti avec autorité sur un corner vicieux (25e), il ne put rien sur les deux buts messins.

    Mo. TRAORÉ (5,5) : solide malgré quelques duels perdus.

    OUADDOU (6) : autoritaire.

    MARTINEZ : voir ci-dessus.

    DUCOURTIOUX (5,5) : a réussi un travail défensif sans accroc et a bien participé aux offensives.

    BELMADI (6) : un pouvoir d’accélération intéressant et une belle reprise de volée (42e).

    DOUMENG (5,5) : a donné plusieurs bons ballons à ses attaquants, mais en a aussi perdu au milieu.

    SAEZ (5) : discret.

    ROUDET (6) : a profité des largesses défensives de C. Gueye en donnant notamment une passe décisive (42e).

    AUDEL (6) : a livré une première période de très bon niveau, perturbant la défense messine par ses appels et ses remises. Il aurait même pu marquer sur un centre de Pujol (39e), puis pesa un peu moins après la pause.

    PUJOL (4) : ne s’est pas mis en valeur.

     Foot - L1 - VA - Ouaddou, insulté, s'explique
    Un «spectateur» messin ayant proféré des insultes raciales au défenseur valenciennois Abdeslam Ouaddou a été interpellé samedi soir. Ouaddou avait tenté de monter dans une des tribunes du Stade Saint-Symphorien à la mi-temps afin d'obtenir des explications. Il a été averti pour son comportement par l'arbitre du match. «Tout au long de la première mi-temps, une personne en tribune n'a cessé de tenir des propos racistes, très durs, dont je vous épargnerai les mots. Ce ne sont pas des mots à entendre», raconte celui qui est de l'avis général l'un des joueurs les plus sympathiques de la Ligue 1.
    «Je suis allé à plusieurs reprises en faire part à l'arbitre, qui m'a dit de rester dans mon match. Mais la personne a continué. Je suis sorti du match en allant en tribune. Je sais que ce sont des choses qui ne se font pas en tant que capitaine, et en tant que professionnel et j'aimerais m'excuser auprès des enfants présents en tribune et du public messin. Mais croyez-moi que ce sont des mots très durs et qu'il était dur de contenir son sang-froid». Que s'est-il passé exactement ? «Comme je suis sorti de mon match très énervé, je suis passé au-dessus du panneau publicitaire pour discuter avec lui et savoir pourquoi il me tenait de telles injures. Je voulais savoir et essayer de le raisonner. Je n'ai pas pu arriver jusque lui parce qu'il y avait la sécurité».
    Ouaddou a porté plainte
    A la question de savoir si l'arbitre de la rencontre, Monsieur Ledentu, aurait pu agir autrement qu'en donnant un carton jaune au capitaine valenciennois, Ouaddou ajoute : «J'aurais aimé que l'arbitre en fasse part au quatrième arbitre pour prendre des mesures et peut-être exclure ce pseudo-supporter. A l'arrivée, je prends un carton jaune qui me pénalise car je ne joue pas de la même façon en deuxième période. C'est dommage. L'arbitre m'a dit qu'il appliquait le règlement car j'étais sorti du terrain de jeu mais, ce que j'aurais bien voulu, c'est qu'il en fasse part au quatrième arbitre. Pour marquer le coup, les forces de police m'ont demandé de porter plainte, ce que j'ai fait. Encore une fois, ce n'est pas pour demander des dommages et intérêts mais pour que la personne soit sanctionnée et peut-être interdite de stade. Ce genre de personne n'a rien à f... dans un stade. C'est pour marquer le coup et montrer l'exemple».
    Et de conclure, plein de mesure, sur ce type d'évènements répétés dans le football, notamment en Italie : «Il ne faut pas aller jusqu'à arrêter une rencontre de football car des gens ont tout de même payé leur place mais on doit prendre cela en compte. Il ne faut plus que cela arrive. Pour un joueur, c'est très dur d'entendre ce type de propos. C'est déjà arrivé et j'avais réussi à garder mon sang-froid. Là, j'ai craqué. Quand on a joué contre la France avec le Maroc, on a essayé de passer des messages pour éviter ce type de comportements en appelant les gens de ma communauté à ne pas siffler la Marseillaise. Elle a été sifflée mais tous les joueurs et les acteurs du football doivent faire en sorte que l'on évite ce genre de choses. Ce n'est pas bon pour les jeunes, les enfants. Là, je ne comprends pas pourquoi cette personne, récidiviste, revient dans un stade de football».

    (R.L.) : Metz se réveille à l'heure

    Amorphes en première période, les Messins ont su réagir une fois menés au score. Une preuve de caractère qui vaut à la lanterne rouge de remporter sa première victoire de la saison à domicile.

    Comme s'ils aimaient ça... Comme contre Rennes, le 26 janvier dernier, les Messins ont attendu d'être placés dos au mur par une pâle formation valenciennoise pour mettre un pied devant l'autre. Hier soir, jusqu'au but de Belmadi, peu avant la pause, l'équipe d'Yvon Pouliquen a, en effet, enchaîné maladresse sur maladresse. Le tableau n'a pas plu à l'entraîneur, qui l'a fait savoir de vive voix aux intéressés. Comme s'ils attendaient ça... Plus intransigeants dans la conquête du ballon, plus volontaires dans les déploiements offensifs, les Messins ont obtenu gain de cause après la pause. L'égalisation signée Babacar Gueye a dopé l'enthousiasme et Miralem Pjanic, aidé par Martinez, s'est chargé de porter le coup fatal sur corner.

    Marichez. Un peu court sur le centre d'Audel (34e), le capitaine messin est resté figé sur la reprise de volée victorieuse de Belmadi (41e). S'il a pu afficher une certaine fébrilité à certains moments, notamment dans son jeu au pied, il a en revanche répondu présent à l'heure du duel face à Pujol (60e). Un arrêt que la suite des événements a rendu déterminant.
    C. Gueye. Audel lui a donné du fil à retordre. Le défenseur s'y est emmêlé les pinceaux. Moins sollicité après la pause, il a alors gagné en sérénité.
    Diop. Sobre, la tour de contrôle n'en a pas moins été efficace hier soir. Son apport dans les duels aériens a été important.
    Delhommeau. Il a été à la conclusion d'une des rares occasions messines en première période : sa tête, à la réception d'un coup franc de Pjanic, a filé à côté du cadre valenciennois (21e). Une intervention salutaire sur un ballon mal renvoyé par le gardien messin (34e).
    Cubilier. Du jus et de l'abnégation. En dehors d'une ou deux incartades, comme sur cette perte de balle face à Pujol (39e), il a maîtrisé son couloir gauche de sa défense. Il a agrémenté son bilan en obtenant le corner à l'origine du second but messin de la soirée.

    Gygax. S'il n'a pas touché beaucoup de ballons en première période, l'international suisse a eu le mérite de les utiliser avec soin. L'efficacité a rejoint ses intentions après le retour des vestiaires : mal contrôlée par Cédric Barbosa, sa passe a permis à Babacar Gueye d'égaliser. Remplacé par Laurent Agouazi (72e) qui a signé une tête dangereuse sur son premier ballon.
    Barbosa. Il n'a que trop rarement réussi à apprivoiser le ballon et s'est essoufflé à force de courses dénuées d'intérêt. Une semaine après son retour à la compétition, il est encore loin d'avoir retrouvé toutes ses sensations.
    François. Fidèle à lui-même, il a mis beaucoup de cœur à l'ouvrage. Il a ratissé large et a joué avec simplicité. Averti à la 32e.
    Pjanic. Un rendement assez vague en première période. Il a accéléré par la suite et cela s'est ressenti. D'abord contrarié par le montant de Penneteau (62e), Pjanic a trouvé la faille sur corner : sur la trajectoire du ballon, Martinez a trompé son propre gardien, donnant l'avantage au camp messin.

    B. Gueye. Il l'attendait depuis le début de la saison : il n'a pas déçu. L'international sénégalais a profité de sa première titularisation à Saint-Symphorien pour remettre les siens dans le sens de la marche. Sa frappe, du gauche, n'a laissé aucune chance au gardien valenciennois (51e).
    Aguirre. Son gabarit lui a causé quelques soucis d'adaptation. Mais le Péruvien est passé outre. Il n'a jamais relâché ses efforts. Sa frappe a été renvoyée par Martinez (62e). Momar N'Diaye l'a remplacé à cinq minutes du terme. Saint-Symphorien ne réussit définitivement pas à Valenciennes. En proie au doute à l'extérieur, l'équipe d'Antoine Kombouaré avait pourtant fait le plus dur en ouvrant la marque juste avant la pause. Le but de Belmadi ne traduisait pas une franche domination, mais il paraissait suffisant pour enfoncer un adversaire messin alors en pleine dérive. Relâchement ou pas, les Valenciennois n'ont pas profité longtemps de leur avance. Le but de Babacar Gueye et celui de Miralem Pjanic leur ont fait perdre tout le bénéfice de la soirée.

     Incroyable mais frais !

    Metz a mis fin à près de dix mois d'insuccès à Saint-Symphorien après avoir pourtant été mené au score par Valenciennes. Un plaisir inutile mais trop rare pour ne pas être savouré.

    Magie. En disposant de Valenciennes, deux buts à un, le FC Metz a repris trois points sur son prochain adversaire, hier soir, à l'occasion de la vingt-cinquième journée de Ligue 1. D'accord, le prochain adversaire en question n'est jamais que l'Olympique Lyonnais, qui se situe à l'autre extrémité du classement et compte seulement trente-sept points d'avance sur le dernier de la classe. Son souci à lui revient à s'exposer dangereusement à la menace de son poursuivant bordelais, qui rêve de le priver d'un septième titre d'affilée, dans trois mois, tout en jouant la première moitié de son avenir européen, mercredi, face à Manchester. Les préoccupations messines sont d'un autre, d'un tout autre genre. Ca n'empêche pas de savourer la victoire d'hier, la deuxième seulement de la saison sur le front du championnat, comme s'apprécie une tranche de foie gras servie au bout de longs mois passés à consommer un mauvais pâté de campagne. Bon appétit !Deux cent quatre-vingt quinze jours après, les Messins ont donc fini par offrir une victoire à leur dernier quarteron de fidèles, moins nombreux hier soir que pour fêter la montée, et le titre de champion de Ligue 2 au passage. C'était face au Havre, le 27 avril 2007. En ce temps-là, Jacques Chirac habitait encore l'Elysée, et la fonction présidentielle était dignement occupée. La France se trouvait toujours en marge du concert européen, mais elle ne craignait pas pour sa laïcité, et Metz se demandait déjà qui serait son prochain maire, lequel ne risquait pas d'être celui de l'époque, puisqu'il avait annoncé six ans plus tôt que son sixième mandat serait le dernier.
    C'est fou, tout ce qui peut changer, en moins de dix mois. Tout, sauf la constance du FC Metz à perdre match sur match en sa forteresse naguère imprenable : dix défaites sur treize possibles, dont deux en Ligue 2 puis huit en Ligue 1. Il faudra cependant patienter deux semaines supplémentaires, et la venue de Caen, jusqu'alors sa seule victime en championnat, le 1er mars prochain, pour savoir si le syndrome de Saint-Symphorien s'est éteint, hier soir, dans un renversement de situation qui ne servira pas spécialement la cause messine mais, pour sûr, ne fera rien pour la gloire valenciennoise. Pour ne pas tout changer d'un coup, ce serait trop beau, Metz a encore frôlé la correctionnelle, les très nettes insuffisances de sa première mi-temps se trouvant logiquement sanctionnées, juste avant la pause, d'un but de Djamel Belmadi, d'une reprise de volée instantanée au bout d'une offensive lancée côté gauche par David Ducourtioux et Sébastien Roudet, au cœur d'un bloc messin particulièrement caoutchouteux. Mais Metz, en 2008, possède des ressources égarées en 2007 au gré de sa lente dérive technique et tactique. En deuxième mi-temps, les Lorrains ont hissé leur jeu à un niveau plus conforme à ce qui peut leur permettre de rivaliser en Ligue 1, et plus semblable à ce qu'ils montrent, quand la Coupe de France s'en vient leur changer les idées.
    Très vite, d'une frappe du gauche, Babacar Gueye a donc rétabli l'équilibre au score. Dix minutes plus tard, Miralem Pjanic a touché la barre, puis Wilmer Aguirre et Daniel Gygax ont coup sur coup buté sur les défenseurs nordistes. Improductifs à la réception de leurs coups de pied arrêtés, les Messins ont finalement laissé William Martinez accomplir le travail, de l'arrière du crâne, sur un corner de Pjanic. Il restait alors vingt-cinq minutes, vingt-cinq minutes au cours desquelles les Messins ont tremblé, voire joué avec le feu. Près de dix mois de maladie ne se soignent pas en une heure et demi. Qu'importe les frayeurs de la fin de soirée : le FC Metz a gagné un match de football, chez lui, au Stade Saint-Symphorien. C'est incroyable, mais bien dans la lignée du vent de fraîcheur qui souffle sur les lieux depuis l'arrivée d'Yvon Pouliquen et le retour de Michel Ettorre.

    Ouaddou victime de la bêtise

    Le Valenciennois Ouaddou a déposé plainte pour injures racistes contre un spectateur messin, mais écopé d'un carton jaune.

    Il fallait bien qu'un incident extra sportif vienne entacher la première victoire du FC Metz à domicile depuis près de dix mois. Cette fois, contrairement aux débordements qui avaient perturbé le bon déroulement du derby de l'Est face à Strasbourg, le 6 octobre, il s'agit d'un acte isolé provoqué par un individu qui suivait le match depuis le bas de la tribune Nord. L'homme en question, âgé de 38 ans, aurait passé tout le début du match à insulter Abdeslam Ouaddou, le défenseur et capitaine valenciennois d'origine marocaine. « Des propos racistes très durs dont je vous épargnerai la teneur », indique Ouaddou. Excédé, autant par l'attitude du spectateur en question que par la passivité de l'arbitre à qui il dit avoir signalé les faits, Abdeslam Ouaddou a quitté le terrain, à la fin de la première mi-temps, prenant la direction de la tribune : « J'ai fait part de ce qui se passait à l'arbitre à plusieurs reprises, explique l'ancien joueur nancéien. J'aurais aimé qu'il fasse le nécessaire, par exemple qu'il intervienne auprès du quatrième arbitre, afin que la police évacue la personne en question. Je sais que ça ne se fait pas, et je m'excuse pour ça, mais je n'ai pas pu garder mon sang froid et j'ai voulu aller voir cette personne, pour comprendre pourquoi elle en avait après moi. J'en ai été empêché par la sécurité. »
    L'auteur présumé des propos racistes a été appréhendé, remis aux forces de l'ordre et se trouvait, hier soir, en garde à vue à l'hôtel de police de Metz. Des spectateurs ont confirmé les insultes, précisant qu'il était « coutumier du fait ». A l'issue de la rencontre, un agent de police a recueilli la plainte d'Abdeslam Ouaddou : « Je n'y tenais pas spécialement, ajoute Ouaddou, mais c'est sans doute nécessaire si l'on veut que cette personne ne revienne pas au stade, où elle n'a rien à faire. » Par la voix de Jacky Ancel, son monsieur sécurité, le FC Metz a indiqué qu'il porterait plainte avec constitution de partie civile. Quant à Damien Ledentu, il n'a rien trouvé de mieux que d'adresser un avertissement au joueur valenciennois, pour « comportement antisportif ». « Ce carton jaune m'a pénalisé car je n'ai pas pu jouer de la même façon en deuxième mi-temps », déplore Ouaddou. Avec de tels justiciers, non contents de perturber le bon déroulement des matches de Ligue 1 par la médiocrité de leur arbitrage, le football français n'est pas à la veille d'accéder à l'exemplarité. Au final, un incident stupide et lamentable sur toute la ligne.

    Yvon Pouliquen : «Je me suis fâché»

    «Effectivement, je me suis fâché à la mi-temps car je n'ai pas reconnu mon équipe au cours des quarante-cinq premières minutes. Les consignes n'étaient pas respectées, il n'y avait aucun état d'esprit, rien. C'était logique d'être menés au score. Après, nous avons heureusement été en mesure de réagir, en jouant avec plus de simplicité. Nous devrons être capables de le faire dès le coup d'envoi à l'avenir.»
    Eric Cubilier (défenseur du FC Metz) : « On a fait une première mi-temps horrible, on s'est d'ailleurs bien fait bouger à la pause par l'entraîneur... Et heureusement, nous avons su réagir. Nous avons peut-être encore 99 % de chances de redescendre en Ligue 2 à la fin de la saison, mais cette victoire fait du bien à tout le monde. Nous avons prouvé que nous avions du cœur et de l'orgueil. Il n'y a pas d'euphorie, non. Simplement, notre réaction fait plaisir. »
    Babacar Gueye (attaquant du FC Metz) : « Tout n'a pas été parfait mais au moins, l'essentiel est là : on gagne. On attendait cette victoire à domicile depuis très longtemps. En première mi-temps, on a du mal à se concentrer et à s'adapter à un terrain dur. La suite de la soirée a été bien meilleure, pour moi et surtout pour toute l'équipe. »
    Antoine Kombouaré (entraîneur de Valenciennes) : « Nous avons fait une très mauvaise entame de deuxième période et nous prenons le but trop rapidement. Nous aurions dû faire la décision plus franchement avant la pause, mais je dois féliciter Metz. Nous ne les avions pas pris à la légère avant le match. Et ils ont su revenir courageusement, même en étant menés 1-0. »

    Le film

    12e : Roudet, lancé par Doumeng, profite d'une sortie hasardeuse de Marichez et d'un contre favorable mais il manque le cadre alors que le but est vide.
    38e : Pujol centre pour Audel dont la reprise de la tête flirte avec le poteau droit du but de Marichez, qui semblait battu.
    42e : Roudet après avoir élimine C. Gueye sur le côté gauche, parvient à centrer au second poteau pour Belmadi dont la volée du droit est victorieuse. METZ - VALENCIENNES : 0-1
    50e : Gygax sollicite Barbosa dont le contrôle accidentel parvient à décaler Babacar Gueye dans la surface. La frappe à ras de terre de l'attaquant grenat trompe Penneteau. METZ-VALENCIENNES : 1-1.
    61e : Pjanic déborde sur le flanc gauche mais son tir dans un angle fermé échoue sur le montant ; le ballon revenu en jeu est repris par Aguirre dont la reprise est détournée sur la ligne par Martinez.
    66e : Pjanic tire un corner de la gauche et Martinez, à la lutte avec B. Gueye, propulse le ballon de la tête dans ses propres filets. METZ- VALENCIENNES : 2-1.

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    February 16

    Surtout ne pas gâcher....

    (R.L.) : La vie en rose de Franck Ribéry

    L'ancien Messin est devenu la coqueluche de l'Allemagne. En toute simplicité.

    Le pâle soleil hivernal ne parvient pas vraiment à réchauffer l'asphalte munichois. Emmitouflé dans une épaisse doudoune bordeaux, Franck Ribéry, qui ne devrait pas rejouer avant fin février en raison d'une blessure, fait quelques pas dans la rue résidentielle qui longe le siège du Bayern Munich, son club depuis l'été 2007.Il regarde ses pieds - de grosses tennis blanches. Les regards de la rue se posent sur lui. Un, deux, puis de plus en plus nombreux. Quelques casquettes d'adolescents s'approchent, demandent timidement un autographe. L'ancien Marseillais s'exécute, plus intimidé encore que ses supporters. « Tout ce qui m'arrive, je le prends tranquille même si j'ai conscience de la chance que j'ai », explique-t-il.
    En sept mois au Bayern Munich, il en est devenu l'incontestable star, lui le jeune homme de Boulogne-sur-Mer, passé à la vitesse de l'éclair de joueur de National à « l'un des plus grands clubs du monde ». Dès ses premières semaines à Munich, les dribbles et coups de génie du milieu droit d'1m70 font chavirer le cœur des Bavarois. L'Allemagne, si rude parfois, se prend d'amour pour ce jeune homme de 24 ans à qui elle offre sur l'une des plus grandes places de Munich, un portrait-géant. « Ils n'ont peut-être jamais vu un joueur comme moi qui aime rigoler, qui aime chambrer », plaisante Ribéry. « Je suis quelqu'un de simple et normal », ajoute le vice-champion du monde.
    Pour lui qui ne parle pas encore l'allemand, la presse sportive locale se met à réviser fébrilement son français oublié depuis les bancs du lycée. Elle s'intéresse aussi aux cicatrices de sa nouvelle idole victime d'un accident automobile à l'âge de 2 ans et le bombarde de questions sur sa religion, l'islam. « Je fais mes cinq prières par jour, je ne mange pas de porc », détaille le sportif qui prie brièvement avant chaque match, « parce que cela me permet de me libérer, parce que je me sens bien après ». Dans les allées du club, il salue tous les employés qui croisent son chemin. Il est chez lui. « Je m'entends très bien avec tout le monde », dit-il. « Il faut prendre deux minutes pour faire une photo ou signer des autographes parce que pour les gens c'est important ».
    Les supporters munichois en sont presque déroutés. Car ils avaient dû se résoudre à voir leur club devenir un FC Hollywood où les humeurs des stars étaient encore plus capricieuses que la météo allemande. Bien sûr, dit Franck Ribéry, qu'il est heureux d'être le chouchou du public. Car on devine aussi que la vie, sur le gazon vert comme sur le bitume de Boulogne-sur-Mer, n'a pas toujours été sans accrocs. « Je mérite ce qui m'arrive parce que j'ai connu des moments très difficiles », lâche-t-il. Et c'est à peine si l'on perçoit un voile de fierté dans son regard quand on évoque avec lui ce commentaire trouvé dans un journal allemand : « Le Bayern sans Ribéry, c'est un peu comme des enfants privés de leur maman.»

    CFA : Metz, primes d'intéressement

    FC Metz. 11e avec 41 points (6v, 5n, 7d). Les trois dernières rencontres : défaite à Vesoul (2-1), défaite à Mulhouse (3-0), victoire face à Nancy (3-1).
    RC Strasbourg. 7e avec 44 points (6v, 7n, 6d). Les trois dernières rencontres : victoire face à Belfort (1-0), nul face à Raon (2-2), défaite à Vesoul (3-1).
    A l'aller. Metz - Strasbourg (0-0).
    L'enjeu. Vainqueur du voisin nancéien dimanche dernier, le FC Metz doit profiter du second derby de l'Est pour tenter de toucher les dividendes de cette probante victoire obtenue à Delaitre.
    Le groupe. Pas de suspendu. Pas de blessé. José Pinot devrait vraisemblablement reconduire un groupe assez similaire à celui ayant battu Nancy. Il lèvera le voile, aujourd'hui, après l'ultime séance d'entraînement.
    L'avis de l'entraîneur, José Pinot. « La semaine dernière, il s'agissait de rectifier le tir après une très mauvaise série. Nous avons su répondre présents. Demain, en Alsace, il n'est pour autant pas question de céder à l'euphorie. Après chaque rencontre, même après un beau succès comme celui obtenu face à Nancy, il faut savoir se remettre en question. C'est à cette seule condition que nous pourrons prétendre reproduire une partition aussi satisfaisante. »
    Complexe sportif de Geispolsheim demain (15h)

    Double billetterie du Mondial 1998: Marc Loison relaxé

    Le tribunal correctionnel de Paris a condamné hier à dix mois de prison avec sursis et 5000 euros d'amende Gilles Favard, jugé coupable d'avoir escroqué quelque 30 000 supporters lors du Mondial 98, mais a blanchi l'ex-directeur général d'ISL France Marc Loison. « C'est une décision que nous attendions depuis un certain nombre d'années », s'est réjoui l'avocat de Marc Loison, Me Pierre Haik, regrettant des « poursuites injustifiées ».
    Le parquet avait requis dix mois avec sursis et 20 000 euros d'amende contre Gilles Favard, et huit mois avec sursis et 20 000 euros d'amende contre Marc Loison, qu'il considérait comme son « complice ».
    Dix ans après les faits, le dossier avait beaucoup perdu de sa substance lors des audiences des 8 et 9 novembre. Pourtant, l'affaire avait fait grand bruit à l'époque : des milliers de supporters, notamment japonais, belges, néerlandais et brésiliens, victimes d'aigrefins, s'étaient vu privés des billets qu'ils avaient achetés pour assister aux rencontres. Deux jours après le lancement de la compétition, le 10 juin 1998, les plaintes s'étaient accumulées, provenant de toute une pléiade de tour-opérateurs étrangers qui avaient payé des billets à Gilles Favard - qui se faisait passer pour un membre d'ISL, partenaire commercial de la FIFA - mais n'avaient pas été livrées.

    Metz, où tout devient possible

    En visite aujourd'hui, Valenciennes ne s'est jamais imposé à Saint-Symphorien. Le rappel n'est pas forcément rassurant : sur ses terres, cette saison, Metz a souvent pris la tendance à contre-pied.

    1) Metz - Rennes, le 26 janvier dernier, vingt-huitième minute : les Bretons prennent l'avantage grâce à Olivier Thomert. Rennes n'avait plus marqué à l'extérieur depuis le 28 octobre 2007, à Lens. 2) Metz - Strasbourg, 5 octobre 2007 : Strasbourg s'impose sur la pelouse de Saint-Symphorien grâce à deux buts signés Mouloungui et Renteria. Cela faisait vingt-quatre ans que les Alsaciens n'étaient pas rentrés chez eux avec trois points de plus au compteur.
    Inutile de poursuivre plus loin la remontée dans le temps. Ces deux exemples suffisent à étaler au grand jour la friabilité de la donne historique lorsque celle-ci passe entre les mains du FC Metz version 2007-2008. Ici-bas, le passé ne déteint pas toujours sur la vérité du présent. Impossible, dès lors, de considérer la venue de Valenciennes en s'appuyant sur le bilan des confrontations entre les deux équipes en première division. Dommage pour Yvon Pouliquen et les siens. Sur le papier, l'examen des archives ne laisse, en effet, aucune chance aux Nordistes, sinon celle de repartir après avoir partagé les points, comme ce fut le cas lors du dernier Metz - Valenciennes, lors de la saison 1992-1993.
    A en croire les registres, Metz dispose donc bel et bien de tous les arguments pour repousser à plus tard l'heure de sa quatorzième défaite. En attendant celle-ci et le déplacement à Lyon, dès la semaine prochaine, la lecture des statistiques laissera même entrevoir aux plus optimistes la fin d'une traversée du désert à domicile entamée après le passage de la dernière victime, Le Havre, le 27 avril dernier. Avril, mai, juin, juillet... Janvier, février. Eh oui, voilà bientôt dix mois que le public messin n'a pas eu le plaisir de rebrousser chemin le sourire aux lèvres... Pas vache, ce même public - quand bien même sera-t-il sûrement moins fourni - allégera encore sa bourse de quelques euros, ce soir, avec l'espoir pudiquement caché au fond de lui, d'assister à l'événement : voir Metz gagner à la maison. Parce que leurs rares succès, cette saison, les Grenats sont allés les cueillir loin de chez eux. Le dernier en date, à Strasbourg, a peut-être conservé assez de fraîcheur pour offrir les pelletées de terreau nécessaire à l'entretien d'un semblant de foi commune. Quinze jours, à peine, se sont en effet écoulés depuis l'expédition rondement menée à la Meinau (0-3). Contre une semaine depuis la punition infligée par les Bordelais au promu messin (3-0)...
    Plus joueur, sans doute, depuis l'arrivée d'Yvon Pouliquen aux commandes, Metz reste un pion trop fragile et par là même insaisissable. Qu'attendre aujourd'hui de la douzième apparition à domicile de Christophe Marichez et de ses coéquipiers ? Rien de moins que l'impossible. De quoi nous faire douter, oui. Mais vu qu'ici, tout est possible...

    Valenciennes, la belle à faire

    Après avoir assumé son statut de promu dans la douleur, la saison passée, Valenciennes s'est débarrassé de ses complexes. Sixièmes aujourd'hui, les Nordistes ont les arguments pour poursuivre leur croissance.

    La tendance. Les lendemains de fêtes ont laissé des traces chez les pensionnaires du stade Nungesser : la première rencontre de l'année 2008 aura ainsi été la dernière des Valenciennois en Coupe de France. Cette sortie de route, à Lorient (2-1), a donné le coup d'envoi d'un mois de janvier douloureux pour l'équipe d'Antoine Kombouaré. En dehors d'un sursaut face à Saint-Etienne, les Nordistes ont accumulé les contre performances, perdant successivement face à Marseille (3-1), Lens (1-2) et Sochaux (1-0). Redescendus dans le ventre mou du classement après avoir longtemps rôdé aux portes des places qualificatives pour l'Europe, ils ont su rectifier le tir au bon moment : la victoire obtenue la semaine dernière face à leur bourreau en Coupe de France (3-0) a redonné une perspective plus intéressante au parcours d'un club qui, il y a quatre ans encore, évoluait encore en National. L'homme en forme. Il s'appelle Steve Savidan. La courbe de progression du joueur formé à Angers a épousé celle d'un club valenciennois qu'il a rejoint en 2004 : depuis, l'attaquant est devenu une pièce indispensable au rayonnement de son équipe. Meilleur buteur de National (19), meilleur buteur la saison suivante en Ligue 2 (16), Savidan a parfaitement négocié l'ascension en Ligue 1, comme en témoignent ses treize réalisations l'an passé, soit plus d'un tiers des buts inscrits par Valenciennes durant l'exercice. Son capital est aujourd'hui de huit buts. Agé de vingt-neuf ans, le joueur est un atout indéniable pour l'entraîneur nordiste, lequel profite aussi de la présence de Johan Audel, arrivé cet été en provenance de Lille : à eux deux, les attaquants ont inscrit quinze des trente buts marqués depuis le coup d'envoi du championnat.
    Le chiffre. 0, comme le nombre de victoire remportée par Valenciennes sur la pelouse du stade Saint-Symphorien : dix des dix-sept confrontations entre les deux équipes se sont, en effet, soldées par un succès messin. Aujourd'hui, quinze ans après leur dernier passage sur les bords de la Moselle (0-0), les Nordistes auront donc l'occasion de signer une première : il faudra pour cela que les joueurs d'Antoine Kombouaré fassent mentir les statistiques de leurs pérégrinations à l'extérieur. Sixième au général, les Valenciennois font partie des trois équipes les moins efficaces du championnat loin de leur base : ils n'y ont récolté qu'une victoire, le 28 août dernier à Lorient (1-3), contre trois nuls et huit défaites.

     Marichez : « Il fallait que ça sorte »

    Sorti de sa réserve naturelle après la défaite concédée à Paris, le 23 janvier, le capitaine messin s'explique : « C'était plus un cri du cœur ».

    Christophe Marichez, en poussant votre coup de gueule, il y a quelques semaines, après la défaite contre Paris (3-0), vous aviez montré un visage qu'on ne vous connaissait pas... « C'est vrai, jusque-là, j'avais toujours essayé de rester mesuré et constructif dans mes propos, même s'il m'était déjà arrivé de la ramener dans le cadre du vestiaire... Mais ce soir-là, il faut croire que la coupe était pleine. Il y a trop de choses qui n'allaient pas. Et surtout, j'ai eu le sentiment que tout le monde n'avait pas tout donné. Mon coup de gueule, c'était plus un cri du cœur qu'autre chose. »• Le soulagement a suivi ? « Non, ce n'est pas le mot que j'emploierais. Au niveau des résultats, de toute façon, ça n'a pas servi à grand-chose. Mais il fallait que toutes ces tensions sortent. Je sais que ce que nous vivons est difficile à supporter pour tout le monde. Pour moi d'autant plus, en tant que gardien... A un moment, tu en as ras-le-bol d'encaisser, et tu ne sais plus vraiment quoi faire. »
    • A vos yeux, il n'y a donc pas eu de changement notoire depuis cette lourde défaite concédée au Parc ?

    « Si, bien sûr, au niveau de l'état d'esprit. C'est le gros point positif. Nous l'avons vu contre Rennes : tout le monde a produit les efforts nécessaires pour nous remettre dans le sens de la marche. On s'est arraché. C'est la voie à suivre. »

    • Votre dernière victoire sur la pelouse de Saint-Symphorien remonte au 27 avril dernier. La pression se fait-elle sentir ?

    « Non, je ne vois pas quelle pression nous pourrions ressentir ? Contre Monaco, nous avons pu constater que le public était derrière nous lorsque nous sommes revenus au score. Maintenant, c'est sûr, il faudrait que cette première victoire de la saison à domicile arrive rapidement. »
    • L'objectif face à Valenciennes est donc tout trouvé...

     « Oui. Sur ce que nous avons montré contre Rennes, puis à Strasbourg, et même à Bordeaux, en dépit du score final, nous avons prouvé que nous avons des capacités. Maintenant, ces efforts ne doivent pas en rester là. Contre Valenciennes, il faudra démontrer que nous méritons les trois points. On a tout à gagner dans l'histoire. »

    François revient

    Yvon Pouliquen enregistre le retour de Julien François. Suspendu la semaine dernière, ce dernier retrouvera vraisemblablement son poste de récupérateur, aux côtés de Cédric Barbosa. Sortie prévisible, en revanche, pour Laurent Agouazi. Sur le banc, le numéro 10 messin pourrait retrouver Eric Cubilier : hier, au cours de l'opposition, les couloirs droit et gauche de la défense étaient respectivement confiés à Cheikh Gueye et Manuel Corrales. Le Péruvien, blessé à Strasbourg, pourrait donc connaître sa première titularisation de la saison à Saint-Symphorien. Pas de changement, en revanche, au front : confiance sera à nouveau accordée au duo Aguirre - Renouard. Confronté à de multiples absences, notamment en défense, Antoine Kombouaré n'a pas eu trop de difficultés à faire ses choix. L'entraîneur valenciennois pourrait reconduire le onze vainqueur de Lorient la semaine passée à Nungesser. Savidan, buteur et passeur décisif contre les Merlus, serait alors à nouveau associé à Audel à la pointe de l'attaque. Une incertitude demeure quant à la participation de Sanchez. Déterminant au cours de la première partie de saison, le Colombien fait partie du groupe nordiste malgré une béquille qui l'a empêché de s'entraîner normalement cette semaine.

    Decourrière mis au ban

    Réunie jeudi, la commission de discipline de la Ligue a sanctionné le président de Valenciennes, Francis Decourrière : ce dernier sera privé de terrain et de vestiaire d'arbitre pendant un mois. Le dirigeant valenciennois avait critiqué l'arbitrage de M. Piccirillo, après l'expulsion de Rippert face à Lens (1-2), en déclarant qu'il comprenait « pourquoi la France avait le plus mauvais arbitrage d'Europe. »

    (Site officiel FC Metz) : Metz recouvre ses forces

    Yvon Pouliquen a composé un groupe résolument offensif pour affronter Valenciennes. Antoine Kombouaré, de son côté, compte ses blessés avant ce déplacement. Mais son équipe reste redoutable.

    Cette fois, on n’en voudra pas aux Messins s’ils ne brisent pas la série en cours. En dix-sept rencontres de première division sur le sol de Saint-Symphorien, Valenciennes n’a jamais remporté le moindre succès. Dix victoires pour Metz, sept matches nuls, voilà le bilan des confrontations entre les deux clubs sur les bords de la Moselle. Même s’il est vrai que l’actuel sixième du classement n’a pas toujours évolué en L1, ce chiffre permettra peut-être de réchauffer un peu les cœurs grenats meurtris par ceux de la saison en cours.
    A l’aube de la 25ème journée, il n’est plus nécessaire de les ressasser, et les joueurs gagneront sans doute à les oublier au moment de rentrer sur la pelouse. C’est en évoluant sans complexe qu’ils retrouveront la clé du succès, comme ce fut le cas à Strasbourg en Coupe de France. Reste à briser ce satané signe indien qui prive le public mosellan de victoire depuis de trop nombreuses semaines. Pas besoin de chercher très loin, Yvon Pouliquen s’appuiera, encore et toujours, sur des principes qu’il semble partager avec les Valenciennois, « une équipe que nous devrions copier, qui parvient à faire du bon football avec peu de moyens » selon le technicien messin.
    En premier lieu, il serait idéal d’adopter l’efficacité à domicile de VA. Pour gagner enfin dans son antre, Metz dispose de plus d’arguments qu’hier. Le retour de Cédric Barbosa offre une possibilité supplémentaire au coach messin : « Celui de Cardy en sera une de plus, ajoute-t-il. La concurrence fait avancer ceux qui sont capables de l’accepter. De mon côté, j’aime devoir des choix. » Le retour de suspension de Julien François va l’amener à en faire un au milieu de terrain, tandis que les postulants en attaque sont nombreux.
    Antoine Kombouaré, de son côté, n’emmènera que dix-sept éléments. Cinq de ses hommes sont absents, blessés : Sommeil, Mater, Bezzaz, Chelle et Kharroubi. L’ancien joueur du PSG pourra toutefois compter sur ses deux attaquants Savidan et Audel, auteurs respectivement de huit et sept buts cette saison. Par ailleurs, deux Messins de naissance figurent au sein du groupe : les frères défenseurs Mody et Dame Traoré, qui vivront donc leur première à Saint-Symphorien. Si les supporters messins présents pouvaient eux aussi enfin parler de première cette saison, ce ne serait pas trop tôt !

    Metz - Valenciennes, 25ème journée de Ligue 1
    Stade Saint-Symphorien, samedi 16 février à 20h
    Arbitre : Damien Ledentu

    Voici les dix huit joueurs sélectionnés pour affronter Valenciennes demain.
    Gardiens : Marichez, Mayebi
    Défenseurs : C. Gueye, Diop, Delhommeau, Corrales, Cubilier
    Milieux de terrain : Pjanic, Gygax, Agouazi, François, Barbosa, Bessat
    Attaquants : N'Diaye, B. Gueye, Aguirre, Renouard, Chapuis

    (Quotidien l’Equipe) : Valenciennes, première victime ?

    C’EST POUR QUAND ? – Après onze matches à Saint-Symphorien, Metz n’a toujours pas gagné chez lui cette saison, comme Strasbourg il y a deux ans. Rappelons que le record de la Première Division (quatorze matches sans victoire) a été établi par Nîmes en 1993. « La solution est psychologique, bien sûr, commente Yvon Pouliquen. Cela dépend beaucoup de notre état d’esprit. On a montré contre Rennes (1-1) qu’on était capables de revenir au score. On commence à avoir des ressources mais c’est fragile. »

    ENVIE DE SÉRIE. – Après quatre défaites consécutives, dont une en Coupe de la Ligue, les Valenciennois ont bien réagi face à Lorient (3-0), la semaine dernière. Antoine Kombouaré verrait d’un bon œil son équipe« entamer une petite série », sous-entendu de victoires, mais il craint énormément le déplacement en Lorraine, où il espère que la mauvaise série messine, elle, ne s’arrêtera pas. « Les pronostics sont en notre faveur et je n’aime pas ça. Je ne tiens pas non plus à ce que nous soyons les premiers à perdre à Metz. » De fait, les performances valenciennoises à l’extérieur ne sont pas fameuses (une seule victoire à Lorient, 3-1) et sept joueurs étaient blessés durant la semaine : Chelle, Sommeil, Mater, Kharroubi, Bezzaz, Sanchez et Ouaddou. Ce dernier, qui souffre du dos, est probablement le seul à avoir récupéré.

    LE RENOUVEAU DE RENOUARD.

    Pour décrocher une première victoire à domicile, l’entraîneur de Metz, Yvon Pouliquen, pourrait aligner le duo Aguirre-Renouard, jamais titularisé à Saint-Symphorien. À l’extérieur, leur entente a semblé intéressante et le repositionnement de Renouard en attaque est sans doute la meilleure trouvaille de Pouliquen. « Je suis épanoui, dans mon élément, commente l’attaquant messin. C’est mon poste de formation, mais Jean Fernandez m’avait replacé milieu droit. Physiquement, je suis bien, dans la tête aussi, maintenant, je dois être plus efficace. »

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    February 15

    Un trésor est caché dans le jardin de Saint Symphorien...Les grenat sauront-ils le déterrer ?

    La phrase du jour (qui n'a rien à voir avec le sport et avec laquelle je suis tellement d'accord !) ; "On ne traumatise pas les enfants en leur faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays, pour leur dire un jour, c'est vous qui écrirez l'histoire de ce pays" (Simone Veil). Enfin une réaction de bon sens, dans ce pays, face aux déclarations immatures d'un président resté au stade de l'adolescence boutonneuse...Si peu dignes d'un représentant de la France! Mon père doit se retourner tous les jours dans sa tombe...

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : une séance d'entraînement. Aujourd'hui : une séance d'entraînement à 15 h 30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Bordeaux - Metz (24e journée de Ligue 1), samedi 9 février : 3-0. Prochain match : Metz - Valenciennes (25e journée), samedi 16 février à 20 h. A suivre : Lyon - Metz (26e journée), samedi 23 février à 20 h ; Metz - Caen (27e journée), samedi 1er mars à 20 h.
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (cuisse) et Julien Cardy (pied) sont toujours à l'arrêt.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Dispensé d'entraînement mercredi, Cheikh Gueye (douleur au genou) a participé normalement à la séance d'hier. « Il a même gagné au tennis-ballon », rigolait Yvon Pouliquen, satisfait de pouvoir compter sur un groupe « qui s'étoffe de jour en jour. Pour n'importe quel technicien, plus il y a de choix à faire, mieux c'est. »

    Kombouaré fait le nombre

    Face à un groupe victime d'une hécatombe de blessures, l'entraîneur de Valenciennes s'est remis en question et s'est demandé s'il n'était pas trop dur avec ses joueurs qui se déplacent demain à Metz.

    A l'entraînement, Antoine Kombouaré n'a pu compter mercredi que sur treize joueurs de champ. Ouaddou (dos), Mater (ischio), Sommeil (genou) Chelle (quadriceps) Bezzaz (quadriceps), Kharroubi (cheville) et Sanchez (cuisse) sont touchés. Et il a dû rechausser les crampons pour organiser une simple opposition. « C'était pour faire le nombre. Je vous rassure, je ne reprendrai pas de licence », a ironisé le Néo-Calédonien, auquel il faut une bonne dose d'humour pour garder le moral. Surtout lorsque faute de combattants, il ne peut aligner que quatorze joueurs sur la feuille de match. Au-delà de ce constat numérique, Kombouaré se questionne. Cherche à comprendre les raisons de cette « pandémie » de blessures dans son effectif décimé. Depuis le début de la saison, avec le milieu défensif Jeovânio, victime de la fracture d'un péroné avec arrachement ligamentaire.
    « Dans ces cas-là, on se remet en question, bien sûr. Est-ce qu'on en demande trop aux garçons ? Est-ce qu'ils sont capables d'encaisser mes séances ? », s'interroge Kombouaré, conscient aussi qu'il dispose de l'un des effectifs les plus réduits du championnat et doit souvent parer au plus urgent. Un exemple : le défenseur Rudy Mater. « En janvier, je sentais bien que Mater commençait à piocher. Mais il y avait beaucoup de blessés. Il devait jouer », se souvient Antoine Kombouaré. Résultat ? Un mois d'arrêt pour une déchirure musculaire. « S'il n'y avait que ce type de blessure, je me poserais des questions. Mais il y aussi des accidents qu'on ne peut pas anticiper », poursuit l'ancien défenseur du PSG. Ainsi, c'est Sommeil qui a touché son coéquipier Bezzaz lors d'un entraînement, avec opération à la clef. Sochaux, Kombouaré a pu à nouveau aligner le Colombien Carlos Sanchez. Il venait de soigner une béquille. Et il « en reprend une exactement au même endroit », soupire le patron des Valenciennois qui ne veut pas croire à la fatalité et continue à demander beaucoup. « Un garçon comme Sanchez ne connaît pas son corps. Il est très généreux, mais parfois, il faut faire attention, et savoir s'arrêter. En ce qui concerne Johan Audel, son souci à la cuisse, il le traîne depuis tout petit », plaide Kombouaré.
    Dans ce contexte, l'entraînement dit invisible prend toute son importance. « Après trois déchirures cette saison, j'ai vu des médecins et écouté les conseils. Je m'étire longuement après chaque entraînement. Et je prends plus de temps pour m'hydrater », explique Audel. C'est à cette condition qu'Audel sent qu'il peut assumer ce qu'on lui demande et la multiplication des matches. « C'est vrai, les entraînements sont durs. On s'entraîne comme on joue. Et il y a aussi beaucoup de concurrence », ajoute le nordiste, décidé à « ne pas lâcher ». Comme le VAFC.

    Doumeng : « Pas d'autre ambition que le maintien »

    Le milieu de terrain de Valenciennes aborde avec sagesse et prudence les échéances à venir. Mais avec une réelle envie de ne pas repartir bredouille de Saint-Symphorien.

    Geoffrey, après trois défaites consécutives (à Marseille, face à Lens et à Sochaux), Valenciennes a renoué avec la victoire face à Lorient (3-0). Un soulagement ?

    « Il fallait rebondir le plus vite possible afin de mettre un terme à cette mauvaise série, d'autant que nous avions encore la première défaite de la saison concédée à domicile face à Lens (1-2) en travers de la gorge. On voulait repartir sur une dynamique positive, de victoire, de confiance et c'est le cas. »

     • Dans quels domaines avez-vous senti des progrès par rapport à vos sorties précédentes ?

    « Sur le plan de l'efficacité principalement. On pêchait dans la finition ces derniers temps. A Marseille, par exemple, nous réalisons une bonne prestation d'ensemble tout en nous créant des occasions. Mais pas suffisamment pour l'emporter. De plus, face à Lorient, même si nous avons été un peu chahutés en début de rencontre, nous avons su resserrer les rangs et éviter les erreurs défensives constatées ces dernières semaines. Au final, cela fait trois points qui nous permettent d'avancer pour le maintien. »
    • Valenciennes, sixième à seulement six points de Nancy, troisième, peut-il vraiment toujours prétendre jouer uniquement le maintien ?

    « Si l'on se borne à regarder vers le haut, peut-être qu'un destin européen se dessine en filigrane. Malheureusement, un coup d'œil juste derrière nous, invite à une extrême prudence. Ce championnat est extrêmement serré. Alors, dans l'état actuel des choses, je vous réponds effectivement que Valenciennes n'a pas d'autre ambition que le maintien. Dans cinq ou six rencontres, peut-être que mon discours sera différent. »
    • Votre éventuel appétit européen passe donc par un résultat, demain, sur la pelouse de Saint-Symphorien. Une rencontre qui ressemble, à s'y méprendre, à un match piège...

    « Si vous le dites, c'est que cela doit être le cas ! Il est évident que prendre ce match à la légère sous prétexte que Metz occupe la dernière place du classement, serait une grave erreur. Il faudra se méfier de cette équipe messine qui a faim de victoire et qui n'a plus vraiment de pression. Mais la seule chose importante à mes yeux, c'est de faire fructifier les trois points acquis samedi dernier face à Lorient. Que ce soit Metz ou une autre équipe, peu m'importe. »
    • Un mot sur Steve Savidan, l'actuel meilleur buteur valenciennois avec huit buts réalisations.

    « C'est un atout incontestable quand... il veut bien marquer (rires). Non, sérieusement, Steve est imprévisible, capable de choses extraordinaires. Par ses appels, il peut créer la différence. »
    • Mais il n'a encore jamais marqué à l'extérieur...

    « Ah oui ? (Il réfléchit) C'est vrai... Peut-être qu'il ouvrira son compteur demain à Metz. C'est tout le mal que je (lui) nous souhaite. »

    (Site officiel FC Metz) : Se mettre à l’abri

    De retour de la CAN, Abdeslam Ouaddou a renoué avec la victoire avec Valenciennes. Le club nordiste restait sur une série de trois défaites d’affilée avant de battre Lorient trois buts à zéro. De quoi envisager le déplacement à Metz sereinement.

    Abdeslam, vous avez participé à la Coupe d’Afrique avec le Maroc, quel bilan en faites-vous ?
    A.O. : « Nous sommes sortis par la petite porte, dès le premier tour, alors que nous étions parmi les favoris. Il y avait un coup à jouer au regard des matches que nous avions réalisés contre la France et le Sénégal en préparation. Nous sommes bien rentrés dans la compétition en l’emportant 5 buts à 1 contre la Namibie. Ensuite, je ne sais pas ce qui s’est passé. Deux clans se sont formés au sein du groupe, l’état d’esprit n’y était pas. Henri Michel en a fait les frais, c’est dommage car nous misions sur lui, sur la stabilité, pour ramener le Maroc à une bonne place en Afrique. C’est la preuve que le talent, la qualité ne suffisent pas. Il faut un état d’esprit irréprochable, un collectif comme l’a montré l’Egypte. Nous avions une belle équipe, mais nous n’avons pas su mettre nos qualités au service du collectif. »
    Du côté de Valenciennes, la récente victoire sur Lorient (3-0) a mis fin à une période délicate. Que s’était-il passé ?
    Abdeslam Ouaddou : « Nous avons connu un mois de janvier un peu difficile. Un coup de moins bien avec pas mal de blessés, de suspendus, peut-être une fatigue générale également, cela arrive souvent aux équipes ayant bien débuté. Nancy ou Le Mans sont également passés par là. Cette fois, c’était à notre tour. Nous voulions gagner contre Lorient pour mettre un terme à cette série, c’est chose faite. Ces trois points nous font du bien car nous souhaitons nous mettre à l’abri au plus vite. Nous pourrions nous dire que nous sommes sauvés avec trente-cinq points mais le maintien jouera peut-être à 44 points cette saison. Le classement est très serré. »
    Vous n’êtes pas non plus très éloigné des places européennes…
    A.O. : « On peut voir cela comme ça en effet, mais notre objectif reste d’assurer notre maintien au plus vite. C’est la deuxième saison du club en Ligue 1, il sera temps de voir plus haut après. Ce n’est pas impossible de jouer l’Europe, nous sommes bien classés et les équipes qui nous devancent ne sont pas très loin. On va voir, cela dépendra déjà du match de Metz ce samedi. »
    Justement, les Grenats ont beaucoup de peine cette saison. Comment abordez-vous ce match ?
    A.O. : « Nous allons venir à Metz pour essayer de gagner, avec de l’ambition. Après, entre vouloir et pouvoir, il y a une différence. Je connais bien les Messins et l’esprit lorrain en général. Même si cela fait neuf mois qu’ils n’ont pas gagné chez eux, ils seront là au niveau de l’état d’esprit, d’autant qu’ils viennent de changer d’entraîneur. Leur but est de se racheter devant leur public. Au classement, ils n’ont rien à perdre. Ils vont tout donner, essayer de pratiquer du beau football. »

    Quotidien l’Equipe) : VALENCIENNES : KOMBOUARÉ SE REMET EN QUESTION.

    Confronté à une cascade de blessures, Antoine Kombouaré n’a pu compter, mercredi à l’entraînement, que sur treize joueurs de champ, le technicien de Valenciennes ayant même dû rechausser les crampons afin d’organiser une opposition, « pour faire le nombre ». Des forfaits (Ouaddou, Mater, Sommeil, Chelle, Bezzaz, Kharroubi, Sanchez), sans compter l’absence depuis le début de la saison de Jeovânio (fracture d’un péroné avec arrachement ligamentaire), qui l’ont amené à s’interroger. « Dans ces cas-là, on se remet en question. Est-ce qu’on en demande trop aux garçons ? Est-ce qu’ils sont capables d’encaisser mes séances ? » Autant de questions pour le Néo-Calédonien, qui n’a pas toujours eu le choix : « En janvier, je sentais bien que Mater commençait à piocher. Mais il y avait beaucoup de blessés. Il devait jouer. »

    Aujourd’hui, le défenseur est arrêté pour une déchirure musculaire. Et à Metz, le coach nordiste n’aura pas à beaucoup réfléchir pour composer son équipe : il ne pourra aligner que quatorze joueurs.

    Decourrière interdit de terrain

    Réunie hier, la commission de discipline de la Ligue a interdit le président de Valenciennes, Francis Decourrière, de terrain et de vestiaire d’arbitre pendant un mois. Il avait, après une expulsion de Rippert, dénoncé l’arbitrage de M. Piccirillo, expliquant qu’il voyait « pourquoi la France avait le plus mauvais arbitrage d’Europe ».

    Du changement chez les agents

    CETTE FOIS, le chemin vers une réforme législative concernant l’exercice de la profession d’agent sportif semble tout tracé. Le nouveau texte – une proposition de loi – pourrait être adopté, décrets d’application non compris, avant la fin de l’été, selon les plus optimistes.

    « On a franchi un cap, se félicite Jean Lapeyre, directeur juridique de la FFF. La réalité du mouvement sportif a été prise en compte. »

    Mardi matin, au ministère des Sports, représentants de joueurs, d’agents, de fédérations et de ligues professionnelles ont été unanimes pour s’accorder sur un avant-projet. Le renforcement de la loi en 2000 complétée par décret en 2002 n’a pas permis de moraliser une profession rattrapée par la justice. Curieusement, la mesure essentielle valide une pratique interdite, donnant la possibilité aux clubs de rémunérer les agents à la place des joueurs. Même Philippe Piat, président du syndicat des joueurs (UNFP), s’y est résolu :

    « Qu’est-ce que je peux faire seul contre tous ? Je leur donne rendez-vous dans quatre ans. Il y a quelque chose de suspect à voir les uns s’évertuer à payer pour les autres. Aujourd’hui, on met en place une usine à gaz pour régler un problème simple : c’est au joueur de payer son agent et de déclarer ses impôts comme il l’entend. Le problème de la fiscalité peut être réduit fortement. »

    « Je suis d’accord avec lui, répond Me Jean-Pierre Karaquillo qui, pour le CNOSF, a dirigé un groupe de travail sur les agents. Mais il y a la théorie et la pratique. »Une pratique intégrée par le nouveau règlement de la FIFA qui indique toujours que « l’agent doit être rémunéré directement par son mandant pour les services rendus et en aucun cas par une tierce partie » mais qui, depuis janvier, est complété par : « Cependant, après la conclusion de la transaction, le joueur peut autoriser le club, par consentement écrit, à rémunérer son agent pour son compte. » Piat a demandé la même garantie dans la loi française. Philippe Flavier, le responsable de l’Union des agents sportifs de football (UASF), aimerait que le nouveau texte retienne la notion de courtage (mise en relation de deux parties dans l’objectif d’un contrat) et non plus de mandat : « C’est du courtage que nous faisons. Il faut être pragmatiques. Mais j’attends beaucoup aussi de l’augmentation des sanctions pour, comme le dit Bernard Laporte, éloigner les brebis galeuses. »

    À l’avenir, la liste des incompatibilités devrait être élargie, notamment, aux personnes condamnées pour atteinte à la morale et à l’éthique sportive. Enfin, le contrôle ne serait plus triennal mais annuel. Un détail qui ne fait pas sourire la FFF qui gère aujourd’hui… 220 licences contre 50 en 2001.

    MetzVA2008ouaddou

    February 14

    Babacar sans CAN...

    dans mon jardin d'hiver...

    (R.L.) : FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : une séance d'entraînement. Aujourd'hui : une séance d'entraînement (10h). Demain : une séance à 15h30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Bordeaux - Metz (24e journée de Ligue 1), samedi 9 février : 3-0. Prochain match : Metz - Valenciennes (25e journée), samedi 16 février à 20 h. A suivre : Lyon - Metz (26e journée), samedi 23 février à 20h ; Metz - Caen (27e journée), samedi 1er mars à 20h.
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (cuisse) et Julien Cardy (pied) sont toujours à l'arrêt. Cheikh Gueye (douleur au genou) a été dispensé d'entraînement hier. Rien d'inquiétant : son retour est prévu ce matin.
    Suspendu. Aucun.
    La phrase du jour. « Il n'a jamais relâché ses efforts depuis qu'il s'entraîne avec l'équipe réserve. Il reste sur des prestations convaincantes en championnat (CFA), toutes les raisons étaient réunies pour qu'il réintègre le groupe. » D'Yvon Pouliquen au sujet de Dino Djiba. Hier, soit plus de cinq mois après sa dernière apparition en Ligue 1 (le 29 août, contre Bordeaux), le milieu de terrain a fait son retour dans le groupe professionnel. L'entraîneur messin a saisi cette occasion pour préciser que d'autres changements étaient susceptibles d'intervenir « dans les jours ou les semaines à venir. Les joueurs sont pourtant prévenus : je veux des hommes qui donnent le maximum».

     Babacar Gueye : « L'envie n'est pas la même »

    La déception liée à la Coupe d'Afrique des Nations est digérée, son envie d'ailleurs s'est envolée : l'international sénégalais aborde la fin de saison avec ambition.

    « Ce sera peut-être mon dernier match avec Metz ». Ces mots sont les vôtres, ils remontent à la veille du déplacement à Lorient, le 22 décembre dernier. Depuis, vous avez rejoué sous le maillot messin avant de participer à la Coupe d'Afrique des Nations. Dans quel état d'esprit êtes-vous revenu ? « Très motivé ! Même si la CAN ne s'est pas déroulée au mieux pour le Sénégal, cette compétition m'a fait du bien. Maintenant, j'ai envie de réaliser une bonne fin de saison avec mon club. »

    • Puisque vous évoquez la CAN : le Sénégal faisait partie des favoris. Or, il a été éliminé dès le premier tour. Une déception de plus pour le Messin que vous êtes ?

     « Non, je ne vois pas les choses de cette façon. C'est vrai que le Sénégal avait l'habitude, ces derniers temps, de terminer dans le dernier carré, mais voilà, nous sommes tout simplement passés à côté. On n'était pas dedans : le premier match face à la Tunisie nous a fait très mal (2-2). Il nous a fait douter. Mais à titre personnel, même si je n'ai pas beaucoup joué, j'en ai quand même profité pour montrer mes ambitions. J'espère que cela me servira pour l'avenir. Quoi qu'il en soit, je ne regrette pas d'avoir répondu à l'appel de la sélection. »
    • En dépit de ces quelques semaines passées avec votre sélection nationale, Yvon Pouliquen a fait appel à vous, samedi dernier à Bordeaux. Plutôt bon signe pour un joueur en quête de temps de jeu ?

    « Oui, c'est encourageant. Aujourd'hui, j'espère être dans le groupe pour la réception de Valenciennes. De toute façon, je me dis que ça ne pourra pas être pire qu'au cours des six derniers mois... »
    • Pour vous peut-être. Mais pour le FC Metz ? A quoi peut servir la fin d'un championnat où votre sort ne fait plus aucun doute ?

    « A prendre du plaisir et surtout à montrer que nous vallons mieux que les neuf points que nous avons aujourd'hui. On mérite peut-être d'être à cette place au classement, mais notre valeur ne correspond pas aux chiffres qui sont les nôtres, j'en suis persuadé. »

    • Cela n'empêchera pas le FC Metz de figurer parmi les relégués le 17 mai prochain...

    « C'est vrai. Mais si le club doit passer par là pour rebondir, bâtir un autre projet et devenir plus fort... »
    • Il en a eu plusieurs fois l'occasion ces dernières années...

    « C'est vrai aussi. J'espère qu'on saura en tirer les leçons. Que le club parviendra à garder ses joueurs, par exemple. Je suis sûr que Ludo (Obraniak) et Franck (Béria) nous auraient fait beaucoup de bien cette saison. »
    • Et vous là-dedans ? Votre nom a circulé pendant le mercato. Vous même, vous n'aviez pas caché vos envies d'ailleurs...

    « Il était effectivement question que je parte. Les dirigeants étaient d'accord. Mais cela ne s'est pas fait. Etant donné que je partais à la CAN, je savais que cela serait difficile pour moi de susciter l'intérêt. »

    • Vous serez donc Messin la saison prochaine ?

    « Il est trop tôt pour en parler. Aujourd'hui, je dois d'abord me concentrer sur mon jeu, retrouver mon niveau. »
    • Samedi, Metz retrouve Saint-Symphorien, où il ne s'est plus imposé depuis le 27 avril et où vous n'avez toujours pas été titularisé cette saison. Le contraste est saisissant par rapport à 2006-2007.

    « C'est clair. C'est difficile à comprendre... Je suis le premier déçu. Heureusement qu'il nous reste un peu de temps pour rectifier le tir. »
    • Dernière question : durant votre séjour au Ghana, le président Carlo Molinari avait déclaré que « même en Ligue 2 », votre équipe « ne jouait pas au football ». Qu'inspirent ces mots au meilleur buteur de la saison passée ?

    « Il y a des matches où nous avions très bien joué. Mais dans l'ensemble, il n'a peut-être pas totalement tort. Depuis qu'Yvon Pouliquen est là, notre jeu a quand même évolué, il est plus offensif. Vous allez me dire que cela ne nous empêche pas de prendre des buts, mais le changement reste important à mes yeux : lorsque tu rentres sur le terrain et que tu sais que tu vas te procurer des occasions, que tu vas pouvoir rivaliser avec ton adversaire, l'envie n'est pas la même. Nous devons nous en servir pour la suite. »

    (Site officiel) : Pas de soucis pour Gygax et N’Diaye

     Ménagés hier, Daniel Gygax et Momar N’Diaye ont pu s’entraîner normalement aujourd’hui. Ce n’était pas le cas de Cheikh Gueye, qui est resté aux soins en raison d’une douleur au genou.
    Au cours de la séance matinale, le staff messin avait mis en place des exercices voués à travailler les enchaînements offensifs. Les buteurs n’en ont que trop peu profité au gout d’Yvon Pouliquen. « Nous ne sommes pas assez tueurs devant le but », regrette le technicien. Un défaut à corriger face à Valenciennes samedi.

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    February 13

    Dino, comme Stéphane sont dans le bateau de FDT qui prend l'eau. FDT tombe à l'eau...

    Léoni attend son (re) tour

    Stéphane Léoni n'est plus réapparu dans le onze messin depuis le 15 décembre. « Maintenant, la balle n'est plus dans mon camp », estime le défenseur.

    Des changements sont envisageables. A ceux qui n'en font pas partie de venir bousculer les autres. » Nous sommes le 8 janvier. Yvon Pouliquen vient de communiquer la liste des joueurs avec lesquels lui et Michel Ettorre, fraîchement investis à la tête du FC Metz, entendent travailler au quotidien. Le tri opéré fait des victimes. Inéluctable. De son propre chef, Stéphane Léoni décide d'en faire partie. « Il a eu l'honnêteté de me dire qu'il ressentait le besoin de souffler », glissait alors l'entraîneur, dans la foulée de son annonce.Plus d'un mois s'est écoulé. Naufragé à l'écart des autres naufragés messins, Léoni ne simule pas la perte de mémoire : « C'est vrai, j'avais demandé à travailler avec l'équipe réserve. J'avais besoin de me refaire physiquement. » Moralement, aussi.
    Le défenseur ne s'en cache pas : « A la fin de l'année, je n'avais plus la tête à mon métier. » Le joueur, comme d'autres, est usé par une première partie de saison catastrophique. Et l'homme, lui, est touché par une déchirure familiale. Le 15 décembre, le contenu de sa dixième titularisation face à Sochaux résume tout son mal être. « J'ai fait un match pourri, je le sais... » Le dernier en date en Ligue 1. Depuis, le nom du défenseur circule sur les registres du Championnat de France Amateur.
    Dimanche, il s'est ainsi associé à la victoire remportée par l'équipe réserve face à Nancy.
    La victoire dans le derby, la confiance de José Pinot, tout cela ne suffit pas. Dans la balance, l'incompréhension prend rapidement le dessus. « J'ai retrouvé mon niveau, je suis à 100 %. J'ai vraiment envie de rejouer et de me défoncer pour ce club, mais... » Ça ne sera pas encore cette semaine. Pour quand, alors ? « C'est une question qu'il faut poser à l'entraîneur. Mais étant donné qu'on nous a affirmé que la porte restait ouverte, j'espère retrouver le groupe professionnel prochainement, oui, j'espère encore. Et je fais tout pour. »
    En attendant, Léoni apprend à marcher à l'ombre. Sans rancune aucune vis-à-vis du duo qui, fin décembre, a succédé à Francis De Taddeo. Son ancien entraîneur, dont il est d'ailleurs toujours le beau-fils. De là à voir dans ce lien de parenté l'explication de sa mise à l'écart, il y a un pas que le défenseur préfère ne pas s'autoriser. « Je n'ai pas envie de me monter la tête. Je mentirais si je disais que le renvoi de Francis ne m'a pas affecté, mais je n'ai absolument rien contre Yvon et Michel. Vivre dans l'expectative est déjà assez difficile à gérer pour ne pas en rajouter... »
    Les mots ne trompent pas. La frontière du supportable n'est plus très loin. A bientôt trente-deux ans, il les fêtera le 5 mars prochain, Stéphane Léoni sent le cap approcher. « Poursuivre de cette façon, je ne l'envisage pas. Il me reste un an et demi de contrat... Si rien n'a changé d'ici à la fin mars, j'irai voir Joël Muller, le directeur sportif, pour en savoir un peu plus. Si on ne compte plus sur moi, qu'on me le dise, tout simplement. Maintenant, je crois que la balle n'est plus dans mon camp. Je n'ai pas d'autre choix que celui d'attendre. Si on ne me donne pas la possibilité de réintégrer l'effectif pro, c'est qu'il y a peut-être quelque chose derrière. »

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : une séance d'entraînement. Aujourd'hui : une séance à 10h15, précédée d'une séance vidéo. Demain : une séance à 10h.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Bordeaux - Metz (24e journée de Ligue 1), samedi 9 février : 3-0. Prochain match : Metz - Valenciennes (25e journée), samedi 16 février à 20h. A suivre : Lyon - Metz (26e journée), samedi 23 février à 20h ; Metz - Caen (27e journée), samedi 1er mars à 20h.
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) est toujours à l'arrêt. Idem pour Julien Cardy : le milieu de terrain avait ressenti des douleurs au pied au cours de sa première apparition en L1 cette saison, le 12 janvier dernier à Lille. L'examen médical qu'il devait passer cette semaine a été repoussé à une date ultérieure. Dispensés hier, Daniel Gygax (pubis) et Momar N'Diaye (cuisse) reprendront normalement ce matin.
    Suspendu. Aucun.
    Le retour du jour. Celui de Luis Delgado. L'international angolais, attendu en fin de semaine passée, n'a rejoint ses coéquipiers qu'hier matin. Mais il n'a pas participé à la séance commune, se contentant de trottiner en solo autour du terrain, histoire de rattraper le temps perdu...
    L'info du jour. Jeff Strasser et Rudy Gestede ont réintégré le groupe d'Yvon Pouliquen. Le défenseur (fracture du troisième métatarse du pied droit) et l'attaquant (déchirure à la cuisse) étaient respectivement absents depuis le 8 décembre (Saint-Étienne) et le 15 décembre (Sochaux). Tous deux devront patienter encore un peu avant de pouvoir regoûter à la compétition : leur participation au match de samedi n'est pas envisagée par leur entraîneur.

    Dino Djiba aussi...

    Stéphane Léoni n'est pas le seul à ne pas être réapparu sous le maillot grenat depuis l'arrivée d'Yvon Pouliquen et Michel Ettorre. Dans les vestiaires de l'équipe réserve, le défenseur a ainsi retrouvé la trace de Dino Djiba. Comparable, le cas du milieu de terrain n'en reste pas moins différent : le Sénégalais n'a pas attendu la nomination d'un nouvel entraîneur pour voir s'éloigner les rivages du groupe professionnel. Titularisé à deux reprises, en début de saison, Djiba avait ensuite rapidement perdu la confiance de Francis De Taddeo. Sa dernière apparition sur un terrain de Ligue 1 remonte au 29 août dernier. C'était à Saint-Symphorien, contre Bordeaux. Aujourd'hui, deux mois après la nomination d'un nouvel entraîneur, l'idée de son retour au premier plan ne semble guère envisageable. Ses essais dans plusieurs clubs se sont révélés infructueux. Djiba restera donc messin jusqu'à la fin de son contrat. Dans une poignée de mois.

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    February 12

    A la recherche d'une première victoire en L1 à domicile...

    L’infirmerie se vide peu à peu…

    Jeff Strasser et Rudy Gestede sont réapparus ce matin à l’occasion de la reprise.

    Le défenseur Jeff Strasser et l’attaquant Rudy Gestede ont pu participer à la première séance d’entraînement de la semaine mardi matin avec le reste du groupe. Les deux hommes, qui reviennent après plusieurs semaines d’indisponibilité, seront toutefois trop justes pour affronter Valenciennes samedi.
    Manuel Corrales, blessé dans un choc à Strasbourg, a également effectué sa rentrée après une semaine de soins sans rencontrer de problème.
    Seuls Momar N’Diaye (béquille) et Daniel Gygax (pubis) sont restés aux soins. Ils devraient être sur pied dès demain.
    Matheus Vivian, de son côté, s’est contenté de courir de même que Luis Delgado, de retour de la Coupe d’Afrique.

    Metz, la quête est ouverte

    Le FC Metz court toujours après sa première victoire à domicile cette saison. Une perspective dont la réalisation mettrait fin à plus de neuf mois d'impuissance à Saint-Symphorien.

    La nomination d'Yvon Pouliquen n'a rien changé à ce niveau : près de deux mois après l'arrivée de son nouvel entraîneur, le FC Metz reste la seule équipe de Ligue 1 à n'avoir remporté aucun match à domicile cette saison. De Lille, premier adversaire à avoir profité des carences de la maison grenat (1-2), à Rennes, dernier visiteur en date (1-1), pas une des onze formations accueillies sur la pelouse du stade Saint-Symphorien n'est repartie les mains vides. Le compte est vite fait. Trois résultats nuls, huit défaites : Metz a laissé filer trente des trente-trois points qui lui ont été proposés sous son toit depuis le 11 août dernier. Dans cette chute effrénée vers les abîmes de l'inefficacité, les Parisiens ont longtemps tenu la dragée haute à leurs homologues messins. L'équipe de Paul Le Guen a, en effet, attendu la vingtième journée et le 12 janvier, pour mettre fin aux cinq mois de disette infligée aux fidèles du Parc des Princes (victoire contre Lens, 3-0). Un véritable soulagement et la disparition d'un syndrome, confirmée quelques jours plus tard par un deuxième succès consécutif à domicile (3-0), aux dépens d'une lanterne rouge qui n'en finit pas de voir s'éloigner la date de sa dernière victoire à domicile. C'était le 27 avril dernier. Le Havre, c'était l'émoi dernier. Neuf mois, c'est long. Pesant, aussi. Yvon Pouliquen le concède : « Certains doivent évidemment ressentir une appréhension particulière à l'idée de rentrer dans le stade. Je n'ai pas eu beaucoup d'occasions de le remarquer depuis que j'ai pris mes fonctions, mais c'est sûr, psychologiquement, les joueurs doivent en souffrir. » Monaco et Rennes sont les seules références maison du successeur de Francis De Taddeo. La venue du premier lui aura permis de vérifier la fragilité de l'édifice dont il venait d'hériter (défaite 1-4), celle du second de constater sa capacité de réaction (1-1).
    L'entraîneur est bien contraint de se contenter du simple point arraché face aux Bretons pour tenter de rassurer ses troupes. L'exercice n'est pas aisé. « Ne pas gagner, c'est très dur à vivre. Et quand cela dure... Je leur parle très peu de cette série qui n'en finit pas, ou alors simplement en terme d'état d'esprit. Contre Rennes, ils ont été menés au score, mais ils ont eu le mérite de ne pas lâcher. » Une voie à suivre, sans doute. « Ça doit nous servir. »
    Dans ce contexte, où suinte la crispation d'une équipe n'ayant plus rien de concret à espérer de sa fin de parcours, la visite programmée de Valenciennes, ce samedi, ajoutera une couche de pression supplémentaire sur les épaules messines. Il reste désormais huit matches aux joueurs d'Yvon Pouliquen pour mettre un terme à la série négative ouverte par Grenoble, le 11 mai dernier. Huit dates pour ramener un semblant de lueur à Saint-Symphorien.

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : repos. Aujourd'hui : reprise de l'entraînement (une séance à 9h30). Demain : une séance à 10h15.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Bordeaux - Metz (24e journée de Ligue 1), samedi 9 février : 3-0. Prochain match : Metz - Valenciennes (25e journée), samedi 16 février à 20h. A suivre : Lyon - Metz (26e journée), samedi 23 février à 20h ; Metz - Caen (27e journée), samedi 1er mars à 20h.
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) et Julien Cardy (douleur au pied) sont à l'arrêt. Rudy Gestede et Jeff Strasser sont en période de reprise. Victime d'une béquille, samedi à Bordeaux, Momar N'Diaye sera probablement ménagé en ce début de semaine.
    Suspendu. Aucun.
    L'info du jour. Blessé à Strasbourg (genou), le 1er février, Manuel Corrales retrouvera le groupe messin aujourd'hui. Yvon Pouliquen est, par ailleurs, toujours sans nouvelle de Luis Delgado, son international angolais, éliminé lundi dernier de la Coupe d'Afrique des Nations.

    2005-2006 : six victoires

    Avec une seule victoire à ce jour (Caen, 9e journée), les Messins font moins bien que leurs prédécesseurs version 2005-2006. Derniers, eux aussi, à la même époque, les joueurs de Joël Muller affichaient alors deux succès, tous deux récoltés sur leur terre. Cela ne les avait pas empêchés d'être appelés dans le convoi de la relégation. A l'issue de la saison, le bilan messin laissait apparaître six victoires, dont cinq remportées à Saint-Symphorien. A titre de comparaison, notons que la lanterne rouge de l'exercice écoulé, Nantes, avait conclu sa saison sur sept victoires, dont trois à la Beaujoire.

    Le CSA s'interroge

    Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) va engager « une réflexion concertée sur le droit à l'information en matière sportive », a-t-il indiqué hier dans un communiqué. Depuis quelques années, « le lancement de chaînes de télévision d'information continue, la création de nouvelles chaînes généralistes, l'apparition d'une offre délinéarisée de contenus sportifs sur internet et la téléphonie mobile sont autant de facteurs qui rendent nécessaire d'établir un bilan du dispositif juridique en vigueur et de son adéquation au nouveau paysage audiovisuel », estime le CSA. Le droit d'accès des chaînes de télévision à de courts extraits des retransmissions d'événements d'un grand intérêt pour le public est par ailleurs reconnu par la directive européenne du 11 décembre 2007, dont la transposition en droit français doit être envisagée courant 2008, ajoute le Conseil. Le droit à l'information concerne la mise à disposition gratuite, auprès des chaînes, de très courts extraits audiovisuels d'un événement d'un grand intérêt pour le public.
    La décision du CSA a été prise lors d'une assemblée plénière du mardi 5 février. Mercredi, l'ensemble des droits télévisés des championnats de première et de deuxième divisions a été remporté par deux opérateurs privés, la chaîne cryptée Canal + et l'opérateur Orange. Daniel Bilalian, directeur des sports du groupe audiovisuel public France Télévisions, a alors dénoncé une « privatisation totale des championnats de première et de deuxième divisions ».

    (Site officiel FC Metz) : les résultats du week-end

    Si les 18 ans étaient au repos ce week-end, les autres équipes de jeunes ont tenu leur rang. A souligner : la belle victoire de l’équipe B dans le derby lorrain en CFA.
    CFA : Metz 3-1 Nancy
    Stade Delaitre, 200 spectateurs environ.
    Buts de Bessat (36°) et Baldé (38° sp, 64°) pour Metz ; Camerling (25e) pour Nancy
    Avertissements à Metz : Leoni (73°) ; à Nancy : Gueiriero (38°), Focki (45°)
    Expulsion à Nancy : Gueiriero (39°)
    Les équipes :
    Metz : Sissoko – Leoni (Anastassowa 89°), Diakité, Belson, Bong – Bessat (Nativel 87°), Betsch, Djiba, Pouye (Andres 78°) – Françoise, Baldé
    Nancy : Gregorini – Nyom, Gueiriero, Kébé, Brat – Focki, Niasse (Sow 82°), Tighazoui (Pastel 67°), N'Diaye – Sidney (Métin 78°), Camerling
    Les joueurs sélectionnés par José Pinot en CFA ont vengé leurs jeunes coéquipiers des 16 ans, sèchement battus la semaine dernière par Nancy 4-2. Au Stade Delaitre, ils l’ont emporté trois buts à un face au club meurthe-et-mosellan, grâce à de jolis buts signés Bessat (d’une frappe en pleine lucarne) et Baldé, qui signa un doublé. Ils mettent ainsi fin à une série de mauvais résultats inquiétante. Pour autant, le coach messin ne verse pas dans l’euphorie. « La saison est encore longue », rappelle-t-il. Il est vrai que ses garçons, onzièmes (sur dix huit) de leur groupe, sont encore relativement proches de la zone rouge. Mais s’ils rééditent ce genre de performance, nul doute que celle-ci s’éloignera rapidement.
    18 ans : repos
    16 ans : Reims 0-1 Metz
    But de Mellinger (3°) pour Metz
    Grâce à une bonne entame de match, l’équipe de Jean-Robert Faucher s’est mise dans de parfaites dispositions pour l’emporter en ouvrant la marque dès la troisième minute par Mellinger. Elle pourra uniquement regretter de ne pas avoir doublé la marque, ce qui lui aurait ménagé une fin de partie plus tranquille. Les occasions furent tout de même en sa faveur, mais Mohammed trouva le poteau (37°) et Songo’o le gardien adverse (85°).
    14 ans : Metz 5-0 Haguenau
    15 ans honneur niv. A : Metz 2-2 Florange
    13 ans honneur niv. A : Creutzwald 0-3 Metz
    13 ans honneur niv. B : Longwy 1-2 Metz B

    (Foot 365) : Pjanic, l’éclaircie messine

    Miralem Pjanic est l’une des rares satisfactions du jeu messin cette saison. Doué techniquement, le joueur de 17 ans évolue sans complexe et s’affirme comme un nouveau talent en Ligue 1. 

    Metz condamné à la Ligue 2, cela devient une certitude. La lourde défaite concédée à Bordeaux (3-0) samedi soir enfonce un peu plus les Grenats vers l’étage inférieur. Pourtant, de nets progrès dans le jeu ont été observés et le score semble vraiment sévère. Mais la formation messine paraît encore bien trop tendre pour évoluer dans l’élite française. Dans cette équipe lorraine en manque de créativité, un joueur se met tout de même particulièrement en évidence. Il s’agit de Miralem Pjanic. Le milieu de terrain messin est l’une des révélations du championnat depuis le début de la saison. Et sa partition livrée à Chaban-Delmas n’a fait que confirmer tout le bien que les observateurs pensent de lui. A seulement 17 ans, le Lorrain aligne les bonnes prestations en Ligue 1. Il est l’une des rares satisfactions de Metz depuis le début de la saison.

    « Je sais qu'il faut que je progresse dans le jeu, déclarait-il récemment dans les colonnes du Républicain Lorrain. L'entraîneur me laisse ma chance. Or jusqu'à présent, je n'ai pas été décisif. Oui, la peur de mal faire, je l'ai ressentie à certains moments, devant le but. C'est une phase difficile de ma carrière, mais j'apprends. Tout cela doit me servir. » Doué techniquement et doté d’une très belle vision du jeu, Pjanic s’est pourtant enfin montré décisif le week-end dernier en Coupe de France à Strasbourg (3-0). Un petit sombrero sur Dos Santos et une feinte de frappe sur Puydebois ont mis un peu plus en lumière les qualités indéniables de ce jeune homme. Véritable rayon de soleil du jeu messin, il manque encore logiquement d’expérience pour sa première saison en Ligue 1. Un manque comblé par cette technique qui attire déjà les grands clubs français et européens.

    Encore aspirant, le joueur, qui a choisi la sélection bosniaque malgré les appels de la sélection luxembourgeoise, sera lié pour trois saisons avec le FC Metz dès qu’il aura atteint sa majorité (soit le 2 avril prochain). Une sécurité pour le FC Metz devant l’attention portée, entre autres, par le Bayern Munich, le Milan AC, l’Inter Milan, le PSG et Marseille. « Même si on traverse une saison pénible, ce que je vis, c'est beau. Je ne regrette vraiment rien », a-t-il affirmé. Lancé en L1 par Francis de Taddeo, Pjanic ne sait pas de quoi son avenir sera fait en cas de descente en Ligue 2. « Je ne sais pas ce qui se passera à ce moment. Je l'avais déjà dit il y a quelques mois, je suis bien à Metz. Il faut donc d'abord penser à terminer la saison de la façon la plus correcte possible. » Décomplexé à l’image de son équipe qui n’a plus rien à perdre, il reste encore quatorze matchs au meneur de jeu pour se faire davantage connaître du grand public. Encore trois mois pour s’affirmer comme un nouveau talent de la Ligue 1.

    Le "dessin du jour de FF", ou quand "la bible du football" se prend pour les cahiers du foot!Fâché.Quel était le dessein de cette caricature ? Le fait sportif étant remis chaque année à zéro, les supporters messins ne manqueront point d'avoir de la mémoire et de considérer cette insulte faite à des gens qui savent ce que "gagner sa vie" veut dire par des gens au parisianisme exacerbé et à l'égo surdimensionné qui oublient ce qu'ils doivent à un club qui a formé, entre autres les Battiston, Zénier, Saha, Ribéry et autre Adébayor, etc..., comme l'expression de la bêtise et de l'ânerie qui habitent certains BOBOS qui osent faire profession de journalistes sportifs en oubliant, que, dans le sport, tout est aléatoire et éphémère : ces gens seront morts et enterrés alors que notre club existera encore et ressuscitera , tel le phénix de la légende...

    RENOUARD DOMICILE022008Supporters moquésPjanic2008

    February 11

    Le FC Metz est malade, mais il se soigne...

    (R.L.) : 16ans : Metz sans trembler

    But pour Metz : Mellinger (3e). Les Messins réalisaient une bonne entame de match en ouvrant le score dès la 3e minute de jeu. Suite à un dédoublement, Kayombo centrait pour Mellinger qui parvenait à tromper le gardien rémois. Les Mosellans auraient pu doubler la mise mais le coup franc de Mohammed s'écrasait sur le poteau rémois (37e). Metz maîtrisait le jeu et ne fut jamais inquiété par les visiteurs durant cette rencontre. Les joueurs messins tentaient de se mettre à l'abri mais n'étaient pas assez percutants pour creuser l'écart. Songo'o voyait encore sa tête sauvée en catastrophe par le portier marnais (85e). Les protégés de Jean-Robert Faucher conservaient ce score jusqu'au coup de sifflet final et repartaient de Champagne avec une victoire obtenue sans trembler.

    CFA : Metz : discipline de fer

    Hier, face au voisin nancéien, les Messins ont sans aucun doute récité l'une de leur plus belle partition de la saison. De bon augure.

    Toutes les séries ont une fin. « Je suis heureux que nous soyons parvenus à mettre un terme à cette spirale négative », souffle, visiblement satisfait, José Pinot. Battus à Vesoul (2-1) et à Mulhouse (3-0) lors de leurs deux dernières sorties, les Messins ont, en effet, répondu aux attentes de leur entraîneur. « C'est une bonne chose d'un point de vue comptable, assure ce dernier, mais j'ai surtout apprécié la discipline et la constance dont nous avons fait preuve durant toute la rencontre. »
    D'autant que les Nancéiens, Camerling en tête, ont pris un malin plaisir à contrarier les plans de leur meilleur ennemi. D'une frappe anodine, l'attaquant Meurthe-et-mosellan ouvrait ainsi la marque au milieu d'une défense messine que l'on a connue plus inspirée (25e). « Après un début de rencontre relativement équilibré, ce but aurait pu nous faire très mal, analyse José Pinot. Mais nous avons su garder notre calme. » En effet, méthodiquement, les Messins reprenaient leur bâton de pèlerin. Et si Pouye voyait sa tête s'écraser sur la transversale, Vincent Bessat, d'une frappe chirurgicale, trouvait, quant à lui, la lucarne de Gregorini (36e). Metz aurait pu s'en tenir là. Mais, hier au stade Delaitre, Diakité et ses partenaires en avaient décidé autrement. Poussés par une irrésistible envie d'aller de l'avant, ils obtenaient un penalty pour une faute sur Pouye. Baldé prenait tranquillement Gregorini à contre-pied, pendant que Gueiriero s'en prenait verbalement à l'arbitre. Résultat des courses : Metz menait 2-0 et Nancy allait devoir jouer pendant près d'une heure à dix (38e).
    « Je considère cette expulsion comme le second tournant de la rencontre, assure José Pinot. Personne ne s'est dispersé. Au contraire nous sommes parvenus à garder le contrôle de la rencontre. » Emmenés par un Vincent Bessat omniprésent, les Messins ont, en effet, traversé la seconde période sans encombre, ou presque. Seul Pastel, d'une frappe enroulée à l'entrée de la surface de réparation, parvenait à surprendre l'arrière-garde grenat. Mais pas Sissoko, auteur d'une belle envolée (80e). Entre-temps, le FC Metz avait tissé tranquillement sa toile et Baldé, parfaitement décalé par Djiba s'était offert un doublé (64e). « On a su développer du jeu et nous procurer de nombreuses occasions. Reste à savoir si nous allons être capables de reproduire ce genre de prestation. Ne cédons pas à l'euphorie, car le championnat est encore long. La vigilance est de mise. Mais c'est de bon augure. »

    Stade Delaitre (Marly). 200 spectateurs environ. Arbitre : M. Kilicogly. Mi-temps : 2-1. Buts pour Metz : Bessat (36e), Baldé (38e sp, 64e) ; pour Nancy : Camerling (25e). Avertissements à Metz : Leoni (73e) ; à Nancy : Gueiriero (38e), Focki (45e). Expulsion à Nancy : Gueiriero (39e).
    METZ. Sissoko – Leoni (Anastassowa, 89e), Diakité, Belson, Bong – Bessat (Nativel, 87e), Betsch, Djiba, Pouye (Andres, 78e) – Françoise, Baldé.
    NANCY. Gregorini – Nyom, Gueiriero, Kébé, Brat – Focki, Niasse (Sow, 82e), Tighazoui (Pastel, 67e), N'Diaye – Sidney (Métin, 78e), Camerling.

    De soucis en soucis

      Comme si sa dernière place en Ligue 1 ne suffisait pas, le FC Metz craint désormais d'être déconsidéré aux yeux des arbitres. Les joueurs messins contestent en effet le penalty sifflé en leur défaveur, samedi, à Bordeaux (3-0). Les affaires ne s'arrangent pas...

    Qui se soucie de Metz ?

    Déjà condamnés à la relégation et suscitant la compassion, les Messins redoutent la déconsidération des arbitres. Entre accès de paranoïa et risque réel, un dommage collatéral de plus.

    Dur, dur d'être Messin. En voyage, le Messin lambda, déjà, hésite à décliner son pedigree. Cependant, sa fierté lui interdit de mentir pour soixante petits kilomètres et il a raison : si le Messin lambda se faisait passer pour un Nancéien, il entendrait parler de Carquefou, c'est ridicule. Par conséquent, le Messin lambda la joue franc-jeu : il accepte l'humiliation quasi permanente infligée à son équipe favorite par une Ligue 1 bien trop grande pour elle ; admet de plus en plus ouvertement la part d'imposture dans les précédents succès de son équipe favorite à l'étage inférieur ; met en avant les scrupules récents de son équipe favorite à pratiquer un football généreux ; enfin, il sourit à l'idée de bientôt accompagner son équipe favorite en finale de la Coupe de France. Le dimanche matin, le Messin lambda évite de s'attarder sur le classement du championnat, tourne la page, avale un comprimé d'aspirine, doute de la fiabilité des sondages et, le dimanche soir, il se dit, tout bien réfléchi, qu'il conservera son abonnement à Canal +, après les vacances, parce que le championnat d'Espagne, quand même...Donc, la vie du Messin lambda n'est pas toujours rose, quoi qu'en disent les enquêtes d'opinion. Quant à la vie du Messin footballeur, elle n'est guère agréable que le 30 du mois malgré la rareté des primes de victoire, et puis souvent l'après-midi, et le soir aussi - en semaine. Le samedi, c'est autre chose : le Messin footballeur a match, et c'est là que ses ennuis commencent. Si c'est un match de Ligue 1, il le perd deux fois sur trois, c'est énorme. Samedi, par exemple, le Messin footballeur a perdu 3-0 à Bordeaux, après avoir perdu 3-0 à Paris, une quinzaine de jours plus tôt. Sur le terrain, son adversaire est sans pitié pour le Messin footballeur. En coulisses, il se confond en gentillesses, tel Laurent Blanc avant-hier : « Je dois tirer un grand coup de chapeau à cette équipe de Metz qui ne s'est jamais contentée de jouer derrière. On ne trouvera pas toujours des équipes dans les mêmes dispositions d'esprit », a lâché l'heureux entraîneur des Girondins de Bordeaux. C'est sympa, ça ne coûte rien, si ça se trouve c'est sincère et, en tout cas, c'est absolument vrai. « Cette compassion, pour ne pas dire cette pitié, on la ressent très souvent », témoigne Joël Muller. Le directeur sportif du FC Metz a notamment remarqué ces manifestations de commisération dans l'attitude des dirigeants bordelais, samedi soir, à l'égard de la délégation messine. Et si les équipes qui défilent devenaient aussi charitables, au point de basculer dans la suffisance ? « Si un adversaire nous prend de haut, son attitude peut lui être fatale, remarque Laurent Agouazi. Tant mieux pour nous. Mais si les arbitres en rajoutent, alors là, nous n'avons plus rien à espérer. »
    Le débat est lancé : et si la situation du condamné messin altérait le sens de l'équité du corps arbitral ? Il a suffi d'un penalty permettant à un candidat au titre d'ouvrir le score, puis d'une faute de main non signalée sous les yeux d'un juge de touche peut-être tout simplement atteint de cécité pour que le doute s'installe. « J'ai l'impression que Metz ne compte plus et que, du coup, même les arbitres n'ont plus la moindre considération pour nous », ajoute Agouazi. Pour l'instant, ce n'est que l'expression d'une crainte. « Il y a eu des erreurs flagrantes à Bordeaux, tempère son coéquipier Eric Cubilier, mais je n'imagine pas un instant que ce soit voulu. » « J'ai prévenu les joueurs qu'il ne fallait s'attendre à aucun cadeau, synthétise Yvon Pouliquen, mais au contraire passer au-dessus de ça et s'en servir pour se révolter. »

     Muller : « Des erreurs il y en a toujours »

    Entraîneur de l'équipe messine déjà reléguée il y a deux ans, aujourd'hui directeur sportif, Joël Muller « ne partage pas » l'impression d'un traitement inéquitable de la part des arbitres. Il a plutôt tendance, pour l'instant, à s'en tenir à la thèse de l'exception à propos de ce qu'il a vu avant-hier soir à Bordeaux, même s'il comprend les réserves que peuvent manifester les joueurs : « Des erreurs, expose-t-il, il y en a toujours mais vous y êtes plus sensible lorsque vous êtes mal classé. Lorsque vous vous trouvez en situation difficile, vous avez tendance à penser que tout se ligue contre vous, y compris l'arbitrage. Mais je n'ai rien remarqué de flagrant depuis que notre relégation est à peu près acquise. A Bordeaux, le penalty sifflé en notre défaveur est consécutif à un tacle de Malick Diop qui prend certes le ballon, mais qui part les deux pieds décollés du sol dans la surface de réparation. C'est à l'appréciation de l'arbitre. Au départ du contre qui amène le deuxième but, il y a une main (du Bordelais Jurietti) que Laurent Blanc est le premier à reconnaître mais, je le répète, ces erreurs de jugement, elles peuvent malheureusement survenir dans tous les matches, pour toutes les équipes. »
    Joël Muller reconnaît cependant que, « sans doute inconsciemment », un arbitre peut se trouver sous l'influence de l'enjeu : « Une décision litigieuse concernant une équipe de tête donc une équipe qui fait l'actualité suscite toujours beaucoup de commentaires. Si elle s'applique à une équipe mal classée, l'écho est moins important. Mais je ne crois pas que ce soit volontaire. Pour prendre l'exemple de samedi, je trouve l'attitude de Jean-Charles Cailleux conforme à l'esprit. Après, qu'il juge bien ou mal et qu'il soit bien ou mal secondé, c'est autre chose. » Le directeur sportif du FC Metz sait aussi combien il serait mal perçu que le vingtième et dernier au classement en rajoute des tonnes sur l'arbitrage en Ligue 1, dont le niveau médiocre ne profite de toute façon à personne. « Que je sache, samedi, on ne nous a pas refusé un penalty à 0-0 et l'arbitre n'y est pour rien, par exemple, si Aguirre n'a pas concrétisé la première occasion du match au bout d'un quart d'heure. »

    FC METZ EXPRESS

    Tableau de bord. Hier : décrassage pour les joueurs alignés à Bordeaux sauf Gygax et N'Diaye (soins) ; match de CFA pour Baldé, Belson, Bessat, Diakite, Djiba et Leoni. Aujourd'hui : repos. Demain : reprise de l'entraînement à 9 h 30.
    D'un match à l'autre. Dernier match : Bordeaux - Metz (24e journée de Ligue 1) samedi 9 février, 3-0. Prochain match : Metz - Valenciennes (25e journée) samedi 16 février (20 h). A suivre : Lyon - Metz (26e journée) samedi 23 février (20 h).
    A l'infirmerie. Sébastien Bassong (déchirure à la cuisse) et Julien Cardy (douleur au pied) sont à l'arrêt, Rudy Gestede et Jeff Strasser en période de reprise. Touché au genou le 1er février à Strasbourg, le défenseur péruvien Manuel Corrales pourrait reprendre l'entraînement mardi.
    Suspendu. Aucun, Julien François ayant purgé son match de suspension ferme à l'occasion de la 24e journée.
    Le chiffre du jour. 43, comme les buts encaissés par Metz en vingt-quatre journées. Depuis le début des matches retour et l'arrivée d'Yvon Pouliquen, les Lorrains ont carrément encaissé douze buts en cinq matches.

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