roro10's profileLes contes de RoroPhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    June 14

    La Mélanie rencontre l'firmin...

     

    La Mélanie rencontre l’Firmin…

     

     

    Tiens-donc,v’la l’Firmin !

    Comment s’est ti donc que tu vas l’Firmin d’puis la dernière fois qu’on s’est vu ?...

    C’était quand, donc ?…ah voui, je m’rappelle, c’est quand j’étais aller visiter mes râces qu’habitent à Metz, pour la saint Nicolas d’l’année dernière…Y en a d’passé , d’l’eau sous la Moselle depuis, hein, nâm Firmin ?...Sous l’Pont des morts, tu dis ?

    Hé voui, le temps n’y est plus ce qu’il était d’mon temps, mon pov' Firmin !

    T’as remarqué, les mirabelles étaient toutes en avance c’t année !...De trois bonnes semaines, voui : c’est la faute au temps qu’y z-ont détraqué avec leurs fusées et leurs spoutnicks !....Et elles se gâtaient vite, hein ?…Tant pis, on en fera du schnick !

    Alors, manre drôle,qu’est ce que tu râoue encor par ici ?…I-a de sûr quêque griouses là-d’dans.

    Autrement,vous ne rôdailleriez pas tant par ici, nem ?…Taisez-vous !Dès qu’vous ‘oyez un bout d’jupon, vous tournez et r’tournez autour comme un sinche en câche.

    Y a donc pu d’foutbal, à Metz, c’te jour ?On n’en n’entends plus trop parler , depuis c’t’affaire avec ceux de Nice !

    C’te honte,pensez : aller menacer les gens de mort, pensez donc : leur soleil a du leur taper sur la ciboulette, comme disait le Léion !…Sont bien puni, maint’nant : leur soleil, y tombe en morceaux !

    M’enfin, z'avec le temps qu’y z’ont, à c’heure, comm dis mon homme, le Polyte,on est de plus en plus près de la côte avec toutes ces inondations !

    Vouèye, je sais, y disent tout l’temps qu’y fait beau chez eux, mais chez eux,c’est comme partout ; faut qu’y pleuve pour que ça pousse, nem ?

    Et puis, com dit l’Polyte, ça nettoye la promenade des anglais tout' cet' pluie : c’est vrai qu’elle en avait besoin, pasque y paraît que c’était très glissant, là bas,qu'y dit l’Polyte !

    Te t’rappelles, quand on est descendu à Marseille, l’année dernière, avec le supporter-club : trois jours de voyâche!...déjà on n’avait pas pu voir le match, vu qu’y z’avaient repoussé la rencontre pour cause de l’inondation de leur terrain ! c’est ben vrai, ça : y manquent pas d’eau pour met' dans leur pastis, en c’moment, nem ?

    Alors, com ça, tu vas pu au foutbal ?…Si ?

    J’lisais, l’aut’ jour, dans l' Républicain Lorrain, qu'y rencontraient …Comment c’était encor, le nom ?

    V’la qu’ça m’échappe : ça doit être ma maladie du zalmeir, comme m’dis l’Polyte !Ca y est, j’m'le rappelle : Le Mans !…J’savais pas,moi, qu’y z'avaient du foutbal, dans c’te région là !…Si ?

    Et ben, t’vois : moi j’n'connaissais just’ que les rillettes d’là bas !

    Ca doit êt’ dur, quand même, d’êt’ descendu en …Comment qu'y disent maint’nant ?…L2 ?

    Bou diou,j’crois qu’y va falloir que j’retourne à l’ école pour continuer à y comprend’ quêque chose, avec tous ces nouveaux mots : ...c’est com’ les joueurs : j’en connais pu beaucoup !Y les ont tous changé?

    Ah, d’mon temps, c’était bien aut’ment, on avait l’temps de s’habituer : maint’nant, y sont pas plus tôt venu qu’y sont déjà partis, les drôles : ...c’est pu c’que c’était, nem ?

    Enfin, z’avec tout ça, y a au moins une chos qu’est bonne : l’Polyte, y va moins au foot : avant, y rentrait tard du marché, à causer avec le Basile, c’te voleur de bacêles, ou l’Cosson, ce soulot,à boire mes litrons d’mirabelles ;maint’nant, au moins, y rentre à l’heure, mon homme, vu qu’il a pu sujet à causer : « ça sent l’sapin » qu’y me dit toujours en rentrant, "à cause des conneries qu’y z’ont fait l’année dernière en donnant tous leur sous au Meyrieu et à l’aut’ Américain",

    C’est comment , déjà son nom ?…L’Régis, ça m’revient : com 'mon n'veu,un Régis aussi, qui ,lui aussi en a toujours après mon port-monnaie : « Mélie, donne moi un Euro ci Mélie donne moi un Euro là »qu'y dit!…Mêm’ qu’l’aut’ fois, je me suis trompée, vu qu’y m’embrouille à m’appeler "Amélie le Poulain",et que j’lui ai donné un billet de cinquante, vu qu’j’étais bien embrouillée !Ahh, on était bien mieux avec nos vieux Francs, alléiye !

    Alors, y jouent contre qui le prochain coup ?…

    Ouasqqual ?Ousque c’est encore que ce pays là ?

     Saint Nicolas, comment qu’des lieux peuv s’appeler com' ça, y a pas idée,alleye !Va falloir que j’demande au Marsouille, lui qu’est si savant, qu’ym m’arque ça sur une carte, que j’voye où qu’ça se crêche, tout ça !

    Mais, j’ensaufe : v’la l’heure de mon train…Et vous m’me le disiez pas, vous l’laissez parler, bougre de vauriens..

    Vous rireriez bien un bon coup, si j’le manquais, nem !…Mais ça n’sera pas enco pour cette foué, et vous en serez pour vos frais…

    Au r’oir quand même et à la revoyure,à tantôt, dans not’ villache !
    June 03

    De battre son coeur s'est arrêté...

     

     

    De battre, son cœur s’est arrêté…

    Jusqu’au bout de leur galère…

    Le 24 octobre 1929, il y eut un « jeudi noir » et la bourse s’est effondrée !

    Le 25 octobre 1415, à Azincourt, la fine fleur de la chevalerie française était décimée !

    Le 26 octobre 1553, Michel Servet était brûlé, en place publique, comme hérétique !

    Le 27 octobre, Metz rejoint la triste histoire avec la capitulation du triste et lâche Bazaine !...

    Avant le désastre de Sedan !...

    Le quotidien va-t-il rejoindre l’histoire ?

    -Sûrement, car les choses étaient écrites depuis longtemps !

    Samedi, un supporter est mort : mais combien de supporters ont senti leur cœur s’arrêter de battre au premier but de Carew ?

    -10 000, 15000 ?20 000 ?...

    Dans les tribunes, il n’y avait que Zewlakov qui avait l’air de ne pas être touché !

    Bonnet d’âne de la classe, équipe sans classe, l’équipe mal classée n’a pourtant jamais baissé les bras !

    Ces gens du carré vert étaient pleins de courage, mais le courage ne suffit pas !

    Le système de jeu non plus, d’ailleurs : Lyon et Metz avaient le même plan de jeu, mais des hommes différents pour l’appliquer ; dure, la réalité économique !

    Les dirigeants se sont trompés dans leur recrutement, ceux de Lyon l’ont réussi : la différence est là, depuis un certain temps !

    A avoir pris des joueurs issus de L2 et de national, le collectif grenat a fait un bond en arrière au classement, d’autant plus que l’absence de jeu collectif, ces dernières saisons, a accéléré le processus :

    -Comment apprendre à jouer à des joueurs qui, depuis trois ans, voire quatre, ont pratiqué le contre, abandonnant le jeu à l’adversaire ?

    D’autant plus que ceux qui faisaient la différence avec leur vitesse ont changé de camp !

    Le système de jeu ne suffit pas : il faut les joueurs qui vont avec !

    Et, quand on fait le bilan du recrutement de cette année, on s’aperçoit que le grenat est encore plus faible que l’année dernière !

    « On » est donc à une place méritée !

    Merci à notre directeur administratif, merci à Carlo et Cie de ces cadeaux qui ressemblent à la cravate offerte à Noël par les enfants à leur père : un cadeau qui ne sert à rien, sinon à nous dire : on t’aime, n’oublie pas notre argent de poche !

    Et maintenant, que vont-ils faire ?

    Parce que, la maison, elle est par terre !

    Les euros de la maison canal, ils sont au fond du lac, pour l’année prochaine !

    Carlo, que le « sportif » ne fait plus bander (mais depuis quand ne bande-t-il plus ?) s’accroche au pouvoir, à défaut d’être aimé hier Calife, demain, dictateur des ruines ? Qu’on lui donne enfin ce titre de président d’honneur ! Et qu’il laisse la place à des gens plus batailleurs, plus en phase avec les soucis de l’heure !

    Razurel, l’homme inutile, celui qui aime le club, mais ne l’aime que d’un amour égoïste, un amour non partagé, Iznogood  avant l’heure, Louis le quinzième de l’ombre : après moi, le déluge!Bazaine des temps modernes adepte de la peau de banane !...Quel avenir, pour l’ancien de l’E.N.A. ?Qu’il retourne chez lui, cet homme là, à Nancy !

    Muller…Joël n’est plus Noël ! Le manque de charisme et de tonicité, le rôle du deuxième choix, l’obstruction, voire l’opposition sourde de certains avaient  scellé son sort dès avant sa re-venue : le technicien n’est, ne sera décidément jamais un meneur d’hommes ! Le discourt ne suffit plus : avec certains, c’est le petit Perrin qu’il faudrait illustrer !

    Trop jeunes, trop vieux : fossé des générations entre joueurs ! Des apprentis et de « bons joueurs » qui font « ce qu’ils peuvent encore faire », vieilles gloires d’un temps passé….Joueurs aussi surcotés, trop payés, pas assez rémunérés !...Pas de vraie politique de ce côté-là non plus !...Certains s’en iront, ceux qu’il faudrait faire partir resteront : l’auberge est bonne : pourquoi aller voir ailleurs ?

    Non, on n’est pas sortis de l’auberge !

    C’est la mondialisation et ses déplacements, ses incohérences : la tour de Babel, quoi !

    Le seul qui échappe aux sarcasmes, c’est Obraniak, le messin !

    Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a à deux pas de chez soi ?

    La « chique Corée » plutôt que le café ?

    Bienvenue en L2, les grenats !

    ….Mais, avons-nous le niveau pour tenir ce niveau là ?

    Nous irons donc, du côté de Boulogne… (Pourquoi tu rigoles, Ribéry ?)…Nous aurons des souvenirs, à défaut de voir venir des sous !

    Ah…Calais et ses bourgeois, Amiens et sa cathédrale !

    Triste, vraiment triste, « le projet sportif » messin ! Au moins, on va battre un nouveau record, cette saison, sinon deux !

    Mon pauvre FC Metz, comme dirait François !

    Vivement l’an prochain !...

    Mis, pour l’heure, c’est Sedan !

    …On ne peut pas arrêter l’horloge ?

    -Le 25 octobre 1555, Charles Quint abdique, sur un constat d’échec !

    Le 30 Octobre 744, à Bagdad, Saffah devient Calife à la place du calife…

    Je fais un cauchemar, qu’on me réveille !

    May 29

    Les trois messes basses

    22000 personnes, tu dis, mon petit Patrick ?

    Tout juste, révérend Carlo, tout juste et encore, sans compter les abonnés ! J’en sais quelque chose, moi qui ai tant fait pour aider à la remplir, cette église de l’abbaye !On dirait qu’on est au stade où les murs vont craquer à force d’engranger tous ces gens qui entrent !Et l’ambiance, dom Carlo, l’ambiance !Elle est tellement chaude que l’on pourrait croire que la peau des gens allait craquer en rôtissant, tellement elle est tendue !

    Jésus Marie, moi qui aime tant les truffes aux cornichons ! Passe moi vite mon pardessus, mon petit Patrick : et les dindes, elles sont là aussi ? Qui as-tu encore aperçu, dis moi vite !

    Oh, toutes sortes de braves gens ! Depuis midi, il n’y a guère que les faisans que nous n’avons pas pu plumer ! Des huppés, des poulettes, de jeunes coqs qui ne sont pas de bruyère, hein ! La plume en volait partout…Puis, des étangs du Saulnois, « certaines anguilles » ont bien essayé de nous jouer le coup du ni vu, ni connu, mais nous étions sur nos gardes : ceux qui voulaient jouer les truites se sont retrouvés muets comme des carpes dorées : muets, à jamais : censurés lààà mais !

    Jouer comme des truites, Patrick ?

    Oui, mon révérend, ils se tortillaient, essayant de passer outre les contrôles ! Enorme, ce culot qu’ont les gens aujourd’hui !

    Oh, mon dieu, il me semble que je les vois. As-tu préparé les petits fours pour nos invités, et préparé les bouteilles de vin de Metz en telles quantités qu’ils en aient plein les mirettes?

    Pleins les mirettes, révérend je ne sais pas, mais je prédis qu’ils en auront bientôt plein les burettes !

    Mais, dame, révérend ! Il ne vaut pas celui que vous boirez tout à l’heure, en sortant « de la messe », vers minuit !Si vous voyiez cela dans votre salle à manger du château de Plappeville, toutes ces carafes qui flambent pleines de vins qui viennent d’ailleurs : chianti d’Italie, Champagnes rosés des Riceys, Bordeaux des grands châteaux et d’autres : quelles réjouissances à voir toutes ces couleurs…Et la vaisselle d’argent, les fleurs, les ciselés, les émaux des plats en Longwy !Ah, vous êtes bien heureux d’en être, révérend ! Rien que d’avoir flairé toutes ces dindes et ces dindons, l’odeur des truffes me suit partout…Meuh !...

    -Allons, allons, mon p’tit Patrick ! Gardons nous du péché de gourmandise avant d’avoir pêché le poisson ! Surtout en cette saison-ci ! Cours bien vite faire allumer les projecteurs, allumer les cierges, comme on disait en des temps meilleurs et « sonner le pêcheur » comme au premier coup d’envoi de ce Metz-….-à lui-même-(Comment, déjà ?)…Il ne faut pas nous mettre en retard : le temps, c’est de l’argent !

    Cette conversation se tenait aux environs de Noël 2005, entre le révérend Dom Carlo, surnommé par ses pairs le vieux sage, prieur de la bonne abbaye de saint Symphorien, ancien coadjuteur de dom Simonet qui avait été bouté hors de la confrérie pour avoir trop usé et abusé des vins fins l’année qui précédait, et son clerc, dit petit Patrick, qui n’était pas un saint, mais aimait boire en douce le vin de Metz (ce qui le changeait, disait-il  de celui de Nancy !)… vous l’aviez deviné : Patrick de Nancy, n’était pas saint Patrick, mais le diable, qui, ce soir là, avait pris la face ronde et les traits indécis d’un jeune étudiant d’une école de Strasbourg : l’école nationale de l’arnaque, afin de mieux induire le révérend et lui faire commettre un épouvantable péché de gourmandise.

    Donc, pendant que le soi-disant Patrick et ses sbires rasaient les ruelles (hum !hum !) et allaient faire le tour des cloches de la ville afin de ramener vers « la sainte chapelle » les vieux et les jeunes dindons de la farce dont il se voyait assez bien être le champion, le révérend, lui, passait par les vestiaires, mais avait déjà l’esprit tout de travers, troublé par les descriptions gastronomiques qui lui avaient été faites !

    Il se répétait à lui-même, en saluant les personnalités qui arrivaient les unes après les autres :

    -Bonsoir madame (mais il pensait : « quelle belle dinde rôtie » !)

    A ceux qui ne disaient rien sur son passage, il songeait : « des carpes dorées » avec des places à 38€ !

    Ca me fait penser : l’année prochaine, je mettrai ce Metz là en gala perpétuel !

     

    Dehors, le vent de la nuit soufflait en éparpillant le chant des cloches qui s’amenaient d’un pas lent vers les travées de la sainte abbaye, et, à mesure des lumières apparaissaient dans l’ombre aux flancs du Mont Saint Quentin, en haut duquel s’élevaient les vieilles tours crénelées de Plappeville ; c’étaient des familles de vieux serviteurs que l’on connaissait mieux sous le nom de « grenat », souvenirs d’épopées antiques et de légendes oubliées où les dragons crachaient encore vers les cieux de Lorraine leurs feux faits de la joie et de la sueur des hommes !Un temps pas si lointain, mais déjà presque oublié !

    Ils descendaient la côte en chantant, par groupes de vingt ou trente, les drapeaux en avant, les banderoles sur l’épaule, les femmes enveloppées dans leurs longues mantes de fourrure bien chaudes où les enfants se serraient et s’abritaient de la froidure de la saison !Malgré l’heure et le vent, ce brave peuple grenat marchait allégrement, soutenu par l’idée du spectacle auquel il allait assister, soutenu aussi par l’idée qu’au sortir de cette messe là,il y aurait, comme toutes ces fins de semaine, les retrouvailles avec Pierre, Paul, Jacques et quelques autres autour du comptoir d’un de ces troquet qui foisonnent toujours aux alentours des lieux sacrés : la taverne est toujours accueillante envers le peuple grenat qui festoie ou noie, c’est selon, son chagrin dans la mousse si légère et discute, à langue ferme sur les mérites du marc de café !

    Comme tous les samedi soir, il y aurait une table qui les attendrait, là bas , près des cuisines. De temps en temps se faisait entendre le klaxon d’une grosse berline, précédée d’une voiture de la maréchaussée qui écartait à son passage le peuple messin qui s’engageait imprudemment à pied sur ce qui était réservé au passage des deux ou quatre roues ; la lumière des gyrophares bleus faisait miroiter les glaces des voitures stationnées au clair de lune près de la vieille place du marché ; de temps en temps aussi, des groupes faisaient tourner leurs crécelles en clamant à tout va des slogans provocateurs, et, à la lueur des falots du stade enveloppés par la brume, le peuple messin reconnaissait leur maire et son adjoint, les saluaient au passage :

    -« Bonsoir, bonsoir, monsieur le maire »

    -« Sylvain, avec nous, et l’troupeau s’ra bien gardé ! »

    -« Bonsoir, bonsoir, messieurs dames, alors, combien, ce soir ? »

    -« Quatre au moins, et ce sera Noël ! »

     

    La nuit était claire, les étoiles scintillaient dans le ciel, un petit froid piquant et quelques flocons égarés voletaient, de-ci, de-là, glissant sur les vêtements sans les mouiller, gardant la tradition des Noëls blancs de neige.

    Tout en bas de la côte, le « château » apparaissait, comme le but, avec ses immenses travées, son vert jardin, la masse lourde des tribunes desquelles s’échappait la vapeur émise par la foule, qui montait vers le ciel bleu-noir, et une foule de petites lumières qui clignotaient, allaient et venaient, s’agitaient à toutes les places occupées : des briquets allumés qui ressemblaient sur le fond sombre des bâtiments, aux étincelles courant dans les cendres de papiers brûlés.

    Passé les premiers guichets, il y avait les contrôles, il fallait traverser une première petite cour ouverte, traverser des couloirs grouillants de vendeurs de journaux, de marchands de frites et de brochettes.On entendait distinctement le tintement des tournebroches, le fracas des casseroles, le choc des verres qui se cassaient quand ils étaient jetés à la poubelle, les aboiements des serveurs de terrasses qui annonçaient au comptoirs les commandes. Tout annonçait le grand festin, les apprêts d’un grand repas ; par là-dessus, une vapeur tiède, qui sentait bon les chairs rôties et les herbes fortes de sauces épicées faisait dire aux ouvriers comme aux artisans et patrons, comme au maire, comme à tout le monde :

    « Quelle belle soirée s’allait être ! »

     

    « Amis messins, êtes-vous là ? »

    « Ouaisssssss !!!! », répondait le grondement de la foule déjà installée !

    « Composition de votre équipe : numéro 1….Grégory… »

    -« Wim-bée », bêlait la foule fascinée !

    -« Numéro 2…Franck… »

    -« Bériaaaaaa ! »

     

    C’était la « Grand-Metz » qui commençait !

    Dans « la chapelle », en vérité cathédrale gigantesque, les briquets allumés jetaient leurs feux, à peine cachés par les toiles tendues qui vantaient les mérites de tel ou tel joueur ! Que de monde !Que de toilettes dans les présidentielles et les loges réservées aux grands bourgeois de la cité messine, que de couleurs dans les populaires !

     

    Un coup de sifflet strident se fit entendre !

     

    Est-ce la vue de ces petites barrettes blanches qui donne de la distraction aux officiants ? Ne serait-ce pas plutôt cette odeur de réveillon qui saute par moment au dessus des travées et vient lécher le nez des officiants ?

    Les coups de sifflets sortent Dom Carlo de sa torpeur : ces enragés coups de sifflets qui semblent le réveiller pour lui dire tout le temps :

    -Dépêchons-nous, dépêchons nous…Plus tôt ce sera terminé, plus tôt nous pourrons partager ! Plus tôt nous passerons à table !

     Le fait est que chaque fois qu’il siffle, ce maudit sifflet, il fait oublier au siffleur qui officie au milieu du terrain le pourquoi de son ouvrage, et le son de l’instrument met ses sens à l’ouvrage : il voit passer des files de pages portant des plats bien chauds enveloppés de saveurs bien tentantes, et, déjà bien avant l’heure, il entre avec eux dans le grande salle prête au festin  .

    O délices ! Voilà l’immense table  toute chargée  et flamboyante, les paons habillés de leurs plumes, hélas !, les faisans écartant leurs ailes mordorées, les flacons couleurs de rubis et d’ambroisie, les pyramides de fruits éclatants parmi les branches vertes des salades chicorée et frisées, et ces merveilleux poissons dont parlait le petit Patrick (ah !bien oui, Patrick) étalés sur un lit de fenouil, l’écaille brillante et nacrée comme s’ils sortaient de l’eau, avec des bouquets d’herbes odorantes dans leurs narines de monstres. Si vive est la vision de toutes ces merveilles, qu’il semble à dom Carlo que tous ces plats mirifiques sont servis devant lui sur les broderies d’une nappe magnifique. Le siffleur aussi se surprend à siffler la mi-temps bien avant l’heure, les fautes à contretemps !

    Le son de l’instrument ensorcelle tout ce petit monde qui oublie pourquoi il est ici, à officier dans cet hôtel : et un, et deux, et trois fois, au lieu du « dominus vobiscum », on a droit au « bénédicité ».A part ces méprises, l’homme du milieu débite son office très consciencieusement, sans oublier les lignes, sans omettre une sanction ; et tout marche assez bien, du moins jusqu’à la fin de la première mi fesse ! Car, vous le savez bien, une messe se fait en deux parties : « l’homélie » étant réservée à l’officiant, reste « l’offertoire », qui se passe au niveau des guichets et buvettes à la mi-temps : temps privilégié où les petites gens font don aux producteurs et officiants de la quête, qui, si elle n’a rien à voir avec celle du Graal, participe pour beaucoup à l’achat du beurre qui garnit les épinards !Siffler plus tôt donne plus de temps à la célébration du calice et, là même , à remplir les bourses du père trésorier !

    Trois minutes de gagnées, donc !

    Et d’une ! se dit le chapelain avec un soupir de soulagement ; puis, sans perdre une minute, il fait signe à son clerc, ou plutôt, à celui qu’il croit être son clerc, et…

     

    Triulitttttt ! Tribourique !...Tri boutique !

     

    La seconde partie commence, et, avec elle aussi, commence le péché de Dom Carlo.

     

    -Vite, vite, dépêchons nous, crie de sa petite voix le cri strident du sifflet ! Et notre cher petit Patrick, qui n’est pas un enfant de cœur, de déverser sur le stade des tonnes d’odeurs plus agréables et ensorceleuses pour un homme ordinaire qui, tout abandonné au démon de la gourmandise, se désintéresse du jeu et baisse les yeux sur le programme, en dévorant les pages avec l’avidité de son appétit qui le tenaille. Frénétiquement, il se lève, se baisse, esquisse des gestes que voit l’homme du terrain : « dépêches toi, dépêches toi » comprend l’homme en noir !

    -«Je ne comprends pas ce que veut le vieux ! Qu’a-t-il à se démener ainsi ? »

    Pendant qu’il regarde, il n’officie plus et…Patatras ! Oublie de décompter le temps mort d’ un hors-jeu, puis deux, puis trois !

    Il en oublie même de refuser un but aux grenats, tant il croit entendre dom Carlo lui dire et lui redire : dépêches toi, le rôti va être trop cuit ! Les sauces vont être gâtées, à ce rythme là !

    Les incohérences de l’homme du milieu font que ceux qui ne sont pas ensorcelés, les pêcheurs payeurs se regardent sans bien comprendre de ce qui est du jeu : « l’orémus » devient le « mea culpa »…

    -« Coup-franc », susurre, pas très franc,  « l’enfant de cœur » !

    -« Et de deux », dit le chapelain tout essoufflé par la course de l’arbitre ! Puis, sans prendre le temps de respirer, rouge et suant, il dégringole les marches pour prendre le chemin de la buvette, afin d’étancher cette soif, cette maudite soif qui vient de se réveiller !

    Il passe le reste du temps à boire, à la buvette et ne réagit même pas quand le brouhaha de la foule qui gronde annonce une défaite qui n’était pas comprise dans le prix des festivités !

    Il n’entend plus les coups de sifflets : il est juste entouré des fumets qui arrivent des salles à manger : le réveillon approche, il se met à délirer !

    Il se voit 20 années en arrière, à Barcelone, là où personne ne l’attendait !

    C’était la première Metz, celle qui était en or : les joueurs jouaient le jeu, n’étaient pas alors très chers et , lui, Carlo, avait le nez creux !

     

    T…..ribourel ! tri bourrique !

     

    Et dom Carlo s’envole pour sa deuxième Metz, celle de 98 !

    Quatre vingt dix huit, année capitale, où Metz, sur le fil a perdu sa tête !

    Adieu Robert, cochon, couvée ! Le rêve s’est vite envolé !

     

    -« Vite, encore plus vite » !

     

    Le dindon devient vite eau de boudin : « Padovano »,  « la mobylette belge », toutes ces déceptions, les serviteurs du club remerciés, abandonnés : l’indigestion de la gloire guettait !

    L’abbaye a faillit se faire avoir, et Muller a payé les insuffisances d’un trésor que son successeur a fini d’épuiser !

    Il avait juré : un peu tard, mais tant pis : on ne l’y reprendrait plus !

    Un jean, et ça repart en Mars : mais Jean le bon n’était pas sans terre, et, tel Ulysse, il succomba aux charmes d’une belle sirène ! « En fait, c’était un OM, cette sirène », lui glissa sournoisement l’enfant de cœur !

    -« Tant mieux », répondit Dom Carlo : « il périra par où il a pêché : saura-t-il se satisfaire d’une sardine ? »

    Tout le monde sait bien qu’une sardine équivaut à un galon de plus !

     

    « -Plus vite, encore plus vite »

     

    C’est le temps de l’évangile, la parabole de l’enfant prodigue qui revient, accueilli avec joie par « la famille »

     

    La troisième Metz qui commence, celle qui est finie avant que d’avoir débutée ! Les lèvres remuent à peine, on ne prononce plus les mots, de peur d’en dire trop…A moins de tricher avec le bon dieu et lui escamoter sa Metz !

    Et c’est ce qu’il fait, le malheureux !..De tentation en tentation, de verset en verset escamoté, puis sauté, d’épître trop longue qu’on ne finit pas, d’évangile affirmée, mais trop souvent effleurée :

    -« ce qui importe, c’est l’homme, pas le footballeur ».(pas de vannes, oh !) 

    -« On ne peut retenir quelqu’un qui veut partir » … (Riez, Ribérit rit bien, lui !)

    Bref, à suivre à la lettre les évangiles, l’esprit s’est oublié !

    Le saint esprit ayant quitté Carlo, celui-ci a oublié ce qui faisait que dom Carlo était un bon curé !

    Aujourd’hui, la bière lui a embrouillé l’esprit : la Metz ne l’intéresse plus !

    Il faut voir la figure effarée que font tous les assistants !

     

    Obligés de suivre les mimiques de l’officiant, ce Metz dont ils ne comprennent pas un mot (ah, ce temps béni où le latin était universel !), les uns se lèvent quand d’autres s’agenouillent, s’asseyent quant les autres sont debout ; et toutes les phrases de ce singulier office se confondent sur les sièges dans une foule d’attitudes diverses.

    L’étoile de Noël, là bas, en route dans les chemins du ciel, vers la petite étable, se méprend et s’en va vers les tables, pâlissant d’épouvante à cette confusion…

     

    -Dom Carlo va trop vite, on ne peut pas suivre, murmurent les joueurs à peine en sueur !

     

    Maître Muller demande à son voisin de lui prêter ses lunettes et cherche dans son paroissien où diantre son football peut bien être !

    Mais, au fond, ces braves gens, qui eux aussi pensent à réveillonner, ne sont pas fâchés que Metz aille à ce train de poste : « bien fait, trop payés ! »

    Et quand Dom Carlo, la figure rayonnante, se tourne vers l’assistance, en criant de toutes ses forces : « ite missa est » ce Metz là ne me fait pas bander !

    Il n’y a qu’une voix, dans la chapelle, pour lui répondre un « deo gratias » si joyeux, si entraînant, que l’on se croirait déjà à la table du réveillon !

     

    Cinq minutes après, la foule des personnalités s’asseyait dans la grande salle du château de Plappeville, le chapelain au milieu d’eux. Le château, illuminé de haut en bas, retentissait de chants, de cris et de rires, de rumeurs ! Dom Carlo plantait sa fourchette dans une aile de chapon entourée de sel, noyant le remord de ses péchés sous le flot de vin du Pape et de bons jus de viandes. Il se pencha vers le p’tit Patrick : « alors, ce soir, combien ? »

    -« Exactement, je ne sais pas, mai sûrement entre 20 000 et 25000 euros ! Si on considère notre investissement du départ, nous avons fait, ce soir, une bonne, très bonne affaire ! »

     

    Tant il but et mangea ce soir là, qu’il mourut dans la nuit d’une terrible attaque, sans avoir eu jamais le temps de se repentir !

    Il arriva au petit matin dans le ciel tout encore empreint des festivités de la nuit, et je vous laisse à penser comme il fut bien reçu !

    -Retires-toi de mes yeux, mauvais messin !Lui dit le souverain juge, notre maître à tous. Tes fautes sont assez grandes pour effacer toute une vie de vertu…Ah, tu as vendu Metz, trois fois en une seule nuit, eh bien tu vas payer, maintenant ! Tu n’entreras en paradis, et ceux qui ont péché avec toi, que quand Metz sera revenu en L1, et ceci risque de durer !Peut-être trente années, trois cents, qui sait ?

    Et voilà la vraie légende de Dom Carlo, comme on la raconte au pays de la mirabelle.

    Aujourd’hui,saint Symphorien n’existe plus pour la L1, mais sa chapelle se tient encore droite, avec une toute nouvelle tribune, mais rien pour la garnir !

    Le Mont Saint Quentin est toujours là, couvert de marronniers et de chênes verts, sauf l’hiver, où l’on peut apercevoir ce qui était la forteresse messine, « pucelle », à ce qui se disait ! « plus celle » disent ceux qui ne rêvent plus, rejoints par la terrible réalité !Le vent fait battre sa porte disjointe l’herbe encombre le seuil : il y a des nids d’oiseaux aux angles des murs : des nids de corbeaux, dont une espèce rarissime : le triboulinus noir, en voie de disparition !

    Cependant, il paraît que tous les ans, vers la Noël, une lumière surnaturelle erre parmi ces ruines, et qu’en descendant vers la ville, les soirs de match, les habitants aperçoivent ce spectre éclairé de cierges invisibles qui brûlent au grand air, même par temps de neige ou temps de vent !Rigolez si vous voulez, mais un vigneron de l‘endroit, nommé Muller, m’a affirmé qu’un soir, se trouvant un peu en ribote, il s’était un peu perdu du côté de Lessy ; et voici ce qu’il avait vu…

     

    Jusque vers onze heure, rien. Tout était silencieux, éteint, inanimé. Soudain, vers minuit, alors qu’à saint Symphorien le match était fini depuis belle lurette, que les projecteurs étaient éteints, un coup de sifflet retentit du haut du clocher de la vieille église ! Un coup de sifflet qui semblait très, très fatigué et qui avait l’air d’être donné de très très loin ! Muller vit trembler les feux, s’agiter des ombres indécises, des voix qui murmuraient :

    -« Bonsoir, monsieur le maire »

    -« Bonsoir Dom Carlo »

    -« Salut, sylvain »

    -« Bonsoir, bonsoir, mes enfants ! »

     

    Sous le porche, tout ce petit monde est entré ; mon vigneron, qui était très brave s’est approché et, regardant par la porte cassée, il eut droit à un singulier spectacle : tous ces gens s’étaient dispersés dans le stade désert, assis sur des bancs qui étaient toujours vides !

    Il y avait là toute une population habillée en habits d’un autre temps, qui semblaient vieux, fanés poussiéreux et fatigués.De temps en temps, les corbeaux dérangés, réveillés par toutes ces lumières, venaient rôder autour des cierges dont la flamme montait haute et droite, malgré le vent qui soufflait ; ce qui a beaucoup amusé Muller, c’est un certain personnage à grandes lunettes d’acier, qui secouait à chaque instant ses cheveux noirs sur lesquels se tenait un de ces oiseaux, empêtré et qui battait des ailes.

     

    Dans le fond, il avait aperçu un petit vieillard rond, de taille enfantine, à genoux au milieu du terrain, qui déversait de l’eau bénite et du sel, pendant qu’un homme en noir allait et venait en récitant des oraisons dont on n’entendait pas un mot…C’était sûrement Dom Carlo, en train de faire à la France du soir sa troisième Metz basse…

     

    May 19

    Les "pourquoi?" de la guerre...

    Pourquoi  on n’aime pas les Nancéens, à Metz ! …..(et vice-versa)

    On me pose souvent cette question, et elle va peut-être redevenir d’actualité, vu la remontée des Meurthe et mosellans au classement de la D2, cette année !

    Tout d’abord, félicitons les pour leur belle victoire à Saint-Etienne et à Lille : les « tricheurs » ne sont pas près de l’oublier…..

    Ensuite, un peu d’histoire : car cela ne date pas d’aujourd’hui !

    En fait, Nancy est une ville jeune, comparée à Metz !

    Nulle part, il n’est fait mention de Nancy, en période gallo-romaine : la grande ville des environs de Nancy s’appelle Gand, et elle est le lieu d’un des plus grands lieux de rassemblements…. Elle possède avec Divodurum, un des plus grands amphithéâtre de la Gaule de l’époque.

    Dans notre région, les grandes villes s’appellent Tullum (Toul),Théodonisvilla (Thionville)  Maro Sallum (Marsal),Vicus Bodatus (Vic),Verodunum (Verdun), Caturiges (Bar-le-Duc) 

    Les routes qui vont vers Lyon, Trèves, Reims et Strasbourg se croisent à Metz, qui est la véritable plaque tournante de la région !

    Mettis, le nouveau nom de Divodurum, devient même, au temps des rois fainéants, sous Sigebert 1er et Brunehaut, capitale de ce que l’on appelait alors, l’Austrasie : c’est l’époque  du très connu Dagobert, et de son conseiller saint Arnoult, ce dernier étant l’aïeul de Pépin le Bref, qui sera lui-même le père de Charlemagne !

    Charlemagne, dont le fils, Louis le pieux, est enterré à Metz, et est le père (entre-autres) de Lothaire 2, qui va donner son nom à notre belle province : La Lotharingie, qui s’étendait à l’époque, de la ville de Genève, jusqu’à la mer du Nord….

    En 925, le royaume est scindé en deux duchés : ceux de « Basse-Lorraine » et de « Haute-Lorraine »(dite Mosellane)…

    Cette dernière était composée de la Lorraine actuelle, de la région de Trèves et du Luxembourg

    On sait que notre région, depuis cette époque, fut revendiquée âprement disputée entre les descendants de Charles le Chauve et Louis le Germanique !

    Vu de l’intérieur, la situation est encore plus compliquée : il y a le duc de Lorraine, dont le duché, situé au centre et au sud, qui choisit Nancy comme lieu de résidence (mais il possède des enclaves dans les régions de Sierck, Forbach et Pagny), les trois comtes : celui de Bar (Bar-le-Duc, Saint-Mihiel, Etain, Briey, Pont-à-Mousson ), celui de Vaudémont(Vaudémont, Vézelise « le grenier de la Lorraine » et le comte de Luxembourg(Luxembourg, Thionville…. Ajoutez à cela, les trois Evêchés(Metz, Toul et Verdun), véritables comtés très riches et jalousés !

    Tous ces gens là étaient vassaux de l’Empire romain germanique, mais eux-même étaient suzerains d’innombrables petits seigneurs auxquels ils avaient attribué des terres…et qui se battaient entre eux avec acharnement pour agrandir leur domaine, sous des prétextes souvent futiles!

    Au fil des siècles, les liens de toutes ces entités se desserreront avec le saint Empire Germanique, et les régions intègreront petit à petit le Royaume de France…

    Arrive 1870, le désastre de Sedan, et ce traître de Bazaine qui se rend sans combattre, et livre Metz aux prussiens !

    S’ensuivent les déchirements qu’ont connu toutes nos familles messines à des degrés divers :

     L ‘assimilation de force au pays vainqueur, tout en n’étant jamais considéré comme étant du pays.

    Le déménagement des structures administratives françaises vers …Nancy, qui reste terre de France ! Et acquiert une université à bon marché.

    Par la faute de Napoléon, j’ai donc un père, né en 1918, quelque temps avant la fin de la guerre, qui naît donc Allemand, et sera réintégré dans la nationalité française à la fin de « la grande guerre », ce qui lui vaudra une expulsion, quand les Allemands reviendront en 1940, et une entrée dans la résistance française par la même occasion, d’autre, comme mon oncle maternel, sera enrôlé de force dans l’armée allemande, pour avoir refusé de quitter son pays : il ira mourir en Pologne, placé en première ligne face aux russes par ces « cousins germains »

    Il y a donc Nancy, la Française, celle qui a gagné la guerre, et Metz, cette ville suspecte, où l’on parle le patois de préférence au français : les pauvres, que pouvaient-ils donc faire autrement ?

    Un cousin de mon père, directeur d’école, se retrouve sans emploi, pour avoir refusé de faire classe en allemand ! Oui, pouvait-on faire autrement ?

    Tout ceci, pour vous expliquer pourquoi, quelque temps après, le marché commun va naître, sous l’impulsion de quelqu’un de la région, qui ne voulait plus connaître « ça » : Robert Schuman !

    Et Metz, depuis la fin de la guerre, se bat pour retrouver ce qui lui appartenait AVANT la défaite de 1870,celle de la France napoléonienne, pas celle de Metz, ce que conteste Nancy, qui ne veut se démettre de ce que l’histoire lui a concédé !

    Alors, pour Metz et pour le FCMetz, il faut prouver, encore et toujours : aujourd’hui, nous sommes en D1, eux en D2 !

    Ils vivent donc cela très mal, car, pour eux, nous sommes l’ennemi, au même titre que Strasbourg…….ils se sentent plus français que nous, car ils ont oublié leur histoire, qui n’ a pas toujours été de France !

    OUI, c’est nous qui sommes en Division 1 !….Et on aime bien les derbies !…… Non, je ne les aime pas : ils ont gagné et on a perdu…

    May 14

    La "vraie" légende du Graoully

    Il n’y a pas si longtemps,

    Je le sais par ma mère-grand, vivait dans notre pays

    Un dragon nommé Graoully.

    Il dévorait chaque matin, une équipe de messins.

    Dieu compatissant

    Nous envoya  saint Clément.

    Celui-ci prit son étole,

    Il en fit un bon licol.

    Puis la bête il emmena

    Et dans la Seille, il la noya !

    A la cathédrale vous la verrez

    Car elle y est, bien empaillée.

    Allez la voir. Ne craignez rien :

    Elle est sous garde du sacristain !

    De Tf1, un vieux barjot,

    Nous envoya Pascal Praud :

    Ils ne savaient qu ‘en faire,

    Mais il fallait commenter l’affaire !

    Celui-ci ne savait rien,

    Ni de la bête, ni des messins !

    Il questionna, mais en vain,

    A maintes reprises, deux ou trois devins :

    En définitive il énerva,

    A Metz, citoyens, rats et chats !

    Tous savaient que ce parisien

    De Nantes était citoyen !

    Et qu’à chanter : « il n’est bon bec que de Paris »

    Faisait douter de son esprit

    Le Messin, très vite, en grippe le prit !

    Au champ de Seille, on l’amena

    Et dans la Xippe, on le plongea

    Puis le bon peuple le chassa

    Préférant la bête à l’échalas

    Et que croyez-vous qu’il fit,

    Dès lors que rentré à Paris ?

    Sur les champs Elysées il alla

    Conter à Tapie son dépit.

    Ce dernier son mépris lui donna

    De même qu’un grand coup dans le tibia !

    D’autres même, en catimini

     Dirent que durant huit jours, il ne put faire pipi !

    ……..

    Son chagrin dans l’alcool il noya,

    Et dans la Seine, il se jeta !

    A TF1, vous le verrez,

    A télé foot, bien mal sapé.

    Allez le voir, mes bons chrétiens :

    Il est sous garde d’autres crétins…

    May 13

    La guerre de Troyes...

    La guerre de Troyes…

     

    Achille se retourna et aussitôt reconnu Pallas Athéna, car ses yeux terribles lui étaient apparus. Prenant alors la parole, il dit ces mots ailés :

    « Pourquoi donc, fille de Zeus porte-égide, es-tu venue ? Est-ce pour voir l’insolence de Priam-Perrin ? Mais je vais te dire ce qui s’accomplira, j’en ai la certitude : par son arrogance, il pourrait enfin bientôt perdre le souffle. »

    Athéna, la déesse aux yeux pers lui répondit alors :

    « Je suis venue du ciel pour calmer ta fureur, si tu veux m’obéir. Héra, la déesse aux bras blancs, m’a envoyé vers vous. Allons ! Finis cette dispute, que ta main ne tire pas l’épée ! Contente-toi de l’outrager en paroles au gré de ta colère, car je vais te dire ce qui s’accomplira : tu recevras un jour trois fois autant de présents magnifiques pour te dédommager de l’affront qu’on t’a fait. Retiens-toi donc, et obéis-moi. Engrange ta fureur, retiens la dans ton cœur, et qu’elle te serve à assouvir tes frustrations quand il sera temps de le faire payer, le 9 janvier ! »

    Elle dit, et remonte alors vers l’Olympe, dans les demeures de Zeus, auprès des autres dieux.

    Quant au fils de Pélée, il cédait en tout ce qui fut dit.

    Lorsque le soleil se fut enfoncé, et qu’après lui survint l’obscurité, il s’étendit, et se vit, Songe pernicieux, avec son armée, le soir du 9 janvier…Et quand parut la fille du matin, l’Aurore aux doigts de rose, il avait vu l’immense armée des Messins, qui avait repris le large, grâce aux faveurs d’Eole le dieu au souffle léger, se présenter devant la ville aux grands cœurs, et en faire le siège.

     Après avoir fait semblant de fuir, les fils des Achéens avaient coupé leur armée en deux, et les fils de Priam tombèrent dans le piège avec un grand fracas. De même qu’au jaillissement du feu, les sauterelles s’envolent en fuyant vers le fleuve, le feu  infatigable flambe en s’élançant soudain, et les sauterelles vont se cacher dans l’eau, au bord du Xanthe aux tourbillons profonds, de même, sous l’impulsion messine, la Seine s’emplissait pêle-mêle d’hommes et de chevaux !

    Bientôt, reculant sous l’assaut, les Troyens aux grands cœurs cédèrent le terrain….. Puis les murailles, avant que de rendre les armes : leur ville était en flamme, les fils de Priam étaient en pleurs, suppliants les fils d’Agamemnon en tendant leurs deux mains, de leur épargner la vue de ce spectacle si poignant, de leur enlever la vie, en les atteignant de leur lance ou d’un trait décoché par leur arc !

    Alors, tirant son glaive aigu, Achille les frappa, par trois fois !

    Les coups aigus pénétrèrent tout au fond de leur poitrine, et les voilà qu’ils se taisent, têtes en avant, ils s’étendent et s’allongent par terre. Un sang noir coule, et détrempe la terre……Déjà ils arrivent aux enfers, où règnent Déméter et le chien Cerbère : Le Messin, lui, a gagné trois points !

    May 12

    La Nationale 57

    La nationale 57.

    Dans les années soixante, l’équipement avait décidé d’élargir cette route devenue de plus en plus fréquentée…. Cette opération avait été rendue possible du fait que les Corses de Bastia avaient trafiqué leur compte, et laissé croire que… Certains cantonniers, loin d’être régulièrement inscrits à l’U.R.S.S.A.F., travaillaient, en fait, « au noir »….

    Les premières années avaient permis de doubler le trafic : deux chevaux comme camions de grosses sociétés s’y croisaient, tout heureux de pouvoir rejoindre des villes comme Paris, Saint-étienne, Marseille, Bordeaux….comme assis dans son salon.

    Le trafic s’intensifia, la route, surchargée, se dégrada, d’autant plus que certains collectionneurs peu scrupuleux, emportaient, en souvenir de leur passage : qui, un morceau de macadam, qui, un pot de peinture, qui, une pierre du terrassement……. Il devenait urgent, avec le temps, de réhabiliter ce qui devenait, avec l’âge, une monstruosité historique, et faisait rigoler dans les chaumières du côté de Troyes, Lille, Lyon,  où chaque randonnée du côté de la Moselle était promesse de revenir avec des cadeaux pleins les poches, tant le mosellan est généreux et naïf, parfois !

    Mais voilà, victime de son succès, comment arrêter le trafic, pendant les travaux ?

    Nulle solution de rechange ne se faisant jour, on repoussa le projet « à plus tard », et, devant les protestations de l’ingénieur en chef, on limogea celui-ci, qui partit gagner sa croûte du côté de Lens, où l’on se félicita de sa venue, mettant à sa disposition un pécule qui lui permit d’améliorer très vite le réseau local, au point d’en faire un des plus usité du réseau national…. Le chef de l’équipement regretta le départ de « celui en qui il avait mis toute sa confiance », mais n’osa point s’élever contre cette unanimité qui s’était faite sur la responsabilité de « cet incompétent, qui ne rendait jamais compte, réclamait tout le temps des moyens, et faisait de plus la gueule tous les jours, au point qu’on s’interrogeait sur ses motivations profondes »(sic)

    Du côté de Metz, les actionnaires-administratifs, voulant tirer bénéfices du départ de celui-ci, décidèrent de garder son salaire ,afin d’augmenter leurs bénéfices, et de promouvoir le cantonnier en chef…. Si, dans un premier temps, les bas côtés furent renforcés, très vite, il advint que les soubassements devaient être refaits à neuf, la circulation moderne, les nouveaux véhicules, chers à l’ achat, avec leurs moteurs puissants, leurs suspensions, certes, améliorées, mais fragiles, tolérants mal le nouveau revêtement, fait de « tout venant », jeté à la hâte sur les nids de poule naissants…….

    Pour économiser, on laissa les bornes  hectométriques se dégrader, puis on vendit les bornes kilométriques à l’ entretien trop coûteux….

    Le cantonnier en chef licencia les employés, qui, bien que manœuvres, se rendaient compte de la difficulté qu’il allait y avoir à remettre le réseau à niveau…

    Il engagea des stagiaires à la place des professionnels…. Ceux ci, peu habitués aux responsabilités, se prirent très rapidement pour des cadres supérieurs, et se mirent à faire n’importe quoi : attirés par le bénéfice qu’ils pouvaient retirer de la chose, ils permirent aux marchands de frites de s’installer sur les bas-côtés…. Très rapidement, ceux-ci débordèrent sur la route, empêchant la circulation de se faire normalement.

    Devant les protestations des automobilistes, on décida d’interdire à certains de ces derniers de circuler en multipliant les tracasseries administratives. Ainsi, à un tel qui se plaignait que la route fut glissante, on confisqua sa roue, sous prétexte que ses pneus n’étaient pas conformes, à un autre, on interdit l’accès sous prétexte qu’il avait, dans son véhicule, une personne qui avait insulté un marchand de frites lors d’un précédent passage, etc, etc, etc….

    Les choses allèrent de mal en pis…..

    Aujourd’hui, je rêve devant ce qui fut, ce qu’ on appelle « une grande route »,et qui n’ est plus qu’un chemin départemental, où même les panneaux indicateurs ont disparu, où les trous, l’herbe et les chardons apparaissent entre deux nids de poules……Le rêve n’ est-il pas la réalité de demain ?

    Aujourd’hui, pour aller à Paris, je prends le T.G.V….

    May 11

    Le vieux mirabellier messin était un résistant...

    Le vieux mirabellier messin était un résistant…..

    C’est une belle histoire messine, à conter en ces temps où nous cherchons la source de nos valeurs…

    Il y avait, dans un village proche de Metz, un vieux mirabellier à l’écorce et au « cœur » bien français, qui vivait au temps de l’occupation de 1940/1944.

    L’occupant d’alors, plus préoccupé par des considérations alimentaires du moment, décida que les champs se devaient d’être une source de nourriture plus…consistante, et décida l’implantation d’un champ de pommes de terre, histoire de régénérer le sol lorrain : le vieux mirabellier fut condamné à être décapité.

    Sur le bord du champ où il avait vécu libre et heureux, couvert de fruits d’or, on toléra tout juste son tronc dépouillé…

    Il pleure des larmes de sève amère …il pensa à celui qui l’avait planté et qui était parti, là bas, vers le pays des oliviers et qui n’aurait jamais toléré pareille mutilation sacrilège. ( On n’a d’ailleurs jamais su très bien pourquoi ce pauvre tronc fut abandonné au bord de ce champ, à la merci des intempéries.)

    Mais le mirabellier, tout comme les chênes lorrains, ne se tint pas pour battu : au printemps suivant, de nouvelles branches pointèrent et, « prodige » dirent certains, ces branches prirent la direction du sud, vers Novéant, vers l’espérance, vers ce qui était la France ! …..Et ces branches, depuis, sont toujours tournées vers l’ancienne frontière…

    Quand l’ancien propriétaire rentra d’exil, en 1945,le vieux mirabellier ayant reprit goût à la vie, était chargé d’une récolte prometteuse aux éclats d’or dans le soleil levant…..

    C’est ce conte que je remémore ce matin, conte qui me fut raconté par mon père, et qui me laisse un peu d’espoir pour ce match de dimanche, qui paraît déjà joué dans les têtes, sinon dans les esprits !

    Car nous sommes en pays messin, terre de résistance…….

    Bonne journée à tous et recevez toutes mes amitiés !

    May 10

    Attentes

    Attentes….

    Depuis toujours, « le bon roi René », comme le disent ses sujets nancéens, rêvait de soumettre ces diables et riches messins !

    Et ce coup-ci, il n’était pas loin d’y parvenir !

    Ce qu’on n’avait pu faire jusqu’alors par la force, on allait leur montrer qu’on pouvait le faire par la ruse ! Tout au long de ce quinzième siècle, les ducs avaient songé à en faire la conquête.

    Les ducs prétendaient avoir des droits anciens sur le comté de Metz, montant un peu trop en épingle le fait que Thiébaut 1er, duc et comte de Dabo, avait, autrefois, porté le titre de comte de Metz pendant quelques années.

    Après Charles II, qui avait éprouvé la force de la cité mosellane, et René 1er, soutenu par Charles VII, Nicolas 1er  dans les mois qui précédèrent sa mort, prépara à son tour, un coup de main audacieux.

    Une ruse que n’aurait pas désavoué Duguesclin, qui devait permettre aux troupes ducales de pénétrer dans la ville par surprise, à la fin de la nuit du 8 au 9 avril 1473.

    Réveillés par des bruits insolites, le boulanger Harelle, qui s’était levé tôt ce jour là pour allumer son four, s’empressa de rameuter les gens et bourgeois de garde cette nuit là, et ce fut lui, aidé par des vignerons et des artisans, qui joua un rôle décisif en baissant la herse de la Porte Serpenoise, sous laquelle s’était déjà engagée la soldatesque adverse.

    Ce coup de main manqué eut un grand retentissement dans l’empire et marqua les destinés de la cité.

    Le ressentiment, déjà si grand entre les Messins et les Lorrains s’en trouva renforcé.

    L’érection d’une chapelle commémorative et l’institution d’une procession annuelle entretenait le souvenir de la victoire, considérée à l’époque comme miraculeuse.

    Les Patriciens messins restaient et restèrent les maîtres du jeu : le maître échevin gouvernait alors trente mille habitants, et même si les coffres étaient un peu vides et si la grande richesse avait un peu déserté les boutiques, Metz restait un haut-lieu de la vie politique, culturelle et religieuse de la région.

    René II le savait mieux que quiconque, quand il décida, en octobre 1489 le blocus de la ville.

    La première phase du conflit dura jusqu’en 1490, date de la découverte de la trahison de Jean de Landremont, patricien entré au service du roi René !

    Celui-ci fut exécuté publiquement et cette exécution relança les hostilités, le blocus, les saisies et les ravages, avant qu’une paix fut signée en mai 1493, par l’entremise des prélats de Trèves et de Strasbourg, après le passage de Maximilien à Metz.

    De toute cette époque, il nous reste aujourd’hui un certain ressentiment, une méfiance vis-à-vis des gens de Meurthe et Moselle, car l’histoire nous a appris que la trahison(l’histoire d’Harelle) et la lâcheté(vote des députés nancéens en faveur de la cession de la Moselle et l’Alsace en 1870), l’opportunisme(la Meurthe n’est devenue que Meurthe et Moselle qu’après un re-découpage et l’annexion du bassin de Briey ,l’université n’est devenue « nancéenne » qu’après l’annexion du département Mosellan, etc.…

    Il nous reste aussi les processions annuelles du mois d’avril, même si celles-ci ont changé d’églises pour se transporter dans des lieux plus en phase avec la version moderne des lieux de communion avec le peuple : le stade qui rappelle les lieux originels où se situait l’ancienne abbaye : Saint Symphorien !

    Nul ne doute que la bataille de ce soir soit rude : Il va falloir baisser la herse, derrière, monter aux créneaux devant, se méfier des trahisons de ceux qui prendraient par trop les choses à la légère, car notre destin dépendra pour beaucoup de notre capacité de marquer les trois points, une victoire qui serait la troisième de la saison contre les gens de la basse Lorraine, mais surtout le signe que nos objectifs à nous, messins, reste la L1, celle de tout club ayant vocation à l’élite !

    May 07

    Histoire de doigts....

    Histoire de doigts….

    Je dois, tue doigts, dis doigts :

    Je m’excuse de mettre ici le doigt sur la plaie, mais je me devais, ici, de soulever la question :

    -Ne serions nous pas à la veille de la grande mutation de notre vieux club de football, tant nos jeunes joueurs semblent beaucoup plus doués avec leurs doigts que de leurs pieds ?

    Nous savions déjà que tous étaient doués pour toucher, n’hésitant pas, pour cela à s’expatrier vers la principauté ou la perfide Albion, celle qui ne voudrait mettre sa livre au prix du kilo d’euros,

    Nous avions pu, il y a un certain temps , admirer le doigt sur la bouche de capitaine Proment, alors qu’il venait de marquer, geste élégant, qui, j’en suis sûr , relevait en son temps d’une certaine discrétion vis-à-vis de l’hommage rendu par le public, aussi, nous n’en ferons pas un fromage !

    Mais continuons notre ramage :

    Il y eut celui de Boffin, dégainé à la vitesse de sa pétrolette, qui lui valut une mise à l’écart, ma foi, bien méritée, tant le geste était petit, de la part d’un si grand footballeur : je le dis ici !Lui, au moins, il courait et mouillait son maillot, même si sa position tactique, plus proche de celle du gendarme que du souteneur de l’attaque le laissait sans arguments de défense : l’équipe relevait déjà plus de la femme légère que de la bonne ménagère!

    Il y a maintenant celui de Proment qui achève de clôturer ce festival de la main : une main qu’on lui mettrait bien dessus, sur ses fesses : ne fût-ce que pour l’exemple qu’un jeune de vingt ans peut donner aux plus jeunes !

    Peut-être Ludovic sera-t-il un bon gardien, peut-être sera-t-il même excellent, mais cela en fera-t-il un homme ?

    En tous cas, il sera dorénavant un sportif qui ne maîtrise pas ses affects, comme beaucoup : avec si peu, il a perdu beaucoup : qu’ira-t-il raconter à sa progéniture, lorsqu’il en aura l’âge et la raison ?

    -« J’étais jeune et j’étais con ! »

    Mais la bêtise, si elle n’est pas toujours de Cambrai, est parfois sucre difficile à digérer !

    Ainsi, monsieur, vous étiez si fatigué que vous pouviez encore le lever ?

    Pas très digne d’un pro, tout cela !

    N’oublions jamais que dix doigts font une main, et que si certaines fessées se perdent, certaines sont salutaires, ainsi que nous l’apprend ce conte messin !

     

    Le sorcier malgré lui.

     

     

    Dans le petit village de Plappeville, dans le pays messin, vivait une brave femme, connu sous le nom de Marguerite. En disant une « brave femme » je ne me fais que l'écho de tous les gens du pays. Très à l'aise avec tous, charitable et secourable aux malheureux, elle fréquentait assidûment les offices de la petite église de Sainte Brigide, se confessait souvent auprès du curé de Saint Symphorien, abbaye à laquelle dépendait la paroisse et chaque fois, au sortir de l'église, allait prier sur la tombe de son pauvre mari défunt.

    Tout plaidait donc en sa faveur et on lui aurait donné le bon Dieu sans confession.

    Mais il ne faut pas se fier aux apparences, comme le montre la suite de cette histoire.

    Un samedi soir que dame Marguerite, après qu'elle ait passé la journée avec Jean Colliger le tailleur de Gorze, un joyeux compère un peu bavard, elle maugréa en voyant que l'ouvrage qu’elle lui avait commandé n'était pas terminé et qu'il faudrait, après le souper, encore au moins de deux à trois heures pour en venir à bout. Elle domina néanmoins sa mauvaise humeur et dit tranquillement à Colliger : « Jean, je serai obligé de sortir tout à l'heure et tu n'auras pas fini pour ce moment-là. Si tu trouves qu'il est trop temps pour retourner à Gorze, tu pourras coucher ici. Il y a dans la grange du bon foin et la nuit est tiède. Seulement, tu garderas bien la maison, car je ne rentrerai très probablement qu'assez tard. »

    Cette sortie tardive de la patronne n'étonna nullement le tailleur ; elle pouvait aller à une veillée dans un village voisin, vers Lorry ou bien encore Lessy ou ailleurs, car elle avait de la parenté et des connaissances un peu partout dans le Val de Metz.

     Mais ce qui le surprit, ce fut l'air mystérieux avec lequel la Marguerite fit ses préparatifs qui ne comportaient pourtant pas qu’un simple « bagage ».

    Elle s'enferma dans la cuisine, et Jean l'entendit aller et venir, ouvrir et fermer le buffet en faisant le moins de bruit possible…

    Très intrigué et surtout très curieux, comme le sont d'habitude ses pareils, il chercha à voir. Une fente de la porte lui vint fort à propos en aide. Justement la Marguerite prenait sur le coin d'un rayon, près de la cheminée... Un petit pot ; elle l'ouvrit avec précaution, et l'indiscret vit qu'elle en retirait quelque chose de gras, comme une sorte de pommade, avec quoi elle se graissa sous les aisselles, au pli des coudes et du jarret... Puis, il ne vit plus rien.

    Qu'était-elle devenue ? Elle était peut-être sortie par l'autre porte, celle de l'allée... Craignant d'être surpris aux aguets, il revint à sa besogne, qu'il expédia aussi vite qu'il pu. Mais sa curiosité était loin d'être satisfaite.

    Son ouvrage terminé il voulut se rendre compte par lui-même de ce qu'il avait vu. Après s'être assuré que la Marguerite était réellement sortie, ainsi qu'elle l'avait dit, il entra à la cuisine. Rien n'y paraissait dérangé ; seulement des bandes de lard, les chapelets de saucissons, et quelques jambons au lieu d'être à leur place, suspendus dans la vaste cheminée, en avait été décrochés et se trouvaient soigneusement rangés sur le foyer. C'était cela que faisait la bonne ménagère quand Jean Colliger l'avait entendit remuer ; mais il n’y fit  pas grande attention. C'était le pot de pommade qui le préoccupait plus. Il chercha et le retrouva sous la cheminée, derrière de la vaisselle.

    L'idée lui vint -- idée vraiment diabolique -- d'essayer sur lui les effets de cette drogue ; il fit ce qu'il venait de voir faire à la Marguerite. Facétieux et incrédule, il riait et goguenardait, quand il se sentit bientôt légèrement soulevé de terre. Alors il rit jaune et eu un peu de frayeur. Il chercha à se retenir à quelque objet et à s'y retenir. Une machine à carder la laine, comme s'en servent les matelassières, se trouvait seule à sa portée. Il ne plus qu’en saisir par le manche le peigne mobile de la carde, qui lui resta dans la main.

    En même temps son ascension continuait. Il comprit pourquoi la cheminée avait été débarrassée de ses fumaisons et comment il fut si vite en haut, au clair de la Lune. Décontenancé un instant, il reprit tout son sang-froid et fit contre mauvaise fortune bon coeur. Armé de sa carde, il planait doucement dans l'air, et cela lui faisait éprouver une sensation des plus agréables. Un silence profond régnait dans la vallée et sur les hauteurs. La Lune apparaissait parfois dans une éclaircie et lui  indiquait qu'il se dirigeait du côté d'entre-deux eaux  et Lorry. Mais il n'alla pas si loin. Arrivé au-dessus de la croix Médar, le rendez-vous habituel des sorcières et sorcier de Plappeville, il se sentit descendre, et la première chose qu'il vit, ce fut la Marguerite, désenfourchant son manche à balais.

    -- tiens ! Jean Colliger!... S'écria-t-elle toute joyeuse ; tu es donc de la confrérie ? Pourquoi ne pas me l’avoir pas dit ! Nous aurions fait route ensemble...

    Jean fut tout ébahi -- on le serait à moins -- en rencontrant en semblable compagnie dame Marguerite, la femme si pieuse, si honnête, si estimée, qui, par ses mérites, sanctifiait tout le pays. Mais, avec sa jovialité coutumière, il se ressaisit instantanément et prit bravement son parti de ce qui allait arriver, ayant compris, depuis sa sortie de la cheminée, que le sabbat serait au bout de sa pérégrination. Il n'y aurait pas été si on le lui avait proposé, mais puisqu'il était sans l'avoir voulu, il ferait comme les autres. Conduit par la Marguerite, qui paraissait être une habituée de ces bals diaboliques, il alla à l'assemblée, qui se tenait dans une carrière bien gazonnée, comme il convient à une fête champêtre. Il fut favorablement accueilli par tout le monde. N'était-il pas présenté à l'honorable société par une sorcière de marque ? Il fit tout son possible pour se conduire convenablement, de manière à ne pas trop provoquer les attentions des initiés.

    Après les simagrées d'usage et la ronde infernale, Satan prit enfin sa place d'honneur et chacun du aller à la queue leu leu, comme à l'offrande, présenter son « humble hommage. »

    On sait en quoi il consiste :… Satan, grave et majestueux, l'appendice caudal relevé comme celui d'un matou, reçoit, sans broncher, le... « Baiser de paix » de la noble société. Quand vint son tour, Jean ne put réprimer un mouvement de répugnance et, au lieu de ses lèvres, ce fut un violent coup de carde qu'il appliqua.

    À cette sensation désagréable, piquante et écorchante à la fois, le diable fit une affreuse grimace, qu'aperçurent bien ceux qui étaient devant lui, et, sans retourner la tête, il dit d'une voix sévère : « toi, Jean, on voit bien que tu es encore un novice. Tâche, pour la prochaine fois, de te faire plus proprement raser la barbe... »

    Jean appliqua un nouveau coup, puis un troisième, qui fit rugir de douleur le diable dont le postérieur était devenu tout rouge !

    Satan lâcha un gros pet, qui éclata la roche !

    Au même instant, un coq chanta dans le lointain, et toute la diablerie s'évanouit d’un seul coup, comme par enchantement...et il ne resta plus, à la place, qu’une source… ferrugineuse,qui suintait de la roche éclatée et que l’on connaît aujourd’hui encore sous le nom de « bonne fontaine… ».

    Le jaseur boréal, cet oiseau de malheur !

    L’oiseau de peste, l’oiseau de guerre a fait son apparition en France, et plus particulièrement en Alsace ; sa dernière apparition datait de 1914, année funeste pour la France profonde de l’époque, la précédente du Moyen-Âge !

    En fait, poussé par la faim et le froid, cet oiseau plus habitué aux régions d’Europe Centrale avait du entendre parler des conditions d’hébergement en vigueur dans l’hexagone, pour se décider à entreprendre ce long voyage !

    La maison à 100 000 €, l’appartement de Gaymard, tout cela encourage les citoyens ordinaires que nous sommes dans la conviction que quelque chose est vraiment pourri dans notre société, et, qu’à force de défaire ce que des générations de gens ont forgées à coups de larmes et, souvent, de sang, on risque, on va au-delà de graves désillusions !

    Les jeunes générations, souvent confortées dans certaines facilités et élevées dans de doux cocons bien au chaud, ne croient plus à grand-chose, sinon au profit immédiat !

    De quoi demain sera-t-il fait ?....

    L’incertitude, les lendemains qui déchantent, les vieux de Moselle connaissent : cela a même fait partie du pain quotidien d’une époque pas très éloignée !

    Des milliers de Mosellans avaient préféré appliquer le système du retrait, comme les enseignants d’aujourd’hui face à la montée de la violence !

    Barthez, lui,après avoir pété les boulons dans le match amical que l’on sait, ne s’est pas résigné à les prendre sur la tête : il a donc décidé de son retrait, et la sécu se trouve devant un problème de plus : comment gérer la contracture du boulon, la « boulonique » attitude du supporter lambda de Saint-Etienne, à moins qu’il s’agisse seulement d’une agression d’un Toulousain de Marseille par des gens porteurs de passeports marocains, ou de sympathisants d’un humoriste célèbre, mais néanmoins raciste, qui ne supporterait pas les crânes dégarnis d’une forme de pilosité « Chéri bibi » trop en rapport avec les bagnes de la région de Cayenne, qui le ferait éternuer, comme le poivre du même nom ( ne pas confondre avec le Poivre d’Arvor, qui n’est que le condiment en vigueur du côté des côtes d’Armor et de Bretagne !

    Ah, elle est belle à voir, la France d’aujourd’hui : toute de blanc vêtue, vêtement de virginité, elle cache sous le blanc manteau tellement d’inepties et de mensonges appelées « vérités du moment » !

    Pour que Léotard, le politique se retire de la scène du grand guignol, il aura fallu qu’il perde un frère pour se rende compte que c’était ce frère là qui savait ce qu’était la liberté : le droit de retrait !

    L’arbitre, hier soir, a préféré la parodie et nié l’évidence de la situation : il a fait jouer sur un terrain injouable, sans tenir compte de la vérité climatique : à vingt trois heures, trente cinq mille spectateur ont pris leurs voiture sous la neige et commencé à rouler dans le verglas pour rentrer chez eux, après avoir assisté à une parodie du jeu sur un terrain congelé !

    Heureusement, Saint-Etienne a gagné !

    Le foot, lui, a un peu plus perdu, mais ça, tout le monde s’en fout ! La tribu verte a vaincu un « fantastique » OM, zombie transparent de fantômes d’antan, les seuls dont on veut se souvenir !

    Laissez les sous venir, disait le programme !

    Barthez, lui, sera indemne et, décontracté, pourra jouer contre la Suisse, avant de prendre une bonne amende que règlera le sponsor Adidas, c'est-à-dire le petit con en « trois bandes » marocain qui s’est amusé à lancer des boulons à Geoffroy Guichard, hier soir !

    Morale, cette histoire, non ?

    May 05

    Metz : le poids de l 'Histoire...

     

    Quelle est cette langueur qui pénètre mon cœur, disait le poète ?

    Verlaine, vers la haine ?

    Vers l’O.M., en ce temps de « saint Jean »

    Mais Jean, je le sais bien, n’est pas un saint !

    Comme d’autres, souvent, ici, il a trahi :

    Il y a eu Bazaine, les députés français…

    Désormais, on parlera de la trahison de Jean,

    Qui avait promis à la belle messine bon et bel engagement !

    La Marseillaise est comme l’Arlésienne : on ne la voit pas,

    Mais elle est là, dans l’ombre, à attendre son heure,

    Telle la pute de l’opéra, elle guette la clientèle,

    Pour la dépouiller de ses sens, faisant fi de toute moralité :

    Anigo, pas si nigaud tire parti de la rumeur,

    Vante la vieille pute et attend son heure !

    Jean, déjà pris pourtant, en un temps

    A trahi Metz, sa parole, son contrat, parce qu’il aimait Marseille,

    Ville « aux vents mauvais », qui va le déshabiller après l’avoir phagocyté,

     Le jeter sans façon là d’où, il nous est venu : l’A.N.P.E. !

    Les hommes sont ainsi faits qu’ils ne comprennent rien à l’Histoire :

    De Sochaux à so show, il a repris des forces en Moselle,mais…

    Ils s’en racontent eux-mêmes, mais ils ont la mémoire courte !

    Quelqu’un a dit : le rire est le propre de l’homme

    Moi je dis : la trahison n’est pas propre, mais elle dénote le propre d’un homme !

    Jean : bon vent ! Je ne t’aimais guère : dénicheur de talents, tu étais piètre entraîneur,

    Même si tu as su abréger notre séjour à l’étage inférieur :

    Pour cela, soit remercié !

    Parce que je sais –AUSSI-

    Que Carlo, en parlant, se donne encore une fois le beau rôle :

    -C’est lui qu’on délaisse, qui est pour le moins « surpris », le cocu de l’affaire !

    Lui qui a passé son temps à faire des affaires sur ton dos, en vendant

    Les forces vives du club, exploitant de la jeunesse du sérail !

    Je jette ici, nostalgique, l’équipe qui aurait été la tienne, si…

    Mondragon, Béria, Signorino, Méniri, Borbiconi, Proment, Ribéry, Obraniak,

    Sans oublier  Djiba, Niang et Adébayor,

    Qui furent une belle équipe, sur le papier,

    Mais ne purent jamais ensemble être alignés !

    Carlo, « le cocu », s’étonne et tonne !

    …..

    Il ne me reste plus, parce que je suis un homme,

    Que le rire, nerveux,

    L’espoir, Lorrain,

    La constance et la persévérance pour garder espoir

    En regardant le grand « fleuve » qu’est la Moselle

    Emmener au loin mes dernières illusions sur ceux qui se disent « des hommes »,

    Dont ils ont les défauts, mais nullement les mérites !

    Métius avait bâti, Attila a détruit !

    Bazaine a trahi, Carlo a détruit

    Et Jean, désabusé, lui aussi est parti retrouver « sa » terre !

    Allez, il faut s’y faire, au lieu de vociférer :

    Il nous faut des gens de notre terre, pour développer nos racines !

    Mais suis-je bien « entendu », à défaut d’être écouté ?

    Hinsberger, Zvunka, Muller !

    Assemblez vos forces chez vous, ici !

    Rendez au football ce qu’il vous a appris….

    April 21

    Un groupe vraiment pas très sain!

    Wimbée : "Nous sommes les seuls responsables" Sur le point de quitter le FC Metz, Grégory Wimbée revient sur sa mise à l'écart. Et sur une relégation imputable selon lui aux seuls joueurs. "Certains ont trahi le club", explique-t-il, en exclusivité, au Républicain Lorrain.

    Officiellement, vous n'avez plus joué depuis Metz-Rennes, le 18 mars, en raison d'une blessure. Est-ce aussi votre explication? "J'ai effectivement manqué un match en raison d'une inflammation à la hanche, mais il s'agit de Metz-Marseille, le 19 février (1-0). Depuis, jamais je n'ai dû déclarer forfait à cause d'une blessure..."

    * Quelle est, dès lors, votre vérité? "Elle est liée à mes pépins physiques de février, qui auraient suscité des doutes quant à mon avenir. En gros, il y avait un futur à préparer, et je n'entrais pas dans les plans. Mais si je n'étais pas au top physiquement, en revanche, je l'étais mentalement; j'ai d'ailleurs conservé la confiance de l'entraîneur. Jusqu'à notre défaite contre Rennes (0-1, le 18 mars), à l'issue de laquelle certains de mes coéquipiers ont tenu devant le président des propos alors utilisés pour m'écarter."

    * Vous voulez dire que des critères dépassant le domaine des performances auraient conduit Joël Muller à procéder à votre remplacement? "Quand la défiance des joueurs vient s'ajouter à des réticences déjà anciennes, puisqu'elles remontent à la saison dernière, le choix de l'entraîneur devient incontournable. Je crois que ma blessure a servi de prétexte pour m'écarter. Mais je retiens l'attitude de certains coéquipiers: ils m'ont trahi et manqué de respect."

    * Ne pensez-vous pas payer tout simplement pour votre rendement, ou pour votre attitude, ou l'ensemble? "Malgré le grand nombre de buts encaissés, je crois avoir réalisé une première partie de saison de bon niveau. Ensuite, oui, je n'ai pas été bon à Lille (défaite 3-1), à Lyon (défaite 4-0), je pense être responsable du but encaissé contre Monaco (2-1 pour Metz) et je suis impliqué dans l'action du premier but à Bordeaux (3-3). Si les points qui manquent là sont ceux qui empêchent le FC Metz de se maintenir, alors je suis coupable. Je crois surtout que certains ont fui leurs responsabilités."

    * A vous entendre, même si l'échéance a été retardée, la relégation semblait inéluctable... "Troyes y est pour beaucoup si le suspense a duré un peu. J'ai dit à un proche, dès octobre, que nous allions descendre. Nous étions incapables de nous dire les choses et incapables d'admettre la gravité de notre situation. J'ai tout fait pour me tromper mais, hélas, j'avais vu juste. A l'arrivée, je suis consterné par ce refus de voir la réalité en face, de reconnaître nos manques et nos lacunes: cela relève du laxisme."

    * Cadre de cette équipe, vous étiez pourtant le garant de son unité et des valeurs à manifester pour éviter l'échec. Vous avez donc échoué? "Totalement. Metz descend? J'ai donc failli dans ma tâche. J'aurais peut-être dû m'impliquer encore plus, être plus méchant. Je suis intervenu, mais peut-être pas assez, et c'est mon principal regret. A l'arrivée, ce que j'ai pu faire ou dire s'est même retourné contre moi. Mais je peux me regarder dans la glace."

    * La descente est-elle la démonstration d'une équipe mal constituée, voire mal entraînée? "Sur le papier, l'équipe avait de la gueule: vous ne savez jamais, ensuite, ce que des individualités vont donner, une fois réunies. L'entraîneur? Il a choisi de responsabiliser le vestiaire mais, à l'usage, certains en ont profité pour se foutre de tout. Nous, joueurs, sommes les seuls et uniques responsables de l'échec. Certains, malhonnêtes, sans la moindre conscience professionnelle, ont trahi un club, des supporters, un président, un entraîneur... Qu'avec un vestiaire pareil, le staff technique ait pu réussir à travailler, je trouve cela admirable."

    * L'avenir du FC Metz se dessinera sans vous. Comment l'imaginez-vous? "Il y a du boulot, tout le monde le sait! Ce club peut et doit revenir ce qu'il était il y a moins de dix ans. Mais je suis inquiet car il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à changer dans le vestiaire."

     

    Enfin , les langues se délient!

    April 20

    vestiaires...

    Vestiaires…

     

     

    Le brouhaha de la foule qui murmure se glissa par la porte entr’ouverte du vestiaire pour laisser le vieux Carlo pénétrer dans « le saint des saints », comme l’appelait les joueurs !

    Un endroit devenu vraiment coquet,confortable et chaleureux au fil des années !

     « Cap’tain » ouvrit la porte de son vestiaire personnel : l’envers de la porte était tapissé de vieilles photos, vestiges des années écoulées dans la maison grenat : il y avait le capitaine légendaire, le seul qu’il avait connu qui ait mérité cet hommage pour sa valeur d’homme avant sa valeur de joueur : Sylvain, le porteur des valeurs, celui qui avait toujours le mot juste quand il le fallait, celui qui savait se taire quand il n’y avait rien à dire, celui qui symbolisait l’équilibre qui doit habiter tout homme responsable…

    Il pensa : « quelle différence avec Merrieu, capitaine épisodique, joueur de tempérament, mais qui se servait plus de la fonction pour jouer sa carte personnelle que pour amener le dialogue dans le vestiaire : Tout compte fait, un mauvais souvenir, car il m’avait plus considéré comme un rival que comme un joueur qui pouvait faire avancer le schmilblick ! Un individualiste, comme beaucoup, dans le monde professionnel !

    Non, vraiment, l’exemple à suivre, c’était celui de Sylvain ! Lui, il aurait eu un mot pour les plus jeunes, avant un match pareil !Capital !

    LE match, celui qui allait déterminer le sort du club pour la saison prochaine !

    Il se retourna et regarda ses coéquipiers : Niang, les oreilles coiffées d’un casque, le regard ailleurs : celui-là avait sa manière à lui de s’isoler pour se concentrer !

    « Adé », lui, était presque blanc, et il cachait mal son anxiété en faisant et défaisant un nœud de chaussure qui était toujours ou trop court ou trop long : celui-là, il ne fallait pas oublier d’aller lui dire un mot, pour que son apparente nonchalance ne débouche pas sur quelque chose de négatif !

    « Bon, j’étais venu chercher quoi, moi , dans ce casier ? …

    Merde…Je ne me souviens plus ! Bah, ça ne devait pas être très important ! »

    Il referma le casier juste au moment où les murs du vestiaire se mirent à trembler : il s’assit dur son  siège, leva les yeux , fit une mimique et son regard rencontra celui de ses coéquipiers ; « Borbi » lui fit un clin d’œil et lui lança :

    - « Il faudrait qu’ils attendent que le match soit fini, avant de penser à démonter les tribunes avec leurs pieds ! Ca va vraiment être chaud ce soir ! »

    -« Tu l’as dit, bouffi ! »

    L’exclamation fit se dessiner quelques sourires et quelques visages se détendirent !

    « Bon, allez, les gars, pas de pression ! C’est juste un match de foot à gagner : il faut faire abstraction de l’environnement pour ne penser qu’à NOTRE objectif à tous !

    Gagner ! ce soir, il faut GAGNER ! … « Adé » ! arrête de sourire béatement ! Essaie un peu de te concentrer : tu leur dois quelque chose à ces gens, tu as une dette ! Et pour la régler, il n’y a pas d’autre alternative que de planter, et en début du match, si possible !… Ho ! Vous entendez les gars : leur mettre la pression dès le début, pour les faire douter !

    La porte du vestiaire s’ouvrit encore une fois : c’était les blessés qui venaient saluer ceux qui auraient l’honneur de défendre les couleurs ce soir.

    Ils firent le tour, en silence, tapant dans les mains des acteurs !

    Carlo cessa sa conversation avec Agassa et s’adressa à l’ensemble :

    « Messieurs, je ne vais pas en rajouter : vous savez que ce soir les gens sont derrière vous : j’espère simplement que vous vous montrerez dignes du maillot que vous portez et que vous penserez au jeu seul et aux jeunes footballeurs qui vous regarderont ; vous devez rester des exemples, malgré l’enjeu ! …L’enjeu, c’est le jeu et le respect de ceux d’en face : on ne répond pas aux provocations ! On joue ! N’est ce pas, Jean ? »

    -« Tout à fait, président, vous avez parfaitement synthétisé ma pensée : ne pas vouloir jouer le  match nul : rester bien en place, mais les prendre  dès le début à la gorge : il ne faut pas qu’ils puissent respirer !Ils vont chercher à vous déstabiliser dès le début, derrière !…. Mais on doit rester lucide :

    -pas de ballons perdus bêtement !

    -On REGARDE,

    -on DEMANDE le ballon ! Dans les pieds !

    -on se rend DISPONIBLE !

    Mais surtout : ON RESTE EN PLACE !……

    Martelez-vous bien ça dans vos têtes : on les a battus chez eux, ce sont EUX qui ont la pression, nous, on sait ce que l’on vaut :

    -On ne doute pas,

    -On ne lâche rien,

    -Chacun fait son boulot et va aider le copain qui est en  difficulté !….

    Trois petits coups à la porte. une tête qui passe : c’est l’arbitre de champs :

    -« Messieurs , c’est l’heure ! On y va ? »…

    -Cap’tain déplia sa grande carcasse :

     « Allez les gars, on y est ! »……

    Bilans...

    Ce siècle avait trois ans !Et Bush était en guerre,

    Déjà le tyran perçait sous les ravages de la bière,

    Et du fils de l’autre, déjà, par ses exploits,

    Le masque du procureur ignorait la Loi !

    Alors que l’Orient, berceau de notre Eden

    Telle Babylone et la Tour de Babel,

    Payait par le sang,la chute des deux tours,

    Naquit d’un sang d’Afrique et messin à la fois,

    Un club couleurs de briques, de jeunesse et de foi ;

    Si habile qu’il fut, miné par les affaires,

    Abandonné de tous, excepté des supporters,

     Sa trésorerie vidée, tel on vide un seau,

    Fit faire en même temps sa bière et son berceau.

    Ces gamins que la vie écrivait sur son livre,

    Garants de beaux lendemains à jouer et à vivre,

    C’étaient eux-

    Je pourrai dire un jour, lorsque la nuit douteuse
    Fera parler les soirs ma vieillesse conteuse,

    Comment un haut destin fit sortir de sa torpeur,

    La vieille, l’antique ville de Divodurum,

    Elle qui subit tant de guerres, vit tomber tant d’hommes !

    Connut tant de légendes, de contes et de chants,

    A tous les vents de l’air fit flotter mon enfance.

    Car, lorsque l’aquilon bat ses flots palpitants,

    La Moselle porte au loin des chants guerriers,

    Odes à ses racines, odeurs de sueurs mouillées…

    Qu’importe le château ou le roux de la sauce !

    Le gui est sur nos têtes, la couronne est en chêne !

    Le plus beau temps passé est l’espoir qu’il renaisse,

    Ainsi que le raconte le vent aux vieux roseaux…

    Les interview de Charles Nemelapasdis à un journal en faillitte

    Déclarations exclusives de Charles Nemelapadis à France soir, de notre correspondant à Metz Jean Rajouteunecouch :

    J.R. :

    -Bonsoir, monsieur : tout d’abord : pourquoi France soir, plutôt que le site internet de votre club ou votre journal régional ?

    C.M. :

    -Vous, savez, monsieur, à mon âge, on a ses façons de faire, et il est difficile d’en changer : je préfère mourir avec mes habitudes, plutôt que de prendre le risque d’en prendre d’autres qui s’avèreraient mauvaises à l’usage : mieux vaut des certitudes que l’aventure : certains pourraient attraper certaines exigences, en faire des habitudes et vous savez comme moi que trop communiquer fragilise ! Je n’ai pas besoin d’excès d’adrénaline à mon âge : cela ne pourrait être que mauvais pour mon cœur et mes artères : je préfère définitivement les certitudes, bien plus confortables !

    J.R. :

    -Justement, les certitudes, comme vous le dites si bien, situent votre club en posture délicate : juste avant la cage de l’ascenseur ! Vous vivez ça comment ?

    C.M. :

    -Très bien : vous savez, j’ai quelques années d’expérience qui me font dire que, pour un petit club comme le nôtre, il est préférable de lutter pour ne pas descendre, médiatiquement parlant, que d’être englué dans le ventre mou d’un championnat où les clubs se morfondent dans un parfait anonymat !

    … Vous savez comme moi qu’en France la presse spécialisée ne s’intéresse qu’à trois-quatre clubs que tout le monde connaît, que les autres ne sont que les faire valoir de ceux-là : le journaliste, aujourd’hui, semble croire qu’il ne peut faire carrière que s’il est vendeur de la soupe que le peuple aspire à consommer ! Depuis des années, on a habitué les gens à des images dorées, où le vedettariat, le fric et ses scandales, sont dispensés sans retenue ce qui les fait rêver et acheter des feuilles de papier plus proches de « Gala » et d’ « Ici Paris » que du « Monde » ou de « France soir » !

    J.R. :

    -Merci pour nous et notre journal, mais revenons à notre sujet : vous dites ne pas craindre la descente en L2 : pourquoi ?

    C.M. :

    -Parce que nous n’allons pas descendre, tout simplement !

    J.R. :

    …… ?

    C.M. :

    Oui, je vous le répète : nous ne pouvons pas descendre : regardez le classement ! Tout va se jouer à la différence de buts, et objectivement, nous sommes mieux que beaucoup d’autres situés bien avant nous au classement !

    J.R. :

    -donc, vous êtes optimiste ?

    C.M. :

    -Je suis confiant, tout simplement ! Parce que- supposons un instant que l’on descende à la fin de saison en L2-et bien nous n’aurions aucun des gros salaires pour plomber notre budget, vu que la presque totalité de l’équipe actuelle est composée de joueur prêtés ou en fin de contrat, mis à part deux ou trois exceptions !Mais je vais dire ici pourquoi je voulais faire une déclaration d’audience nationale : je déclare, ici,que dans cinq ans au plus tard, le club grenat aura renoué avec son passé européen !Ce qui sera la conséquence d’un budget à nouveau à niveau…

    J.R. :

    -A propos de budget : comment se fait-il que le vôtre n’apparaisse pas sur le site internet de la ligue professionnelle de football ?

    C.M. :

    -Si vous voulez sous-entendre par là que nous ne voulons pas communiquer, on va suspendre tout de suite cette interview, parce que moi, je ne lave pas mon linge sale en public !Aux arguments délétères, je préfèrerai toujours les arguments de l’entreprise…On a souffert, financièrement et sportivement, on souffre toujours, mais plutôt moins, mais on va continuer à construire, même si l’on va un peu moins vite que l’on voudrait, en ce moment : parce que les jeunes, aujourd’hui, à peine formés, ils changent leur look et se prennent pour des vedettes alors que ce ne sont encore que des gamins !Tout cela laisserait à sourire s’ils n’exigeaient de plus en plus tôt des rémunérations bien plus en rapport avec la valeur de leurs garde-robes qu’avec leur vraie valeur sportive !)…On est alors souvent obligé de les laisser partir si on veut en tirer un minimum syndical !

    J.R. :

    -Oui, mais… justement, cela semble être une faiblesse que de ne pouvoir construire durablement, non ?

    C.M. :

    -Vous savez, pour survivre aujourd’hui, il faut savoir s’adapter : il y aura des chômeurs en grand nombre sur le marché, l’année prochaine au moins autant que cette année ; et ces jeunes gens sont bien contents que des clubs comme le nôtre s’intéressent à eux !...En plus, comme ils sont demandeurs, ils coûtent bien moins cher que si nous, nous étions demandeurs !...Et l’on peut faire de bons résultats avec des joueurs prêtés : regardez Nice !

    J.R. :

    -Vous pensez vraiment que cela satisfait vos supporters ?

    C.M. :

    -Ecoutez : les supporters, par essence, sont des râleurs : ils quémandent, exigent, râlent, mais ils sont de plus en plus nombreux au stade bien que le prix des places ait augmenté de manière conséquente, donc il n’y a pas de soucis à se faire : quand le consommateur consomme, il y a du profit à faire !

    J.R. :

    -Parce que vous faites du profit ?

    C.M. :

    -Je n’ai pas dit cela,… d’ailleurs vous commencez à m’emmerder avec vos questions qui me font perdre le fil de ma pensée ! Alors, on va clore se sujet, parce que j’en ai marre et que ça me fatigue : je suis un vieux monsieur, vous savez !

    J.R. :

    -Justement, vous pensez bientôt passer la main ?

    C.M. :

    -Je partirai quand le stade sera fini, que la dernière tribune sera achevée : et j’espère bien qu’elle portera un jour mon nom !Alors, il faut que je me dépêche, car le temps m’est compté : ce sera plus durable dans l’esprit des gens que de bâtir une équipe qui ne pourrait, au mieux, que finir cinq, sixième du championnat : les ambitions sportives, les projets sportifs ,c’était une partie de ma jeunesse ; j’ai évolué, le club aussi a évolué et je n’ai plus trop d’ambitions : je laisse cela à d’autres, peut-être à mes successeurs, mais je ne serai plus là,et je préfère faire dans « le dur » que dans d’hypothétiques aventures sportives !

    Tout cela n’est plus de mon âge…..

    J.R. :

    -Merci, Charles, on attendra !

    C.M. :

    -Comme Charles attend les spectateurs pour le prochain match au couteau contre les deux autres mal classés : j’espère faire le plein ! En attendant… on va boire un demi ?

    J.R. :

    -A moitié vide ou à moitié plein ? Avec ou sans faux col ?

    C.M. :

    -C’est selon : que tu sois optimiste ou pessimiste : l’essentiel, c’est que tu boives la pisse d’âne !...Et que tu paies la mousse !

    April 15

    A Pâques, le grenat est chocolat ...

    Le chemin de croix du grenat…

    Et cette équipe de « to loose » a mis, genoux en terre pour la Xième fois…Long chemin de croix d’un groupe déjà crucifié depuis un certain temps et voué à évoluer au niveau de la cave !

    C’est l’heure de faire les comptes : allons-y messieurs dames !

    Les stats ! Pas celles que l’on voit tous les jours dans les journaux, celles qui vont nous parler : combien de matchs sans « blessures » pour les différents joueurs, quels pourcentages de points au prorata des matchs joués, quel apport de points pour les deux du Maghreb, combien de cartons au prorata des matches joués !

    Frank, à toi de jouer, pour nous tenir encore un peu éveillé !

    La pire équipe depuis l’avènement du FC Metz ?

    L’année de notre précédente descente, nous étions parvenus en L2 par la cause de circonstances, cette année, cet argument ne tient plus : c’est bien sportivement que ce groupe a éclaté, avant même de jouer !

    Qui a précipité le club messin dans ce gouffre ?

    Qui ?...

    Carlo, on ne peut lui reprocher de ne pas aimer ce club, mais, cette année, il l’a mal fait, et la longue descente annoncée, par delà des recrutements aberrants depuis 1998, des cadeaux distribués royalement par celui qui voulait –avant tout- être bien considéré par ses pairs, une politique du fair play (je pense en particulier aux points donnés aux Lensois cette année là, aux maladresses accumulées depuis par un homme plus doué pour le paternalisme que pour le pouvoir sportif)

    Alors, faisons la synthèse : saurons nous tirer les leçons, à Metz, de l’échec d’un groupe (et par « groupe », j’entends l’équipe des joueurs et celles des cadres dirigeants !)

    Un président, plus doué par les réflexes de l’autruche que par une vision objective de la situation sportive !

    Un président dépassé par son âge, qui fait encore peur, au vu de son passé, mais qui est sérieusement contesté dans la coulisse !

    Un Razurel, dont, tous les jours, le supporter moyen se demande « à quoi bien doit-il servir » : incompétent, peu objectif, et j’en passe et des meilleures !...

    Un entraîneur peu entraînant, triste à faire pleurer, dont on se demande comment il peut encore communiquer de la joie à un groupe !

    Un groupe qui n’a jamais su être une équipe, fait de bric et de broc, de joueurs n’ayant que trop peu souvent le niveau que l’on était en droit d’attendre : celui de la ligue 1 !

    Des apports exotiques, qui, loin de donner un fumet particulier, a laissé émerger une bande de fumistes plus attirés par les effluves monétaires que par de probables arabesques sur le carré vert, stars annoncées, danseuses en réalité peu taillées pour les combats de la ligue 1 !

    Défense de fumeurs fumistes défonceurs, plus attirés par le côté peu académique du métier, celui des sorties nocturnes, et occupés la plupart du temps restant « à soigner des blessures »et, dit la rumeur, à parier sur d’improbables scores de défaites pour se faire du blé !

    Milieu peu, pour ne pas dire jamais complémentaire, le « collectif »ayant été sacrifié dès l’avant saison, doublons annoncés, voire triplette qui ne vaut guère plus que  pipette : dépassés en taille, incapables d’aligner trois passes de suite, dédaigneux du replacement défensif à la technique digne d’une CFA2,et à la lecture du jeu déficiente…Rois du terrain d’une équipe de borgnes, moustiques sans aiguillons qui se voulaient mouches du coche : inexistants la plupart du temps, contestataires le plus souvent des décisions des arbitres du jeu, bref : la grande désillusion de la saison !

    Ne parlons pas des avants, si peu souvent devant, peu ou mal alertés, plus doués par la vision de leur chaussettes, souvent à quatre pattes, broutant l’herbe verte, sans beaucoup de spontanéité, agents sans génie au service du portier adverse, remplaçants sans vitesse ni talent de milieux trop repliés ou pas assez !

    Wimbée a mal au dos, les supporters ont du mal, eux aussi, à supporter l’indigent « spectacle » d’une « équipe » le plus souvent en déconfiture, bâtie pour subir plutôt que pour gagner !

    « Ca tombe comme à Gravelotte », le panache en moins !

    Alors, maintenant ?

    Des « seize ans » pas trop mauvais, des « dix-huit »beaucoup moins bien, une CFA d’un bas « milieu de tableau », des « joueurs »pour la plupart prêtés ou en fin de contrat : il faudra tout reprendre à zéro, ou presque !

    La L2, une saison qui risque de nous paraître longue et peu en rapport avec les annonces présidentielles….

    A moins qu’un bon nettoyage de printemps…Encore trois défaites et on y est !

    A Pâques, ou à la Trinité, que les cloches restent à Rome, par pitié!

    April 09

    Pour le 2006ème, il faudra attendre !...

    Pour le 2006ème, il faudra attendre !...

    Voilà : même pas dégoûté, juste un peu peiné !

    Les uns pleurent, les autres, comme mon Troyen de fils, rient : c’est la vie !

    La prochaine saison de L1 fera sans nous, les supporters grenat : hier la sanction est tombée, dure ! Trop dure !

    Mais pas imméritée : sanction de trahisons d’un homme qui était censé nous faire perdurer en l1, mais qui n’a su qu’additionner des talents incertains sur le terrain, avant que de troquer le carré vert messin vers la pelouse ventée du vélodrome !

    Le jeu ? Cela faisait longtemps qu’il avait disparu !

    Alors, on a recruté, comme la star académie : castings fait à la va vite, désenchantement garanti par ces videurs de porte-monnaie, plus attiré par l’odeur des latrines phocéennes que par l’odeur de l’herbe du carré vert !

    Certaines pousses grenat n’ont pas compris certains choix et le mal est là : groupe à l’ambiance pas très saine, équipe inexistante, entraîneur discuté dans la coulisse….

    Au-delà de la branche bien sciée, prête à nous envoyer à l’étage inférieur, déjà, je savais : les dés étaient pipés !

    Le grenat gêne trop dans ce monde friqué : la part belle faite au savoir faire avec de petits moyens est, cette fois mis à mal !

    Un recrutement raté, ça peut arriver, mais un recrutement, toutes ces dernières années, en l2, voire en national, ne pouvait qu’annoncer cette fatalité : une carence qualitative rédhibitoire, mortelle!

    Donc, l’an prochain, un nouveau déficit annoncé, une télé qui s’appellera « Eurosport », des voyages champêtres organisés à travers le France profonde sont annoncés !

    …Vous ai-je raconté l’histoire du fils de Kréthéis, Mélésigène ?

    Celui dont, aujourd’hui, sept villes (Smyrne, Chios, Argos, Colophon, Salamine, Rhodes, Argos et Athènes), se disputent l’honneur de l’avoir vu naître, tel que nous le raconte Hérodote, vit le jour sur les rives du Mélès, d’où sa mère tira son nom ; car cet enfant n’avait pas de père.

    La mère et l’enfant furent recueillis par Phémios, maître d’école à Smyrne : il devint l’époux de la première, l’éducateur du second : élève doué, génial, auquel il légua, en mourant, son école.

    Mélésigène devint très vite un maître reconnu : les nombreux étrangers que le commerce amenait en Ionie, s’arrêtaient volontiers à Smyrne et s’empressaient d’aller écouter ses leçons ; il faisait l’admiration de ses concitoyens et portait loin la renommée de la petite ville!

    Parmi les étrangers, il vint un jour, un certain Mentès, qui lui proposa de le prendre à bord de son navire et de lui proposer de l’accompagner en ses lointains voyages. Mélésigène consentit, après moult hésitations, à partir : quittant les rives du Mélès, où, disait-on, la tête d’Orphée était venue échouer avant de recevoir « un tombeau sur lequel les rossignols chantaient mieux que partout ailleurs », il se mit, tel Ulysse, à sillonner les mers.

    En compagnie de Mentès, il visita l’Egypte, la Libye, l’Espagne, l’Italie, fit escale à Ithaque, où les premiers prémices de la maladie firent leur apparition : il était atteint d’une grave maladie des yeux. Mentès, obligé de se rendre à Leucade, confia son ami à Mentor. Dans l’île rocheuse, à Ithaque, Mélésigène entend parler d’Ulysse et de ses aventures, avant de reprendre, au retour de Mentès, son périple sur la mer, longeant les côtes du Péloponnèse, puis se dirigeant vers l’Asie Mineure.

    A Colophon, sa cécité empirant, jusqu’à devenir incurable, il décida de revenir à Smyrne. Arrivé là, désolé de se sentir oublié par ses compatriotes, méprisé par eux, tourmenté par la gêne de son infirmité, il quitte très vite l’ingrate cité, se condamne à vivre une vie errante, à gagner son pain en récitant des vers qu’il avait composés.

    Allant de ville en ville, chantant sur les places publiques et dans les assemblées qui voulaient bien l’inviter, il parvint un jour jusqu’à Néontichos et s’arrêta dans la ville éolienne

    Lorsqu’il partit de cette ville, les gens disent qu’un peuplier noir a poussé à l’endroit même où l’aède s’asseyait.

    Mélésigène se rendit à Cymé, patrie de sa mère Kréthéis. Là, il demanda, avec l’accroissement de sa célébrité,il demanda pour prix de ses récitations, d’être entretenu par les habitants de la cité, mais les notables l’informèrent qu’ils ne pouvaient pas héberger et nourrir tous les aveugles qui imploraient de l’aide. Mélésigène abandonna alors l’ingrate cité et pris de ce pas le chemin de Phocée, mère patrie originelle de notre cité phocéenne. Là il fut reçu par un certain Thestoridès, pédagogue envieux et poète jaloux qui lui déroba ses poèmes et s’enfuit à Chios et récita ses vers comme étant les siens, alors qu’ils provenaient de son indigne larcin.

    Mélésigène projeta d’aller récupérer ses poèmes et de confondre l’éhonté voleur, révolté d’un tel outrage aux muses. De Phocée, des pêcheurs le transportèrent en bateau près de Bolissos, une île sur lequel ils l’abandonnèrent bientôt à son malheureux sort.

    Un chevrier, Glaucos, l’ayant entendu chanter par hasard, s’approcha de lui, le prit par la main, et le conduisit au foyer de son maître, lequel l’accueillit avec tant de respect, qu’il en fit bientôt le précepteur de ses enfants. Quelques années plus tard, Mélésigène fit voile vers Chios, île dans laquelle il fit souche, fonda une école de rhapsodes qui devait plus tard s’appeler de son nom : les Homérides. Une tranquille aisance lui permit alors de composer ce qui devait être son chef d’œuvre et le faire passer à la postérité : l’Iliade et l’Odyssée.

    Déjà vieux, emporté par sa passion des voyages, il conçut de partir vers Athènes, mais ne put réaliser son vœu : tombé malade au milieu des Cyclades, il rendit bientôt son âme aux dieux et aux muses….

    Pourquoi vous racontais-je cette histoire ?...

    Peut-être parce qu’elle m’a semblé avoir certaines analogies avec un de nos plus célèbre grenat, notre seul champion du monde : Robert Pirès ! Mais je ne suis pas dupe : cette histoire tire ses sources dans la légende …

    La légende, tout ce qui nous reste aujourd’hui, dimanche 09 Avril 2005, dix années après notre dernier titre, presque jour pour jour !

    Mais au jour d’aujourd’hui, il ne reste plus, au fond de ma bouche, que le coût âpre d’un café mal torréfié et une certitude : demain sera un autre jour, et, un jour, nous reviendrons, plus forts, parce qu’une défaite qui ne tue pas rend plus solide, après un nettoyage printanier !

    Bonne journée quand même : profitez du soleil de ce printemps !

     

    April 07

    2000!...Et, après?....

    Boire dans le même rêve…(café)

    A croire que la fête est déjà finie, ce temps de Toussaint anticipée rend les réactions forum miss tiques  très dantesques et : à croire que côtoyer le paradis, le toucher fugacement donne le bourdon au supporter moyen, qui craint avant tout que les excès de la fête ne laissent des traces ; le sport est plaisir fugace : combien de litres de larmes pour un petit rayon de soleil ? Le bovarysme nous guette !

    Parlons bien vite de ces sombres heures qui nous guettent, de cet enfer auquel nous sommes tous promis :

    Combien de litres de sueurs à l’entraînement pour réaliser le geste parfait, en lieu et en heure ?

    J’ai rêvé….

    Je rêve…

    Je vais, enfin me réveiller !

    Tout cela est trop beau, trop….

    Purée… le réveil va être difficile !

    Debout, les masos de la terre, épistoliers d’épitaphes funéraires :

    Ces gens rêvent trop ; qu’adviendra-t-il de nous si nous tolérons ces désordres ?

    Rendez vous compte : rien que des gens tout simplement heureux, sur cette terre de Moselle :

    «  Indécent », comme le dit Aulas ! 

    « Les sans le sous ont pris le pouvoir », soupire le Bouchet, sans rire !

    « Les mouches ont changé d’âne », rétorque le nigaud !

    « C’est comme cela, mais si Battles n’avait raté sa cible… !!! »

    « Si nous avions été plus créatifs…. »

    « Eh, messieurs : et si vos buts étaient plus larges ? »

    « Et si Nessie n’existait pas, que serait-il advenu du « toc Metz ? »

    « Le dragon grenat, selon vous n’existe pas ? »

    « Et si Pires était resté à Metz, messieurs,

    Parlerait –on encore tant de vos ivresses ?

    Parlerait on plus des Contes de la Mutte

    Que des comptes du mutin Tum,  vers l’an 10 ?

    Parce que….il sera toujours temps de faire les comptes,

    Après le passage de Ribéry, s’il Rool toujours !

    En attendant, messieurs, nous sommes sur le toit :

    Vous, vous êtes toujours à la cave !

    Vous disiez… quarante, je n’en compte plus que trente

    Afin de savourer une bonne et blonde bière, à la dernière journée !

    En attendant, je ne vous écoute guère,

    Me contentant d’un bon café, avec une petite goutte

    Sans broyer du noir et vivre dans le doute!

    En passant par la Moselle, tous les journaleux

    Ont été privés d’étrennes, ah, les orgueilleux

    Ils m’ont appelé « vilaine », « amour d’un seul été »

    Mais, à ceux là, je ferais un grand pied de nez

    Quand je partirai, dans l’année prochaine

    Bien loin du cap Gris Nez, vers Arsenal et Chelsea,

    Retrouver Roberto, mon copain portugais,

    Partager avec lui une coupe achetée chez « Champion »

    Ou cueillir des orvales, dans le bleu des vallons !

    Et tant pis, si, au milieu du rêve,

    Je m’aperçois seulement qu’enfin je sommeille !

    Mes nuits à moi seront toujours plus belles que vos jours…

    Mes Amours à moi comptent plus qu’un jour,

    Depuis qu’en soixante sept, la Moselle nous sert

    Ses plus beaux atours et ses yeux de velours !

    April 06

    Le Bon, la brute et le truand...

    Le bon, la brute et le truand…

    C’est toujours la même histoire, que dis-je : le même scénario ; la musique est d’Ennio Morricone et à la fin, c’est toujours l’aventurier un peu truand qui gagne ! Le tout est de savoir arriver en scène au bon moment, sans avoir l’air d’y toucher et, surtout, de veiller à être bien entouré !

    Monsieur Domenech s’y connaissait, pour avoir lui-même pratiqué la scène à ses heures creuses : la vie est une partie tragi-comique où chacun joue son rôle !

    Il y avait tout :

    -le jeune premier, le bon, celui qui était le favori des médias qui manipulent si bien le bon peuple d’en bas, celui des kops et des populaires, celui des midinettes et minettes hystériques, prêtes à se pâmer à l’apparition de l’artiste, celui dont toutes les mères de famille disent qu’il, ferait le gendre idéal : bien élevé, celui qui parle si bien à la télévision, celui qui gagne tant de pognon ! Il devait gagner avant la bataille !

    -Il y avait aussi celui à qui on donnait d’emblée le rôle du méchant, du vilain, celui qui faisait des procès à tous ceux qui oseraient le regarder un peu de travers ! En plus, il était noir et avait la réputation d’avoir été le porteur d’eau de l’Italien qui flirtait avec les gros pontes de la F.I.F.A. et qui lorgnait sur la présidence de l’U.E.F.A. !

    Le Français est comme cela : ce qui est trop près du pouvoir est toujours un peu soupçonné de se sucrer les fraises ; en plus, on voulait faire d’un « deuxième rôle » un « premier » qui n’était plus très jeune : c’était perdu d’avance, à moins de vouloir rejouer « Racines » ou « Autant en emporte le vent »

    -Monsieur Domenech, mine de ne pas y toucher, attendait, tapis dans son coin, sachant très bien que la D.T.N. dont il fait partie n’accepterait pas l’affront qu’on lui avait déjà imposé une première fois, et qu’un refus à ses « propositions » aurait fait débordé une nouvelle fois le vase et débouché sur une très grave crise de Football français.

    En plus, il s’était créé tant d’inimitiés au sein de ladite direction, et que l’on ne serait pas fâché en haut lieu de se débarrasser de cet « acteur » un peu trop théâtreux au goût du footeux moyen ; comme l’héritage s’averrait délicat et , reconnaissons le, assez « casse-gueule », l’occasion était unique de se débarrasser à moyen terme de cet homme qui détonne beaucoup dans le milieu : il suffisait de mettre la barre assez haut pour être sûr de son fait et d’envoyer assez rapidement le petit lyonnais dans sa crèche déguster un petit jésus ; notez le bien : l’objectif sportif est, on ne peut plus risqué : pour durer il faudra la gagner, cette coupe, sans quoi, pas de champagne ni d’indemnités !

    Raymond, lui, s’en fiche bien : sa carrière est relancée, sa fille s’appelle « Victoire », et il a bien trompé tout le monde des médias !

    A la fin de l’envoi, il touche et mouche, tel Cyrano de Bergerac, tout ce joli monde.

    ….Et les Italiens, mis à part Platini, sont contents : le rusé bonhomme, l’entraîneur des espoirs, n’a jamais réussi à les battre !Anelka, lui, remercie Allah : il va pouvoir tirer enfin ses marrons du feu, à défaut de faire,en championnat,des feux d’artifices!

    Pour moi, ce sera un expresso ! Lui, il boit du petit lait !

    A la vôtre ! On va déguster,comme le beau jeu : le héros est toujours sacrifié à la fin et peu passent à la postérité !